Voy. SzYrrznr, Scholæ latinær
3. Cette particule est composée de at et de qui, ablatif neutre du pronom indéfini quis, signifiant « dans une certaine mesure ». Atqui est donc un at atténué.
En dehors de la construction dont il est question ci-dessus, on l’emploie pour signifier « et pourtant νυ achbicn, pourtant » ou simplement « ch bien! »
Ex. : Cic., de Fin. 11,3, 6 : hoc vero... optimum, ut (« c'est une bonne plaisanterie de dire que...») is qui finem rerum expetendarum voluptatem esse dicat.. id ipsum quid et quale sit nesciat! Atqui («x eh bien! pourlant »)... aut
picurus quid sit voluptas aut omnes mortales nesciunt.— T.-Live, VIII, 9, 1 : Atqui (« ch bicu ») bene habet, inquit Decius, si ab collega litatum est.
4. Cet usage n'est pas complètement étranger à la langue de Cicéron (cf. de Div., I, 34, 74; 36, 78) ni à celle de César (cf. de Bell. civ., I, 7, 3), mais il est chez eux exceptionnel, tandis que Celse et surtout Tacile en présentent de nombreux exemples.
pour indiquer qu'on passe d'un fait à un autre ou d'un personnage à un autre. |
Ex. : Sac, Jug., 93, 1 : At Marius.…., de son côté Marius. — Vinc., En. I, 305 : ΑΓ pius Æneas (cf. ib., I, 657; 691 ; IV, 1 ; 296; 504; V,35, etc. TisuLLe, Il, 5, 33; Srace, Silv., I, 1, 46; VaL.-FLaccus, Argon., VII,
REMARQUE. — C'est parce que, dans certains cas, at avait pris la valeur d’une simple particule de transition, tout en conservant quelque chose de son sens adversatif, qu’on l'employait, après une proposition conditionnelle‘, dans le sens du français du moins,
Ex. : CÉs., de Bell. Gall., VI, 40, 2 ; si pars aliqua circumventa ceciderit, at reliquos servari posse ἢ
ou (mais plus rarement) après une proposition subordonnée quelconque pour indiquer où commence la proposition principale.
Ex. : Corx. NÉP., Iph., 3, 4 : id cum omnibus mirum videretur, at ille (alors lui), etc. — T.-LivE, X, 19, 17 (rappelant une vieille formule) : Bellona, si hodie nobis victoriam duis, ast (eh bien) ego tibi templum voveo*.
394. — Les particules sed‘ et verum* sont à peu près synonymes et marquent une opposition moins forte que at.
4° Toutefois ce sont celles que l’on emploie à peu près exclusivement après une proposition négative*.
Ex. : Praure, Capt., 241 : non ego erus, sed tibi conservos sum. — Cic., de Nat. deor., 11,1, 2 : est philosophi de diis immortalibus habere non errantem et vagam, sed stabilem certamque sententiam. De Orat., 1, 60,254: non quid nobis utile, verum quid oratori necessarium sit,quærimus. Etc.
{. Comme en grec ἀλλά. Cf. ci-dessus, 8 385, 1°, Rnx, I, C (p. 383).
2. Mème emploi de at après une proposition cancessive de sens négatif introduite par 8i, etsi, etiamsi, quanquam ou après si non, si minus. Voy. Ktuxen, αἰδῇ, Gramin. der lat. Spr., S 103, 4 (1,1, p. 690).
3. Voy. 0. Rixuans, διρηί, lat., ὃ 274 d, Reu. 1, 2° éd., p. 503 avec la note 1.
4. Sed est un adverbe devenu conjonction; c'était primitivement l’ablatif d'un thème pronominal qu'on a fini par employer comme mot invariable. Il a signifié d'abord « à part » (cf. Con. Inscn. LAT., t. 1, 198, 69 : sed fraude), sens qu'on retrouve dans le préfixe sed- du mot seditio. L'e de sed, qui devrait être long, a élé abrégé sous l'influence de la dentale finale. Employé comme conjonction sed signifie proprement « à part cela, au demeurant, mais » et se rapproche de l'allemand fonbern ou de l'anglais bu!, qui tous deux avant d'avoir le sens adversatif, signifiaient une idée de séparation ou d'éloigsoement.
5. Verum est proprement l’accusatif neutre de verus, pris adverbialement. Le sens primitif est donc « vraimeut, assurémeut » qu'on retrouve encore dans des passages tels que :
Tén., Heaut., V,3,11 : facies? verum. Ad., 1V, 3, 4 :men’ quæris? verum. L'intermédiaire cntre le sens propre ct le sens adversatif est : « en fait, en réalité », comme on le voit par les exemples suivants où verum sert soit à limiter soit à contredire une asserlion précédente.
Er. : Tén., Bun., II, 3, 97 : si certumst facere, faciam: verum ne post conferas culpam in me. — Cic., p. Murena, 28 : ea sunt omnia non a natura, verum a magistro.
6. Ce n'est pas qu'on ne trouve aussi at dans cette acception particulière (cf. Sazc., Jug., 110, 6), mais cet emploi est rare dans la prose classique.
REMARQUE. — À cet emploi de sed et de verum se rattachent les locutions non solum... sed etiam (ou verum etiam), etc. Il en sera traité au chapitre des Négations dans la troisième partie de l'ouvrage, parce que les observations qu'elles suggèrent ne peuvent guère être séparées de la théorie des négations.
2 Sed et verum s'emploient aussi quand on s'interrompt dans une digression.
Ex. : Cic., de Amic., 1, 1 : 5806 de hoc alias; nunc redeo ad augurem (cf. Tusc., 11, 5, 14; Brut., 69, 244). Tusc., 11, 34, 84: VET UM quidem hæc hactenus (s.-ent. dicta sint\). De Orat., NI, 13, 51 : verum, si placet, ad reliqua pergamus. Etc.
3° Quelquefois, au contraire, ces particules correspondent au français mais, pour en revenir à mon sujet. OU ch bien donc. quand, après une parenthèse, on reprend un développement commencé.
Ex. : Cic., Acad., Il, 32, 102 : scripsit igitur his fere verbis (sunt enim mihi nota, propterea quod earum ipsarum rerum.…. disciplina illo libro continetur), sed scriptum est ita : Academicis placere.. De Orat., III, 12, 45: equidem, cum audio socrum meam Læliam (facilius enim mulieres...); sed (eh bien done...) eam sic audio, ut Plautum.….. 7# Verr.. IL 4, 16, 35: verum, ut Lilybæum, unde digressa est oratio, revertatur, Diocles 68...
4 Enfin, dans le récit historique, sed, comme δέ en grec, marque une simple transition et correspond soit à or soit à et.
EX. : Sazz., Cat. 43, 2: sed ea divisa hoc modo dicebantur.
Cet emploi de sed est particulièrement fréquent chez Salluste". 392. — Les particules at, sed et verum sont très souvent renforcées par tamen (voy. ci-après ὃ 395, p. 396).
REMARQUE. — Ce cas mis à part, il est très rare que sed? soit appuvé d’une autre particule.
{. Apulée emploie 884, comme en français on emploie « mais », pour protester de la vérité d'une assortion.
Ex. : H6t,, VII, 12 : cuncti denique, sed prorsus omnes jacebant. Cf. M"° px Suvicxi, Lettre 43 : « Elle y fut reçue très bien, maïs très bien, c'est-à-dire que le roi la fit mettre dans sa calèche avec les dames. »
2. Quant à verum, on le trouve à l'époque archaïque et à l'époque classique renforcé de enimvero (cf. ci-dessus, p. 390, n. 3) et à l'époque archaïque de vero tout simplement. Ex. : Garox (cité par A.-Geiix, XI, 17, 1) : verum vero inter offam atque herbam ibi vero longum intervallum est. — Praure, Curc., 375 : verum hercle vero. lei vero correspond au grec γε οἱ sert à faire ressortir le mot sur lequel il s'appuie, mais on voit avec quelle lourdeur, si l'on compare la particule lalinc à la particule grecque. Pour verum enimvero on peut citer :
PLAUTE, Capt., 995: Ten., Ad., 255: Cic., fn Verr., 1, 3, 84, 198; δες, Cal.. 2, 9 : verum enimvero is demum mihi vivere atque frui anima videtur, qui... Εἰς.
1° On cite quatre passages où sed semble renforcé par autem (PLAUTE, Rud., 11, 6, 15; Truc., 11, 3, 14; TÉR., Phorm., IV, 2, 11: VIRG., Én., 11, 101), mais si l'on examine ces passages, on voit que la particule autem retombe en réalité sur le pronom quid et sert à donner plus de vivacité à l'interrogation.
2° Sed vero est plus fréquent; comme on l'a indiqué plus haut (p. 390, n. 3), la particule vero y est employée avec son sens étymologique, eu vérité, et sert à donner plus de force à l'opposition.
Ex. : Cic., in Verr., II, 5, 6, 14 ; nec jam cum Μ΄. Adquilio, fortissimo viro, sed vero cum Paullis, Scipionibus, Mariis conferendum!
393. — La locution sed enim (très rare en prose!) correspond à un des emplois du grec ἀλλὰ γάρ (cf. ci-dessus, ὃ 385, 1°, p. 383) et sert à donner la raison de l'opposition : elle contient une ellipse que le contexte permet en général de compléter.
Ex. : Cic., p. Cæl., 24, 60: sed revertor ad crimen; sed enim (mais [si je m'en suis écarté], c'est que) hæc facta illius... mentio et vocem meam fletu debilitavit et mentem dolore impedivit. — Vinc., Én., I, 19 : progeniem sed enim Trojano a sanguine duci | Audierat (entendez : sed timebat ut hoc efficere posset : audierat enim...). 11, 163 : impius ex quo | Tydides sed enim scelerumque inventor Ulixes… | Corripuere sacram effigiem (entendez : sed ex quo Tydides et Ulixes, sceleris enim auctores erant, corripuere...\.
REMARQUE. — Au lieu de sed enim on trouve quelquefois verum enim et même at enim.
Verum enim ne se rencontre sans doute qu'à l’époque archaïque (cf. PLAUTE, Cis{., 81; TÉR., Phorin., 555; Ad., 201).
Quant à at enim, on cite un passage de Cicéron (de Fin., 1, 27, 88) où cette locution remplace at employé dans une réplique à une objection, ou, si l'on veut dans la figure appelée ὑποφόρα (subjectio). De même en français mais employé ainsi signifie en réalité : mais (ce n'est pas vrai) car...
Ex.: Cic., in Cat., 1, 11, 28 : quid tandem te impedit? Mosne majorum? At persæpe etiam privati in hac republica perniciosos cives morte multarunt. An leges, quæ de civium Romanorum supplicio latæ sunt? At nunquam in hac urbe ii, qui a re publica defecerunt, civium jura tenuerunt.
394. — L'adverbe ceterum a, dans certains auteurs, le sens adversatif?.
1. On ne la trouve presque jamais dans Cicéron, jamais dans (ésar, ni dans Salluste, ni dans T.-Live, pi dans Tarite ; elle πὸ reparait que chez A.-Gelle.
2. Ceterum cest proprement un accusatif neulre employé adverbialement ct signifiant « du reste, d'ailleurs ». Comme il servait à limiter une affirmation, il a fini par marquer unc opposition. Une phrase comme celle-ci :
Sae., Jug., 52, 1 : ipsi pares, ceterum opibus disparibus,
permet de se rendre compte de la facon dont s'est faite la transition.
Ex. : Téa., Eun., ΠῚ, 1, 62 : ridiculum (tu plaisantes ow c'est pour rire! : non enim cogitaras. Ceterum, idem hoc tute melius quanto invenisses (autrement, comme tu aurais donné à ceci un tour plus heureux!), ThrasO! -- Sa, Cat., 51, 26: illis merito accidet quicquid evenerit; ceterum vos, quid in alios statuatis considerate (cf. Jug., 2, 4; 14, 12, etc.). — T.-Live, 1. 24, 3 : fœdera alia aliis legibus, ceterum eodem modo omnia fiunt. Etc.
Cet emploi, inconnu à Cicéron et à César, est particulièrement fréquent chez Salluste, chez T.-Live et chez Tacite'.
395. — Tamen“ est une particule restrictive dont l'emploi se rattache plutôt (comme celui d’ ὄμως en grec) à la syntaxe des propositions concessives.
C'est en effet après quanquam, etsi, tametsi, etc., qu'on trouve surtout tamen. C'est seulement par extension qu'on la rencontre dans une proposition principale.
En pareil cas. tamen est souvent placé après sed ou verum.
Ex. : Cic., Brut., ΤΊ, 267 : Domitius nulla ille quidem arte, sed Latine tamen et multa cum libertate dicebat. De Orat., 1]. 54, 219: leve est totum hoc risum movere; verum tamen multum in causis persæpe lepore et facetiis profici vidi.
Quant à attamen (ou at. tamen), il sert particulièrement à renforcer l'opposition après une proposition concessive. Cicéron l'emploie presque exclusivement après une proposition concessive négative.
EX. : Cic., de Orat., Il, 4, 44: atque ei etsi nequaquam parem illius ingenio, at pro nostro {tamen studio meritam gratiam referamus.
1.Voy. À. Dasosn, Hist, Synt. der lat. Sprache, t. 11, 8 340 (2° éd., p. 132). 2. Tamen est un composé de tam ct signific vraiseimblablement « autant, également ». Il , ἃ encore dans le latin archaïque des exemples de tam mis pour tamen avec le sens de « cependant ».
Tiraivs (cité par Fasres, p. 360): quamquam estis nihili, tam ecastor simul vobis consului.
On peut expliquer de la même façon que pour ὅμως (cf. ci-dessus, p. 383, n. 2) le passage du sens de « également » à celui de « cependant ».