Voy. O. Risuaxx, Synt. lat., $ 169, Rex. II
3. Le subjoactif présent équivaut donc, dans ce cas, au conditionnel présent employé en parlant de l'arenir. Pour l'expression du conditionnel présent employé en parlant du présent, voy, ci-après, 8. 337.
REMARQUES. — [. On ἃ vu ci-dessus ($ 278) que le subjonctif aoriste ne se distingue pas pour le sens du subjonctif présent.
11. Quelquefois la proposition conditionnelle est remplacée par un participe.
Ex. : Cic., de Off., 1, 43, 157 : magnitudo animi, remota a communitate conjunctioneque humana, feritas sif quædam et immanitas.
2 Le subjonctif présent ou aoriste s'emploie dans une proposition indépendante *” pour exprimer les diverses nuances de signification marquées en français par le verbe pouvoir ou ? pour donner à une affirmation relative au présent ou à l'avenir une forme moins absolue et plus adoucie.
a) Ex. : Cic., de Off., 1, 3 : perfectum officium rectum, opinor, vocemuUS (nous pouvons appeler). De Nat. deor. : hic quærat {se demandera peut-étre) ŒUiSpiam. De Amic., 3 : Quis neget, cum illo actum esse præclare? — T.-Live, 11, 43, 10 : adeo excellentibus ingeniis citius defuerit (peu£ manquer) ars qua civem regant quam qua hostem superent.
b) Cic., Tuse., V,5, 12 : Bruti ego judicium, pace tua dixerim, longe antepono tuo. 76., 111, 4, 7 : nos hos motus perturbationes dixerimus (— 660... dixerim). Brut., 6, 25 : hoc sine ulla dubitatione confirmaverim. De Sen., 3, 8 : fortasse dixerit (il pourrait y avoir aussi dicat) quispiam. Etc.
REMARQUES. — I. A la première personne du singulier, on emploie ordinairement le subjonctif aoriste comme subjonctif potentiel. On trouve bien quelquefois le subjonctif présent.
Ex. : Cic., p. Rosc. Am., 24, 68 : pæne dicam... — T.-Live, XXI, 18, 6 : ego autem non... quærendum censeam (cf. QUINTILIEN, X, 1, 101, où se trouve aussi une autre irrégularité : at non historia cesserit? Græcis nec opponere Thucydidi Sallustium verear),
mais cet emploi est beaucoup plus rare et semble moins correct que l'autre.
Aux autres personnes c'est le subjonctif présent qui paraît le plus correct. Bien que Cicéron ait dit :
De Sen., 23, 83 : (ad mortuos illos) me proficiscentem haud sane quis facile retraxerit nec tanquam Peliam recoxerit,
et bien qu'on trouve assez souvent la locution fortasse dixerit quispiam, il n'en est pas moins vrai que, sauf à la première personne du singulier, c’est le subjonctif présen! qui est préféré au subjonctif aoriste pour l'expression du potentiel *.
1. En réalité, cette proposition n’est indépendante que parce qu'il n’y a pas de proposition conditionnelle exprimée. Lagiquement c'est une proposition principale ct la proposition conditionnelle est sous-entendue.
2. Voyez ce qui est dit ci-après du subjonctif employé aux personnes autres que la première du singulier.
3. Le subjonctif aoriste dans le sens potentiel est particulièrement fréquent chez Tacite. Voy. À. DReozn, Ueber Syntax u. Stil des Tacitus, 3° éd., p. 13.
II. Quelquefois on trouve aussi le subjonctif parfait employé avec la vale potentiel ἡ.
Ex. :T.-LIVE, VI, 14, 4 : tum vero ego... noquiquam hac dextra Car
Arcemque servaverim, si civem commilitonemque meum…. 1
tutem ac vincula duci videam, certes il se trouverait que j'aurais
vain le Capitole... si je vovais jamais charger de fers et emmencr en cscl conciloyen, un compaguon d'armes.
On voit que cette forme de phrase signifie que, si, à un moment donné, telle ὃ venait à se réaliser, telle ou telle action serait une chose accomplie, tel rés trouverait acquis (cf. ci-dessus, $$ 241, 243 et 218) °.
111. Le subjonctif présent velim (malim, nolim) est employé pour expr souhait dont la réalisation est encore possible (cf. ci-dessus, p. 321, n. 1).
Ex.:PLAUTE, Asin., 814 : emori | me malim, quam hæc non eju indicem. — Cic., ad Fam., XIII, 75, 1 : quare velim mihi i( si videbor.… Brul., 83, 287 : Thucydidis orationes ego soleo : imitari neque possim, si velim, nec velim fortasse, si Ph., 14, 7, 18 : nolim. Etc.
333. — Le potentiel se rencontre dans des cas où la consti semblerait exiger un autre mode que le subjonctif.
4° À la deuxième personne du singulier, le potentiel sert à l'idée que le français exprime au moyen du pronom fini on.
EX. : Cic., de Amic., 11, 64 : ubi.. istum invenias :où trou qui honorem amici anteponat suo. De Sen., 19, 69 : ! remanet quod virtute et recte factis consecul (— φυοά... quis consecutus est). De Orat., 11, :
14. Le suhjonctif scripserim peut en effet avoir deux sens (cf. ci-dessus, $ 278) : c'est le ς indique s’il faut le considérer comme un parfait ou le prendre pour un aoriste.
2. Le conditionnel passé françuis peut avoir le même sens que ce parfait du subjonctif latit phrase comme : «u Si je venais à étre chargé de cette affaire, je l'aurais bien vite {erminée. »
3. Cf. KGuxen, ausf. Gramm. d. lat. Spr., WU, p. 480. C'est Madvig qui a cu le mérite cn lumière cet emploi parliculier de la deuxième pers. du sing. du potentiel, mais il faut « ohjections que reprennent aujourd'hui E, Horrwaxx (das Modusgesetz im lateinischen Zoeitsat 1 91) et H. Brase (der Konjunktiv des Præsens im Bedingungyssatze, daus l'Archiv. de Waæl p. 19 ct suiv.). Ces savants font remarquer que les trois personnes du verbe peuvent servir à | de l'indétermiuation et ils insistent surtout sur cc point qu'on trouve aussi la deuxième pers. € l'indicatif présent, citant Arpits CLaunits (ΔΙ ΟΠ cum vides, obliviscere miserias' Svars (v. 52: bis peccas, cum peccanti obsequium adcommodas). Honacr (Sat, | cum laqueo uxorem interimis matremque veneno | incolumi capite es). U.B encore deux phrases de Cicéron à la théorie de Madvig (de Fin., 11. 79 : etenim nec jui amicitia esse omnino poterunt, nisi ipsæ per se expetuntur cl de Of., M. comitas esse potest, non plus quam amicitia, si hæc non per se expetantt voluptatem utilitamve referantur). De ces divers passages Blase conclut d'abord que de l'iudétermination du sujet est liée non au mode, mais à la personne ou à la voix du verbe ct « on » n'est jamais rendu par Ja deuxième personne du subjonctif, si le sens général de la comporte pas l'emploi du poteuliel. Sans vouloir entrer dans l'examen minutieux que méri naavelle lhéorie, je me contenterai de demander si elle suffit à rendre compte de Ci, de Off. | neque enim id est celare, quicquid reticeas.
quibuscumque verbis uti velis (— quibuscumque verbis uti volumus). De Sen., 1, 2: Αἴ memoria minuitur. — Credo, nisi eam exerceas (— nisi quis eam exercet) aut etiam si sis (— si quis est) natura tardior. — Saz., Jug.… 31, 28 : bonus. segnior fit, ubi neglegas (— ubi neglegitur). Etc.
2° En dehors de ce cas particulier, la nécessité de rendre l'idée de possibilité oblige souvent à employer le potentiel dans des propositions, qui, sans cette raison, seraient à l'indicatif.
Ex. : Dicas, ondira, credas, on pourra croire, putes, on pourra penser. — Tér., Ad., 162 sq. : tu quod te posterius purges (quant à ceci que tu pourras plus tard chercher à t'excuser) ….hujus non faciam (cf. ci-dessus, ὃ 125, 3°, c, Rex. I, p. 195). — Crc., in Verr., Il, 5, 68, 115 : ΠΟ enim.…. cogites..., quant à ceci que tu pourras penser.. Oral, 55, 183 : Quanquam etiam, ἃ modis quibusdam cantu remoto, soluta videatur oratio (peut paraître de la prose). — T.-Livr, 1, À : etsi eum, qui pro-
fiteri ausus sit perscripturum se res omnes Romanas in partibus singulis fatigari minime conveniat (il ne sied peul-étre pas….). Etc.
334. — Potentiel du passé. — Le subjonctif latin possédant un véritable passé (cf. ci-dessus, $ 279, 2°), peut, contrairement à ce qui a lieu en grec, signifier à l’aide de l’imparfait ou du plus-queparfait du subjonctif que la possibilité se rapporte au passé".
Ex. : Crederes, on pouvait croire. Quis crederet? Qui pouvait croire? — Cic., de imp. Cn. Pomp., 11, 31 : hoc tantum bellum quis unquam arbitraretur... ab uno imperatore confici posse? De Fin., 11, 17: poterat Sextilius impune negare : quis enim redargueret?*. In Verr., I, 3, 12, 30 : quod esset judicium ? quelle espèce de jugement cela pouvail-il être? — T.-Live,
{. Le grec rend cette idée par les temps passés de l'indicatif avec ἄν. Cf. ci-dessus, $ 302. 1° Ce serait une erreur de croire avec Κύίηνκα (ausf. Gramm. d. lat. Spr., ἃ 46, 3 b, p. 136) que des expressions cumme γνοίης ἄν, ἴδοις ἄν, φαίης ἄν, etc., sont des équivalents exacts des locutions latines cerneres, diceres, οἷς. Celles-ci appartiennent bien au potentiel du passé, mais celles-là sont proprement au potentiel du présent. Cela étaut, il peut sembler illogique que nous traitions ici du potentiel passé, puisque, dans cet emploi particulier, le subjonctif latin ne correspond pas à l'optatif grec, mais à l'indicatif d’un temps historique accompagné de ἄν, Toutefois, nous avons pensé qu'il suffsait de signaler ce désaccord et que, d'autre part, il y avail intérèt ἃ ne pas séparer les diverses constructions où le subjonctif latin exprime l'idée de possibilité,
2. Cette phrase montre très bien l'usage suivi par les Latins pour l'expression de l'idée de possibilité : quaud elle est rendue au moyen du verbe possum, on applique les règles qui ont été dounées ci-dessus. $ 292,2°,b ; quaud on ne juge pas nécessaire de se servir du verbe PO8SUM, on cmploie ὑπὸ des formes
XXX, 40, 3 : qui enim restitissent...? Comment pouvaient-ils résister ?
REMARQUES. — 1. Le potentiel du passé s’eraploie surtout : 4° Dans les propositions interrogatives avec quis (ΝΟΥ. les exemples ci-dessus). 20 A la deuxième personne du singulier pour exprimer l'idée du français on. Ex. : Crederes, on pouvait croire, putares, on pourait penser, SCires, on pouvait savoir, diceres, on pourait dire, videres, Cerneres, on pouvait voir, distinguer, elc. II. Les poètes remplacent quelquefois le potentiel du passé par le potentiel du présent : c'est que par imagination ils croient assister aux événements passés qu'ils rappellent. Ex. : ViRG., Én., IV, 401 : migrantes cernas!. III. Le potentiel du passé peut aussi se rencontrer dans des propositions où l'on attendrait l'indicatif, s’il n’était pas nécessaire d'exprimer l'idée de possibilité. Ex. : Cic., in Verr., II, 4, 40, 86 : vix erat hoc plane imperatum, cum illum
spoliatum stipatumque lictoribus videres, à peine cet ordre venait-il d'être donné, qu'on pouraïi! voir cet homme dépouillé et entouré de licteurs.
B. — Subjonetif optatif.
335. — Subjonctif exprimant un souhait. — À l'optatif grec employé pour exprimer un souhait (cf. ci-dessus, $ 317) correspond le subjonctif latin.
Le présent s'emploie quand le souhait est encore réalisable, le parfait se dit d'une action entièrement accomplie.
La négation employée est ne.
Ex. : Praure, 4sin., 46: di tibi dent quæcumque optes, les dieux t'accordent tout ce que tu peux souhaiter! — Cic., p. Mil., 34, 93 : valeant cives mei, valeant! sint incolumes, sint florentes, sint beatil stet hæc urbs præclara mihique patria carissima ! — Vine., Én., VI, 62 : hac Trojana tenus fuerit fortuna secuta ! fassent 165 Dieux que la fortune Troyenne ne nous ail suivis que jusqu'ici!
du poteutiel : ici c'est l'imparfait, parce que la possibilité de faire l'action se rapporte au passé ; si elle se rapportait au présent, on emploierait le présent du subjonclif. Ex.: Possum impune negare : quis enim redarguat 7 « Je pourrais (actuellement) nier : ea effet, qui pourrait me réfuter ? »
1. C'est ainsi qu'en grec, on trouve l'optatif avec ἄν (χε, xev) employé par les poètes au lieu de l'imparfait ou (plas ordinairement) de l'acriste avec ἄν dans une proposition indépendante.
Ex. : Hox.. Zl., 111, 220 : φαξης κε (cf. XV, 697) — diceres. Cf. Zl., IV, 429 ; XVII, 3606 : οὐδέ κε pains. — JI., IV, 223 : οὐχ ἄν... ἔδοις. V, 85 : οὐχ ἂν γνοΐης. — Od., VII, 293 : οὐχ ἄν ἕλποιο, « tu n'aurais pas espéré, »
De même daus Hérodote,
1, 70 : τάχα δὲ ἂν καὶ οἱ ἀποδόμενοι λέγοοξεν (« pouvaient dire ». conjecture sur le passé) ὡς ἀπαιρεθείησαν ὑπὸ Σαμίων. Cf. VILI, 136, etc.
Mais c'est à tort que Kocu (Gramm. gr., 8 405, ὃ, Rex. 11) cite l'exemple d'Héronors, 1, 2 : Ἑλλήνων τινάς φασι... ἁρπάσαι Εὐρώπην εἴησαν δ᾽ ἂν οὗτοι Κρῆτες. Le sens véritable est celui-ci: « on peut admettre qu'il s'agit ici de Crétois. » Le présent du potentiel est donc tout naturel dans cette réflexion de l'historien.
REMARQUES. — 1. L'expression du souhait peut être rendue plus vive par l'emploi d'un mot exclamatif. -
4° Dans la langue archaïque on se servait de ut, dans la langue classique on emploie ordinairement utinam avec le subjonctif présent !.
Ex. : PLAUTE, Pœn., IV, 2, 90 : valeas beneque ut sit tibi! — TÉR., Eun., 302: ut illum di deæque senium perdant! — Honr., Sal., 11, 1, 43 : ut pereat.. telum ! — AruUL., de Mag., 46 : ut producant !
ENN., Hecub., fr. T : utinam mortem obpetam! —PLAUT., Asin., 841 : utinam, male qui mihi volunt, sic redeant. — Cic., de Nat. deor., Î, 32, 91 : utinam tam facile vera invenire possim quam falsa convincere ! Etc.
La négation employée est ne. Par exception on trouve non.
Ex. : QUINTILIEN, Inst. orat., IX, 3, 1 : utinamque non pejora vincant*.
99 Dans la langue poétique on trouve quelquefois l'expression 0 581" (cf. en grec εἴθε, εἰ γὰρ avec l'optatif) accompagnée du subjonctif présent.
Ex. : ViRG., Êr., VIII, 560 : ο mihi præteritos referat si Juppiter annos ! — Hor., Sat., 11, 6, 8 sq. : Ο si angulus ille | proximus accedat, qui nunc denormat agellum.
La négation employée est non‘.
11. Comme en grec οὕτως... ὡς... (cf. ci-dessus, 8 317, 2°, REM.), de même en latin ita (ou sic chez les poètes) placé à côté d'un subjonctif de souhait et suivi d’une proposition avec ut (erprimée ou sous-entendue) sert à restreindre le souhait que l'on forme au cas où telle condition se trouvera remplie.
Ex. :TÉR., Heaul., 686 : ita me di ament, ut ego nunc non tam meapte causa | lætor quam illius... — Cic., ir Verr., 11, 5, 14, 35 : ita mihi salva re publica vobiscum perfrui liceat, ut ego non atrocitate animi moveor, sed singulari quadam humanitate et misericordia (cf. in Cal., 4, 6, 11; ad Att., V, 15, 9, etc.). Ad Fam., XVI, 20 : sollicitat {1:8 vivam ὃ 1) me tua, mi Tiro, valetudo. — Vinc., Égl., 9, 31 sq. : sic
cytiso pastæ distendant ubera vaccæ ! Incipe si quid habes ὅ...
1. La forme primitive de ut étant uti, οὐ peut considérer utinam comme un mot composé de uti ct de la particule nam, qui entre aussi dans la composition du pronom quisnam.
2. Cet emploi de non peut paraitre logique, si l'on songe à l’origine probable de ces constructions. En effet, le sens primitif de ut (et de qui, employé avec la même valeur dans l'ancienne languc) est le sens interrogatif : « comment... ? » Dès lors, la phrase suivante: αὐ (ou qui) illum Di perduint {— perdant)! peut étre rendue littéralement par: « Comment pourrait-il bien arriver que les dieux le fassent périr 2.» Suppléez : « Je scrais bien heureux que cela arrivät, » Le subjonctif serait donc, dans celte hypothèse, un véritable potentiel : or, ou sait qu'avec le polcutiel la négation est nOnN. Voy. ci-dessus p. 329, ἡ. 1.