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Dans des cas comme celui-ci

Χέπν., Cyr. VII, 3, 14: χατοιχτίρων τήν τε γυναῖχα oîou ἀνδρὸς στέροιτο, καὶ τὸν ἄνδρα οἷαν γυναῖχα καταλιπὼν οὐχέτ᾽ ὄψοιτο,

la proposition indirecte est en réalité exclamative et dépend d'un verbe sous-entendu, quelque chose comme ἐνθυμούμενος implicitement contenu dans le contexte. 2. Voy. À. Daæozn, Hist. Synt. der lat. Sprache, t. 13, p. 473 sqq.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 27

l'interrogation indirecte peut dans certains cas représenter un subjonctif délibératif ".

EX. : Corn. Nér., Them., 2. 6 : Athenienses … miserunt Delphos consultum quidnam facerent de rebus suis (style direct : quid faciamus? que devons-nous faire?) — T.-Live, XXI, 56, 3 : … neque decernere possent qua suis opem ferrent {style direct : qua opem nostris feramus?). XXII. 27,5 : statuendum omnium primum ait esse quemadmodum imperio æquo utantur (— utendum sit). XXIII, 28, 9: cum diu consultassent utrum castra castris conferrent an satis haberent sociis Carthaginiensium oppugnandis morari ab itinere proposito hostem (« s'ils devaient rapprocher leur camp ou se contenter. »). XX VII, 25, 8 : quod utri deo res divina fieret (à quelle divinité il fallait offrir un sacrifice) sCiri non posset. XXIX, 17, 1 : quanti æstimentur (quel cas il faut faire) nostræ apud vos querelæ*. — Q.-Cuner, IV, 15, 30 : dicitur … Darius dubitasse an fugæ dedecus honesta morte vitaret (« s'ilne devait pas éviter en mourant honorablement la honte de s'enfuir »). Etc.

L'emploi des temps est déterminé par les règles générales de la concordance des temps.

REMARQUES. — I. C’est seulement dans la langue vulgaire et dans la langue poétique qu'on conserve, à l'interrogation indirecte, l'indicatif de l'interrogation directe. Cette incorrection, fréquente chez les poëtes comiques, où elle ne me paraît pas être une imitation pure et simple du grec“, se retrouve dans le latin de la décadence‘ ; mais il ne faut rien exagérer ni croire que l'indicatif est, en pareil cas, beaucoup plus fréquent

1. La construction romane « je nc sais que faire » (cf. l'ital, non so che fare) a peut-être son origine daus des phrases coinme celles-ci (τον. Archiv... de Wéælfflin, t. 11, p. 63 sq.) :

S. Cxraiex, Test., 3,1 (ρ. 114, 6 Hartel) : non habent unde retribuere tibi. — 5. Aua., £ph., 28: ut habeat unde tribuere. — Vaxaxr., Carm., 10, 1, 1 : nesociendo quæ petere.

2. Cette interrogation indirecte se rattache à une idée sous-entendue : « (pour la question de sacoir) quel cas il faut faire de nos plaintes. »

ἃ. Voy. J. Baanous, Etude sur les hellënismes dans la Syntare latine, p. 356.

4. Je πὸ crois pas pouvoir accepter dans tous ses termes l’assertion suivante de M. Boxxer, le Latin de Grégoire de Tours, Ὁ. 678 sq.: « 11 faut se garder de confondre cet indicatif tel qu'il se trouve chez les auteurs de la décadence avec l'indicatif de la question indirecte à l'époque archaïque. Dans les anciens temps, c'est uu reste de la construction coordinative ; primitivement dans dic quid est, il y x deux propositions indépendantes. C'est dans la suite seulement que la seconde prend le subjonctif, quand ou s'est habitué à la subordonner à l'autre. Dans la langue de la décadence il n'en est pas de même. Car souvent ces questions commencent par 8i, qui ne peut servir à l'interrogation directe. Il est probable que la véritable raison de l'indicatif, c'est qu'on oublie que ces phrases sont des interrogatives. On Îles confond avec les propositions relatives, conditionnelles, etc., par lesquelles elles peuvent être quelquefois remplacées et par lesquelles elles le sont généralement en français. » Sans doute, la substitution de plus eu plus fréquente de l'indicatif au subjonctif dans certaines propositions subordonnées est un des traits caractéristiques de la syntaxe du latin de la décadence ct il est permis de croire que ce fait a contribué à généraliser l'emploi de l'indicatif dans l'interrogation indirecte ; mais pourquoi ne pas vouloir reconnaitre aussi l'influence de la syataxe archaïque qui, ici comme souvent ailleurs, «e confond avec la syntaxe vulgaire? En tout cas, il a été constaté que dans les parties de son œuvre où il fait parler les petites gens Pétrone 56 sert de cette construction, et le grammairien Diomède nous dit expressément que l'indicatif est une faute contre laquelle les gens instruits se tiennent en garde (cf. Diom., 395, 15, éd.

que le subjonctif chez les écrivains postérieurs. On constate au contraire qu'il Υ a sur ce point une sorte de lutte entre l'indicatif et le subjonctif et que celui-ci est en somme plus fréquemment employé que l’autre, même dans des écrivains comme saint Jérôme et Grégoire de Tours'.

11. Il ne faut pas confondre avec cette incorrection l'emploi que les poètes font de l'indicatif dans des propositions qui n'ont de l'interrogation indirecte que l'apparence, et qui sont proprement des propositions exclamatives juxtaposées à une autre proposition.

Ex. : PLAUTE, Mort., 829 : specta quam arte dormiunt (— specta : quam arte dormiunt). Curcul., 1, 2, 65 : hoc vide ut dormiunt pessuli pessumi. — TÉR., Ad., Il, 2, 21 : illud vide ut in ipso articulo oppressit. Cf. dans Catulle, dans Properce et surtout dans Virgile les nombreux exemples de l'indicatif après les formules audin, viden, aspice, scin.

Toutefois « les poètes de l’âge d'Auguste, dominés par l'habitude de la subordination grammaticale, répugnaient à se servir d’un tour qui ne s’accordait plus guère avec leur goût raffiné?. Tibulle, même après viden, préfère le subjonctif. »

Ex. : TiBULLE, Il, 1,25 : … viden ut felicibus extis | significet placidos nuntia fibra deos.

III. Dans la prose correcte on emploie communément certains tours où il serait excessif de voir des infractions à la règle.

C'est ainsi qu'une locution comme nescio quis équivaut à une espèce de pronom composé, synonyme d'aliquis, en quelque sorte, el n'ayant aucune influence sur le mode du verbe suivant.

Quelquefois nescio forme avec le pronom une véritable parenthèse.

Ex. : Cic., Tusc., III, 6, 12 : minime assentior iis, qui istam nescio quam indolentiam magno opere laudant. Cf. :b., 1, 11, 24 : sed nescio quomodo, dum lego, assentior : cum posui librum, assensio omnis elabitur.

Ce sont des parenthèses du même genre qu'il faut voir dans les locutions : mirumi quantum (T.-Live), nimium quantum (Cic.), immane quantum (SALL.), mirum quam (C'c.),incredibile quantum (Jusr.)*, plurimum quantum (FLoRus), immensuit ou infinitum quantum (PLINE L'ANCIEN), etc.

Ex. : T.-Live, 11, 4, 41 : id mirum quantum profuit ad concordiam civitatis.

Keil : eruditius dicetur « nescio quid facias » pro « nescio quid facis ». On peut écarter, si l’on veul, le émoignage de Diomède : mais l'usage de Pétrone me parait prouver que de Plaute à Grégoire de Tours; c'est bien ἐπ même syntare qui régissait les interrogations indirectes dans la languc populaire.

{. Voy. H. Gouzren, Étude... de la latinité de saint Jérôme, p. 355, et M. Βονμετ, le Latin de Grégoire de Tours, p. 679. — 11 faut mettre à part les ouvrages lraduits du grec, comme le Roman d'Apollonius, ou remplis d'hellénismes, comme l'Histoire d'Ammien Marcellin. Dans les écrits de ce genre, l'indicatif au lieu du subjonctif peut et doit être considéré comme ua emprunt direct fait au grec. γον. Px. Taixcuanx, über Sprache und Krilik des lat. Apolloniusromanes, p. 40, et G. Hassuxstein, de syntazi Ammiani Marcellini, p. 38. Pour l'Ancien et le Nouveau Testament, voy. H. Ræxscu, Itala u. Vulgata, 8" éd., p. 428 sq.

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