‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 108 sur 306 · RASE · texte numérisé non relu

RASE

Ex. : Cic., in Verr., 11, ἃ, 12, 29 : quod quia vidisti plures scire, cogitasti, si ei reddidisses, te minus habiturum, rem nihilo minus testatam futuram ; non reddidisti (p. ergo non reddidisti}. Cf. De pr'ov. cons., 1, 1. 350. — Les conjonctions adversatives, mais, cependant, au contraire, etc., ne sont ordinairement supprimées qu'en latin!. C'est un moyen de marquer avec toute la force possible l'opposition qui existe entre deux membres de phrase.

1° Le cas le plus ordinaire est celui dans lequel on oppose une proposition affirmative à une proposition négative ou réciproquement.

EX. : Praure, Mil., 208 : incoctum non expromet, bene coctum dabit. — αἷς... de Amic., 5, 19 : ex propinquitate benevolentia tolli potest, ex amicitia non potest (cette figure est très fréquente chez Cicéron, cf. de Sen., 23, 85; p. Rosc. Am., 24. 61;ad Fam., IX, 26,4; Tusc., 1, 14,31, ΤΊ; 48, 116; 11, 14, 34; HI, 17, 36; 18, 40: V, 32, 90; p. Mil., 9, 26; p. Planc., 24, 60; p. Cluent., 6,17), — T.-Live, XXII, 27, 9 : nec 868... dies imperii cum 60, exercitUMM (mais ce sera l'armée) divisurum. Etc.

2 Mais il peut arriver que deux propositions affirmatives soient ainsi juxtaposées.

Ex. : Cés., de B. Gall., 1, 18, 1 : Cæsar celeriter concilium dimittit, Liscum (p. sed Liscum) retinet. — Cic., in Verr., II, 3, 28, 69 : videbant Agyrinenses, quicquid ad eos recuperatores Apronius attulisset, illum perfacile probaturum ; condemnari (p. at condemnari) cum istius invidia infamiaque malebant quam ad ejus condiciones pactionesque accedere.

REMARQUE. — Cette figure s'accompagne souvent chez les auteurs qui ont souci du style d'un balancement parfait entre les termes ou les membres opposés.

Ex. : Cic., Tusc., 1, 45, 108 : in Hyrcania plebs publicos alit canes, optimates domesticos. De Nat. deor., IIl, 36, 88 : judicium hoc omnium mortalium est : fortunam a deo petendam, a se ipso sumendam esse sapientiam. Acad., 11, 5, 15 : Plato reliquit perfectissimam disciplinam, Peripateticos et Academicos, nominibus differentes, re congruentes.

351. — En grec, et surtout en latin, on peut considérer comme un reste des constructions primitives l'emploi des parenthèses qui sont insérées dans la phrase sans faire réellement corps avec elle.

4. 11 Ὺ a bien en grec des exemples de cette figure, mais ils sont rares ct ne paraissent pas sc rencontrer ailleurs 406 chez les poètes, en vue d'un certain effet à produire, pour rendre, par exemple, plus frappant le contraste entre deux idées, etc.

Es. : Son, Anf., 1334: μέλλοντα ταῦτα ᾿ τῶν προκειμένων τι χρὴ | πράσσειν, À cela c'est l'avenir, (mais) c'est du présent que tu dois L'occuper. » — Aj. 470 : οὐχ ἔστι ταῦτα (« c'est impossible »)" πεῖρά τις ζητητέα | τοιάδ᾽, ἀφ᾽ Ὡς KT).

Voy. R. Μζηχεμ, ausf. Gr. der yr. Sprache, ὶ 546, ἃ (p. 862).

C'est ainsi qu'on rencontre αἰτοῦμαί σε, οἶμαι (Hom. ὀΐω), οἶδα, εὖ ἴσθι (tore)!, δοχῶ, ὁρᾷς (ὁρᾶτε), φημί — credo, puto, reor, dico, fateor, quæso, mihi crede, etc., intercalés dans des propositions auxquelles les unit seulement le sens.

Ex. : Χέν., Cyr., III, 39: ἀλλ᾽, ὦ Ζεῦ μέγιστε, αἱτοῦμαέ σε, δός μοι τοὺς ἐμὲ τιμῶντας νικῆσαι εὖ ποιοῦντα.

AnsT., Plut., 216: ἐγὼ γάρ, εὖ τοῦτ᾽ ἴσθι. xäv δῇ μ᾽ ἀποθανεῖν, | αὐτὸς ἡ ιαπαὼ ταῦτα. Thesm., 496: ταῦθ᾽ ὁρᾷς, | οὐπώποτ᾽ εἶπεν.

Τέκ., Ad., 101: nOn est flagitium, mihi crede*, adulescentulum | scortari. — Cic., Tusc., 1, 36, 81: hæc, opinor, incommoda sunt carentis (cf. 38, 92). 39, 94 : nam, reor, nullis, etc.). — Varin., ap. Cic., ad Fam., V, 9, 1 : nOn, put, repudiabis. — Cic., in Verr., Π, 4, 47, 105 : ad ea, quæ dicturus sum, reficite vos, quæso, judices. Ad Att., VIIT, 13,3: Attica mea, obsecro te, quid agit?

REMARQUES. — I. C'est à des propositions du même genre qu'on ἃ affaire dans les expressions amabo ou amabo te si fréquemment employées dans la langue familière sous forme de parenthèses.

II. On trouve souvent chez T.-Live des phrases entières intercalées dans d'autres phrases sous forme de parenthèses sans aucune conjonction de liaison ; de même chez Pline le Jeune et chez Tacite. C'est encore un reste de la syntaxe primitive, qui se contentait de juxtaposer les propositions.

Mais il arrive aussi que Ces parenthèses sont rattachées au reste de la phrase par une particule. Salluste est le premier qui ait employé et (cf. Jug., 52 : et jam die vesper erat) ; T.-Live en offre de nombreux exemples ; Virgile se sert de neque (Égl., 3, 102); Cicéron, T.-Live et Pétrone emploient autem ; on trouve nam déjà chez Térence, puis chez Cicéron, Salluste et Sénèque, namque chez Virgile, chez T.-Live et leurs imitateurs Q.-Curce, Pline le Jeune et les écrivains postérieurs, enim, chez Cicéron, T.-Live, Q.-Curce, Pline, etc., etenim (mais rarement) chez Cicéron, T.-Live et Ovide, enfin sed chez Pétrone*.

352. — La juxtaposition, au licu de la subordination. — On doit considérer aussi comme un vestige de la syntaxe primitive l'emploi de la juxtaposition au lieu de la subordination®.

1. Quant à (εὖ) οἶδ᾽ ὅτι, cette locution conslituait, à l'origine, une proposition liée au reste de la phrase par la conjonction ὅτι. Mais, dans l'usage, ὅτι ἃ perdu sa valeur propre de conjonction (cf. δηλονότι) et n'a plus aucune influence sur la construction de la phrase, qui dès lors se comporte comme elle se comporterait avec οἶδα tout seul.

Ex. : Puar., Apol., 37 Ὁ : ἀντὶ τούτον δὴ ἔλωμαι ὧν εὖ οἵδ᾽ ὅτι χακῶν ὄντων ; (par attr., au lieu de ἔλωμαί τι τούτων, ἃ εὖ οἶδα, ὅτι χαχά ἐστιν). — ὲκ.. IX, 1 : καὶ πάντων οὐδ᾽ ὅτε φησάντων γ᾽ ἄν (par attr., pour χαὶ οἶδ᾽ ὅτι πάντες φήσαιέν γ᾽ ἄν).

2. 11 ne ίδυϊ pas confondre cet emploi de mihi crede, qui forme une parenthèse, avec celui dont il sera question plus loin, $ 359, 2 a.

Page 1