‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 120 sur 306 · C. — PROPOSITIONS COORDONNÉES À L'AIDE DES CONJONCTIONS CAUSALES · texte numérisé non relu

C. — PROPOSITIONS COORDONNÉES À L'AIDE DES CONJONCTIONS CAUSALES

L — Grec : γάρ.

372. — La conjonction γάρ, qui sc place toujours après un mot, s'emploie pour annoncer 8) soit une raison, soit b) une explication et signifie tantôt car,en effet, tantôt c'est que.

a) EX.: Hou., 14, 11,118 : (Ζεὺς) πολλάων πολίων χατέλυσε κάρηνα... " τοῦ γὰρ κράτος ἐστὶ μέγιστον. — PLaton, Prolag., 349 d : ὧδε δὲ γνώσει ὅτι τἀληθῆ λέγω" εὑρήσεις γάρ... — XEN., Anab., ΥἹΙ, 6, 83: ἐπιστευόμμην ὑπὸ τῶν Λακχεδαιμονίων᾽ οὐ γὰρ ἄν με ἔπευπον πάλιν πρὸς ὑμᾶς (car autrement ils ne me renverraient pas auprès de vous). Etc.

REMARQUE. — Ainsi employée, la particule γὰρ se place quelquefois avant la proposition dont elie donne la raison et sert à former une sorte de parenthèse !.

Ex. : Hox., {l., VII, 398 : ᾿Ατρείδη.... πολλοὶ γὰρ τεθνᾶσι χαρηχομόωντες ᾿ΑΛχαιοί, | τῷ σε χρὴ πόλεμον παῦσαι... — PLATON, Phédon, 111 : τ ᾿ , Lau , , : “- ELEV, σὺ γὰρ τούτων ἐπιστήμων, τί /9N ποιεῖν ;

b) ΕΕκ.: Χέν., Απαὺ., Ν, 7,6 : λεχτέα ἃ γιγνώσχω᾽ ἔχει γὰρ ἢ χώρα πεδία κάλλιστα, il me faut dire ce que je sais c’est à savoir que le pays a de magnifiques plaines. Etc.

REMARQUE. — Γάρ s'emploie souvent d'une façon assez difficile à traduire, après des démonstratifs qui annoncent ce qui va suivre ou après des expressions elliptiques comme Texunotov δέ, σημεῖον δέ, μαρτύριον δέ, τὸ δὲ μέγιστον (s.-ent. τόδε ἔστιν), eu voici la preuve, un indice, un témoignage, ct la preuve c'est que, le principal c'est que... Où voici le prin. cipal, ou σχέψασθε, cxaminez donc, δῆλον δέ, cela est évident, etc.

Ex. : Hox., 1l., VIII, 148 : ἀλλὰ τόδ᾽ αἰνὸν ἄγος xcadinv χαὶ θυμὸν ἰχάνει" Λ Υ l Fe LE ὃ

1. En pareil cas, lc sujet de la proposition principale devient quelquefois, par attraction, complément dans la proposition causalc.

Ex. : Hxnonore. IV, 200 : τῶν δὲ πᾶν γὰρ ἦν τὸ πλῆθος αὐτῶν μεταίτιον οὐχ ἐδέχοντο (pour οἱ δέ. πᾶν γὰρ ἦν τὸ πλῆθος αὐτῶν μεταίτιον, οὐχ ἐδέχοντο). — Tnuc., I, 72, 1: τῶν δὲ ᾿Αθηναίων ἔτυχε Ὑὰρ πρεσδεία πρότερον ἐν τῇ Λαχεδαίμονι περὶ ἄλλων παροῦσα (pour οἱ & ᾿Αθηναῖοι, ἔτυχε γὰρ χτλ.).

τῶν παλαιῶν ἀσθένειαν οὐχ nxtata πρὸ γὰρ τῶν Τρωιχῶν οὐδὲν φαίνεται πρότερον χοινῇ ἐργασαμένη ἢ Ἑλλᾶς, I, 8, 1 : μαρτυρίον δέ" Δήλου γὰρ χαθχιρομένης... — XÉN., Mém., II, 6, 38 : Ex τῶνδε σχέψαι᾽ εἰ γάρ, ete.

373. — Au commencement de la phrase, la conjonction γὰρ est parfois précédée de xai qui la renforce.

Il faut distinguer deux cas :

19 Kat ne correspond pas à un autre χαί placé plus loin. En ce cas. χαὶ γάρ est tantôt l'équivalent du latin etenim, namque, et en effet, tantôt l'équivalent du latin nam etiam, et même.

Ex. : How, 14,11, 371: ἀλλά pot αἰγίοχος Κρονίδης Ζεὺς ἄλγε᾽ ἔδωχεν... Καὶ γὰρ (etenim) ἐγὼν ᾿Αχιλεύς... — Tnvc., 1,141, 7: Kai γὰρ (namque) οἱ μὲν ὡς μάλιστα τιμωρήσασθα!ί τινα βούλονται... — XÉN., Anab., Il, 5, 5 : ἐξέλωμεν ἀλλήλων τὴν ἀπιστίαν" Kai γὰρ (etenim) οἶδα ἀνθρώπους of φοδηθέντες ἀλλήλους ἐποίησαν ἀνήχεστα χαχᾷ.

Ριλτον, Apol., 40 e : καὲ γὰρ (nam etiam) οὐδὲν πλείων ὁ πᾶς “ρόνος φαίνεται οὕτω δὴ εἶναι ἢ μία νύξ, c'est que méme l'éternité paraît en ce cas n'avoir pas une durée plus longue qu'une seule nuit.

REMARQUES. — I. Kat γάρ (etenim) est quelquefois renforcé lui-même par un autre

χαί : la locution χαὶ γχο χαί équivaut alors à etenim etiam et signifie simplement ct même.

Ex. : Tauc., IV, 108, ἃ : καὶ γὰρ καὶ ἄδεια ἐφαίνετο αὐτοῖς. — XÉN., Anab., 11, 2, 15 : καὶ γὰρ καὶ χαπνὸς ἐφαίνετο ἐν χώμαις οὐ ποόσω. II. À χαὶ γάρ correspond οὐδὲ γὰρ (neque enim ou nam ne. quidem) dans une proposition négative.

Ex. : How, 1]... XIX, 411 : οὐδὲ γὰρ ἡμετέρῃ βραδυτῆτί τε νωχελίῃ τε | Τρῶες ἀπ᾿ ὥμοιιν Πατρόχλου τεύχε ἕλοντο. — Χέν..) Mém., I, 2, 31 : οὐδὲ γὰρ ἔγωγε οὔτ᾽ αὐτὸς τοῦτο πώποτε Σωχράτους ἤχουσα οὔτ᾽ ἄλλου του φάσχοντος αχηχοέναι ἡσθόμην.

Ηον., Od., XXIIT, 266 : οὐδὲ γὰρ αὐτὸς | χαίρω, car moi non plus je n'ai pas lieu de me réjouir. — XÉN., Anab., V,5, 9 : οὐδὲ γὰρ ἡμεῖς ὑμᾶς οὐδὲν... ὑπήρξαμεν χαχῶς ποιοῦντες, car nous non plus nous n'avons pas cu les premiers lorts à votre égard.

Dans une proposition négative χαὶ γὰρ xat est remplacé par οὐδὲ γὰρ οὐδὲ. Ex.:Hom., J1., V, 2 (cf. Od., VIII, 32, cte.) : οὐδὲ γὰρ οὐδέ χεν αὐτὸς ὑπέχφυγε ΙΚῆρα μέλαιναν (cf. οὐδὲ γὰρ οὐδέ τις ἄλλος, ni aueun autre en effet, c.-à-d. et absolument aucun autre). — XÉN., Cyr., VII, 2, 20 : οὐδὲ γὰρ οὐδὲ τοῦτο ἐψεύσατο, car en cela il n'a certainement pas menti. 2e Kai correspond à un autre χαὶ placé plus loin. En ce cas, καὶ γὰρ... 221... signifie car d’une ραν... et d'autre part.

Ex. : Χέν., Mém., III, 12, 4: καὶ γὰρ ὑγιαίνουσιν οἱ τὰ σώματα εὐ ἔχοντες καὶ ἰσχύουσιν. Εἰς,

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