‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 125 sur 306 · CC Xéx., Anab., 1, 3, 2 : πρῶτα μέν... εἶτα · texte numérisé non relu

CC Xéx., Anab., 1, 3, 2 : πρῶτα μέν... εἶτα

2. Telle est du moins l'explication la plus simple pour la plupart des cas. Mais il est bica certain que quelquefois le ton est tel qu'on peut sous-entendre celte idée : « quant à ce que les autres pensent, savent ou voient, je ne m'en Vu en aucunc facon. »

Ex. : XEN., Hell. , 37 : ἐλεύθερον εἶναι ἐγὼ μὲν οἶμαι ἀντάξιον εἶναι τῶν πάντων

3. Cette particule est proprement l'accusatif neutre pluriel de l'adjectif ἄλλος, avec changement d'accent : le sens d'autrement conduit facilement au seus adversatif « mais ». En lout cas il y a en grec des locations et des tours dans lesquels ἀλλὰ a conservé le sens αὐ « autrement » : par exemple dans l'expression ἀλλ᾽ ñ « autrement que...» d'où «sice n'est n (cf. Xex., Anab., VII, 7, 53 : ὰ γύριον μὲν οὐχ ἔχω ἀλλ᾽ ἢ μικρόν τι) οἱ peut-être dans les expressions bien connues : οὐ μὴν ἀλλὰ (οὐ μέντοι ἀλλὰ), οὐ γὰρ ἀλλά : Car il parait très vraisemblable que ces deux expressions formaient à l'origine une propasition indépendante signifiant la première : « toutefois il n'en est pas autrement » οἱ la

15 Comme at, la particule ἀλλά s'emploie pour introduire une objection ou pour y répondre et, en général, pour marquer une forte opposition.

Ex. : Anisrorn., Acharn., 402 544. : ἐκχάλεσον αὐτόν. — ᾽Αλλ᾽ ἀδύνατον. — ᾽᾿Αλλ᾽ ὅμως" οὐ γὰρ ἂν ἀπέλθοιμ᾽, ἀλλὰ χόψω τὴν θύραν... Εὐριπίδη,... ὑπάκουσον. --- ᾿Αλλ᾽ οὐ σχολή. — ᾿Αλλ᾽ ἐχκυχλύήθητ᾽. — ᾿Αλλ᾽ ἀδύνατον --- ᾿Αλλ᾽ ὅμως — ᾿Αλλ᾽ ἐχχυχλήσομαι.

Toutefois, quand il s’agit d'introduire une objection, ἀλλά est ordinairement accompagné de γάρ" (cf. en latin at enim).

ἔχ. : Χέν., Anab., II, 2, 25 : χαὶ ἡμῖν γ᾽ ἂν οἶδ᾽ ὅτι τρισάσμενος ταῦτ᾽ ἐποίει, εἰ ἑώρα ἡμᾶς μένειν παρασχευαζομένους. ᾿Αλλὰ γὰρ δέδοιχα, un... ἐπιλαθώμεθα τῆς οἴχαδε ὁδοῦ, mais, dira quelqu'un, je crains que nous ne nous rappelions plus la route de notre patrie.

REMARQUES. — I. C'est parce que ἀλλὰ sert ordinairement à marquer une forte opposition qu'on l’emploie souvent |

a) Pour interrompre brusquement un développement. Ex. : 50ΡΗ., Phïl., 11: ἀλλὰ ταῦτα μὲν τί δεῖ λέγειν:

b) Pour insister fortement sur un ordre ou une exhortation (il correspond alors à

« allons! », « mais voyons! »'.

Ex. : Hou., 11., 1, 259 : ἀλλά πίθεσθε χαὶ dumes. — PLAT., Eulyphr., 6 Ὁ: ἀλλά uor εἰπέ᾽ σὺ ὡς ἀληθῶς ἣγεῖ ταῦτα οὕτω γεγονέναι. Protag., 8114: ἀλλ᾽ ἴωμεν. --- Χήν., Anab., V, 6, 14: ἀλλὰ πορευώμεθα, allons, marchons' Etc.

c) Pour opposer ce qui est la réalité à une hypothèse exprimée ou sous-entendue (il correspond alors au français du moins).

Ex.: Sopn., frag., 611 : et σῶμα δοῦλον, ἀλλ᾽ ὁ νοῦς ἐλεύθερος. El., 411: ὦ θεοὶ πατρῷοι, συγγένεσθέ γ᾽ ἀλλὰ νῦν (entendez : assistez-moi aujourd'hui du moins {si vous ne l'avez pas fait jusqu'ici].

seconde : « en effet il n’en est pas autrement ». Ainsi la phrase οὐ μὴν ἀλλ᾽ ὀρθῶς ἐλέχθη τοῦτο équivaudrait à neque tamen aliter (res est): recte hoc dictum est « mais il n'en est pas autrement : c'est avec raison que ceci a été dit »; d'où « οἱ cependant (mais cependant) c'est avrcc raison qu'on a dit ceci »; d'autre part, la phrase οὐ γὰρ ἀλλ᾽ ὀρθῶς ἐλέχθη τοῦτο équivaudrait à neque enim aliter (res est): recte hoc dictum est, « car il en est bien ainsi; c'est avec raison qu'on a dit ». d'où « en effet, c'est avec raison qu'on a dit ceci ». L'explication ordinaire (voy. Rixmanx-Cucure, Règles fondamentales de la syntaxe grecque, 35 édit., p. 205, ἡ. 4, ct cf. ci-après, p. 385. n. 6) ne me parait pas exclure celle-ci, mais s'appliquer plutôt à des constructions qui ne sont ni primitives ni simples ct dans lesquelles par conséquent ἀλλά a déjà la valeur de particule adversative.

1. ’AXX ὅμως employé, comme ici, sans verbe sert à introduire une réponse à une objection ; cette locution correspond ἃ « mais cependant », « lout de même ».

2. ΠΤ ne faut pas confondre cet emploi de ἀλλὰ γάρ avec celui dont il sera question plus loin et qui correspond au latin ged enim (cf. ci-après, p. 3R6). À vrai dire l’origine des deux locutions est la même : dans un cas comme dans l'autre, il y a une ellipse : « mais (cela n'est pas), car...» La seule différence, c’est que dans le cas dont nous nous occupons présentement on ajoute encore par la pensée quelque chose à l'ellipse : « mais (cela n'est pas, dira-t-on), car... » Quelquefois même le verbe « dire » cst cxprimé (ef, Prar., Dép, 365 © : αὐλὰ Ὑὰρ φήσει sis

Souvent ἀλλά employé ainsi est renforcé par γε et même par οὖν.

Ex. : DINARQUE, II, 15 : εἰ un πάντα, ἀλλὰ πολλὰ γ᾽ ἴστε (si non omnia, at certe multa novistis). — PLATON, Gorg., 410 : εἰ δὲ μὴ ὁρῶ, ἀλλ᾽ ἀχούω γε. Lois, 859 Ὁ; 885e; 918 c: εἰ μὴ... ἀλλ᾽ οὖν... Etc.

2° Comme le latin sed, la particule ἀλλά s'emploie : a) Après une proposition affirmative (et en relation avec μέν) pour marquer une légère opposition.

Ex. : How, J1., XVI, 240 : αὐτὸς μὲν γὰρ ἐγὼ μενέω νηῶν ἐν ἀγῶνι, ἀλλ᾽

ἕταρον πέμπω (cf. 11..1, 22 sqq.). Εἰς,

b) Ordinairement après une proposition négative δ, pour corriger ce qu on vient de dire et opposer ce qui est à ce qui n’est pas : ne... pas.….,

L] .« 9 mais bien”.

Ex. : Tuvc., I, 68, 2: OÙ περὶ ὧν ἐδιδάσχομεν ÉLAGTOTE τὴν μάθησιν ἐποιεῖσθε, ἀλλὰ τῶν λεγόντων μᾶλλον ὑπενοεῖτε ὡς ἕνεχεν τῶν αὐτοῖς ἰδίᾳ διαφόρων λέγουσι. — χέν., Mém., 1. 2, 3: οὐδεπώποτε ὑπέσχετο διδάσχαλος εἶναι τούτου " ἀλλὰ τῷ φανερὸς εἶναι τοιοῦτος ὧν ἐλπίζειν ἐποίει τοὺς συνδιατρί-- Govras ἑαυτῷ μιμουμένους ἐχεῖνον τοιούτους γενήσεσθαι. Etc.

REMARQUES. — I. C'est une extension de cet usage particulier qu'il faut voir dans les locutions bien connues :

οὐ (un) μόνον..., ἀλλὰ χαὶ (ou simplement &ÀÀ%*), non seulement. mais

cncore, mais même ;

οὐ (47) μόνον... ἀλλ᾽ οὐδέ, non βΒοι]οπιοη!.... mais... ne... pas même;

1. Souvent après une proposition interrogative, qui implique l'idée d'une négation.

Ex, : Xèn., Mém., 1, 2,2: πῶς οὖν αὐτὸς ὧν τοιοῦτος ἄλλους ἂν ἣ ἀσεθεῖς ñ παρανόμους ἐποίησεν; ᾿ΑΔλλ᾽ (« au contraire ») ἔπαυσε μὲν τούτων πολλους ἀρετῆς ποιήσας ἐπιθυμεῖν.--- Dim, XXVI, 7 : τί δεῖ λέγειν περὶ τῶν παλαιῶν; ᾿Αλλά τοὺς ἐφ᾽ ἡμῶν αὑτῶν ἀναλογίσασθε.

2. En parcil cas, δέ peut remplacer ἀλλά, mais cette construclion est rare cn somme et ne se rencontre guère que chez les poèles ou chez Thucydide.

Ex. : Hou., J1., 1, 181 : σέθεν δ᾽ ἐγὼ οὖκ ἀλεγίζω | 006 ὄθομαι χοτέοντος, ἀπειλήύσω δέ τοι ὧδε. — Tauc., 1, 5, 1 : οὐκ ἔχοντός πω αἰσχύνην toutou τοῦ ἔργου, φέροντός

τι δὲ χαὶ δόξης μᾶλλον. IV, 86, 1 : αὐτὸς οὖκ ἐπὶ χαχῷ, ἐπ᾽ ἐλευθερώσει δὲ τῶν

De plus, il est à remarquer que souvent, en ce cas, la proposition négative contient la particule μέν qui annonce δέ.

Ex. : Tauc., [, 50, 1: ot Κορίνθιοι τὰ σχάφη μὲν οὐχ εἶλχον ἀναδούμενοι τῶν νεῶν ἃς χαταδύσειαν, πρὸς δὲ τοὺς ἀνθρώπους ἐτράποντο φονεύειν διεχπλέοντες μᾶλλον ἢ ζωγρεῖν. Cf. 1, 125,2; IT, 98, 3, etc.

3. On emploie ἀλλά (au licu de ἀλλὰ xat), quand on veut appuyer sur l'opposition, Ex, : Xex., Mém., 1, 6,2 : ἱμάτιον ἠμφίεσαι οὗ μόνον φαῦλον, ἀλλά τὸ αὐτὸ θέρους τε χαὶ χειμῶνος.

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