E. — PROPOSITIONS COORDONNÉES A L'AIDE DES CONJONCTIONS ADVERSATIVES
Ι. — Grec : Gé, ἀλλά, μήν, μέντοι, καίτοι, ὅμως.
384. — En grec, la conjonction adversative la plus simple est la particule δέ, qui se place après un mot,
4° Δέ marque une opposition, mais assez faible : souvent même elle indique simplement qu'on passe d’une idée à une autre et ne peut se traduire en français que par et.
Ex. : Pzaton., Phédon, 59 ἃ : περιεμένοιλεν οὖν ἑκάστοτε, ἕως ἀνοιχθείη τὸ δεσμωτήριον, διατρίόοντες μετ᾽ ἀλλήλων ἀνεῴγετο γὰρ οὐ πρῴ᾽ ἐπειδὴ δὲ (ει) ἀνοιχθείη, εἰσῇμιεν χτλ.
2° Toutefois le grec se sert ordinairement de la particule δέ pour marquer qu'une idée est différente de celle qui précède, sans l'exclure ni lui être contraire.
EX.: Pratox., Phéd., 1116: χαὶ ἡμεῖς ἀχούσαντες ὡσχύνθημέν τε χαὶ ἐπέσγομεν τοῦ δαχρύειν. Ὁ δὲ (oppose la personne de Socrate à ses amis) περιελθών, ἐπειδὴ χτλ. Rép, 520 à : ξυμπονήσετε ἐν τῇ πόλει ἕχαστοι ἐν μέρει, τὸν δὲ πολὺν χρόνον μετ᾽ ἀλλήλων οἰχήσετε ἐν τῷ χαθαρῷ. |
3° Très souvent δέ correspond à un μέν qui précède et qui, comme dé, est toujours placé après un mot.
a) L'opposition de ces deux particules rend en quelque sorte sensible l'opposition qui existe entre deux idées" : à la vérité..., mais... : tandis que..., (au contraire!.
Ex. : Ριατ., Phédon, 81 ἃ : ἢ μὲν ψυχὴ πολυχρόνιόν ἐστι, τὸ δὲ σῶμα ἀσθενέστερον χαὶ ὀλιγοχρονιώτερον. — XEN., Anab., V, 6, 19 : “οἷς μὲν ἐδόχει βέλτιστον εἶναι χαταμεῖναι, τοῖς δὲ πολλοῖς οὔ, tandis que les uns jugeaient préférable de résister de pied ferme, les autres, en plus grand nombre, étaient d’un avis contraire. Etc.
b) Mais il est rare que l'opposition puisse être toujours traduite aussi nettement en français.
. Le sens premier de λέν est « en vérité », «sans doute», comme on le voit encore en quelques passages (cf. Xex., Anab., 1,7, 6; VII, 1,9: 6, 11: Mém.,I, 2, 2) et daus certaines formules où il parait remplacer μὴν « vraiment », « certes » (πάνυ μὲν οὖν, μάλιστα μὲν οὖν, χομιδῆ ἱμμιὲν οὖν a oui, certainement », χαὶ Δὲν δὴ, « et certainement », ἀλλὰ μὲν δή « mais certainement », οὐ μὲν δΥ, « certainement non », οὐ λὲν οὖν « non en vérité », enfin λὲν οὖν (cf. ci-dessus, p. 376). Mais quand μὲν est en corrélation avec δέ, il signifie proprement « à la vérité », « il est vrai ». Voy. encore ci-après, Rex. 11, à la fin.
Le plus souvent, μὲν et δέ servent simplement à mettre en regard l'une de l'autre les idées contenues dans les deux propositions : en ce cas on peut négliger de traduire ἐμέν.
Ex. : Χέν.. Anab., 1,6, 9: τοιαῦτα μὲν πεποίηχε, τοιαῦτα δὲ λέγει, voilà ce qu'il a fait e{ voilà ce qu'il dit. Etc.
REMARQUES. — 1. Quand on veut marquer une opposition assez forte, on ajoute αὖ; d'autre part, au contraire, à la particule δέ.
Ex.: XÉN., Anab., 1, 10, 11 : où “Ἕλληνες ἐπήεσαν᾽ oi δ᾽ αὖ Br (ούαροι οὐχ ἐδέχοντο.
Il. La particule δέ opposée à μέν entre dans un certain nombre de locutions dont voici les principales : ὃ μέν... ὃ δέ, l'un... l'autre, οἵ μέν... OÙ δέ, les uns... les autres, ἔνθα LA LA a? PR Ψ , ν =?
μέ)... ἔνθα δέ, ici. là; ἔνθεν μέν... ἔνθεν δὲ: d'un côlé.. de l'autre; τότε μέν... τότε δέ (tum... tum, modo... modo), tantôt. . tantôt; ἅμα μέν... ἅμα δέ (αἰ πηι]... simul , eu même temps, πρῶτον μέν΄... εἶτα Ôé ‘ou εἶτα, ἕπειτα sans δέ, ou enfin Ô£ tout seul,, d'abord... ensuite.
JIJ. Quelquefois μέν parait n'avoir pas de corrélatif : c’est ce qui a lieu dans des cas où, bien que la contre-partie ne soit pas exprimée, la corrélation est néanmoins impliquée dans l'ensemble même de la phrase.
Ex.: Hom., Od., VII, 237: τὸ μέν σε πρῶτον etsrioouat (il est évident qu ‘on fera d'autres questions). — XEN., Anab., 1, 9, 14 : χχὶ πρῶτον μὲν ἢ Ἣν αὐτῷ πόλευιος πρὸς Πισίδας ice qui implique cette idée que Cyrus eut d'autres guerres à soutenir}. Etc. ὁ. ας " Sie nn.
Toutefois, il faut peut-être mettre à part des locutions comme ἐγὼ μὲν οἷαι, ἐγὼ μὲν οὐχ οἶδα, ἐγὼ | μὲν OÙ 4 δρῶ, dans lesquelles il n'est point sûr que la contre-partie soit sous-entendue. Il est plus simple de penser que μέν y conserve son sens propre (cf. ci-dessus, p. 381, n. 1) et de traduire « sûrement je pense :je ne sais pas, je ne vois
pas) » ou tout simplement « pour moi je pense {je ne sais pas, je ne vois pas! » ?.
1V. Parfois μέν, au lieu d'être suivi de δέ, a pour corrélatifs μέντοι ou μμήν, particules de signification analogue, mais plus expressives.
Pour μέν.. . μέντοι (tandis que, el cependant), Cf. HÉR., J, 109; 111, 36; Tauc., VI, 60: XÉN., Cyr., 1, 3, 2, etc. Pour μέν... ὑμήν, Cf. PLATON, Phèdre, 268 e; XÉN., Agés., 6, 1, etc.
385. — La particule adversative par excellence est ἀλλά", qui signifie mais : elle se distingue de δέ en ceci qu'elle sert à lier deux idées dont l'une exclut l’autre, et correspond en latin à at et à sed.