‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 85 sur 406 · VI. — LE ROMAN. EN ALEXANDRINS CXXXtX · texte numérisé non relu

VI. — LE ROMAN. EN ALEXANDRINS CXXXtX

on remarque un trait emprunté â la vie latine. C'est de celle-ci (§ i ^4] que vient < li ruz sangolant u du roman [p. t97)< Une nouvelle bataille a lieu dans laquelle * Booz d'Escarpion » est tué (p. 206). Là encçre il y a un souvenir de la chanson (§ 495), mais dans l'ensemble, ce récit est original. Girart, encore une fois vainqueur, rassemble son ban et son arrière-ban à Sens. Il livre à Charles une troisième bataille » en ung lieu près de Pons que l'on appelle Sixte ' » (p. 2 1 3), et remporte encore la victoire. Le roi s'enfuit jusqu'à Paris. Douze ou treize fois les deux adversaires se rencontrèrent, jusqu'à ce qu'enfin Dieu envoya un ange à Charles pour lui ordonner de faire la paix (p. 224). On reconnaît ici l'imitation de la vie latine (§§ 64-72}, à laquelle du reste le romancier se réfère expressément (p. 222).

It ne reste plus â conter que les dernières années de la vie de Girart et de Bene, leur mort et les miracles accomplis auprès de leur tombeau. Le romancier, suivant désormais uniquement la vie latine, raconte la naissance et la mort prématurée des deux enfants de Girart (p. 2 26 ; vie, § 74), la fondation de nombreux monastères (pp. 227-g; vie^ gg 76-83), le miracle de Vezelai {pp. 32g-33; vie, §§ SS-gi], le miracle de Pothières (pp. 234-5)*, vie, gg 92-101); la tentation de Girart, épisode de ta vie privée tout à fait caractéristique de la moralitédu moyen âge (pp. 235-42; vie,§§ i5o-66). Suit un plaidoyer en faveur de Giran (pp. 243-7 ; vie, gg 222-

Pons eu Pont- tur-¥o une, â une dizaine de kilomèttcc en Seoa; Sixte est un hameau de la cooimune de Micher]'. ci Pont-tur-Yonne. C'était un prieuri dépendant de Poihiires.

CLX INTRODUCTION

33). Vient enfin le récit des derniers moments de Girart, de la translation de son corps à Pothières, et des miracles opérés à son tombeau (pp. 247-76) ; vie, §§ 167-22 1 , 234-256) '.

En somme, l'auteur du roman n'a pas voulu faire une œuvre d'imagination. Il a voulu mettre à ta portée de ses contemporains une histoire sur l'authenticité de laquelle il ne concevait aucun doute, et qui lui paraissait <^e nature à intéresser à un haut degré les seigneurs bourguignons de qui it attendait la rémunération de son travail. Cette histoire se présentait à lui sous deux formes : un récit hagiographique en tatin, une chanson de geste qui, parson ancienneté relative, par l'idiome même dans lequel on l'avait rédigée, n'était plus facilement intelligible pour des lecteurs de son temps. Entre ces deux documents, il a choisi comme le guide te plus certain, la vie latine. Toutefois, il est visible qu'il n'a pu se résigner â suivre son guide aveuglément. Il a été choqué du désordre avec lequel cette mauvaise composition a été rédigée. II lui a semblé naturel de placer tout au commencement les détails sur te mont Laçois, qui, dans la vie, interviennent mal à propos au milieu du récit. Il a jugé, non sans raison, qu'entre les trois guerres de la vie latine celle qui terminait le plus naturellement la longue inimitié du roi et de Girart était la seconde, celle où le roi est contraint, par l'intervention divine, de faire la paix. D'aussi importantes modifications au plan du récit original en ont entraîné d'autres. Et, comme notre romancier ne trouvait

I . Notont que le roman contient (pp. S79-6) U vision du reclus qui, du vivant de Girart et de Berte, avait vu daDi le paradis les duui lits réservés à ces deux saints personnages. Ce miracle ne se trouve pas dans notre telle de la vie latine, mais il a été conservé par l'ancienne traduction de cette vie ({{ iïo-6).

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