Plaute a dit de même en employant ac
Bacch., 60% : Perge : ac facile ecfeceris.
4. Cet usage fréquent chez Plaute et chez Térence se retrouve, on le voit, chez César et chez Cicéron (surtout dans les écrits philosophiques); rare chez les poètes du siècle d'Auguste, il est assex fréquent chez Cornélius Nepos, chez T.-Live et chez Q.-Curce, mais nul auteur plus que Tacite n'emploie Θὲ de cetle façon. Voy. Daæozn, Hist. Synt. der lat, Spr., ξ 311, 10 (2° éd., L. 1, p. 21 et suiv,), Syntax und Stil des Tacitus. $ 143 (p. 47). Scumazz, Lat., Gramm., ὃ 166.
5. Heyne croit voir une inilation d'Homère dans Virgile (£n., V, 857 : vix... et...). Sans doute. ainsi qu'on l'a vu plus haut (p. 352 sq.), le grec fait un usage analogue de xæt, mais rien ne prouve que le latin ait imité le grec : il est possible que le tour employé par Virgile appartint à la laugue archaïque : en tout cas, ce ne serait pas le seul emprunt fait par les poètes à la laugue des premiers temps : on sait que l'emploi de l'archaïsme était un des traits par lesquels les Romains tâchaicnt de distinguer leur langue poétique de celle de la prose. En ce cas, l'emploi de et, au lieu de CUM, serait l'intermédiaire naturel entre la construction primilive dont il a été question ci-dessus, καὶ 344 (p. 344), et la coustruction classique. Pour
Ex. : ViRGILE, ἔπ. V, 851 : vix primos... et super incumbens.…. (cf. VI, 498 : 547, — T.-LivE, XLIII, #, 10 : vixdum ad consulem se pervenisse, et audisse oppidum expugnatum. — Q.-CURCE, IV, 12, 23 : jamque.….. et. — PLINE LE JEUNE, Ep., VI, 20, 6 : jam hora diei prima et adhuc dubius οἱ quasi languidus dies (cf. ἰὁ., V1, 26, 14; IV, 17, 6; V, 16, 2; 20, 1; VII, 33, 7). — TACITE, Hisl., 11, 95 : nondum quartus a victoria mensis, et libertus... æquabat…. (cf. Ann., XV, 40, etc.) — APULÉE, Mel., 11, 23 : vix finieram et illico me perducit ad domum (cf. VII, 18; X, 6, etc.). Etc.
363. — Ac (devant une consonne) ou atque (devant une voyelle ou une h) sert à unir des mots, mais surtout des propositions. Gette conjonction doit à sa composition! une signification plus expressive que les autres. Plaute et Térence l'emploient souvent pour dire et précisément et, jointe à ecastor, profecto, vero, etc., pour exprimer l'affirmation dans toute sa force.
Ex. : Praure, Épid., 91: sed ego cesso ire obviam adulescenti...; atque ipse illic est. Bacch., 85 : rapidus fluvius hic 6581... atque ecastor apud hunc fluvium aliquid perdundum est tibi. Stich., 582 : sed videon ego Pamphilum cum patre suo Epignomo? afque is est (eh oui, mais oui, c'est bien lui). Truc., 122 : Diniarchusne illic est? atque is est.
Cet usage se retrouve chez Cicéron, mais surtout chez Salluste, qui, pour donner à son affirmation encore plus de force, fait suivre la particule atque du pronom ego. Voy. Cic., Tusc., 1, 20, 46 (atque ea profecto..) εἰς. ; Sazz., Jug., 14, 3: 34, 21, οἷς, ὃ,
REMARQUE. — On trouve chez Plaute (imité en cela par A. Gelle) la particule atque employée en tête de la proposition principale quand celle-ci est placée, dans la construction de la phrase, après la proposition subordonnée.
que celte hypothèse ne soit pas contestable, il faudrait avoir des exemples de ce tour dans Caton, davs Piaute et dans Térence : ni les grammaires, ni 165 lexiques n'en font mention. Mais si l’on ne trouve pas d'exemples de ce genre dans les recueils, ou rencontre à l'époque classique Θὲ construit après les pronoras démonstratifs d'identité et après l’adverbe simul, ce qui prouve que l'emploi de Θὲ pour marquer la simultanéité de deux actions était familier aux Latins.
Ex. : Cxs., de Bell. Gall., 1, 37, 1 : hæc eodem tempore Cæsari mandata referebantur et logati... veniebant. De Bell. civ., 1, 62, 3 : eodem fere tempore pons in Hibero prope effectus nuntiabatur et in Sicori vadum reperiebatur. — Sauc., Jug., 97, 4 : igitur simul consul ex multis de hostium adventu cognovit et ipsi hostes aderant.
1. Atque est écrit adque sur les inscriptions ct dans les manuscrits (cf. Nevx, F'ormenlehre, 11, Ρ. 797 sq.) ; il n'est donc pas absurde de supposer qu'il est composé de ad et de que et signifie proprement « et cn outre, ct de plus ». Toulcfois on considère généralement atque comme formé de at (cf. ci-après, $ 390) et de -QU6. Quant à la particule AC, clle a Je méme sens, mais n’a peut-être pas la mème origine que atŒu6. Voy. Ζικχεκ, Vergl. Syntax der indogrrm. Kompar., p. 198.
2. Dans ce 3055 particulier, atque est souvent accompagné non seulement de quidem, mais encorc de adeo, insuper, etiam, quoque. chez Plante et chez Térence, puis chez les auteurs classiques, enfin chez Salluste ct chez T.-Live, Voy. Daroen. op. cil., καὶ 315
Ex. : PLAUTE, Epid., 211 : quom ad portam venio, atque ego illam illic video præstolarier :.
364. — Lorsqu'il Υ a plusieurs membres de phrase reliés par et, le premier membre lui-même peut être précédé de et : dans cet emploi particulier la conjonction correspond soit à εἰ... et. soit à d'un côte... de l'autre...
EX. : Cés., de B. Gall., 111, 8, 1 : et naves habent Veneti plurimas et scientià nauticarum rerum reliquos antecedunt.
REMARQUES. — I. Par exception on trouve et... que... (au lieu de et... et...
Ex.:Cic., Tusc., I, 2, ἃ : et Epaminondas fidibus præclare cecinisse dicitur, Themistoclesque, cum in epulis recusaret lyram, est habitus indoctior (ef. CÉs., de B. civ., IT, 26, 3; T.-Live, II, 4, 5 ; V, 46, 10, etc.).
II. Au lieu de et... et... on trouve chez certains auteurs (mais pas chez Cicéron; les liaisons suivantes :
10 -que δῖ... (surtout entre deur termes) chez Plaute, Térence, César, Salluste, T.-Live et les écrivains postérieurs.
Ex. : TÉRENCE, Hécyre, III, 5, 38 : amoque et laudo et vehementer desidero. Cés., de Bell. Gall., NII, 27, 1 : suosque languidius in opere versari jussit et quid fieri vellet ostendit. Etc.
29 -que.… que. (surtout entre deux lermes), chez Ennius et chez les poètes, quelquefois aussi chez des prosateurs comme Salluste, T.-Live, Vellejus Paterculus, Senèque, Quintilien, Pline le Jeune et Tacite. |
3° «αι... atque.… (surtout entre deur termes) seulement chez Virgile et chez les prosateurs qui l'imitent.
Ex. : VIRG., Géorg., 1, 182 : sub terris posuitque domos atque horrea fecit.
111. Dans le style familier et... et... est remplacé aussi par qua... 4υᾶ.... d'un côté... de l'autre ?, mais cette liaison ne sert qu'à unir deux termes et non deux propositions. 1} faut en dire autant de tum... tum correspondant au grec τοτὲ μὲν... τοτὲ δὲ et signifiant tantôt. tantôt, soit... soil.
IV. 11 n'en est pas de même de la liaison cum... tum, qui sert régulièrement à unir des propositions. L'usage a fini par faire de cette combinaison un synonyme de et... 6ῖ..., mais, si l’on remonte à l'origine de l'expression, on voit qu'elle signifie proprement
alors 406... en même temps. Ce sens se voit encore nettement dans certains passages d'auteurs classiques.
Ex. : Cic., p. Arch., 4, 6 : idque, cum ipse per se dignus putaretur, tum auctoritate et gratia Luculli ab Heracliensibus impetravit ({{{{. et cet
honneur, alors que par lui-même il en paraissait digne, ex même temps il l'oblint grâce au crédit de Lucullus).
Le sens primitif de cum... tum explique que l'on s'en serve, quand on veut insister
sur le second terme de l'opposition plus que sur le premier : d'une part, d'autre part aussi (surtout, cependant).
1. Scnmauz, Lat, Gramm., ὃ 174, considère avec raison cette tournure comme un mélange de deax
constructivns : quom venio video οἱ venio atque video, ce qui ne doit pas surprendre dans la langue vulgaire ou familière.
2. Quä parait être l'ablatif féminin de l'indéfini quis, synonyme d'aliquis.
Cette liaison sert proprement à unir deux propositions; mais il faut distinguer deux cas.
19° Chaque membre de phrase «a son verbe : en pareil cas, on emploie l'indicatif ou le subjonctif.
a) On emploie l'indicatif, quand cum... tum signifie simplement que les deux actions sont simultanées.
Ex. : Corx. NÉP., Them., 2, 3 : in quo (n.) cum divitiis ornavit, tum etiam peritissimos belli navalis fecit Athenienses.
b} On emploie l'indicatif ou le subjonctif, quand il ν a entre les deux termes de l'opposition un contraste bien marqué.
Ex. : Cic., ad Fam., XII, 30, 2 : cum antea distinebar maximis occupationibus... tum hoc tempore multo distineor vehementius. Jb., XV, 9, 1 : cum te a pueritia tua unice dilexerim..., {um hoc tuo facto (cf. cidessus, $ 192, 6°, p. 229) multo acrius vehementiusque diligo.
2 Les deux membres de phrase n'ont qu'un rerbe, qui leur est commun. En pareil
cas, l'on supprime le verbe soit dans le second membre de phrase, soit dans le premier.
Ex. : Cic., p. Dej., #, 12 : ad quem cum (alors que...) di atque homines omnia ornamenta congessissent, tum tu ipse plurima et maxima (sousentendu congessisti). 1b., 14, 39 : cum (en même temps que...) de illo laboro, tum de multis amplissimis viris (sous-entendu laboro)!.
365. — Si l’un des deux membres de phrase reliés par et. et. est
négatif ou si l’un et l’autre sont négatifs, et non est remplacé, en général*, par neque.
EX. : Cés, de Bell. Gall., 1, 4, 4: : Orgetorix mortuus est, neque abest suspicio.. quin ipse sibi mortem consciverit (cf. 1, 4; II, 14, 3; 22, 3, etc., etc.). De Bell. Gall., Il, 12, 5 : quæ
(opera) neque viderant ante Galli neque audierant.
1. Cicéron aurait pu dire aussi : cum de 1110, {um de multis amplissimis viris laboro. Cclte dernière forme de phrase montre bien comment le scns primitif de CUM ayant fini par s'cffacer tout à fait, on en est arrivé à prendre CUM... tum pour synonyme de θὲ... et.
Er. : Cés., de Bell. Gall., VIN, 30, 2 : multum cum in omnibus rebus, tumin re militari potest fortuna.
Voy. O. Rixuaxx, Syntare lat., ὃ 272, Rex. HI.
2. Cette restriction est nécessaire, parce que, indépendamment du cas dont il va èlrc question ci-après
dans la remarque, on trouve neue et non daus certains passages tels que :
Cic., ad Fam., XI, 22, 1 : et semper me coluit diligentissimeque observavit, et a studiis ἈΝ μα non abhorret (en réalité non abhorret est une expression toute faite qui équivaut, comme litote, à favet). Zn Verr., 11, 4, 5, 9 : mancipium... quo et omnes utimur ef non præbetur a populo,
Cependant il faut remarquer avec Scnuazz, op. cil., $ 165, que et non, et nihil, et aullus, et nemo, et nunquam, etc., sont des constructions rares à l'époque archaïque, plus fréquentes chez l'auteur de la rhétorique à Hérennius, chez Cicéron et chez T.-Live : rares chez (César ct chez Salluste. elles reparaissent dans Valère-Maxime, dans Pline l'Ancien, dans Suétone, dans Pétrone οἱ surtout dans Tacite (τοῦ. Daæorn, Synt. u. Stil des Tacitus, 8 111), qui aime à insister sur l'idée négative caprinés par les adjectifs ou pronoms comme nullus et nihil.
REMARQUE. — Il peut arriver qu'il soit absolument nécessaire d'exprimer et non, comme lorsque la négation, par exemple, retombe non pas sur le verbe de la phrase, mais sur le mot devant lequel elle est placée.
Ex. :CÉs., de Bell. Gall., 11, 23, ἃ : cum in dextro cornu legio duodecima et non magno intervallo septima constitisset (non magno équivaut à parvo). — Cic., in Verr., 11, 4, 16, 36 : nonne te et prolatis et non prolatis tabulis condemnari necesse est? De Off., 1. 41, 147 : aliorum judicio permulta nobis ef facienda et non facienda sunt ; ou bien lorsqu'on veut rectifier ou corriger une assertion : Ex. : Cic., ad Fam., VII, 12 : si te Tarentum et non Samarobrivam misissem. Etc.
En pareil cas, c'est surtout ac non! que l'on emploie.
Ex. : Cic., de Leg. agr., 2, 31 : si hoc dissuadere est ac non (οἱ non pas plutôt disturbare atque pervertere *.
On emploie aussi et non dans d'autres cas dont il sera question à propos des négations.
366. — De la règle précédente il résulte que dans deux propositions négatives on emploie au lieu de et. et. les liaisons suivantes :
a) Neque... neque..., nec... nec, neque.…. nec... nec... neque…., ni. ni..., OU d'une part... ne... pas, d'autre part... ne... pas...
Ex. : Cés., de Bell. Gall., VN,23,5: quæ (materia) neque perrumpi neque distrahi potest. — Cic., de Amic., 12, 40 : hæc lex in amicitia sanciatur, ut neque rogemus res turpes, nec faciamus rogati. — T.-Live, XLII, 9, 1 : nam nec hostes moverunt arma, neque consul in agrum eorum legiones induxit. Etc.
b) Neque (nec)... et.…., d'une part. ne... pas, d'autre part... Ex. : Cic., de Orat., 1, 39, 119: homo neque meo judicio stultus et suo valde sapiens. Tusc., 1, 23, 54 : natura animi atque vis neque nata certe est, ei æterna est.
REMARQUE. — Par exceplion*, on trouve aussi neque... que. Ex. : Cic., Tusc., 1, 29, 71 : Socrates nec patronum quæsivit ad judicium capitis, nec judicibus supplex fuit adhibuitque liberam contumaciam. De Amic., 21, 104 : nec illa exstincta sunt alunturque‘ potius οἱ augentur cogitatione,
c) Et... neque (nec).…., d'une part. d'autre part... ne. pas.”
Ex. : Cic., de Sen., 3, 1 : qui se et libidinum vinclis laxatos esse non moleste ferrent nec a suis despicerentur. Phil., 13, 6. 13 : intellegitis Pompejo ef animum præsto fuisse nec consilium defuisse.
{. Chosc iotéressante à constater, atque non ne sc trouve daos ce seus particulier que chez Pline l'Ancien.
2. Ea revanche, on trouve neque là où et non serail à sa place ; presque inconnu à l'époque archaïque, ce tour est moins rare même chez Cicéron et correspond au français « sans » suivi de l'infinitif.
Ex. : Cic., de Rep., HT, 14 : aut facere injuriam nec accipere (« sans la subir ») aut οἱ facere et accipere.
3, En grec, au contraire, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus ($ 360, 2°, p. 362) la tournure correspondante οὔτε... τε... οϑὲ la seule correcte, landis que οὔτε... χαέ... est rare οἱ poétique (voy. ci-dessus. p. 363, n. 1)
4. Dans ces exemples, -que prend, cn quelque sorte, une valeur adversative (cf. ce qui a été dit pour et, ὃ 362, Rau. ll).
5. Cette liaison ne sc rencontre pas avant l'épnque classique.