CHAPITRE II $ 1. — Interrogation indirecte
396. — Définition. — L'interrogation indirecte est une des formes les plus simples de la subordination.
On dit que l'interrogation est indirecte quand la question, au lieu d'être adressée directement à une personne, est rattachée à un verbe signifiant demander, dire, savoir, apprendre, etc.
Qui est venu? est une interrogation directe ; dites-moi, savez-vous, apprenezmoi, etC., qui est venu Ou je vous demande qui est venu est une interrogation indirecte.
La construction intermédiaire est représentée par une des deux phrases suivantes :
Dites-moi ; qui est venu ? — Je vous (le) demande : qui est venu ! ?
REMARQUE. — En grec et en lalin, on comprend aussi dans les interrogations indirectes des propositions du genre de celle-ci : je ne sais (je me demande, οἷς.) ce qu'il faut que je fasse, dont le type primitif peut être ramené à celui-ci : que faut-il que je fasse ? je ne sais (je me le demande, etc.). ΝΟΥ͂. ci-après.
397. — Formes de l'interrogation indirecte en grec. — Zn grec, les propositions indirectes commencent tantôt par un pronom
ou un adverbe interrogatif, tantôt par une particule interrogative?.
4° Les pronoms et les adverbes employés dans l'interrogation indirecte peuvent être les mêmes que dans l'interrogation directe (τίς, πότερος, ποῖος, πόσος — ποῖ, πῇ. ποῦ, πόθεν, πότε. πῶς), mais plus souvent et plus régulièrement on se sert de formes spéciales à l'interrogation indirecte (ὅστις, ὁπότερος, ὁποῖος, ὁπόσος ---- ὅπου, ὅπη, ὅποι, ὁπόθεν, ὁπότε, ὅπως).
1. C'est ce qui explique, un le verra (ἐξ 397, 1 οἱ Rem. 1; 402, 406), le traitement que le grec d'uve part et le latin archaïque d'autre part, appliquaicnt aux proposilions de ce genre.
2. Après les verbes « dire; savoir, apprendre, s’apercevoir », on trouve aussi en grec ὃς, οἷος. ὅσος, etc. En réalité, ce sunt des pronoms relatifs et très souvent on peut ou l’on doit leur conserver cette valeur. Aiusi, une phrase comme celle-ci :
Tave., 1,137, 2 : xl... δείσας φράζει τῷ ναυχλήρῳ ὅστις ἐστὶ xal δι' ἃ φεύγει... pourrait se traduire : « Et (Thémistoclc)... pris d'inquiétude, dit au capitaine qui il est οἱ les molifs qui le font s'exiler... »
Mais, dans certains cas, la languc attribuc bien à ces formes un sens interrogatif.
Ex.: Tauc., 1, 136, ἃ : χαὶ ἐλθόντος οὐ πολὺ ὕστερον τοῦ ᾿Αδμήτου δηλοῖ τε ὅς ἐστι
χτὰ, — Ριλτον, Lach., 183 c : ὁρῶ otoé εἶσιν, video quales sint. — Dex., XXI,
135 : ὅσῳ δ᾽ ὑμῖν αἴσχιον τῶν ἄλλων (ἐστὶν) ἀκούσατέ μον. Elc.
Κῦππεο (ausf. Gramm.der gr. Spr., p. 943, 4) cherche à démontrer que ὃς n'est jamais employé avec La valeur d'un véritable interrogatif. 11 est certain qu'il n’a pas lo même sens que ὅστις ni que tés et qu'il correspond plutôt au latin qualis, mais il est difficile d'établir, sans subtilité, qu'il n'a jamais le sens interrogatif,
REMARQUES. — I. L'emploi, dans l'interrogation indirecte, des pronoms ou des adverbes de l'interrogation directe est sans doute un souvenir de la construction primitive, puisque, en fait, on juxtapose purement et simplement l'interrogation au verbe de la proposition principale. ὁ
Ex.: XÉN., Mém., 1. 1, 4 : πολλάχις ἐθάυμασα, τίσι ποτὲ λόγοις ᾿Αθηναίους ἕπεισαν οἱ γραψάμενοι Σωχράτην, ὡς ἄξιος en. θανάτου τῇ πόλει!. ΙΝ, 6, ἃ : εἰπέ μοι, ποῖόν τι νομίζεις εὐσέδειχν εἶναι 2, Etc.
11. Au contraire, l'emploi (relativement ancien dans la langue) des pronoms ou des adverbes interrogatifs indirects est une preuve que d'assez bonne heure on se préoccupa de donner à ce genre d'interrogation une forme distincte de celle qui convenait à l'interrogation directe”.
Toutefois, en pareil cas, l'usage à toujours été un peu indécis ; car on voit souvent dans une suitc de propositions interrogatives indirectes les pronoms ou adverbes indirects succéder aux pronoms ou adverbes directs.
Ex. : Hou., Od., 1,169 sqq. : ἀλλ᾽ ἄγε μοι τόδε εἰπὲ χαὶ 9 ἁτρεχέως κατάλεξον | τίς πόθεν εἷς ἀνδρῶν, πόδι τοι πόλις ηδὲ τοχῆες | ὁπποίης T ἐπὶ νηὸς ἀφίχεο, πῶς δέ σε ναῦται | ἤγαγον εἰς ᾿Ιθάχην, τίνες Euueva: εὖ; ἑτόωντο. — PLATON, Cril., 488: οὐχ ἄρα... ἡμῖν οὕτω φροντιστέον, τί ἐροῦσιν οἱ πολλοὶ ἡμᾶς, ἀλλ᾽ ὅ τι ὁ ἐπαΐων περὶ τῶν διχαίων χαὶ ἀδίχων. — XÉN., Anab., 11, 5, 1: οὐχ οἶδα, οὔτ' ἀπὸ ποίου ἂν τάγους οὔτε ὅποι ἃ ἂν τις φεύγων ἀποφύγοι οὔτ᾽ εἰς ποῖον σχότος ATOS AT, οὔθ᾽ ὅπως ἂν εἰς ἐχυρὸν χωρίον ἀποσταίη “. Etc.
Ill. On peut emplover dans la même interrogation indirecte deux pronoms interrogatifs dépendant l’un de l'autre.
Ex.: PLATON, Rép., 400 a : ποῖα ὁποίου βίου μνήματα, λέγειν οὐχ ἔχω. Soph., 253 à : πᾶς οἶδεν ὁποῖα ὁποίοις δυνατὰ Χοινωνεῖν. — ISOCR., VI, 42 : τίς οὐχ οἶδεν, ἐξ οἵων συμφορῶν εἰς ὅσην εὐδαιμονίαν κατέστησαν. -- DÉx., XVIII, 8 : ἐξετάζεσθαι, τίς τένος σ“ἵτιος ἐστινῦ. Etc.