Voyez toutefois la note 5 de la page
2. On voit par ces deux exemples que les Latins appuyaient de préférence la particule quidem sur un pronom personnel, au licu de la placer après le mot sur lequel elle retombait en réalité. Dans le premier exemple on attendrait Carissimum quidem ct dans le second reliquisti quidem.
3. Voy. KCasen, ausf. Gr. der lat. Spr., ξ 165, 3 (p. 698 et suiv.). Le grec emploie δὲ de la même facon :
Ex. : Xéx., Mém., 1, 1, 1: ἀδεχκεῖ Σωχράτης...- καινὰ δαιμόνια εἰσφέρων, ἀδικεῖ δέ...
Ordinairement δέ est en corrélation avec μέν.
Ex. : Hénovore, Il, 52 : χαὶ εἴλς μὲν τὴν ᾿Επίδαυρον, εἴλε δὲ αὐτὸν Προχλέα.
ΥΟΥ. Κὔηπεη, ausf, Gr. d. gr. Spr., 11. $ 527 (p. 808) οἱ 8531, a.
4. 11 est intéressant de constater que la particule autem est d’un emploi très fréquent dans les traités philosophiques et didactiques et qu'au contraire on la rencontre fort peu chez les historiens οἱ chez les orateurs. « On a fait la remarque, dit Kühner (ouv. cité, p, 698) que Cicéron n'emploic autem qu'une fois dans son discuurs pour Archias et que trois fois dans le pro Ligario ; Tacite ne s’en sert pas du tout daos l’Agricola, ne l'emploie qu'au chap. χει οἱ χνὶ de la Germanie, que deux fois dans les Histoires et que cinq fois dans les Annales, tandis que dans le Dialogue, c'est-à-dire dans le style didactique, il en fait un fréquent usage. »
5. Dans ces formes de réponses, et en général dans les réponses, immo s'emploie comme il a été dit plas haut (p.376, n. 2) du grec μὲν οὖν. Quelquefois immo est renfurcé (IMMO vero « bien au contraire »), ef. Cic., ad Att., V, 5,13.
d) Mais d'ordinaire autem perd à peu près le sens adversatif! et s'emploie comme le grec δέ avec la valeur du français et.
Ex. : Gic., Acad., 11, 2, 4: quæ populari gloria decorari in Lucullo debuerunt, ea fere sunt et Græcis litteris celebrata et Latinis. Nos autem 1118 externa cum multis, hæc interiora cum paucis ex ipso sæpe cognovimus?.
9° La particule vero* sert le plus souvent, comme autem, à marquer une faible opposition.
a) Elle établit (comme en grec μιέν... dé...) une relation entre deux idées placées, en quelque sorte, l'une en regard de l'autre*.
1. On peut noter comme empluis iotermédiaires les constructions suivantes :
{° Autem sert à annoncer qu'on va passer à une idée nouvelle (εἴ. Cic., Ac., 11, #2, 131 ; Or., 54, 180 ; Cés., de Bell, cic., 1, 9, 2; Conn. Nep., A(6., 1, 2; Q.-Cunace, IV, 6, 5).
2° Comme δέ, il marque qu'on va reprendre et poursuivre un discours interrompu (εἴ, (το, de Off. I, 23, 79; Tusc., 1, 18, 42; 21, 49; Conx. Νερ., Dion, 3, 3) particulièrement après une parenthèse (cf. Ci:., de Off. I, 43, 153, οἷς.
3° Souvent autem s'emploie dans la parcuthèse mème pour déterminer ou expliquer ce qui précède (ef. Cre., de Amie., 7, 24; T.-Live, VI, 1, 10).
Sur tout ceci voy. KCuxen, ausf. Gr. der lat. Spr., ὃ 165, 6 (p. 700 οἱ suiv.)
2, Cet emploi d'autem avec la valeur d’une particule copulative explique la locution et autem (θὲ... autem) qu'on rencontre à l'époque archaïque comme chez les prosateurs de l'empire (ef. Pracrr, ΜΗ 1149 : Sex, Ép., 58, 12; Suer., Aug., 73 ; Vesp., 32, etc.) et qui rappelle le grec χαί... δέ. Il explique aussi la locution négative neque autem (neque... autem), qui dans la langue archaïque ct familière remplace la locution classique neque vero. Voy. KCuxan, ouv. cité, p. 70% et suiv.
3. C'est l’ablatif neutre de l'adjectif verus. Primitivement c'était une particule affirmalive signifiant « vraiment, assurément », comme on le voit encore dans des exemples tels que :
Cic., ad Qu. fr., 1, 1, 7 : tibi et fuit hoc semper facillimum et vero esse debuit. — Sa, Cat, 37, 4 : sed urbana plebs, ea vero præceps erat de multis causis. Cat., 58, 16: nam in fuga salutem sperare.…, ea vero dementia est. Etc.
Ce sens s'est encore conservé dans les réponses, où vero tout seul est ὑπὸ manière de répondre affirmativement : « mais certainement ».
Ex. : Cic., Tuse., 1, 41, 25 : fuistine heri domi? — Vero. Brut., 87, 300 : sed ἴα... orationes nobis veteres explicabis? — Vero.
Mème qnand la réponse contient un verbe, Ver0, ἃ mais certainement », peut être le premier mot de la phrase.
Ex. : Cic., de Div., 1, 46, 104 : vero, mea puella, tibi concedo meas sedes.
Enfin on retrouve encore le sens primitif de V@ro dans les expressions composées at vero. sed vero, immo vero, an vero... ? et aussi dans la locution enimvero qui s'emploie non seulement après verum pour donner à ce mot toute sa valeur, mais cucorc dans tous Ics cas où l'on veut exprimer l'étonnement ou l'indignation que cause quelque chose.
Ex. : Cic., de Orat., 1, 36, 165 : enimvero, inquit Crassus, mirari satis non queo etiam te hæc, Scævola, desiderare. — Tén., Héc., 673 : quæ hæc amentiast? | Enimvero prorsus jam tacere non queo.
Dascer (Hist. Synt., ἢ 339. t. 11, p. 131) soutient contre Hand que enimvero a pris chez certains auteurs comme Pline et Tacite (dans les Annales surtout) le sens adversatif de « mais »: cette opiaion est contestable, car en regardant de près les exemples allégués, on voit qu'enimvero a surtout le sens affiematif : « en fait, en réalité »: le sens adversalif résulte de l'opposition entre les faits rapportés ou entre les idées émises.
4. Sans doute, il y a des passages où vero a très netlement le sens adversatif (ef, Cac. de Fin., IV, 3, 7), mais ce n'est pas là l'emploi ordinaire.
Ex. : Cis., de Bell. Gall., 1, 12,2 : tres jam copiarum partes Helvetios id flumen traduxisse, quartam vero partem citra flumen Ararim reliquam esse.
b) Elle correspond au français quant à dans les propositions qui contiennent une gradation et marque, en ce cas, que le terme après lequel elle est placée a une valeur particulière.
Ex. : Cic., Orat., 8, 25 : (hoc opimum genus dicendi) Rhodii nunquam probaverunt, Græci autem' multo minus, Athenienses vero funditus repudiaverunt. P. Arch, 8, 19: Smyrnæi vero... — Conx. Nér., Épam., 1, 2 : Scimus musicen nostris moribus abesse a principis persona, saltare vero? in vitiis poni.
c) Elle est employée dans les transitions soit seule, soit précédée de jam”*.
Ex. : Cic., de Nat. deor., 11,49, 125 : illud vero ab Aristotele animadversum quis potest non mirari? 11. 49, 126 : jam vero illa notiora, quanto se opere custodiant bestiæ. Etc.
390. — Au grec ἀλλά signifiant « mais au contraire...» correspond la particule at*.
4° At marque une très forte opposition.
EX. : Cés., de Bell. Gall, 1, 52, τ: rejectis pilis comminus gladiis pugnatum est, at Germani phalange facta impetus gladiorum exceperunt. — Cic., de Off. 1, 11, 35: majores nostri Tusculanos. in civitatem receperunt ; at Carthaginem et Numantiam funditus sustulerunt. Etc.
4. Cet exemple montre que daos le bon usage il y avait une légère différence da sens entre autem et vero, le premier étant considéré comme plus faible que le second.
2. C'est parce que vero sert souvent à faire ressortir le mot après lequel il cest placé qu'on le trouve, par exemple, après la particule tum, pour marquer plus expressément le rapport de temps (cf. Sazr., Cat. 61, 1 : confecto prœlio. tum vero cerneres, ctc.), après la négation pour lui donner toute sa valeur (cf. neC ou neque vero, dans Cic., Orat., #4, 16; Conx. NëP., 10, 2, { ; et nec vero non dans Cic., de Dic., WU, 23, 71) et enfin après la particule nuncC, quand il s'agit d’opposer à une hypothèse fausse ce qui est la réalité (ef. Cic., Tusc.. II, 1,2; Sac., Jug., 14, 16-17, etc. Voy. ci-dessus, p. 301, n. 1 (νῦν δέ...). En français, l'adverbe « maintenant » jouc le mème rôle. Au lieu de nunc ou de nunc vero, on rencontre aussi, en pareil cas, sed (Cic., de Off., AU, 3, 12; ad Qu. fr., 1, 1, 14; Sars., Cal, 5%, 35, etc.) ou verum (Saur., Jug., 14, 7-8 ; Quixr., X, 1, 2). Quant à nunc autem (Cic., Tuse., 1V, 24, 5; de Nat. deor., 11, 36 init.), il marque une opposilion ct correspond au français « or, donc ».
3. En pareil cas, la particule Vero sert à indiquer nettement qu'aux yeux de celui qui parle le nouveau fait ou la nouvelle idéc expriméo cst la plus importante. (Cf. Ssvrrerr, Scholæ lalinæ, 1,
. 30 sq.
ὶ 4. Cette particule at est probablement un affaiblissement de aut, car en osque on trouve une conjonclion aut sigoifiant « mais ». Le changement de au en ἃ est fréquent dans le laliu populaire où l'on trouve Platus, Agustus, atem, pour Plautus, Augustus, autem, εἰς. L'a qui devrait ètre lang s'est abrégé devant le { final. Dans la langue archaïque ct le stvle familier (cf. Fragm, leg. Serv, Tulli dans Pesrus, p. 230 b: Cic., ad Atl., 1, 16, 17, etc.) on trouve ast au lieu de at. Cunssux ἃ supposé que c'était pour at set, mais l'origine de la particule est obscure. Cf. Baxaz-Barces, Dict. élym. latin.
REMARQUE. — Dans celte acception, at peut être renforcé de contra.
Ex. : Cic., in Verr., II, 5, 26, 66 : ecquando igitur isto fructu quisquam caruit, ut videre piratam captum non liceret? At contra, quacunque iter fecit, hoc jucundissimum spectaculum omnibus vinctorum captorum hostium præbebat (cf. SALL., Cal., 12, 4-5).
2° At (ou atenim) est l'expression consacrée par l'usage pour introduire une objection que l'on fait soi-même ou que l'on prête à un adversaire".
EX. : Cic., p. Rose. Am., 33, 94 : (1068: quid postea 1 si Romæ assiduus fui 1 respondebo : af ego omnino non fui. Pi., 2, 2, 3: at enim te in disciplinam meam tradideras (nam ita dixisti), domum meam ventitaras.
3° Le sens de la particule est parfois affaibli. Ainsi :
a) At s'emploie (mais assez rarement) au sens du français or dans la mineure d'un syllogisme? (cf. Cic., Tuse., U, 7, 443 153 V, 15, 44; 46. 48).
REMARQUE. — En pareil cas, at est ordinairement remplacé par atqui*.
Ex. : Cic., Tusc., V, 45, 43: hunc dubitabis beatum dicere ? Atqui semper ita affectus est; semper igitur sapiens beatus est.
Quelquefois le syllogisme est abrégé et la conclusion manque; en pareil cas, atqui signifie que la conclusion va de soi ou qu’elle est contenue dans ce qui précède.
Ex. : Cic., p. Mil., 19, 32 : atqui Milone interfecto Clodius hæc assequebatur (cf. ci-dessus, ὃ 236). (La conclusion est : κ donc Clodius avait intérêt au meurtre de Milon ».)
b) La langue de la conversation emploie at au sens de eh bien, ah! dans les souhaits ou les imprécations.
EX. : PLauTe, Pers., 488 : at tibi di bene faciant omnes! (cf. Men., 1093: Most, 38, etc.). — Tér., Eun., 431 : at te di perdant. — Carvucx. 11], 13: δὲ vobis male sit ! - Cf. Vinc., Ên., II, 535; Ilon., Sat., 11, 2, 40; JusrTin, XIV, 4, 10.
c) Les poètes et quelques prosateurs* emploient at dans le récit,
4. Voy. un autre emploi de at enim ci-après $ 393, Ram. (p. 395).