‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 127 sur 306 · CC ci-dessus, p, 381, n. 1 et cf. p. 386, n · texte numérisé non relu

CC ci-dessus, p, 381, n. 1 et cf. p. 386, n

6. KCHxen (aus/. Gramm. der gr. Spr., p. 826) à qui sont empruntés ces exemples, rend compte de la construction au moyen d'une ellipse : c'est l'explication généralement admise et à laquelle j'ai fait plus haut allusion (p. 382, n. 3). En effet, étant donnée la construction des phrases cilées, il semble bien évident que les auteurs ne sc rendaient pas compte de la valeur exacte de ἀλλά et qu'ils avaient perdu de vue son origine. Commo ils lui donnaient le sens de « mais », ils entendaient que οὐ μήν (οὐ μέντοι) signifiait « non certes » et sous-entendaient entre οὐ μὴν (οὐ μέντοι) et ἀλλά le verbe de la proposition précédente ou quelque expression comme τοῦτ᾽ ἐγένετο. τοῦτ᾽ ἔστι, τοῦτ᾽ ἐγὼ ἡγοῦμαι (λέγω, εἰς.). Ainsi la seconde partie de la phrase de Χάνορηον (Cyr., 1, 4, 8) était pour eux l'abrégé de celle-ci : οὐ μὴν ἐξετραχύήλισεν, ἀλλ᾽ ἐπέμεινεν ὁ Κῦρος xtÀ., « non certes il ne jeta pas Gyrus à bas par-drssus son cou, au contraire (.vrus demeura ferme en selle, etc. » De mème l'exemple de Praron (Phédon, 62 Ὁ) pourrait étre rétabli ainsi sous sa forme complète : οὐ μέντοι ἀληγόν ἐστιν, ἀλλ᾽ ἴσως χτλ., « non certes cela n'est pas irrationnel, mais cela a sans doute quelque raison d'être ».

GRAMM. COMP. DU GRKC ET DU LATIN (Syntaxo). 25

REMARQUES. — I. 11 faut noter aussi la locution ἀλλὰ γάρ', qui correspond au latin sed enim, mais c'est que, c'est qu'en effet. ?.

Ex.: Ho, Il., VII, 243 : ἀλλ᾽ où γάρ σ᾽ ἐθέλω βαλέειν At) n ὀπιπτεύσας,

litl., mais (ne crains rien), car je ne veux pas le guetter sournoisement pour te frapper.

Dans des emplois semblables, γὰρ joue un rôle important : il sert à confirmer une assertion précédente, mais ἀλλά donne au tour plus de vivacité*.

IL. Dans la locution où γὰρ ἀλλά, c'est γὰρ qui a l’air de jouer le principal rôle; mais, si l'on veut se rendre compte de l'expression, on voit qu' αλλά, au moins à l'origine, avait toute sa valeur.

Ex. : PLATON, Rép., 492e: οἶμαι οὐδένα χρατήσειν. — Οὐ γὰρ ἀλλὰ χαὶ τὸ ἐπιχειρεῖν πολλὴ ἄνοια (entendez : οὐ γὰρ χρατήσει τις, ἀλλὰ, XTÀ., (litt. « non certes on ne s'en rendra pas maître ; loin de là, l'entreprise même scrait tout à fait d'un fou) d'or : Je ne crois pas que personne s'en rende maître. — En effet, l'entreprise même serait tout à fait d'un fou. — ARISTOPH., Gren., 58 : ur σχῶπτέ μ᾽ où γὰρ ἁλλ᾽ ἔχω χΧαχῶς, ne le moque pas de moi; en efet. je ne suis pas bien (entendez : ne te moque pas de moi; il n'y a pas de quoi: au contraire; car je ne suis pas bien).

Toutefois, dans l'usage courant, οὐ γὰρ ἀλλά est l'équivalent d'un γάρ renforcé. 386. — Les particules μὴν οἱ μέντοι, qui se placent toujours après

un mot, s'emploient pour marquer nettement une objection* : et cependant, toutefois, pourtant.

1. Les deux particules peuvent être séparées par un ou plusieurs mots, quand il s'agit d'attirer l'attention sur le mot on sur une expression entière. A l'exemple cité dans le texte on peut ajouter :

Ex. : llénovore, IX, 27 : ἀλλ᾽ οὗ γάρ τι προέχει τούτων ἐπιμεμνῆσθαι « mais (n'en parlons plus), car en fait il n'avance à rien de rappeler cela ». — XEn., Cyr., 1, 1, 13 : ἀλλὰ JIYVWOR γάρ...

Mais il faut bien prendre garde que souvent ἀλλά suivi de γάρ ne forme pas avec lui une locution composée. En effet, il peut arriver que la particule ἀλλὰ se rapporte à la fin de la phrase et que γάρ fasse partie d'une parenthèse donnant la raison de cette fin de la phrase. C'est ce qui a lieu notamment

quand ἀλλὰ est séparé de γάρ par un ou plusieurs mots ct retombe sur un verbe différent de celui auquel γάρ se rattache.

Ex, : How, Od., XIV, 355 sqq. : ἀλλ᾽ οὐ γάρ σφιν ἐφαίνετο χέρδιον εἶναι | μαίεσθαι προτέρῳ, τοὶ μὲν πάλιν αὗτις ἔθαινον | vioc ἐπὶ γλαφυρῆς (où ἀλλά se rattache à ἔρθαινον, les mots οὐ γάρ σφιν ἐφαίνετο... προτέρῳ formant une parenthèse explicative). — Soru., Ph., 81 : ἄλλ᾽ ἡδὺ γάρ τοι χτήῆμα τῆς νίχης λαδεῖν τόλμα (c'est comme s'il y avait : ἀλλὰ τόλμα " ἣδυ γάρ... λαδεῖν. --- Χὲν,. An., III, 1, 24 : ἀλλ᾽ ἴσως γὰρ χαὶ ἄλλοι ταῦτ᾽ ἐνθυμοῦνται.. «μὴν ἀναμένωμεν ἄλλους ἐφ᾽ ἡμᾶς ἐλθεῖν. Etc.

Il arrive même parfois chez les poètes que ἀλλά employé ainsi n'est séparé de γάρ par aucun mot.

Ex. : Sopn., Ant., 148 : ἀλλὰ γὰρ & μεγαλώνυμος ἦλθε Νίχα, | ... ἐκ μὲν δὴ πολέμων | τῶν νῦν θέσθε λησμοσύναν (comme s'il y avait ἀλλὰ τῶν νῦν θέσθε λησμοσύναν᾽ ἁ γὰρ Nina ἦλθε... - -- Eun., Phén., 1308 : ἀλλὰ γὰρ Κρέοντα λεύσσω... στείχοντα, παύσω τοὺς παρεστῶτας λόγους (= ἀλλὰ παύσω... λεύσσω γάρ. ...).

2. Sur l'origine de cette Jocution et sur la différence qu'il y a entre cet emploi et un autre emploi, voy. ci-dessus, p. 383, ἢ. 2.

3. C'est ce qui a lieu en français avec « mais » dans des locutions d'une vivacité familière, comme par exemple: « Mais c'est que je n'entends pas de cette orcille-là δ» Entendez: « Mais vous avez tort de me parler ainsi, car... »

4. Proprement ces particules ont le sens nettement affirmatif et correspondent au latin vero sigaifiant « certainement, assurément ». Voilà pourquoi on les trouve si souvent dans les réponses. Il ne sera question ici que de leur rôle comme particules adversatives. De même qu'en latio vero ἃ fini par signifier « mais », « au contraire», de mémo en grec, μὴν ct μέντοι ont pris une valeur adversative, non pas seulement parce qu’elles étaient souvent précédées de ἀλλά, qui leur aurait communiqué une partie de sa force, mais aussi parce qu'on les emploic ordinairement dans [058 antithèses.

Ex. : Puar., Lois, 860 a : φιλονεικίας ἢ φιλοτιμίας Évexx ἄχοντας μὲν ἀδίχους εἶναί φησιν, ἀδιχεῖν HV (cependant) ἐχόντας πολλούς. — XEN., Anab., 11, 3, 9 : δοχεῖ υὲν χχμοὶ ταῦτα ᾿ οὐ μέντοι (toutefois) ταχύ γε ἀπαγγελῶ, ἀλλὰ διατρίψω, ἔστ᾽ ἂν xt).

REMARQUES. — I. La particule μιήν est souvent précédée de ἀλλά ou de χαὶ. ᾿Αλλὰ μὴν correspond ordinairement au latin at vero, et καὶ μὴν, au latin et vero ou et sane.

1° On les emploie alors pour introduire une objection : et pourtant,

Ex. : PLATON, Phédon, 63 a : χαὶ ὃ Σιμμίας" ᾿Αλλὰ μὴν, ἔφη, νῦν γε δοχεῖ τί μοι καὶ αὐτῷ λέγειν Κεόῤης. — XÉX., Mém., II, 3, 10 : δέδοιχα, μὴ οὐχ ἔχω ἐγὼ τοσαύτην σοφίαν... Καὶ μὴν οὐδέν γε ποιχίλον, ἔφη ὁ Σωχράτης... δεῖ ἐπ᾽ αὐτὸν μηχανᾶσθαι. ᾿

Mais ces locutions peuvent aussi, comme le latin jam vero, amener simplement une idée nouvelle sous forme d’antithèse : d'ailleurs, d'autre part, Ou marquer une gradation : eu outre, mais de plus. |

Ex.: PLATON, Rép., 328 ἃ : δεῦρο rap" UE ἃς φοίτα ὡς παρὰ vas Καὶ μὴν À

(assurément, dis-je, mais en vérilé...), ἣν δ᾽ ἐγώ, χαίρω γε διαλεγόμενος τοῖς

Χέν., Cyr, V, 8, 81 : καὶ ἅμα δίχαια ποιοῖμεν ἂν χάριν ἀποδιδόντες " ἀλλὰ μὴν (en outre) χαὶ ξύμφορά γ᾽ ἂν πράξαιμεν ἡμῖν αὐτοῖς". IL. Pour οὐ μὴν ἀλλά, voy. ci-dessus, ὃ 385, 6. 387. — Le mot καίτοι a deux emplois principaux.

4° Il signifie quoi qu'il en soit, cependant, toutefois, et se rencontre surtout dans les phrases où celui qui parle se fait à lui-même une objection.

Ex. : Escuyze, Prom., 101 : καίτοι τί φημι ; — Soru., dd. ἃ Col., 1132: χαίτοι τί φωνῶ ; mais que disje (cf. quanquam quid loquor 1) Etc.

2 Il correspond au latin atqui, or. et s'emploie dans les raisonnements.

Ex. : Χέν., Mém., I, 1, 5,: πολλοῖς τῶν ξυνόντων προηγόρευε τὰ μὲν ποιεῖν, τὰ δὲ μὴ ποιεῖν... Καίτοι τίς οὐχ ἂν ὁμολογήσε!εν αὐτὸ βούλεσθαι χτλὅ.

4. Pour plus de détails, voir Κῦηπεν, ausf. Gr. der gr. Spr., p. 690.

2. Le sens propro de χχίτοι, c'est « et certes, el en vérité » (cf. Tauc., 1, 10, 2; 69,5 : 11, 64, 4: Prar., Phéd., 65 b; Dèu., XX, 141). Cette particule ne se rencontre ni dans Homère, ni dans Hésiode. Dans Homère

IL, XI, 267 sq. : xai τοι ἐμοὶ παρά τε χλισίν, πολλ᾽ ἔναρα Τρώων, χαὶ sigaific « aussi » ct retombe sur r la particule τοι, « vraiment, certes » modifie ἐστί (— ἔχω)

snus-entendu.

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