‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 110 sur 306 · Les adverbes démonstratifs peuvent jouer 16 même rôle · texte numérisé non relu

Les adverbes démonstratifs peuvent jouer 16 même rôle

Es. : PLar., Rép., 6189 : αὐτὴν ἐκεῖσε ἄξει, εἷς τὸ ἀδικωτέραν γίγνεσθαι. — Xix., Anab.. IV, 6, 10 : ἐγὼ δ᾽ οὕτω γινώσκω᾽ εἰ μὲν ἀνάγχη TA.

REMARQUE. — On voit que de tous les exemples cités celui de Xénophon (Bang., #, 49) est le seul dont on puisse dire réellement qu'il reproduit la forme de la phrase primitive. Dans les autres, on trouve seulement une construction intermédiaire entre la juxtaposition simple et la subordination véritable. Néanmoins il convenait de les citer, afin de montrer que malgré la prédilection des Grecs pour la liaison étroite des propositions à l'aide des particules, il y avait encore dans leur langue, même à une époque avancée, des traces de l'état primitif!.

c) Sur βούλει (ou βούλεσθε) suivi du subjonctif délibératif, νον. ci-dessus, ὃ 311, Reu. Il (et la note).

d) Enfin on peut citer, à toutes les époques de la langue grecque, un certain nombre d'exemples où l'on trouve, sinon des propositions simplement juxtaposées, du moins des propositions dans lesquelles la subordination est remplacée par la coordination, forme intermédiaire entre la construction primitive et la construction postérieure.

α) Les particules dé, καί ou τε remplacent quelquefois un relatif,

une conjonction temporelle, etc.

Ex. : How, 14, XV, 551 : ναῖε δὲ πὰρ Πριάμῳ᾽ ὁ δέ μιν τίεν ἷσα τέχεσσιν (au lieu de ὅς tv τίεν). Χ, 188 : πολὺς ὃ᾽ ὀρυμαγδὸς ἐπ᾿ αὐτῷ | ἀνδρῶν ἠδὲ χυνῶν' ἀπό τε σφισὶν ὕπνος ὄλωλεν (au lieu de οἷς ὕπνος ἀπόλωλεν). --- Hén., I, 1 : ἐλθεῖν ἐπεὶ τὴν θαλάττην... τοῦ βασιλέος θυγατέρα τὸ δέ oi οὔνομα εἶναι... ᾿Ιοῦν. -- Tauc., III, 88,2 : οἰχοῦσι δ᾽ ἐν μι τῶν YA GOY οὐ μεγάλῃ, καλεῖται δὲ Λιπάρα. — XEx., Anab., 1, 2, 18 : τῶν Bapoxowv 06606 πολὺς χαὶ ἄλλοις, καὶ ἢ Κίλισσα ἔφυγεν (au lieu de καὶ τῇ Κιλίσσῃ ἣ ἔφυγεν).

Ηον., 1].. VI, 447: φύλλα τὰ μέν τ᾽ ἄνεμος χαμάδις χέει, ἀλλὰ δέ θ᾽ ὕλη [τηλεθόωσα φύει Expos δ᾽ ἐπιγίγνεται ὥρη (au lieu de ὅτε ἔαρος ἐπιγίγνεται ὥρη). Od., 11, 413: ἢ οὐχ ἅλις, ὡς τὸ πάροιθεν, ἐχείρετε πολλὰ χαὶ ἐσθλὰ | χτήματ᾽ ἐμά, μνηστῆρες, ἐγὼ δ᾽ Et: νήπιος na; (au lieu de πάροιθεν, ὅτε ἐγὼ ἐτι νήπιος na). Il, XXII, 235 : νῦν δ᾽ ἔτι χαὶ μᾶλλον νοέω φρεσὶ τιμήσασθαι, | ὃς ἔτλης ἐμεῦ εἴνεχ᾽, ἐπεὶ ἴδες ὀφθαλμοῖσιν, | τείχεος ἐξελθεῖν, ἄλλοι δ᾽ ἔντοσθε μένουσιν (au lieu de ἐπειδὴ [«81078416...»] ἄλλοι ἔντοσθε μένουσιν). Εἰς.

β) La langue classique ἃ même conservé et consacré cet usage

particulier de la coordination dans un emploi très connu

de la conjonction xxt (ou de τε... xx) servant à relier des propositions dont l'une est logiquement subordonnée à l'autre : ἅμα... καξ, en même temps que, aussitôt que; ἤδη... Aa (lat. jam...

1. D'ailleurs l'emploi du démonstratif dans ces sorles de phrases cest intéressant à noter : il rappelle un fait bien connu, à savoir que dans toutes les langucs ce sont les pronoms démonsiratifs qui ont joué à l'origine le rôle de pronoms relatifs οἱ de conjonctions ou particules de liaison, On peut mème dire qu'au fond de tout relatif οἱ de toute conjonction on retrouve le démonstratif, C'est ce qu'on tâchcra d'établir, à l'occasion.

cum), οὔπω... καξ (nondum... cum), οὐχ ἔφθασα... καί (vix... cum).

Ex. : Puar., Cratyle, 840 b : ἅμα τ᾽ ἂν μεταπίπτοι εἰς ἄλλο εἶδος Ἡνώσεως, καὲ οὐχ ἂν εἴη γνῶσις. — Χέν,, Hell, VII, 4, 28: χαὶ ἅμα ταῦτ᾽ ἔλεγε καὶ arret. An. IL 1, 1: ἤδη τε ἦν περὶ πλήθουσαν ἀγορὰν Hal ἔρχονται παρὰ βασιλέως... χήρυχες. — Isocr., IV, 86 : οἱ Λαχεδαιμόνιοι οὐχ ἔφθασαν πυθόμενοι τὸν περὶ τὴν ᾿Αττιχὴν πόλεμον Hal... ἦχον ἡμῖν ἀμυνοῦντες.

REMARQUE. — Certains écrivains (Thucydide en particulier) juxtaposent à l'aide de χαί deux idées logiquement subordonnées l’une à l’autre ; mais c'est là un procédé de style tout artificiel dont l'étude appartient moins à la grammaire historique qu'à l'histoire littéraire. Voy. R. KÜHNER, ausf. Gramm. αἰ. gr. Sprache, 8 518, 9 (p. 783 et suiv.),

et sur Thucydide en particulier les réflexions de M. A. Croiset, dans l'Introduction de son édition, p. 122.

® En latin, les exemples sont beaucoup plus abondants, sans doute parce que la langue façconnée assez tard par le génie des écrivains a toujours conservé quelque chose de sa rudesse ou, si l’on veut, de sa naïveté primitive.

a) Quelques formes de langage reproduisent le type primitif de la phrase,

Ex. : Cic., ad Att., 1, 11, 1 : narro tibi, plane relegatus mihi videor. Hor., Sat., 11, 7, 68 : evasti : credo, metues doctusque cavebis (au lieu de ut [supposé que] evaseris, credo te doctum esse et cauturum). — Pérn., Sutir., 129 : Crede mihi', non intellego. Etc.

b) Après les verbes signifiant dire, penser Ou croire, sentio, audio, video, cogito, intellego, opinor, credo, spero, censeo, scio, certum est (et quelquefois aussi après moneo), employés surtout à la première personne du singulier, on trouve, surtout chez les comiques et dans la langue familière, une proposition à l'indicatif et simplement juxtaposée, au lieu de la proposition infinitive.

Ex. : Pacte, Mil., 1371: et sensi, hinc sonitum fecerunt fores. — Caron (cité par A.-Gelle, XVI, 1, 4) : cogitate cum animis vestris, si quid vos per laborem recte feceritis, labor ille a vobis cito recedet. -- Pauvre, Pers., 802 : ludos me facitis, intellego. Rud., 661 : Opinor, leno pugnis plectitur (cf.

4. On voit qu'ici le grec n'est pas allé aussi loin que le latin. Cf. ci-dessus $ 344.

?. Sue l'emploi de crede mihi et de mihi crede, voy. Scumaiz, Zeitschrift für Gymnasialwesen, 1341, p. 115. 11 résulte de cette étude que crede mihi est unc expression de la langue familière. Landis que mihi crede se rencontre à peu près exclusivement dans le style châtié,

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Hon., Sat., 1,3, 53; Ép., 1, 16, 18,; II, 2, 11). Amph., 297 : credo, misericors est (Cf. Aulul., 11, 2, 21; Tér., Andr., 313). — Sa, Cat., 32, 43 : bene et composite C. Cæsar.…. de vita et morte disseruit, credo, falsa existumans ea, quæ de inferis memorantur.— Cic., in Cat., 1, 2, 5: si te interfici jussero, credo, erit verendum mihi... -- Tér., Heaut., 588 : recte dicit, censeo. — Pzaure, Capt., 326 : 5010 ego, multos jam lucrum homines luculentos reddidit (cf.ié.,971). Amph., 1048 : certumst, intro rumpam in ædis (cf. Au/.. IV, 6, 10]. Most., 196 : moneo ego te, te 1116 deseret ætate et satietate'. REMARQUE. — Quelquefois la proposition subséquente est préparée par un pronom démonstratif employé dans la proposition précédente ?.

Ex. : M. CATO, ad Marc. filium (Jordan, p. 77) : et hoc puta vatem dixisse, quandoque ista gens suas litteras dabit, omnia corrumpet. — PLAUTE, Pseud., 119, sq. : atque hoc... dico prius : | si neminem alium potero, tuum tangam patrem ‘cf. TÉR., Heaut., 195 sq.; Adelph., 163; 346 sq. : Eun., 898 sq. ; 971 sq.). -- SÉNÈQUE, Ep., 115, 18 : hoc tibi philosophia præstabit, quo quidem nihil majus existimo : nunquam te pænitebit tui. Etc.

c) Très souvent chez Plaute, quelquefois chez Caton, chez Térence et chez Apulée (qui a une prédilection marquée pour les étrangetés de l'archaïsme), on rencontre facio et surtout faxo suivi de l'indicatif futur, au lieu de ut avec le subjonctif.

Ex. : Carox, de Re rust., 145. 3 : si viride oleum opus siet, facito, accedet oleum et sal suæ usioni, quod satis siet.— Pacte, Amph., 1107: magis jam faxo mira dices (cf. Asin., 131: 749: Bacch., 15; 831; Cus., V, 2, 23). — Tér., Andr., 285 : fAXO... insultabis (cf. ib.. 663; Phorm., 308). — Aruuée, Mét., ΝῊ, 27 (à la fin) : senties efficiam misero dolori naturales vires adesse.

d) Le subjonctif seul s'emploie dans le même sens qu'une proposition avec ut :

a) Avec les verbes ou les expressions signifiant une manifestation de la volonté ou nécessité, obligation?.

t. Moneo ainsi employé ne se rencontre pas ailleurs que chez Plaute ; gpero n'est pas chez Cicéron, ni Opinor chez Térence. Voy. Scumaiz, δαί. Gramm., ἃ 209.

+, C'est le même cas qui a été vu plus haut, $ 352, 1 D. Je ne vois pas pourquoi KEnxen (awsf. Gramm. der lat. Spr., $ 178, 4 Anm. 2, p. 759) prétend, par un oxcès de subtilité, séparer ce cas du précédent, sous prétexte que la proposition annoncée par le pronom démonstratif est une simple apposition à ce pronom. Cela est vrai grammaticalement, mais n'empèche pas qu'on puisse voir dans cette construction un cas particulier de la juxtaposition.

3. C'est-à-dire avec volo, nolo, malo, avec l'impératif sine, avec permitto, « permettre de... » impero, « donner l'ordre de », 8cribo, « envoyer l'ordre de », admOneo, « avertir de », hortor, « exhorter à », suadeo, « conseiller de », postulo, oro, « demander, prier de... », etc., avec les impersonncls licet, « il est permis de... », Oportet, « il faut que. », necesse est, « il est nécessaire que... », etc.

Ex. : Cic, de Orat., 11, 21, 88 : volo se efferat in adulescente fecunditas (cf. de Rep., 1,10, 15). P. Mur., 28, 59 : 2010 accusator in judicium potentiam afferat. — T.-Live, XXH, 39, 20 : malo te sapiens hostis metuat, quam stulti cives laudent'. — T.Liwr, VII, 38, 13 : sine modo, 8686 prædà præpediant (cf. Vinc., En. 11, 669: Hon., Ép., 1, 16, 10; 11, 32). — Saic., Cat, 45, 1 : Cetera, uti facto opus sit, ita agant permittit Ὁ... Cés., de Bell. Gall., IN, 98, 8 : huic imperat, quas possit, adeat civitates (cf. VII, 86, 2)". — Cés., de Bell. Gall., V, 46, 4 : scribit Labieno.. cum legione ad fines Nerviorum veniat®. — Cic., in Cat., 2, 9, 20: 608 hoc moneo, desinant furere. — Cés., de Bell. Gall., V, 49, 3 : hunc admonet, iter caute diligenterque faciat. VI, 33, 5 : Labienum ‘Treboniumque hortatur…. ad eam diem revertantur (cf. de Bell. civ., 1,21, 4)". — Cic., ad Att., IN, 1 : oro des operam, ut me statim consequare. ἃ Fam., XIII, 35 : magnoque opere abs te peto, cures, etc.7. — Cés., de Bell. Gall., IV,16, 3 : qui postularent, 608... sibi dederent (cf. Conx. Nép., 7, 4, 1, etc.). — Cic., p. Rosc. Am., 41, 31 : licet omnes in me terrores periculaque impendeant omnia, succurram (cf. CaTox, de Re rust., 83, ete.). — PLAUTE, Pœn., V, 4,14 : pro hoc mihi patronus sim, necessest. Cic., de Fin., H, 35, 118 : virtus voluptatis aditus intercludat necesse est. Somn. Scip., 1 : Suis te oportet illecebris ipsa virtus trahat ad verum decus”.

1. Cette dernière phrase cest plus compliquée que les deux autres, à cause de l'emploic de malo. M... Mais on voit que l'idée de volonté y est exprimée comme dans les deux autres par l'emploi du subjonctif seul (cf. ci-dessus, ὃ 318). Les verbes vOl0, nolo. malo ne font qu'insister avec plus de force sur l'idée, comme dans cette phrase de Plaute : diu vivat volo, qu'on peut traduire littéralement ainsi : « qu'il vive longtemps : je le >> veux ».

2. À l'époque archaïque on trouve cette construction, mème ea dehors de l'impératif : cf. Carox, de Île rust., 24; Pracre, Pseud., 447, etc. : Tén., Andr., 900.

3. Cette construction est peut-être un archaïsme : elle 86 retrouve souvent dans T,-Live, mais ne parait se rencontrer dans aucun écrivain vraiment classique.

4. On troure la même construction avec jubeO dans la langue familière ou poétique. Cf. PLaure, Stich., 396; Pers., 605 : Mén., 955; Riul., 707; Ten., ÆEun., 691 ; Avcr. 5. ALxx., 73: AUCT. pb. Hisv., 27 : Ov. Am., I, 4, 9, etc. ; T.-Live, XXX, 19, 2; ct les écrivains postérieurs.

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