‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 111 sur 306 · De même, avec le verbe mando (cf. PLaure, Mere · texte numérisé non relu

De même, avec le verbe mando (cf. PLaure, Mere

Ex. : Cés., de Bell., Gall., WI, 11, 2 : huic mandat... Remos adeat.

6. De même avec adhortor ct arce cohortor. Cf. T.-Live, V. 15, 5 ; Cés., de Bell. cie., 1, 33, 2. Pour suade0, voy. Ριλυτε, Trin., 681 ; Cic., ad Fam., VII, 7, 1: Corn. Nep., 9, 4, 1; Prrn., Sat., 35. Persuadeo ne se trouve qu'une fois avec le subjonclif seul, Sair., Juy., 35, 2.

7. Ken, ausf. Gramm. der lat. Spr., ὃ 186, 2, ὁ (p. 809), cite Cäsan, de Bell. Gall., ὙΠ, 63, ἃ ; mais dans ce passage ut se trouve dans tous les manuscrits, sauf dans le Aomanus.

8. C'est cet emplai de licet qui en ἃ fait plus tard, à l'époque impériale, une véritable conjonction concessive : mais dans la prose classique licet n'est jamais une conjonction ; c'est une forme verbale qui se construit avec le subjonctif seul et qui répond au français « je veux bien que... », « je conseus à ce que... », etc. En poésie, on trouve licebit cmployé de mème (cf. Hon., Æpor., 15, 19).

9. De ménie Opus est se construisail avec Île subjonctif sans conjonction à l'époque archaïque (ef. Pracrs, Merc., 1004). Ce tour ne se retrouve que chez Piixe 1e Juuxx (Æp., IX, 33, 11). La langue archaïque construisait aussi de la même facon decet (cf. Patte, Pon., prol. 22) ct optimum est (εἴ, Prarre, Épid., 1, 1,57, cte.).

REMARQUES. — Il est intéressant de constater qu'avec quelques-uns de ces verbes (volo, nolo, malo) ou quelques-unes de ces expressions impersonnelles {licet, oportet, necesse est) l'addition de ut est soit rare, soit même incorrecte ! et que la langue classique a conservé et consacré sur ce point l'usage primitif.

Quant aux autres verbes qui marquent une manifestation de la volonté, ils se construisent ordinairement avec ut et le subjonctif dans la langue classique, mais l'usage primitif se retrouve encore, on le voit, dans un assez grand nombre d'exemples, même chez les meilleurs écrivains.

B) Avec certains verbes marquant une manifestation de l'activité et signifiant faire en sorte que..., obtenir que..., déterminer ἃ.... veiller à ce que. ; cette construction toutefois paraît propre à la langue archaïque ou familière et ne se rencontre pas en général chez les auteurs classiques.

Ex. : Cic., ad Fam., V,10,6 : fortem fac animum habeas. Etc. — Sazr.. Cat., 4,5: fac cogites (remarquez aussi le tour familier : fac sciam et les expressions : fac me ames, fac cogites, fac ante oculos tibi proponas, pour me ama, cogita, ante oculos tibi propone). — Ριλυτε, Trin., 591; Cas., }1, 3. 58: impetro (avec le subjonctif seul), j'obtiens que... — PLatTE, Pœn., ,2,1; Amph., 629; Asin., 155; CATon, de Re rust., 1. ἢ video (avec le sujonctif seul), je veille à ceque... — Caron, de Re rusl., 13; Cic., ad Fam., 11, 8, 1; PunëÈpas, Fables, V, 2, 6; PÉTRONE, Sat., 58: curo (avec le subjonctif seul), je prends soin que... — Puaxc. ar. Cic., ad Fam., X, 21, 6 ; PomPée chez Cic., ad .4{|.. VI, 62: do operam {avec le subjonctif seul), je prends soin que... Etc.

REMARQUES. — I. On rencontre parfois le verbe cense0, tel est mon avis, construit dans certains cas avec le subjonctif seul.

Ex. : Cic., Ac., 11, 30, 97 : tribunum aliquem censeo adhibeant cf. T.-Livr, XXXVI, 7, 47)?, — Uor., Ép., 1, 14, #4 : censebo exerceat. — T.-LiVE, 11, 48, 2 : censuit.. occuparent.

Ces exemples sont un reste remarquable de la structure primitive des phrases.

11. Il ne faut pas confondre avec cette construction l'emploi du subjonctif seul, au lieu d’une proposition complétive avec ne, dans le tour familier cave facias, cavete faciatis, etc.

Ex. : Cic., ad Fam., 1X, 24, ἃ : cave, si me ames, existimes me... abjecisse curam rei publicæ. Etc.

1. Ainsi volo, nolo, malo, necesse est, ut... sont rares οἱ oportet, ut... cst absolument incorrect. Voy. ἢ. KÜuxer, αἰδῇ. Gramm. der lat. Spr., ξ 187, c, Anm. ? (p. 812).

2. Mais dans Saruvsre, Cat, 52, 26, il n'est pas sûr qu'on puisse faire dépendre misereamini et dimittatis de censeo : ce sont des subjonctifs impératifs, οἱ Cen860 est entre parenthèse : « avez pitié d'eux, je vous le conseille » (Antoinc-Lallicr, éd. de Salluste, Paris, Hachette, 1888, p. 192, 0. 26). Toutefois l'emploi du subjonctif, au sens d'un impératif, à la 2° pers., cst ὑπὸ irrégulanité assez forte (ef, ci-dessus, $ 318, 2°, Re. 11).

Dans les phrases de ce genre ne est véritablement supprimé, sans doute par analogie avec la construction précédemment étudiée, où les Latins pouvaient supposer une ellipse de ut; mais, en tout cas, sans le verbe caveo, la proposition au subjonctif n'aurait point de sens ou bien aurait un sens opposé à celui qu'on attend. Au contraire, dans les exemples cités ci-dessus (α et GB), l'ellipse de ut n'est qu'apparente. En effet, le subjonctif seul suffirait, sans verbe principal, à exprimer clairement l’idée de volonté qui domine toutes les phrases.

e) La proposition juxtaposée peut être négative.

Ex. : Pate, Pœn., 900 : ita dei faxint : ne apud lenonem hunc serviam.

La proposition ne... serviam est du même ordre que celles qui ont été étudiées ci-dessus, ὃ 335.

C'est dans des constructions de ce genre qu'il faut sans doute chercher l'origine de l'emploi de ne avec le subjonctif après les verbes signifiant craindre.

En effet, une phrase comme ne veniat metuo peut être traduite littéralement par : qu'il ne vienne pas OU puisse-til ne pas venir, (mais) je suis inquiet. |

De même, ne non veniat metuo signifie proprement : puisse-t-il ne pas se faire qu'il ne vienne pas, (mais) je suis inquiet.

Enfin, dans la phrase ut veniat metuo, il vaut peut-être mieux considérer ut comme synonyme de utinam, puisse-til venir! mais je suis inquiet, que de remonter au sens primitif de la particule et d'expliquer je me demande avec crainte comment il pourrait venir.

REMARQUE. — Il est possible d'expliquer aussi simplement, mais pas tout à fait de la même manière, la construction des verbes grecs signifiant craindre (φοθεῖσθαι, δεδιέναι, δεινόν ἐστι UT...) OU soupçonner quelqu'un de... (ὑποπτεύειν τινὰ μή...), qui sont suivis d'une proposition commençant par A, où par 4 où quand l'idée est négative. En effet dédotxa Un τοῦτο ποιήσῃς, par exemple, signifie littéralement : ne fais pas cela ‘ordre négatif, cf. ci-dessus, $ 313) «( mais > je suis inquiet. Dans cette phrase la crainte se rapporte à l'avenir. Mais quand la crainte se rapporte au présent ou au passé, la construction n'est plus la même et μή n'a plus le même sens. Ainsi νῦν φοθοῦμαι μὴ ἡμάρτηχα, je crains aujourd'hui d'avoir été déçu signifie proprement je me demande avec inquiétude si je n'ai pas été déçu. Toutefois l’on voit qu'ici encore la juxtaposition a précédé la subordination : en effet, l'on sait que μή remplace souvent en grec ἄρα un et correspond au latin num dans l'interrogation directe simple : par conséquent la phrase qui vient d'être citée se ramène en dernière analvse à une proposition interrogalive directe juxtaposée à une autre proposition : est-ce que par hasard j'ai élé déçu? Je me le demande avec inquiétude.

ἢ Enfin l'on retrouve les traces de la structure primitive de la phrase dans les exemples cités aux & 307 et 327, où l'impératif et le subjonctif ont le sens concessif et remplacent des propositions subordonnées conditionnelles.

On peut ajouter les constructions suivantes où l'indicatif joue le même rôle.

Ex. : Tén., Eun., 251 : negat quis, nego; ait, ajo (cf. 4d., 118; 120). — Cic., p. Tull., 34 : arma cupiunt, dolo malo faciunt ; tempus ad insidiandum .….idoneum eligunt, dolo malo faciunt; vi in tectum irruunt, in ipsa vi dolus est; occidunt homines, tectum diruunt, nec homo occidi nec consulto alteri damnum dari sine dolo malo potest (cf. p. Sest., 42. 92; p. Rosc. Am., 20, 55). — Vinc., Géorg., II, 519 : venit hiems, teritur Sicyonia baca trapetis. — Ov., Trist., IV, 3, 33: tristis es, indignor. — Ilon., Sat. 1, 3, 56 sq. : probus quis | nobiscum vivit, multum demissus homo; 1111 | tardo cognomen pingui damus. Etc.

353. — La langue littéraire n'a eu garde de négliger les ressources que lui offraient ces procédés naturels du langage pour donner au style plus de force, de vivacité ou de brusquerie, suivant les cas. Aussi voyons-nous que les meilleurs écrivains en ont usé : il serait trop long d'en donner des exemples".

δ 2. — Syntaxe des propositions coordonnées.

354. — Les propositions coordonnées sont celles qui sont unies à la principale par les conjonctions copulatives (et, aussi), disjonctives (ou, ou bien), causales (car, en efl), conclusives (done, par conséquent) ou adversatives (mais, cependant, pourtant, ete.).

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