‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 122 sur 306 · Grec : οὖν, ἄρα, τοίνυν · texte numérisé non relu

Grec : οὖν, ἄρα, τοίνυν

377. — En grec, οὖν, qui se place toujours après un autre mot”, correspond à la fois à ergo et à igitur.

4° Comme ergo, il signifie qu’une chose résulte de ce qui précède.

Ex. : Χέν., Anab., III, 2, 29: ἀναρχίχ ἂν καὶ ἀταξίᾳ ἐνόνλιζον ἡμᾶς ᾽ , : δ . LŸ NUL v — + ἀπολέσθαι" δεῖ οὖν πολὺ τοὺς ἄρχοντας ἐπιμελεστέρους εἰνα! τοὺς νῦν τῶν πρόσθεν.

2 Comme igitur, il sert a) soit à reprendre la suite d'un discours ou d'un récit, après une parenthèse, b) soit à marquer que le sujet annoncé d'une manière générale va être traité dans le détail.

4. En réalité non enim n'est employé que là où il est nécessaire d'insister sur l'idéc de la négation, comme c'est le cus dans les oppositions.

Voy. Cie, de Orat.. 1, 26,120 : non enim pudendo, sed non faciendo id, quod non decet, impudentiæ nomen effugere debemus (cf. p. Flacc., 28, 68).

2. Le sous propre de Quippe est « bicu sûr », comme on le voit dans les exemples suivants :

Cic., p. Cæcin., 19, 55 : recte igitur tu diceres te restitisse. Quippe : quid enim facilius est...? De δῖα. IV, 3, 7: ista ipsa... a te quidem apte ac rotunde (s.-ent. dicta sunt) : quippe : habes enim a rhetoribus.

3. Le sens propre de οὖν est « certaiuement, récllement, en fait » (cf, ci-après, p. 376, n. 2): c'est celui qu'il a notamment daus les réponses où il renforce simplement l'affirmation : οὔχουν. « assurément non », πάνυ μὲν οὖν, « oui ccrles », et qu'il couserve aussi dans quelques constructions dont il sera question tout à l'heure.

ai Ex. : Hérovore, 1, 69 : ὦ Λακεδαιμόνιοι, χρήσαντος τοῦ θεοῦ. τὸν Ἕλληνα φίλον προσθέσθαι (ὑμέας γὰρ πυνθάνομαι προεστάναι τῆς Ἑλλάδος) ὑμέας ὧν χατὰ τὸ χρηστήριον προσχαλέοιλαι. — XEN, Anab., 1, 5, 14: ὁ δὲ Ἡρόξενος (ἔτυχε γὰρ ὕστερος. ...), εὐθὺς οὖν... ἔθετο τὰ ὅπλα. — Dém., XVIII, 261 : ἐπειδὴ δ᾽ εἰς τοὺς δημότας ἐνεγράφης ὁπωσδήποτε (ἐῶ γὰρ τοῦτό γε), ἐπειδὴ δ᾽ οὖν ἐνεγράφης χτλ.

b, Ex.: Praros, Phéd., 10 c : σχεψώμεθα δὲ αὐτὸ τῇδέ πη, εἴτε ἄρα ἐν Ado εἰσὶν αἱ ψυχαὶ τελευτησάντων τῶν ἀνθρώπων εἴτε χαὶ οὔ. Παλαιὸς μὲν! οὖν ἔστι τις λόγος... Εἰς.

378. — La particule οὖν entre dans quelques combinaisons dont il est important de marquer le sens.

a) Καὶ γὰρ oùv placé au commencement d'une proposition signifie c'est pourquoi naturellement.

Ex. : Xén., Anab., 1, 9, 11: φανερὸς δ᾽ nv χαὶ, εἰ τίς τι ἀγαθὸν ἢ χαχὸν ΄ ᾽ ΄ ’ Li ποιήσειε αὐτόν, νιχᾶν πειρώμενος..." καὶ γὰρ οὖν πλεῖστοι δὴ αὐτῷ... ἐπεθύμησαν χαὶ χρήματα χαὶ πόλεις χαὶ τὰ ἑα)τῶν σώμχτα προέσθαι...

b) Il ne faut pas confondre οὔχουν avec οὐχοῦν : le premier signifie

donc πο... pas, par conséquent πὸ... pas, et le second : donc, en conséquence, par suite”.

Οὔκουν se place ordinairement au commencement de la phrase”. Ex. : Piarox. Rép., 398 € : ἐγὼ τοίνυν, ὦ Σώχρατες, χινδυνεύω ἐχτὸς τῶν πάντων εἶναι' οὔκουν (non igitur) ἱκανῶς γε ἔχω ἐν τῷ παρόντι ξυμδαλέσθαι, ποῖ’ ἅττα δεῖ ἡμᾶς λέγεν, ὑποπτεύω μέντοι.

Oùnodv se place aussi au commencement de la phrase.

Ex. : Puarow, Phédre, 214 b : οὗκοῦν τὸ μὲν τέχνης τε καὶ ἀτεχνίας

4. lei μὲν ἃ pour corrélatf χαὶ trois lignes plus bas : χαὶ εἰ τοῦθ᾽ οὕτως ἔχει χτλ. La particule οὖν. dans cet emploi particulier, ἃ gardé encore quelque chose de son sens propre : ici encore on peut traduire par «a en fait». Pour ἱλὲν OUY, νον. ci-après, p. 376. Θ.

2. Ce sens de οὐχοῦν dérive de celui qu'il a dans les interrogations, où il correspond à nonne ergo «n'est-il donc pas vrai que...?» En effet, une phrase telle que celle-là suppose une réponse affirmative : « oui, cela est vrai ». Or en employant οὐχοῦν pour signifier « donc », ou cousidère que la réponse a été faite et que la conséquence cst admise.

3. Thucydide l'emploie dans le second membre de la phrase (11, 43, 1), mais cet emploi est rare.

4. Dans cette phrase οὐχοῦν parait bien loin de sa sigaification propre et primitive, puisqu'il est suivi d'un impératif et qu'il n’est guère passible de ramener la proposition où il se trouve à une proposition interrogalive ; c’est que οὐχοῦν a fini par devenir presque synonyme de οὖν. Mais on reconnait encore la valeur propre et primitive de la particule dans des phrases comme celle-ci :

Ex. : Χέπ., Mém., ΠῚ, 6, 10 : οὐκοῦν, ἔφη, καὶ περὶ πολέμου συμδουλεύειν τήν γε πρώτην ἐπισχήσομεν᾽" ἴσως γὰρ... οὕπω ἐξήταχας (on peut traduire te. : « Nous nous abstiendrons pour commencer, n'est-il pas vrai ? de douucr des conseils au sujet de la guerre ; car sans doute Lu n'es pas encore au courant. »

c) Γοῦν (composé de γε et de οὖν) se place après un mot et correspond au latin quidem certe; il exprime une restriction : tout au moins, ce qui est sûr au moins; c'est que. On peut souvent lui donner pour équivalent en français : par exemple Ou du moins.

Ex. : Tuuc., 1, 2,5: τὴν γοῦν (par exemple) ᾿Αττιχὴν ἐχ τοῦ ἐπὶ πλεῖστον διὰ τὸ λεπτόγεων ἀστασίαστον οὖσαν ἄνθρωποι: ᾧχουν οἱ αὐτοὶ ἀεί. — PLaron, Phédon, 95 a : σύ μοι δοχεῖς, ἔφη ὁ Κέδης, ἐξευρήσειν᾽ τουτονὶ γοῦν (tout au moins) τὸν

δόταν. -- χέν., Mém., I, 6, 2: σὺ δέ μοι δοχεῖς τἀναντία τῆς ἱλοσοφίας ἀπολελαυχέναι᾽ ζῇς γοῦν οὕτως, ὡς οὐδ᾽ ἂν εἷς ἑοῦλος ὑπὸ δεσπότῃ διαιτώμενος μείνειε.

+ οἰ σις | | ἃ) À” οὖν se place après un mot et signifie ce qui est sûr, c'est que, souvent même quoi qu'il en soit.

Ex. : Tuve., I, 3, 4 : οἱ δ᾽ οὖν ὡς ἔχαστοι Ἕλληνες χατὰ πόλεις τε ὅσοι ἀλλήλων ξυνίεσαν χαὶ ξύμπαντες ὕστερον χληθέντες οὐδὲν πρὸ τῶν Τρωϊχῶν δι᾽ ἀσθένειαν χαὶ ἀμιξίαν ἀλλήλων ἁθρόοι ἔπραξαν.

e) Μὲν οὖν se place toujours après un mot et, quand il est employé comme particule conclusive, signifie donc, d'après cela, comme il résulte de cela, effectivement ?.

ll est d'un usage général dans toute la langue grecque, soit en corrélation avec δέ, ἀλλά, etc.*, soit isolément.

Ex. : How., Od., IV, 180 : βὰν δ᾽ ἰέναι ἐπὶ νῆα θοὴν καὶ θίνα θαλάς-

-.« x A [2 φ + onç. Νῆα μὲν οὖν πάμπρωτον ἁλὸς βένθοσὸςε ἔρυσσαν, | ἐν δ᾽ ἱστόν τ᾿ ἐτίθεντο χαὶ ἱστία vni μελαίνῃ. — Son.

1. « La liaison δὲ οὖν, fréquente chez Thucydide, dit M. Alfr. Croiset (éd. de Thucydide, p. 148, n. {2}, marque le retour à l'idée principale d'un morceau après une parenthèse. OSv sert à écarter l'idée accessoire, οἱ δέ marque la reprise, la continuation proproment dile. » On a vu ci-dessus (ὃ 375, 2, 8) que οὖν tout seul a souvent la mème valeur.

2. Celle combinaison renferme en réalité deux particules aîMirmatives : μέν sigoifio proprement « certainement » οἱ οὖν « réellement », « en fait » : elle a donc pour équivalent proprement dit l'expression francaise « sans aucun doule ». C'est co qu'on voit parliculièrement daus les réponses où μὲν οὖν soil scul, soit avec d'autres adverbes affirmalifs (πάνυ μὲν οὖν, μάλιστα μὲν οὖν) doit se traduire par « oui cerles », « parfaitenent »; c'est ce qu'ou voit même dans des exemples lels que :

Pratox, Buthyd., 304 © : χαρίεν γέ τι πρᾶγμά ἔστιν À φιλοσοφία. — Ποῖον, ἔφη. ΄“ χαρίεν... ; οὐδενὸς μὲν οὖν ἄξιον (lit. : « c'est une belle chose, lui dis-je, que la philosophie. — Comment? une belle chose? répondit-il. Æn réalité, c'est une chose de nulle valcur »).

Mais on voil que le ton de la réponse permet, dans des cas analogues, de traduire par α bien plutôt », « tout au contraire ».

Eufin c'est ce qu'on voit dans des exemples comme ceux qui vont étre cités dans le texte, exemples dans lesquels on peut presque toujours donner à οὖν son sens propre « en fait ».

3. On trouve encore, par exemple, μὲν οὖν... οὗ μὴν (Isocn., IV, 68) μὲν οὖν... οὐ μὴν ἀλλά (lsér, VIII, 5), μὲν οὖν... ὅμως (Du. XXVIT, 2). Quelquefois aussi μὲν οὖν est en corrélation avec δ᾽ οὖν.

- Ἀνά Ras , 9, ψ Ex, : Puar., Lach., 184 δ: ἴσως μὲν οὖν εἴη ἄν τ: ταῦτα, ὥσπερ Νιχίας λέγει" οἷς δ᾽ οὖν . . «Ὁ »w « Q ἐγὼ ἐντετύχηχα, τοιαῦτ ἄττα ἐστίν.

ÉL.,549 sq. : ἐγὼ μὲν οὖν... εἰ δέ... — PLATON, Phédon, 89 ἃ: τὸ μὲν οὖν ἔχειν ὅ τι λέγοι ἐκεῖνος ἴσως οὐδὲν ἄτοπον " ἀλλὰ ἔγωγε μάλιστα ἐθαύμασα χτλ.

Sornocce, OEdipe Roi, 581 sqq. : ἐγὼ μὲν οὖν οὔτ᾽ αὐτὸς ἱμείρων ἔφυν [τύραννος εἶναι μᾶλλον ἢ τύραννα δρᾶν, | οὔτ᾽ ἄλλος ὅστις σωφρονεῖν ἐπίσταται.

REMARQUE. — A force d'être employé, μὲν οὖν finit par perdre en partie sa valeur

propre et ne servit plus parfois que de formule de transition, comme par exemple dans Thucydide.

KA «ὦ ’ «-Φ 1, 45,4: τὰ μὲν οὖν ναυτιχὰ τῶν Ἑλλήνων τοιαῦτα ἢν... ἰσχὺν δὲ περιεποιήσαντο...

3979. — L’adverbe &pa', qui se place toujours après un mot, est quelquefois employé comme particule conclusive : il signifie qu’une chose résulte naturellement ou directement d'une autre chose : donc; précisément, mais équivaut quelquefois aussi au français tout naturellement ; sans doute (lat. scilicet ou nimirum).

Ex. : How., J1., 1,96 : τοὔνεχ᾽ ἄρ ἄλγε᾽ ἔθηχεν, précisément à cause de cela le dieu a imposé des maux. — PLAToN, Phédon, 19 h : τί οὖν περὶ ψυχῆς λέγομεν; ὁρατὸν ἢ ἀόρατον εἶναι; οὐχ ὁρατόν. ᾿Αϊδὲς ἄρα; Ναί. Ὁμοιότερον ἄρα ψυχὴ σώματός ἐστιν τῷ ἀϊδεῖ, τὸ δὲ τῷ ὁρατῷ.

Χέν., Cyr, 1, 3, 8: Σάχᾳ δέ, φάναι τὸν ᾿Αστυάγην τῷ οἰνοχόῳ, ὃν ἐγὼ μάλιστα τιμῶ, οὐδὲν δίδως ; ὁ δὲ Σάχας ἄρα (nimirum)* χαλός τε ὧν ἐτύγχανε (or ce Sacas était précisément beau) χαὶ χτλ.

REMARQUES. — L'adverbe a fini par servir, comme ergo en latin, ἃ marquer la conclusion d’un syllogisme.

Ex. : LUCIEN, Jup. trag., δι : εἰ εἰσὶ βωμοί, εἰσὶ χαὶ θεοί" ἀλλὰ μὴν εἰσὶ βωμοί᾽ εἰσὶν ἅρα xai θεοί,

380. — Τοίνυν est proprement une particule affirmativeÿ qui, chez les Attiques, se place toujours après un mot et qui, signifiant maintenant,

4. Dans Homère et chez les poètes épiques dpa (ἄρ devant une consonne, ῥα cnclitique, δ᾽ devant une voyclle, ῥά devant un digamma) n'exprime souvent qu'une simple transition: « puis », « alors », « et » ; de ce sens on passe aisément à celui de « par suite », « ainsi donc ».

2. 11 faut remarquer que dans cet exemple c'est la particule δέ qui sert à uuir les deux propositions ; ἄρα rappelle l'idée du verbe τιμῶ qui précède et signifie qu'on va donner les raisons foules naturelles de l'estime d’Astyage pour sou serviteur. Cet emploi particulier de ἄρα explique pourquoi on le rencantre dans des constructions comme celle-ci :

Xéx., Cyr., 1, 3, 2 : ἐρωτώσης δὲ αὐτὸν τῆς μητρός.... ἀπεχρίνατο ἄραι ὁ Κῦρος. La phrase nc siguifie pas : « sa mère l'interrogeant, il répondit donc... », mais bien : « sa mère l'interrogeant, il répondit {out naturellement ». 3, Elle équivaut souvent ἃ « eh bien donc... » notamment au commencement d'un développement provuqué par l'intervention d’un interlocuteur.

Ex. : Puaros, Æuthyphron, 5 d : λέγε Ôr,, τί φὴς εἶναι τὸ ὅσιον; λέγω τοένυν ὅτι τὸ ὅσιόν ἐστιν ὅπερ ἐγὼ νῦν ποιῶ.

.»-- = mme

or, done (dans les formules de transition), a fini par ètre employée avec la valeur du latin itaque, c'est pourquoi.

Ex. : Χέν., Cyr. 1,4,2: πάσας τοίνυν τὰς ἀγέλας ταύτας ἐδοχοῦμεν ὁρᾶν μᾶλλον ἐθελούσας πείθεσθαι τοῖς νομεῦσιν ἢ τοὺς ἀνθρώπους τοῖς ἄρχουσι.

381. — Pour exprimer une conclusion avec plus de force on se sert de τοιγάρτοι et de τοιγαροῦν, qui s'emploient l'un et l’autre au commencement de la phrase et signifient et voilà pourquoi, c’est pour cela que.

EX. : PLarox., Phéd., 82 d : τοιγάρτοι' τούτοις μὲν ἅπασιν, ὦ Κέόδης.... χαίρειν εἰπόντες, οὐ χατὰ ταὐτὰ πορεύσονται αὐτοῖς... — Χήν.γ Anab., IL, 6, 20 : τοιγαροῦν αὐτῷ οἱ μὲν χαλοί τε χἀγαθοὶ τῶν συνόντων εὖνο! ἤσαν, οἱ δὲ xt ἐπεδούλευον.

IL — 1α{}ὉῸπ|: ergo, igitur --- itaque, quamobrem, quapropter, quocirca.

382. — 1° A l'époque classique, la particule ergo* est celle que l'on emploie de préférence pour marquer la conclusion logique d'un raisonnement.

ἔχ. : Cie, de Nat. deor., 111, 13, 33 : omne animal appetit quædam et fugit a quibusdam. Quod autem refugit, id contra naturam est, et quod contra naturam, id habet vim interimendi. Omne ergo animal intereat necesse. Etc.

2 Igitur* correspond aux diverses acceptions du français donc. On l’emploie non seulement comme ergo dans les conclusions,

Ex. : Cic., Acad., 11, 30, 96 : si mentiris, mentiris; mentiris autem, mentiris igitur.

mais encore pour résumer et pour conclure un récit, un développement précédent.

4. Cette parlicule qu'emploient Thucydide οἱ Platon (dans ses premicrs dialogues) ne se retrouve plus dans les derniers dialogues de Platon ni dans Aristote, Sur χαὶ γάρ τοι, « c'est pourquoi », voy. Revue de Philologie, ἃ. VII, p. 33-44.

2. Proprement @rgo, qui vient sans doute de Θ rego (cf. Θ regione, « dans la direction », « droit, directement ») signifie « en fait », « réellement » ; aussi le mot a-t-il, à l’époque archaïque, la valeur d'une particule aftirmative, soit seul, sait joint à mecastor, edepol, etc.

Ex. : Praurs, Jfil., 1233 : ergo istus metus me macerat. /b., 63 : ergo mecastor, pulcher ‘est.

C'est ce qui explique pourquoi il forme quelqueluis à la même époque, avec igitur une locution composée : ergo igitur « donc, en fait ». Cf, itaque ergo, qu'on trouve parfois dans T,-Live οἱ qui cst sans doutc, chez cet auteur, uu emprunt plus ou moins conscient fait aux vieux annalistes.

De plus l'étymologic d'ergo explique aussi qu'il ait pu étre pris daus le sens de « ensuite » et de « en conséquence, donc »,

3. L'origine de igitur cest assez obscure (voy. cependant M. Bnréau et A. Bauiv, Dictionnairr étymologique latin); mais on sait que cette particule signifiait proprement « alors » (cf. Pracrr, Most., 11, 1, 32; Cas., 1, 2, 39); ce sens conduit facilement à celui de « conséquemment, doc ».

EX. : α΄, Tuse., 1, 28, 18 : hæc igitur et alia innumerabilia cum cernimus, possumusne dubitare quin iis præsit aliquis. effector ? Etc.

ou pour reprendre, après une parenthèse, le fil d’un discours (cf. c1dessus, ὃ 377, 2, a).

Ex. : Cic., de Fin., IN, 14, 45 : recta effectio (χατόρθωσιν enim jita appello, quoniam rectum factum χατόρθωμα) recta igitur (dis-je) effectio. crescendi accessionem nullam habet.

ou enfin pour annoncer que le sujet annoncé d'une manière générale va être traité dans le détail (cf. ci-dessus, ἃ 377, 2, b).

Ex. : Cic.. de Nat. deor., , 30,16 : eamque disputationem tres in partes nostri fere dividunt... Primum igitur aut negandum est esse 4608...

REMARQUES. — Τ. La particule igitur est très ancienne dans la langue et alterne souvent avec ergo.

Il. Ergo et igitur se placent en tête de la phrase, quand il y ἃ lieu d’insister sur la conclusion : autrement, ils se placent après le premier mot.

383. — Pour donner plus de poids et d'autorité à la conclusion, les Latins avaient-recours, selon les cas, à des locutions composées que l'usage avait rapprochées des particules conclusives.

1° Itaque, formé de ita et de l'enclitique que!, signifie proprement et ainsi, et de cette facon *.

Ex. : Puaure, Amph., 15: ita huic facietis fabulæ silentium | itaque æqui et justi hic eritis omnes arbitri (ef. ib., 163 ; Capt., 616, 878 : Pers., 181; Mil., 191 ; Truc. 11,6, 45: Cist., 11,1,36:; TÉér., Andr., 550 : Hec.. 207; 519; 604). — Conn. Nér., 1,4, 2: inimici illud tempus exspectandum decreverunt quo exisset, ut absentem aggrederentur, itaque fecerunt?.

De ce sens on a passé naturellement à celui-ci : par suite, par conséquent : employé ainsi, itaque se place régulièrement en tête de la phrase,

1. Les grammairiens latins avaient imaginé de distinguer deux itaque : l'adverbe ita’que « οἱ ainsi », et Ja particule j'taque : mais cette distinction, fât-elle fondée en fait, n'empéche pas de reconnaitre dans le mot les éléments qui le romposent.

2. ]taque peut signifier naturellemeut aussi « οἱ de telle façon », comme ita signifie « de telle façon », mais nous n'avons pas à nous occuper ici de celte signification. Voy. R. KCnxer, aus/. Gramm. der lat, Spr., S$ 173, 1 (p. 731 ct suiv.).

3. Itaque conserve encore sa significatiou primitive quand il est employé pour signifier qu'une pensée générale va être expliquée par un exemple ou par une comparaison : il peut être traduit alors par « ainsi ».

Fx.: Cic., de Fin., NM, 4, 12 : quod vestri quidem vel optimi disputant, nihil opus esse eum, qui philosophus futurus sit, scire litteras. Jtaque ut majores nostri ab aratro abduxerunt Cincinnatum illum, ut dictator esset: sic vos de pagis omnibus colligitis bonos illos quidem viros, sed certe non pereruditos.

4. En fait, c'est la règle suivie par tous les auteurs de l'époque archaïque, comme par César, Cicéron ct Sallusle : on ne trouve itaque placé après le premier mot de la phrase que chez Cornificius, chez Horace, T.-Live et Quintilien, quelquefois chez Q.-Curce et Valère-Maxime, jamais chez Pline ni chez Tacite.

et sert ordinairement à signifier que le fait dont il va être question est la conséquence naturelle de celui qui précède.

Ex. : Con. Nér., Arist., 1,1: Aristides æqualis fere fuit Themistocli. Itaque cum eo de principatu contendit.

REMARQUE. — L'usage a fait souvent de itaque un synonyme pur et simple de igitur : c'est ainsi qu’on le trouve employé même par les meilleurs auteurs pour signifier qu'on reprend le fil d’un développement interrompu.

Ex. : Cic., de Amic., 1, 1-3 : me ad pontificem Scævolam contuli….; sed de hoc alias, nunc redeo ad augurem : cum sæpe multa, tum... Jtaque tum Scævola... exposuit nobis sermonem Lælii de amicitia habitum.

2° Quam ob rem ou quamobrem est une locution assez lourde que Cicéron emploie au sens de c'est pourquoi !.

Ex. : Cic., p. Flacc., 21,10 : quamobrem quæso a vobis….

3° Quapropter se rencontre à l'époque archaïque et dans Cicéron comme particule conclusive; plus tard il tend à disparaitre.

Ex. : Enxivs (cité par Varnon, de Ling. lat., NII, 82) : quapropter Parim pastores nunc Alexandrum vocant (cf. Tér., Heaut., 351: Ad., 342; Héc., 364; Cuc., p. Rosc. Am., 4,9; Cæcin., 21,18; in Verr., WI, 2, 13,180; Phil., 3, 11, 29; de Amic., 8, 21; ad Fam., IV, 15, 2, ete).

4 Quocirca n'apparaît comme particule conclusive qu'à l'époque classique ; on la retrouve chez quelques poètes, bien qu'elle soit très lourde.

REMARQUES. — I. Certains adverbes pronominaux sont employés aussi dans les conclusions ; hinc (fréquent à toutes les époques), inde (fréquent à l'époque classique), eo et ideo (seulement à l'époque impériale), idcirco (surtout à l'époque archaïque et chez les écrivains postérieurs), propterea (surtout à l’époque archaïque).

11. Proinde, en conséquence, done, ne s'emploie correctement que dans une proposition volitive? à l'impératif ou au subjonctif : cet adverbe sert alors à exprimer avec énergie un ordre adressé à d'autres ou une exhortation qu'on s'adresse à soi-même.

Ex. : NÆ&v. (cité par FESTUS, p. 298 à, 29) : proinde aperte dice.— Cic., ad Fam., XII, 6, 2: proinde fac animum habeas. — CÉs., de Bell. Gall., VIH, 50, 6: proinde abite* (cf. T.-L1VE, V, 9, 6:.

C'est seulement à partir de T.-Live que proinde devient synonymede itaque oud'igitur*.

1. Dans le latin archaïque ct à l'époque classique, quamobrem est employé comme adverhe interrogalif au sens de « pour quelle raison, pourquoi » (dans l'interrogation indirecte, comme dans l'interrogation directe): mais ce n’est pas le mème mot : ici quam est l'accusatif féminin de l'adjectif quis, là, c'est l'acc. fém. de l'adjectif qui.

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