Toutefois, il vaut peut-être mieux ponctucr avec Jcbb
ποῦ γῆς, πατρῴας εἴτε βαρδάρου; λέγε et entendre littéralement : « Sur quel point de la terre (soit) nationale, soit étrangère ? Parle. » Il y aurait bien une ellipse, mais ce serait celle d'une conjonction disjonctive εἴτε (qui peut s'employer seule ou répétée) et non pas celle d’une particule interrogative ; le verbe à suppléer dans chaque terme est ἔλειπες qu'on tire aisément du v. 234.
398. — Quand l'interrogation indirecte est négative, on applique les règles suivantes! :
4° En général, on emploie où, quand l'interrogation indirecte est
introduite soit par un pronom interrogatif, soit par la particule ἄρα.
Ex. : ρώτησα διὰ τὶ οὐκ ἔλθοι. — Ζιητοῦ μεν ap" OÙ τοῦτ᾽ ἄμεινόν ἐστιν.
| REMARQUE. — Toutefois, après les verbes qui signifient voir, considérer, etc., on | emploie un, qui s'explique le plus souvent par une idée de but, d'intention impliquée dans les phrases.
Ex.: Tuuc., VI, 33, 3 : δρᾶτε... ὅτῳ τρόπῳ... pâte... ληφθήσεσθε μήτε... aueAnoete, — XÉN., Mém., III, 1, 40 : τί οὖν οὐ σχοποῦμεν, πῶς ἄν αὐτῶν μὴ διχμαρτάνοιμεν.
2 Quand l'interrogation indirecte est introduite par εἰ, on trouve | aussi la négation οὐ.
Ex. : Puar., Protag., 341 b : ἐρωτᾷ, εἰ οὐκ αἰσχύνομα: τἀγαθὰ δεινὰ χαλῶν. Gorg., 462 : ἐρωτᾷς εἰ OÙ χαλή μοι δοχεῖ εἶναι ἢ ῥητορική. Etc.
Mais on emploie μή, quand on veut indiquer que la chose mise en question doit être résolue par la négative.
Ex. : Puar., Théél., 163 : βούλομαι ἔρεσθαι εἰ μαθὼν τίς τι καί μεμνὴμένος μὴ οἶδεν.
Cf. ci-dessus, p. 401, Rex. IIL.
3° Dans les interrogations qui se présentent sous la forme de deux propositions relatives ou autres unies par 4xi, on emploie soit où soit ur, quand le verbe est répété dans les deux propositions*. : EX. : Escunxe, 1, 217 : ὁ νομοθέτης διαρρήδην ἀπέδειξεν, οὗς {07 Onunγορεῖν χαὶ οὗς οὗ δεῖ (il pourrait y avoir un δεῖ) λέγειν ἐν τῷ δήμῳ.
Mais quand le verbe est sous-entendu dans la seconde proposition
on emploie seulement un.
Ex. : Χέν., Mém., IL, 6,10 : ἀλλά τοι περί γε φυλαχῆς τῆς γώρας οἱδ᾽ ὅτι σοὶ ἤδη μεμέληχεν καὶ οἶσθα, ὁπόσαι τε φυλακαὶ ἐπίχαιροί εἰσι καὶ ὁπόσαι ι΄. 16, IV,2, 26 : oi εἰδότες ἑαυτοὺς τά τε ἐπιτήδεια ἑαυτοῖς ἴσασι χαὶ διαγιγνώσχουσιν, ἅ τε δύνανται χαὶ ἃ μή. Etc.
399. --- Quand le second membre de l'interrogation indirecte double est exprimé par ou non, on se sert en grec de # οὔ ou bien ἢ μὴ indifféremment.
1. Pour l'emploi de la uégation dans les propositions délibératives indirectes, vay. ci-après, ξ #05.
2. En pareil cas, la construction est peut-être influencée par l'analogic de locutions comme φυλάττου ὅπως μὴ ποιήσεις, « garde-loi de faire n.
3. Voy. Mavvia, Syntaxe de la langue grecque (trad. Hamant), ὃ 204 b.
Ho SYNTAXE DE SUBORDINATION. 407
Ex. : PLatox, Rép., 3817 4 : σχόπει δή, εἰ ὀρθῶς ἐξχιρήσουεν ñ οὔ (cf. 394 d ; 451 ἃ; 452 e)!.
PLATON, Apol., 18 ἃ : UUGY δέομαι... τὸ σχοπεῖν, εἰ δίχαια λέγω
ἢ μή. Rep, 339 a : εἰ ἀληθὲς (ὃ λέγεις) À μή, πειράσομαι μαθεῖν. Εἰς.
400. --- Formes de l'interrogation indirecte en latin. — En latin, comme en grec, les propositions interrogatives indirectes commencent tantôt par un pronom ou un adverbe interrogatif, tantôt par une particule interrogative.
4° Les pronoms et les adverbes employés dans l'interrogation indirecte sont les mêmes que dans l'interrogation directe : quis, quantus, ubi, ut, etc.
REMARQUE. — On peut employer dans la même interrogation indirecte deux pronoms interrogatifs dépendant l'un de l’autre.
Ex. : Cic., p. Rosc. Com., 1, 21 : considera... quis quem fraudasse dicatur. Mil., 11, 31 : dijudicari non poterat, uter utri insidias fecisset. Or., 58, 196 : quos autem numeros cum quibus tanquam purpuram misceri oporteat, nunc dicendum est. Etc.
De même, on trouve un pronom interrogatif et un adverbe interrogatif simplement juxtaposés dans une même proposition.
Ex. : Cic., ἐπ Cal., 4, 9,19 : cogitate quantis laboribus fundatum imperium una nox quam pæne delerit. Etc.?.
2 Les particules interrogatives ne sont pas les mêmes dans l'interrogation indirecte simple que dans l'interrogation indirecte double (cf. ci-dessus, $ 397, 2°, p. 399).
a) Dans l'interrogation indirecte simple on emploie né, qui se place après le mot sur lequel porte l'interrogation, ou num; ces deux particules répondent l'une comme l'autre au français si ?.
Ex. : Cic., de Nat. deor., 1Π, 25, 65 : Videamus primum, deorumne providentia mundus regatur, deinde, consulantne rebus humanis. Tusc., V, 14,42: Lacedæmonii, Philippo minitante se omnia, quæ conarentur, prohibiturum, quæsiverunt num se esset etiam mori prohibiturus. P. imper. Cn. Pomp., 1, 19 : Videte, num dubitandum vobis sit omni studio ad id bellum incumbere. Etc.
1. Comparez : Phédon, 70 ἃ : σχεψώμεθα, εἴτ᾽ ἀρα ἐν “Ατδου εἰσὶν αἱ ψυχαὶ τελευτησάντων τῶν ἀνθρώπων εἴτε χαὶ οὔ.
2. C'est d’ailleurs, comme en grec (cf. ci-dessus, p. 398. Rex. III, n. 5), une extension toule patarelle de l'usage suivi dans les proposilions ioterrogatives directes,
Ex.: Cic., ad Fam., XI, 24, 1 : quam multa quam paucis (s.-e. scripsisti)? Εἰς.
3. On ne trouve donc pas dans l'interrogation indirecte la différence de sens qui existe entre num ct ne dans l'interrogation directe, où ne signifie « est-ce que... » ct NUM : « est-ce que par hasard... ? »
Sa
Hov
REMARQUES. —- [. Quand l'interrogation indirecte est négative, c'est nonne qui répond au français si... ne... pas.
Ex. : Cic., Tusc., V, 12, 34 : cum esset ex 600 quæsitum, Archelaum, Perdiccæ fillum, qui tum fortunatissimus haberetur, nonne beatum putaret (cf. Acad., 11, 24, 76; Phil., 12, 7, 15; de Fin., 11, 18, 58; II, 4,13; Orat., 63, 214; de Nat. deor., III, 10, 24)!.
Au lieu de nonne, on trouve quelquefois num non, mais ce tour est très rare. Ex. : CorNir., Rhet. ad Her., II, 9,13 : quæretur quid ei obfuerit... aut num non potuerit?.….
11. Une interrogation indirecte simple est quelquefois introduite par la particule en dans l'expression en unquam”, si jamais, qui a un sens pathétique. On en trouve deux exemples dans T.-Live. En voici un* :
T.-LivE, XXX, 21, 7-8 : quotiens in consiliis voces manus ad cælum porgentium auditas en unquam ille dies futurus esset, quo vacuam hostibus Italiam bona pace florentem visuri essent!
HT. Aux interrogations indirectes par particules il faut rattacher l'emploi du pronom ecquis, si quelqu'un (qui est peut-élre pour en quis). Ex. : TÉR., Eun., 591 : (πὸ evasit, c.-à-d. Thais rogavit) postremo, ecqua inde parva perisset soror : | ecquis cum ea una; quid habuisset, quom perit; | ecquis eam posset noscere. Etc.
L'accusatif neutre de ce pronom ecquid, signifie si en quelque chose, si à quelque égard. Ex. : PLAUT., Bacch., 1084 sq. :... nunc Mnesilochum | quod mandavi visso (— videro) ecquid eum [mi] ad frugem opera sua compulerit. — Cic., ad Fam., VII, 16, 3 : quid agatis et ecquid in Italiam venturi sitis hac hieme, fac plane sciam. — T.-Live, XXVII, 10, 2: quæsiverunt..
ab iis ecquid milites ex formula paratos haberent.
IV. L'emploi de num après dubito est une incorrection qu'on ne trouve qu'à l'époque impériale.
Ex. : QUINTILIEN, VI, 1, 3 : licet et dubitare, num quid nos fugerit. — PLINR LE JEUNE, Ep., VI, 21, 2 : dubito num idem tibi suadere quod mihi debeam”*.
4. 1] est à remarquer que dans tous ces exemples cités par KCuxen (ausf. Gramm. der lat, Spr., t.1E, p. 1012) d'après Hause (su Reisig's Vorlesungen, ὃ 275, cf. l'éd. revue par Schmalz ct Landgraf, p.300), nonne se trouve employé après le verbe quæroO; mais ce n'est là probablement qu'un effet du hasard et il ne faut pas en conclure que nonne soit incorrect après d'autres verbes.
2. La locution num non exisle bicn dans l'interrogation directe, mais celle sert à rendre l'idée du français « est-il vrai que... ne... pas... »
Ex. : Praute, Most, 1, 4, 23 : num non vis obviam med his ire, anime mi? « Est-il vrai que tu ne veux pas que j'aille à leur rencontre ? » — Cic., Tusc., 1. 32, 77 : num non vis igitur audire, cur,etiams jita sit, mors tamen non sit in malis?
Elle n'est donc pas ici synonyme de ΠΟΘ, comme dans l'interrogation indirecte ; ici cn effet num garde sa valeur propre ct nOn se joint au verbe,
3. Cette expression se retrouve dans l'interrogation directe, à qui elle est empruntée.
Ex.: Praure, Rud.. 1166 : quæso, en unquam hodie licebit mihi loqui? (Cf. Ten. Phorm., 329 : cedo dum, en unquam injuriarum audisti mihi scriptam dicam? — T.-Live, IV, 3, 10; IX, 10, 5: X, 5, 10.)
4. L’indicalion du second passage (XXIV, 11, 8) donnée par Dnecen, Aist. Synt. der lat. Spr., t.1, p. 344, 4, est inexacte ; il faut lire XXIV, 14, 3-4.
5. Tacile emploie num dans le sens de « si... ne... pas... », après dubitare : au contraire il se sert de an pour significr « si », Voy. le Tacite de Heræus (AHist., 11, 37) et cf. Kaens-Scamacz, Antibarbarus, etc., article prurrane.
Dans Cicérox, p. Sulla, 68, on lit aujourd'hui an, au lieu de num, ct ad Fam., VII, 32, num dépend de addubitavit, ct non de dubitavit.
Le verbe dubitare, douter (comme l'adjectif dubius) se rattachant à la mème racine que duo, ne peut être régulièrement suivi que d'une interrogation double complète : dubitare utrum... an.…., dubitare... -πὅ... an.) ou abrégée : dubitare an... (ΝΟΥ. ci-après).
V. Par conséquent, dans l'expression dubito an, et, par analogie, dans les expressions incertum est an, haud scio (nescio) an, il y ἃ une ellipse, du moins à la bonne époque : seule la seconde partie de l'interrogation double est exprimée, la première restant sous-entendue!. Dubito an venerit signifie donc littéralement : je doute (s'il en est autrement) ou si plutôt il est veuu, et équivaut en somme à peut-être est-il venu. De même nescio (haud scio) an recte fecerit, je ne sais (s'il en est autrement) ou si (plutôt) il a eu raison d'agir ainsi, 'OÙ je ne sais s’il n'a pas eu raison d'agir ainsi, et enfin peut-être a-til cu raison d'agir ainsi. En d’autres termes, an ainsi employé n'équivaut pas au français si, mais doit se traduire par si... ne.. pas. OU s’il n'est pas vrai que.
Pour exprimer l'idée de peut-être on se sert aussi de forsitan?, qui est pour fors sit an et équivaut à incertum est an... C'est pour cette raison, qu'à la bonne époque, forsitan est loujours suivi du subjonctif.
C'est seulement chez les poètes et chez les prosateurs de l'empire que forsitan étant pris pour un adverbe, se construit avec l'indicatif 5.
VI. De ce qui a été dit dans la remarque précédente il résulte qu'à la bonne époque une phrase comme nescio {ou dubito) an non venturus sit ne pouvait signifier que : je ne sais s'il viendra, je doute qu'il vienne, peut-être ne viendra-t-il pas (Zi{{éral. je ne sais [s'il en est autrement] ox δὲ [plutôt] il doit ne pas veuir, où encore je ne sais s’il n'est pas vrai qu'il ne doit pas venir.
VII. En dehors des cas précédemment étudiés, an n'est jamais, à la bonne époque, employé dans une interrogation indirecte simple; ni Cicéron ni César ne s'en servent ainsi.
Mais cet emploi, qui appartenait sans doute au fond de la langue populaire, puisqu'il est fréquent chez les comiques, se généralise de plus en plus à partir de T.-Live et devient un des traits caractéristiques du latin de l’époque impériale.
VIIl. Dans l'interrogation indirecte simple, si, au lieu de num ou de ne, est une construction incorrecte, bien qu’on en trouve quelques exemples même dans Cicéron“. Ex. : PLAUTE, Rudens, 1], 2, 24 sq. : si quid amplius scit, si videro, exquisivero (j'aurai bien vite fait de lui demander δἱ...). — TÉR., Eun., III, 4,1:
visam, si domist (cf. PLAUTE, Cas., 570 ; Bacch., 591 ; TÉR., Heaut., I,
1,118; Phorm., V, 8, 5). Adelph., IV, 2, 10 : si forte frater redierit
viso®. Phorm., III, 3, 20 : vide si quid opis potes afferre huic. —
ι. On peut dire que l'on sous-centead Ile premier membre de l'interrogalion, parce qu'on penche en faveur du second.
2. Forsan remplace forsitan dans le langage familier et poétique s'emploie comme un véritable adverbe.
3. Cet usage lendait déjà à s'établir à l'époque de Salluste, qui a écrit :
Jug., 106, 3 : incertæ ac forsitan paulo post morbo interituræ vitæ parcere. T.-Live emploie forsitan tantôt avec sa valeur étymologique (cf. ΙΧ, 9, 7; XXXI, 31, 49: 38, 4: XXXIX, 10, 4; XL, 145, 4), tantôt avec la valeur d'un adverbe (1, præf., 1%; 1, 53, 9 ; Il, 45, 2: Υ, 15, 10; ΧΕΠῚ, 1, 7). A partir de Q.-Curce, forsitan n'est plus employé que comme adverbe, et on finit par perdre si bien couscience de sa valeur propre, que saint Jérôme l'emploie après 8i, nisi, ne (cf. H. Gogrzen, Lalinité de saint Jérôme, p. 433).
4. On peut se demander si ce n'est pas là un emprunt direct fait au grec par les poètes comiques : de la, Si aurait passé dans la langue de la conversation. Ce qui est sûr, c'est qu'aux derniers temps de la langue latine, l'emploi de Si interragatif se rencontre surtout dans les versions latines de l'Écriture saiute, moins souvent chez les auteurs. Voy. H. Rænscu, /{ala u. Vulgata, p, 493; H. Goxzzcr, Étude... de la latinité de saint Jérôme, p. 430 ; M. Bouwer, le Latin de Grégoire de Tours, p. 320.
5. Ce qui prouve qu'après videre et visere, si a bien la valeur d'une particule iaterrogative ct n'est pas une particule condilionnelle, c’est que dans la langue correcte on trouve -n6 ou RuM, en pareil cas.
Cic., de Inr., 11, 29, 87 : si quid... sumi possit videri oportebit. 11, 42, 122 : ambigunt agnati cum eo qui est heres si filius ante
quam in suam tutelam veniat mortuus sit. — ViRGILE, Én., IV, 110 sq. : ...fatis incerta feror, si Juppiter unam | esse velit Tyriis urbem Trojaque profectis. — HOoRACE, Ép., 1, 6, 41: si posset…
rogatus. Ib., 1, 39 : inspice si possum. — T.-LiVE, XXV, 36, 5 : agitare (sc. animo) dux cœpit si quo modo posset vallum circumjicere, XXIX, 25, 8 : primum ab iis quæsivit si aquam hominibus jumentisque in totidem dies quot frumentum imposuissent (cf. XXXIX, 50, 7; XL, 49, 6). XXXI, 9, 8 : tamen ad collegium pontificum referre consul jussus si posset recte votum incertæ pecuniæ suscipi. Etc. — 5. JÉRÔME, ἐπ 1s., VII ad 19, 20 : quæritur, si Ægyptiis salvator et propugnator est missus qui liberet eos de angustiis'. Etc.
b) Dans l'interrogation indirecte double ou disjonctire on trouve utrum* ou -né au premier membre, et ordinairement an au second membre.
Ex. : Nevius (dans Ribbeck, Comic., 22, 115) : utrum scapulæ plus an collus calli jam habeat, nesci0. — Pzavr., Aul., 426 sq. : quid tu malum curas, | utrum crudum an coctum edim, nisi tu mihi es tutor? — Tér, Phorm., 659 sq. : utrum stultitia facere ego hunc an malitia | dicam, …incertus sum. — Cic., Orat., 1, 1 : utrum difficilius aut majus esset negare tibi sæpius idem roganti an efficere id quod rogares, diu multumque, Brute, dubitavi. — T.-Live, XXIX, 18, 49 : nihil nostra interest utrum sub illo legato, sub illo præsidio Locros esse sinatis, an irato Hannibali et Pœnis ad supplicium dedatis. Etc.
1. Il ne faut pas confondre avec ces constructions (daus lesquelles la particule 8i a récllement le sens intcrrogatif) l'emploi fréquent de 8i dans des phrases comme celle-ci :
Cic., ad Aft., XI, 9, 2 : solvi (fasciculum), si quid ad me esset litterarum, « j'ai défait le paquet, pour le cas où il y aurait une lettre à mon adresse. »
Eu pareil cas, 81 conserve son sens conditionnel ordinaire, mais il y a une idée intermédiaire à suppléer :
« (pour agir en conséquence) dans le cas où... » Ce qui prouve le bien fondé de cette remarque, c'est 1° que dans les phrases de ce genre, 8i est obligatoire et ne peut être remplacé par une particule interrogalive, -n6 ou num; ©° c'est ensuite qu'en certains cas, 8] en d'une manière loute semblable, ne peut pas se traduire, comme d'ordinaire, par « pour voir si... »
Ex. : Cic., ad AU, XIII, 2%, 5 : epistulam Cæsaris misi, si minus legisses (c.-à-d. : ut eam legeres, si minus egisses) « je t'envoie la lettre de César, pour le cas où tu ne l'aurais pas luc. »
De même dans les constructions très correctes de exspecto, tento, conor, experior avec Si, la particule 8j n'est pas interrogative, mais conditionnelle ; " sens littéral do ces expressions c'est « être dans l'attente » ou bien « faire un essai, pour le cas où.
Sur cette question. τοῦ. Ὁ Rirmaxx, Études sur. Tite-Live, 2e 6d., p. 302, n.3.
2. La particule utrum cest proprement le neutre de l'interrogatif uter ; celle servait à l'origine à marquer que l'interrogation subséquente comprendrait deux alternatives, Une phrase comme celle-ci : quærimus utrum abierit an manserit signific donc littéralement : « nous demandons laquelle des deux choses (est vraie), s'il est parti ou s'il est demeuré. » On voit dance qu’il n’y a pas à proprement parler, dans la phrase latine, de particule qui corresponde au « si » du premier membre de la phrase française.
Ριλῦτε, Capt., 261 : Servosne esse an liber mavelis, memora mihi. Etc. — Cic., Phil, 10, 2 : quæro igitur, eum Brutine similem malis an Antoni. 44 A, V, 6, 2 : dubitans Romæne sis an jam profectus. Etc. — T.-Live, ΧΙ, 23, 3 : donec ad certum redigatur, vanusnë hic timor noster an verus fuerit. Etc. — Q.-Cuncr, V, 2, 4 : verone an falso honos cuique haberetur, ignorari non poterat. — Tac. Germ., 5 : argentum et aurum propitiine an irati di negaverint, dubito. — Svér., Aug., 19 : imposne mentis an simulata dementia, incertum. Etc.
REMARQUES. — Ï. Au premier membre d'une interrogation disjonctive, utrum ou τόδ peut n'être pas exprimé.
Ex. : Cic., Oral., 64, 217 : nihil interest, dactylus sit extremus an creticus, quia postrema syllaba brevis an longa sit ne in versu quidem refert. Etc.
Dans ce cas particulier, an peut être, au deuxième membre, remplacé par -n6, mais les exemples cités sont peu nombreux!.
Cf. Exnius (éd. Vahlen, p. 15, 85): certabant urbem Romam Remoramne vocarent. — Cic., Phil.,2, 16, 41 : albus aterne fuerit, ignoras. Etc.
Ni César ni Salluste n’emploient ce tour°.
Il. Utrum, au premier membre de l'interrogation double, est quelquefois suivi de -n6, parce que l'on considère utrum comme insuffisant*.
Ex. : PLAUTE, Οαρί., 268 : set utrum strictimne attonsurum dicam esse an per pectinem, | nescio (cf. Bacch., 500; Most., HI, 1, 151). — Cic., de Ναί. deor., 11, 34, 81 : videamus utrum ea fortuitane sint an... Etc.
A l'époque archaïque et à l'époque classique, -né ainsi employé est toujours séparé de utrum par un ou plusieurs mots.
Utrumne (en un seul mot) paraît se rencontrer pour la première fois dans Horace et devient fréquent chez les prosateurs de l'empire, surtout chez Q.-Curce et chez Sénèque le philosophe. Il n'y en ἃ pas de traces chez T.-Live, chez Velleius Paterculus, chez Valère Maxime, ni chez les deux Pline.
111. Dans le second membre de l'interrogation double, la particule an est quelquefois remplacée par anne ; -né ne fait que donner plus de force à la seconde alternative.
Ex. : PLAUTE, Bacch., 516 : (me jussit percontarier), utrum aurum reddat anne eat secum semul. — Cic., Orat., 61, 206 : quærendum, utrum una species sit earum anne plures. Etc.
Mais à vrai dire, ce tour est plutôt rare.
1. Voy. Dasora, ist. Synt. der lat. Spr.,t. WA, p. 493 sq. 2. Dans les interrogations indirectes à allure précipitée, Cicéron ne craint pas de supprimer toule particule marquant disjonction.
Ἐς. : Cic., in Verr., 11, 3, 25, 62: homo quid ageret, taceret, responderet (— taceretne an responderet), quid faceret denique illa ætate et auctoritate præditus nesciebat.
3. C'est anc conséquence logique de ce qui a été cxpliqué ci-dessus, p. 410, n. 2.
Fr
Ardenne: εἰ, CE
IV. Dans l'interrogation indirecte double, -në... -n8 (au lieu de -Πδ... an) est assez rare. Il n'y en a qu’un exemple dans César.
De Bell. Gall., VII, 14, 8 : neque interesse ipsosne interficiant impedimentisne exuant.
Les autres exemples cités! appartiennent aux poètes.
V. D'ailleurs les poètes emploient aussi deux autres constructions à la place du tour régulier utrum... an ou -Πὅ... an.
1° Ils se servent parfois de an... an’.
Ex. : VIRGILE, Én., X, 181 sqq. : animo nunc huc, nunc fluctuat illuc, an 8686 mucrone6.., | induat et crudum per costas exigat ensem, fluctibus an jaciat.— Ov., Mét., 254 sq. : sæpe manus operi tentantes admovet, an sit | corpus an illud ebur*.
Cet usage ὃ été suivi par quelques prosateurs.
Ex. : PLINE, Hist. nat., XV, 6 : cetero distat an maturitas illa in torcularibus fiat an ramis. XXXV, 59 : dubitatur an ascendentem cum clipeo pinxerit an descendentem*.
2° Par imitation de la construction εἴτε... εἴτε... (voy. ci-dessus, p. 404) les poètes emploient sive... sive..…
Ex. : VIRGILE, Én., 1, 218 : spemque metumque inter dubii, seu vivere credant (s'ils doivent penser) | sive extrema pati nec jam exaudire vocatos.
401. — Dans le second membre d'une interrogation indirecte disjonctive ou non se rend ordinairement par necne.
En pareil cas, utrum est quelquefois exprimé dans le premier membre, mais il peut manquer.
Ex. : Cic., in Verrs Il, 4, 16, 35 : quæram, utrum emeris necne. — César, de Bell. Gall., 1, 50, 4 : ut matres familiæ eorum sortibus... declararent, utrum prœlium committi ex usu esset, necne. Etc.
Tér., Heaut., 95 : habeam necne incertum est. — Cic., p. Mwr.,
41 : posset lege agi necne, pauci quondam sciebant. De Nat. deor., I, 14 : dubitat, deus animans necne sit. Etc.