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G. — SUBJONCTIF LATIN EXPRIMANT L'IRRÉEL

337. — Dans le cas où le grec emploie les temps passés de l'indicatif avec ἄν, le latin se sert de l’imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif, pour signifier que l'action marquée par le verbe aurait lieu ou bien qu'elle aurait eu lieu, si la condition dont elle dépend se trouvait ou bien s'était trouvée remplie (cf. ci-dessus, 8 302, 3°).

1. lei encore (cf. ci-dessus, p. 334. n. 1), le subjonclif latin ne correspond pas à l'optatif grec, puisque le grec classique se sert, en pareil cas, de l'imparfait ou de l'aoriste de l'indicatif avec εἴθε ou εἰ γάρ. Mais il à paru convenable, comme ci-dessus, de ne pas séparer ce qui, au point de vue du sens, doit être uoi. D'ailleurs, Homère emploie quelquefois l'optatif pour un souhait non accompli dans le présent.

Ex.: Od., XVI, 79 : γῦν μὲν μήτ᾽ En, Bouyate, μήτε γένοιο, « tu ne mériles ni de vivre ni d'être né » (lit{. « tu ne mériterais pas de vivre... »). Cf. 11. VAN, 538; XIE, 825.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 22

Ex. : Amicum si haberem, felicem me crederem, si (actuellement; j'avais un ami, je me croirais (actuellement) heureux (mais je n'en ai pas et je ne puis me croire heureux). Amicum si habuissem, felix fuissem, si j'avais eu un ami, j'aurais été heureux (mais je n'en ai jamais eu et je n'ai pas été heureux)'.

REMARQUES. — 1. Quand il est employé pour exprimer l'irréel, le plus-que-parfait du subjonctif latin correspond toujours au conditionnel passé français employé réellement en parlant du passé.

Mais l'imparfait du subjonctif latin employé pour exprimer l’irréel correspond tantôt à notre conditionnel présent employé réellement en parlant du présent, tantôt à notre conditionnel passé employé réellement en parlant du passé.

Ainsi, suivant le sens général du passage, une phrase comme amicum si haberem felix essem pourra signifier si (à l'heure qu'il est) j'avais un ami, je serais actuellement heureux, ou bien : si à (ce moment-là) j'avais eu un ami j'aurais été heureux.

En d'autres termes, si la phrase, au lieu d’exprimer une hypothèse contraire à la réalité, servait à constater un fait, le plus-que-parfait du subjonctif serait remplacé par l'aoriste, au contraire l’imparfait du subjonctif serait remplacé par le présent ou par l’imparfait de l'indicatif.

Ainsi Ja phrase amicum si habuissem felix fuissem aurait pour contre-partie : sed amicum nunquam habui neque felix fui et la phrase amicum si haberem felix essem aurait pour contre-partie, selon les cas, tantôt : sed amicum non habeo neque felix sum, tantôt sed amicum non habebam neque felix eram.

Il suit de là que la phrase : si j'avais pu le faire (ce que je n'ai pas pu), je l'eusse fait, se rendra en latin de quatre manières différentes, selon la nuance qu'il s'agira d'exprimer.

1o Si potuissem, id fecissem (entendez : id non feci, quia non potui). 2° Si possem, id fecissem (entendez : id non feci, quia non poteram). 3° Si possem, id facerem (entendez : id non faciebam, quia non poteram).

4° Id si unquam facere potuissem, tunc certe facerem (entendez : id tunc non faciebam, quia nunquam facere potui).

Ces observations serviront à faire comprendre plus tard la construction du subjonctif latin dans une phrase conditionnelle exprimant une hypothèse contraire à la réalité.

IT. L'usage a attribué à l’imparfait du subjonctif, vellem (mallem, nollem)? un sens particulier : il signifie en effet qu’on veut présenter un souhait comme n'étant plus réalisable et, par conséquent, exprime plutôt un regret qu'un suuhait véritable.

Ex. : PLAUTE, Pseud., 309 : ego te vivom salvomque vellem (sur quoi Pseudolus se récrie : eho, an jam mortuost?} — Τέκ., Ad., 165 : nollem factum.— Cic., Tusc., V, 7, 20 : nos vellem præmio elicere possemus, qui nobis aliquid attulisset, quo hoc firmius crederemus. V, 8, 21 : vellem id quidem : sed habeo paulum, quod requiram. 1, 6, 12; jam mallem Cerberum metueres, quam ista tam inconsiderate diceres, etc.

4. Ici encore, il n'y ἃ pas correspondance entre le latin οἱ le grec ordinaire, qui en ce cas emploie ἄν avec l'indicatif. Cependant, chez Homère, on trouve quelquefois l'optatif avec ἄν dans le sens d'un irrécl associé à une proposition conditionnelle qui est à un temps passé de l'indicatif.

2. Et, par analogie, à Cuperem (Cf. Cic., ad Att., IV, 16, 7).

III. Le verbe sum avant deux imparfaits du subjonctif essem et forem, on rencontre au plus-que-parfait du subjonctif amatus forem, à côté de amatus essem. La périphrase amatus essem peut toujours s'employer, l’autre (amatus forem) est plus rare ; mais les propositions au mode irréel sont parmi celles où elle est autorisée!.

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