‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 107 sur 306 · Voy. R. KCaxea, aus/f. lat. Gramm., p. 747 sq · texte numérisé non relu

Voy. R. KCaxea, aus/f. lat. Gramm., p. 747 sq

vis terra, vis acie, vis urbibus oppugnandis experiri virtutem ?

REMARQUES. — I. En grec, l'absence de conjonctions copulatirves n'est tolérée que dans le cas dont il vient d'être question : c'est une figure dont les auteurs se servent pour donner au style plus de vivacité et d'énergie et aussi pour signifier qu'on pourrait accumuler encore plus de faits et d'expressions !.

Ex. : Tauc., VII, T1, 4 : ἦν ἐν τῷ στρατεύματι πᾶντα ὁμοῦ ἀχοῦσαι, ὀλοφυρμός, βοή, νικῶντες, κρατούμενοι, ἄλλα ὅσα ἐν μεγάλῳ χινδύνῳ μέγα στρατόπεδον πολυειδῆ ἀναγχάζοιτο φθέγγεσθαι. --- XÉN., Hell.,

ἀπέθνῃσκον. -- Déu., XIX, 215 : ἀναισχυντοῦσιν ἀρνοῦνται, ψεύδονται, προφάσεις πλάττονται, πάντα ποιοῦσιν ὑπὲρ τοῦ μὴ δοῦναι δίχην. — ARISTOTE, Rhél., III, à la fin : εἴρηκα, ἀκηκόατε,

ἔχετε, κρίνατε (cf. la fin du disc. de LystAs, c. Eralosthène)?.

IT. En grec, comme en latin, l'effet de l'asyndeton est souvent doublé par l'emploi de l’anaphore.

Ex. : SoPHOCLE, Œd. à Col., 1367 : νῦν alde μ᾽ ἐχσῴζουσιν, αἴδ᾽ ἐμαὶ τρόφοι,

| αἵδ᾽ ἀνὸρες, οὐ γυναῖχες, εἰς τὸ συμπονεῖν. — XÉN., Anab., VII, 1,

τοσούτους. — DÉM,, XIX, Ἴ2 : πάντων τῶν πεπραγμένων ἐξέστη, ὧν ἀπήγγειλεν, ὧν ὑπέσχετο, ὧν πεφενάχιχε τὴν πόλιν. Εἰς. ὃ

II. A l'emploi de cette figure on peut rattacher les constructions suivantes :

4° Un mot employé dans une phrase précédente est reproduit dans la phrase suivante sous une autre forme ou remplacé par un synonyme. En pareil cas, la seconde phrase est simplement juxtaposée à la première.

Ex.:XÉN., Anab., III, 2, 33 : χαὶ ὅτῳ δοχεῖ ταῦτα ἀνατεινάτω τὴν χεῖρα. ᾿Ανέτειναν ἅπαντες (cf. IV, 6, 21). 1h., V, 6, 38 : χαὶ ὅτῳ δοχεῖ... ταῦτα, ἀράτω τὴ χεῖρα. ᾿Ανέτειναν ἅπαντες (cf. VII, 8, 6).

2° L'idée exprimée par un mot employé dans une phrase précédente est reprise dans la phrase suivante par un mot de même racine ou de signification analogue, qui sert à l'expliquer ou à le développer, et l'on n'exprime pas la conjonction.

Ex. : PLATON, Protag., 340 6 : χαὶ εἰμί τις γελοῖος ἑἱατρός" lopevos μεῖζον τὸ νόσημα ποιῶ (cf. XÉN., Anab., V, 4, 34 fin)*. |

1. Yoy. Katoun, Gr. Sprachlehre, $ 59, 1, 1 ; 5. Ce qui était l'effet de la naïveté des premiers temps est devenu en grec un procédé de rhétorique.

2. On peut citer aussi le passage où, dans un langage inspiré, Platon paric de l'amour :

Bang., 191 ἃ : ἐν ἑορταῖς, ἐν χοροῖς, ἐν θυσίαις (ἔρως) γιγνόμενος ἡγεμών "... φιλόδωρος εὐμενείας, ἄδωρος δυσμενείας, ἵλεως ἀγαθοῖς, θεατὸς σοφοῖς. ἀγαστὸς θεοῖς, ζηλωτὸς ἀμοίρο:ς, χτητὸς εὐμοίροις, τρυφῆς, ἀδρότητος, χλιδῆς, χαρίτων, ἱμέρου, πόθον πατήρ, ἐπιμελὴς ἀγαθῶν, ἀμελης κακῶν...

3. Ces particularités sont naturellement plus fréquentes encore dans le style poétique, plus animé que celui de la prose. Les exemples abondent chez les Lyriques, chez les Comiques ct inème chez les Tragiques, wais aussi déjä chez Homère. Voy. Kaoxn, Gr. Sprachl., 2° partie, ὃ 59, 1, 1 sqq. p. 128-133.

4. Chez les poètes, on trouve fréquemment une méme penséc exprimée en termes différents dans deux propositions simplement juxtaposécs.

Ex. τ Prmanr, OÙ, 1, 58 : ἐμοὶ δ᾽ ἄπορα γᾶστ ἱμαργον μαχάρων τίν᾽ εἰπεῖν ἀφίσταμαι. 1b., 9,40 : μὴ νῦν λαλάγει τὰ τοιαῦτ᾽ ᾿ ἕα πόλεμον μάχαν τε πᾶσαν | χωρὶς ἀθανατων. — Sorn., Trach., 1082 sq. : ἔθβαλψεν ἄτης σπασμὸς ἀρτίως 00 αὖ, | διῆξε πλευρῶν (cf. ib., 210 sqq. Phil., 304).

344. — En latin, avec jam, déjà, vix, à peine, nondum, ne... pas encore, l'emploi d'une proposition coordonnée commençant par et! est souvent dans la langue de la conversation remplacé par la simple juxtaposition.

Ex : Cic., ad Att., 11, 15,3 : nondum plane ingemueram : « Salve, inquit Arrius. » Τέκ., Phorm., 594: vixdum dimidium dixeram : intellexerat. Etc.

345. — Les Grecs juxtaposent souvent deux ou plusieurs propositions participiales sans les unir même par la simple conjonction xai. Mais il faut distinguer deux cas*.

19 Les participes s'opposent entre eux, ou bien le dernier renchérit sur les autres : ce cas n’est fréquent que chez Homère.

Ex. : 11, VII, 231 sq.: ἔσθοντες χρέα πολλὰ βοῶν ὀρθοχραιράων, | πίνοντες χρητῆρας ἐπιστερέας οἴνοιο (opposition). Od., XII sq. : αὐτοῦ δ᾽ εἰνὲ θύρῃσι χατήσθιε κεκλήγοντας, | χεῖρας ἐμοὶ ὀρέγοντας (gradation). Εἰς.

2 Les participes ne sont pas opposés l’un à l'autre, mais, comme ils ne sont pas dans le même rapport avec le verbe principal, il serait {logique de les coordonner : ce cas est fréquent non seulement chez Homère et chez les poëtes, mais aussi chez les prosateurs.

Ex. : How., JE, XVII, 259 : χαίρεσχον... ἑἰαύων, | ἐλπόμενος νῆας αἱρήσεμεν. se (c.-à-d. je passais les nuits avec joie, parce que j'espérais.… ). — Praron, Théét., 180 e : χατὰ σμικρὸν γὰρ προϊόντες λελήθαμεν ἀμφοτέρων εἰς τὸ μέσον πεπτωκότες, en avancant peu à peu, nous sommes tombés à notre insu entre les deux camps

opposés.

llom., Od., V, 314 : αὐτὸς δὲ πρηνὴς ἁλὶ χάππεσε, χεῖρε πετάσσας | νηχεμέναι μεμαώς... (il étendit les bras

impatient de nager). — SoPn., Phil., 410 sq. : εἰ παρὼν | Αἴας ὁ μείζων ταῦθ᾽ ὁρῶν γνείχετο, (ce qui m'étonne) c'est qu'Ajax, s'il était là, pût (ait pu) supporter cette vue. — Χέν., An.,

N 1,1, 1 : ὁ Κῦρος ὑπολαδὼν τοὺς φεύγοντας συλλέξας στράτευμα ἐπολιόρκει Μίλητον, Cyrus, ex receptis ersulibus colleclo exercitu, Milelum obsidebat 4.

4. Ce tour d’ailleurs n'est pas correct ; la langue classique emploie CUM (ct non et) en pareil cas. 2, Voy. R. KCnxen, ausf. Gramm. der gr. Spr., 8 492, p. 660 sq. pour les exemples, mais non pour les explications qu'il en donne.

3. Les prosateurs emploient naturellement cc tour, quand les participes tiennent la place de propositions ou de compléments.

Ex. : Puar., Apol., 31 ἃ : ὑμεῖς δἴσως τάχ᾽ ἂν ἀχθόμενοι, ὥσπερ οἱ νυστάζοντες ἐγειρόμένοι, Ἀρούσαντες ἄν με, πειθόμενος ᾿Ανύτῳ, ῥαδίως ἂν ἀποχτείναιτε. --- Phédon, 70 ἃ : μὴ... εὐθὺς ἀπαλλαττομένη τοῦ σώματος καὶ ἐχδαίνουσα ὥσπερ πνεῦμα À xanvoc δι χομεξασθεῖοα οἴχηται δια πτομένη χαὶ οὐδὲν ἔτι οὐδαμοὺ =.

REMARQUE. — Mais quand les participes sont entre eux dans un seul et même rapport avec le verbe principal, c'est-à-dire quand ils expriment des circonstances de même nature par rapport à l’action principale, on les unit entre eux par les particules χαί, τε... χαί, δέ.

Ex.: XÉN., Anab., II, 1, 8 : οὗτοι δὲ προσελθόντες καὶ καλέσαντες τοὺς τῶν ᾿Ιλλήνων ἄρχοντας λέγουσιν, ὅτι χτλ. !.

346. --- Il est très rare que l'on supprime les particules disjonctives. On ne cite pas d'exemples en grec; en latin, on peut produire, outre la locution consacrée velim nolim (cf. ci-dessus, $ 327, n. 3), quelques phrases comme celles-ci :

Pacte, Trin., 210 : falsone an vero laudent, culpent, non flocci faciunt. — Ténence, Heaut., 643 : melius pejus, prosit obsit, nihil vident, nisi quod lubet. -- Pnëone, Fab., 2, 2, 2: a feminis utcunque spoliari viros, | ament amentur, nempe exemplis discimus.

347. — Plus fréquente est la suppression des particules causales.

4° En grec, les poëtes juxtaposent parfois deux propositions dont la seconde contient la raison de la première.

EX. : Sorn., Ph., 661: θάρσει * παρέσται ταῦτά σοι χαὶ θιγγάνειν | καὶ δόντι δοῦναι, χτλ. Œd. R., 1061 : UN... ματεύσης τοῦθ᾽" ἅλις νοσοῦσ᾽ ἐγώ. ΟΕα. ἃ Col., 141 : κοῦ πρὸς οἴχους᾽ πᾶς σε Καὸμείων λεὼς | χαλεῖ. Etc.

2 Les poëtes et les prosateurs aussi peuvent supprimer la conjonction γάρ (ou ἄρα), à savoir, c'est-à-dire, en tête d'une seconde proposition, qui explique la première.

Ex. : How, 11., 11, 217 : αἴσχιστος δὲ ἀνὴρ ὑπὸ Ἴλιον ἦλθεν φολχὸς “ Q 9 .᾿ ’ , EnY, χωλὸς ὃ ETECOY πόδα. --- Χέν., Anab., ΠΠ, 1, 41 : μικρον δ᾽ ὕπνου λαχὼν εἶδεν ὄναρ᾽ ἔδοξεν αὐτῷ... σχηπτὸς πεσεῖν χτλ. Ib, Υ, Ἵ, 95: οἷα δὲ... διαπεπράχασιν οἱ... στρατηγοί, σχέψασθε΄ Ζήλαρχος υὑὲν... οἴχεται ἀποπλέων χτλ. (cf. ibid., V,8,21; VI,1,8; Cyr., VII, 4, 6 fin; PLaron, Lois, 108 ὃ. Etc.). REMARQUES. — Ï. On peut rattacher à cet emploi de l’asyndète, celui qui consiste à

supprimer toute particule explicative devant une comparaison qui sert à éclaircir ce qui précède “.

1. Voici un exemple de Platon qui montre côte à côte les deux espèces de constructions (juxtaposition ct coordination) :

Gorgias, 471 Ὁ : τὸν θεῖον κεταπεμψάμενος... ξενέσας xal καταμεθύσας... ἐμβαλὼν εἰς ἅμαξαν, νύχτωρ ἐξαγαγὼν, ἀπέσφαξε, « ayant fait venir son oncle, il lui donna l'hospitalité, puis l'ayant euivré il le jeta dans une charrette; après quoi, ayant fait sortir cette charrette pendant la nuit, il le fit égorger. »

La conjonction χαί réunit les deux groupes de circonstances qui ont précédé l'action, mais les circonsiances indiquées dans chacun des groupes sont simplement juxtaposées et non cordonnées, parce qu'elles se complètent ou s'expliquent les unes les autres.

2. On peut rapprocher ce qui a été dit ci-dessus, $343, Rex. TIT, 2°.

, et “Ὁ τ Ν Ex. : PLATON, Rép., 5570 : χινδυνεύει χαλλίστη αὕτη τῶν πολιτειῶν εἰναι ὥσπερ ἱμάτιον ποιχίλον... οὕτω χαὶ αὕτη πᾶσιν ἤθεσι πεποιχιλμένη χαλλίστη ἂν φαίνοιτο (οἴ. Gorg., 448 6).

11. De même il arrive quelquefois qu'on supprime toute particule explicative devant une proposition précédée d’une autre proposition où se trouve une expression, un pronom ou un adverbe démonstratif (TOde, τοῦτο, ὧδε, οὕτως, etc.) qui prépare, en quelque sorte, ce qui va suivre.

Ex. : Hou., Od., IX, 511 sq. ὃς μοι ἔφη τάδε πάντα τελευτύήσεσθαι ὀπίσσω, | χειρῶν ἐξ "Oduoños ἁμαρτήσεσθαι ὁπωπῆς (ce devin me dit que tout cela s'accomplirait un jour, à savoir que je scrais privé de la vue par les mains d'Ulysse). — XÉN., Anab., III, 2, 19 : ἑνὶ μόνῳ προέχουσιν ἡμᾶς οἱ ἱππεῖς, φεύγειν αὐτοῖς ἀσφαλέστερόν ἐστιν ἢ ἡμῖν À.

Le relatif joue quelquefois le rôle d'un démonstratif dans cet emploi spécial.

Ex. : Tauc., VI, 11, 4 : ὅπερ νῦν ὑμεῖς... πεπόνθατε" διὰ τὸ... περιγεγε-

ΠΠ. Enfin il arrive (mais très rarement) qu’on supprime toute particule explicative après texuptov δέ, bien qu'en règle générale, on doive employer y&e °.

Ex. : Tuuc., 11, 50, 2 : τεχμήριον dé τῶν μὲν τοιούτων ὀρνίθων ἐπίλειψις

σαφὴς ἐγένετο... — XÉN., Cynég., 5, 31 : τεχμήριον δέ, ὡς ἐλαφρόν ἐστιν" ὅταν ἀτρέμα χτλ. (cf. Anab., 1, 9, 29).

948. — En lalin, on omet assez volontiers les particules causales.

1° On supprime quelquefois la particule nam {propr. je m'explique), devant un développement nouveau qui est comme l'explication du précédent.

Ex. : Cic., de Of., 1, 29, 104: ut pueris non omnem ludendi licentiam damus, sed eam, quæ ab honestis actionibus non sit aliena : sic in ipso joco aliquod probi ingenii lumen eluceat. Duplex est omnino jocandi genus.…. (Cf. Tuse.. Il, 21, 47).

2° On supprime enim ou nam assez volontiers quand la seconde proposition est l'explication naturelle de la première.

. En pareil cas, l'usage correct demande qu'on emploie γάρ dans la seconde proposition.

Ex.: Piaton, Apol., 31 a : ὅτι δ᾽ ἐγὼ τυγχάνω ὧν τοιοῦτος... ἐνθένδε ἂν χατανούήσαιτε" οὐ γὰρ χτλ.

Sur toutes ces questions, voy. R. Κῦηκεν, aus/. Gramm. d. gr. Spr., ὶ 544, 1 οἱ cf. S 546,5 d.

2. Il ne faut pas confondre ces cas particuliers avec ceux daus lesquels la suppression de toute

particule explicative est justifiée par la vivacité du mouvement et par la passion de l'orateur. Ex. : Dés, IV, 14 : x δὲ πειράσομαι λέγειν, δεηθεὶς ὑμῶν, ὦ ἄνδρες ᾿Αθηναῖοι, τοσοῦ-

3. ΟἿ. Xex., Bang., 4, 17 ; τεχμήριον δέ" θαλλοφόρους γάρ χτλ. Sur ce point, voy. encore Ktaxen, à l'endroit cité ci-dessus, ἢ. 1

dé

Ex. : Cic., p. Rose. Am., 25, 10 : Supplicium in parricidas singulare excogitaverunt... : insui voluerunt in culleum vivos. — T.-Live, 11, 10, 12 : grata.. civitas fuit : sfatua in comitio posita, etc. !.

REMARQUE. — Comme en grec (cf. ci-dessus, p. 346, REM. II), on supprime toute

particule explicative devant une proposition précédée d'une autre proposition où se trouve un démonstratif, etc., annonçant ou préparant ce qui va suivre.

3° Enfin on supprime toute particule causale, quand on veut détacher, en quelque sorte, du contexte l'explication proposée et la produire dans toute sa force : c'est un effet de style que recherche particulièrement Salluste.

Ex. : Sacs, Cat., 1, 5 : talibus viris non labos insolitus, non locus ullus asper aut arduus erat, non armatus hostis formidulosus: virtus omnia domuerat. (Cf. Cat., 6,1; 11, 1; 81, 4; 43, 4; Jug., 1,4: 8, 1; 18, 6; 38, 2; 63, 6).

349. — Il peut arriver qu'il y ait intérêt à supprimer les conjonctions signifiant donc, par conséquent. En effet, quand on les exprime, c'est qu'on veut insister sur ce point que l'idée signifiée dans la proposition est une conséquence logique de la précédente : quand on les supprime, c'est qu'on envisage seulement le résullat acquis ou qu'on veut simplement résumer les idées énoncées.

4° En grec, il est très rare que cette figure soit employée. Les prétendus exemples qu'on en cite sont contestables.

Ex. : Son, Œdipe roi, 811: μέγας ἐν τούτοις (86. τοῖς νόμοις) θεὸς οὐδὲ γηράσχει (reprise de l'idée générale contenue dans

1. Il est naturel de n'exprimer aucune particule devant les propositions contenant un mot exclamatif comme 510, tantus, etc., puisque le mot exclamatif sert par lui-même de lien entre la proposition où il se trouve ct cello qui précède.

Ex: Cic., Tusc., 1V, 37, 79 : (Alexander) cum interemisset Clitum familiarem suum, vix a se manus abstinuit : fanta vis fuit pænitendi.

Il en est de mème en grec.

Ex : Eua., Ale., 465 : τοξαν ἔλιπες θανοῦσα | μολπὰν μελέων ἀοιδοῖς.

Sur tout ceci, voy. KCuxen, ausf. Gramm. der lat. Spr. (p. 754 ct suiv.). D'ailleurs on lira avec profit dans le même ouvrage tout le ὃ 177 (Bemerkungen über die asyndetische Verbindung der Sætze), où sont réunis un grand nombre d'exemples bien classés et bien interprétés : nous avous choisi les plus importants.

2, Toutefois on en trouve des exemples chez les poètes, particulièrement chez Homère et chez Pindare. Le ρας souvent la proposition ainsi construite sert à exprimer le résultat d'un fait précédemment énoncé.

Ex. : How., JL, XVII, 50 : δούπησεν δὲ πεσών, dpabnac dé τεύχε᾽ ἐπ΄. αὐτῷ. Αἴματε ot δεύοντο χόμαι χαρίτεσσιν ὁμοῖαι. JL, XXI, 350 : ὁ δ᾽ ἐς ποταμὸν τρέψε φλόγα παμφανόωσαν " Ἀπέοντο πτελέαι χτλ. (CE. XXI, 393 ; XXXILT, 151. — Ρινολλκ, Pyth., 2, 49 (après le récit du supplice d'Ixion) : θεὸς ἅπαν ἐπὶ ἐλπίδεσσι τέχμαρ ἀνύεται χτλ.

Mais il arrive aussi qu'Homèro et Pindare suppriment toute conjonction, même en tête d'une proposition qui exprime la conséquence d'une proposition précédente.

Ex. : Pomane, OÙ., 3, 45 : τὸ πόρσω δ᾽ ἔστι σοφοῖς ἄθατον | χἀσόφοις" οὔ μιν διώξω (οἴ. 4,114; Ném., 4, 69). Pyth., 1, 88 : πολλῶν | ταμίας ἐσσί" πολλοῦ μάρτυρες ἀμφοτέροις πιστοί, « tu règnes sur beaucoup d'hommes, (δέ par conséquent) tu as beaucoup de témoins de ce que tu peux dire de juste et de faux, »

la strophe on attendrait donc γάρ, et non οὖν). ΕἸ., 613 : τέθνηχ᾽ ᾿Ορέστης᾽ ἐν βραχεῖ ξυνθεὶς λέγω (on ne voit pas ici qu'une particule quelconque eût été à sa place). — Χέν., Mém., 11, 3, 19 : οὐχ ἄν πολλὴ ἀμαθία εἴη... τοῖς ἐπ᾿ ὠφελείχ πεποιημένοις ἐπὶ βλάδῃ χρῆσθαι; (c'est moins une conclusion qu'un jugement exprimé sur le fait précédemment énoncé). (Cf. ib., 11, 41, 1 : Bang., 3,9; Hell. HI, 1, 26; Cyr, IV, 4, 5.)

C'est jouer sur les mots que de dire : on supprime parfois toute

conjonction conclusive, quand 1] s'agit de conclure une narration développée ou un long discours.

Ex. : Sorn., Ph., 620 : ἤχουσας, ὦ παῖ, πάντα. Aj., 480 : πάντ᾽ ἀχήχοας

λόγον (cf. EL., 59).

REMARQUE. — L'omission de la conjonction s'explique d'elle-même, quand elle est remplacée par un démonstratif qui résume ce qui vient d'être dit.

Ex. : Sopu., Anl., 491 : τοιοῖσδ᾽ ἐγὼ νόμοισι τὴνδ᾽ αὔξω πόλιν. Ib., 2017 : τοιόνδ᾽ ἐμὸν φοόνηνα. Etc. — Tuuc., IV, 87 : πρὸς ταῦτα βουλεύεσθε (ef. 1, 71, 7 : πρὸς τάδε βουλεύεσθε (à la fin du discours des Corinthiens). — XÉN., Ané., 1, 3, 20 : ἔδοξε ταῦτα (cf. III, 2, 38; 3, 20). Mém., 1, 1,9 : τοὺς τὰ τοιαῦτα παρὰ τῶν θεῶν πυνθανομένους ἀθέμιστα ποιεῖν ἡγεῖτο.

2 En latin, on supprime les conjonctions consécutives (igitur ou ergo) quand on veut résumer avec force tout un développement.

Ex. : Cic., in Verr., 11,2, 49, 120 : quorum ex testimoniis cognoscere

potuistis tota Sicilià per triennium neminem ulla in civitate senatorem factum esse gratiis, neminem, ut leges eorum sunt, suffragiis, neminem nisi istius imperio aut litteris, atque in iis omnibus senatoribus cooptandis non modo suffragia nulla fuisse, sed ne genera quidem spectata esse, ex quibus in eum ordinem cooptari liceret, neque census neque ætates neque cetera Siculorum jura valuisse.

ou (le plus souvent) quand on veut marquer que la proposition résume le développement précédent et en indique 16 résultat.

Ex. : Cic., in Verr., Il, 5, 31, 82 : itaque excogitat rem singularem :

naves... removisset. Accipit naves sociorum, etc. (Cf. P. Sert., 31, 61; de Leg. agr., 2, 5, 12.)

REMARQUE. — La particule ergo marquant la conclusion logique d'un développement ou d'un raisonnement ne peut être supprimée que devant une proposition qui forme en quelque sorte le couronnement d'une période.

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