I. — Latin : autem, vero — at, sed, verum — tamen
389. — En latin, deux particules correspondent à peu près exactement aux emplois du grec dé : ce sont autem et vero.
4° La particule autem* marque une simple opposition et sert le plus souvent à indiquer qu'on passe d'une idée à une autre.
a) On la trouve surtout là où le grec emploierait μέν... δέ...
Ex. : Cic., de Off., I, 9, 38 : a nullo videbatur, ipse autem omnia videbat. De Nat. deor., 111, 10, 25 : versutos 608 appello, quorum celeriter mens versatur, callidos autem”, quorum animus usu concalluit.
REMARQUE. — Quelquefois on trouve dans le premier membre, pour mieux marquer l'opposition, la particule quidem qui correspond au grec μέν. Mais en pareil cas, c'est sed, plutôt que autem, qui correspond au grec δέ, du moins à la bonne époque. En
1. Voy. ci-dessus (p. 383, n. 1) un emploi différent de ἀλλ᾽ ὅμως. 2. La particule ὅμως se rattache sans doute à la racine qui a donné ὁμοῦ « ensemble » ct ὅμοιος « semblable ». Le sens propre de ὅμως parait donc avoir été « semblablement » et de ce sens on a passe à celui de « cependant » aussi facilement qu'en français on a pris « tout de même » dans le sens de « néanmoins », « pourtant », « cependant ».
Ex. : « Bien que je n'aie rien à atlcndre de lui, j'irai le trouver fout de même ».
3. Grammaire grecque, p. 490, Reu. 1 de la traduction française (A. Colin et (15. éditeurs).
ἃ. Ce mot est composé vraisemblabicment de au- (analoguc au grec αὖ) et d'un suffixe -tem, qu'on peut rattacher à la racine pronominale -tO (cf. i-tem) ; il signific donc proprement « d'un autre côté : cn retour ; à (son) tour ». La première partie du mot se retrouve dans le vieux haut-allemand av-ar., av-ur (moyen haut-allemand av-er, allemand moderne aber).
5. Dans des phrases du genre de celle-ci, l'opposition est assez marquée : c'est ce qui a lieu toutes les fois qu'on met en parallèle deux personnes, deux objets ou deux idées, Le sens assez fort que prend autem dans des phrases analogues a conduit certains auteurs à l'employer, là où on attendrait 8ed ct mème at.
Ex. : Puaurs, Trin., 683 : 50) convenit | me... in ditiis esse agrumque habere, egere illam autem.— Cic., de Die., NW, 56, 115 : (Crœsus) hostium vim sese perversurum putavit, pervertit autem suam. De Off. 1, 11, 35 : suscipienda quidem bella sunt ob eam causam, ut sine injuria in pace vivatur : parta autem victoria, conservandi ii, qui non crudeles in bello fuerunt (on atteudrait sed, cf. ci-après la remarque).
effet, tandis que quidem... autem se rencontre surtout chez Q.-Curce (εἴ, IV, 4, 9; V, 10, 15; 10, 4, 8) et chez Justin {V, 1, 8\, quidem... sed est employé souvent par Cicéron.
Ex. : Cic., de Off., III, 33, 121 : tibique persuade esse te quidem mihi carissimum, sed multo fore cariorem, si... De falo, 2, 3 : oratorias exercitationes non tu quidem, ut spero, reliquisti, sed certe philosophiam illis anteposuisti*.
b} On l'emploie aussi quand on répète un mot pour insister sur l'idée ou pour marquer une opposition.
Ex. : Piacre, Mil., 618 : liberæ ædes, liberum autem esse egomet me volo (texte de Ritsch]). — Cic., in Pis., 38,94 : admoneri me satis est; admonebit autem nemo alius nisi rei publicæ tempus. PAil., 11,10, 24 : nunc, quod agitur, agamus ; agitur autem, liberine vivamus an mortem obeamus*.
REMARQUE. — C'est peut-être cet usage qui a donné l'idée d'employer autem, au lieu d’atqui, dans la mineure d'un svllogisme.
Ex. : Cic.. Tusc., 1Π, 7, 14 : quæ qui recipit, recipiat idem necesse est timiditatem et ignaviam; non cadunt autem hæc in virum fortem; igitur ne ægritudo quidem (cf. #b., 111, 9, 49; V, 10, 47; de Fin., LI, 20, 65; Top. , 2, 9, etc.}?.
c) Souvent autem sert, dans une phrase interrogative, à revenir sur une expression qu'on ne trouve pas juste (ἐπανόρθωσις, correctio).
Ex. : Cic., p. Rab. Post., 5, 40 : num quis testis Posthumium appellavit? testis autem ? non accusator ? 44 A1t., VI, 2, 8: quid tandem isti mali in tam tenera insula non fecissent ? Non fecissent autem 7 Immo” quid ante adventum meum non fecerunt ?