‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 147 sur 306 · Comparez la phrase suivante · texte numérisé non relu

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Cic., Phil., 14, 12, 31: ὁ fortunata mors, quæ naturæ debita pro patria est potissimum reddita.

Ici l'indicatif est justifié, dans la pensée de Cicéron, parce que la proposition relative équivaut pour lui à une proposition coordonnée exprimant un fait réel. Au contraire, dans l'exclamation d'Alexandre rapportée ci-dessus, il a plu à Cicéron d'insister fortement sur l'idée de cause; de Ἰὰ l'emploi du subjonctif dans la proposition relative.

2. Mais il ne faudrait pas croire que, même à l'époque classique, on avait le choix, en pareil cas. entre le subjonctif et l'indicatif : la vérité, c'est que le subjonctif est seul correct et que tous les bons écrivains l'emploient, quand ils veulent insister sur l'idée de cause contenue dans le relatif. Si l’on trouve l'indicatif dans cette phrase de Cicéron :

De Sen., 14, 46 : habeoque senectuti magnam gratiam : quæ mihi sermonis aviditatem auxit, potionis et cibi sustulit, c'est qu'il y avait, comme je l'ai indiqué ci-dessus (p. 421, n. 2), une (orte ponctuation après gratiam et que Ciréron considérait (188 comme l'équivalent de @a enim οἱ non de CUM 6a. En d'autres termes, cette proposilion rentre dans le cas du ὃ 410.

particules, ut est la plus rare, bien qu’on la rencontre à toutes les époques de la langue; quant à quippe qui, utpote qui, on ne les emploie que dans les cas où l’on peut sentir encore la valeur étymologique de ces expressions : bien σάν, lui qui. — comme

il est naturel (ou possible) de la part d'un homme qui. Encore faut-il ajouter que les exemples n’en sont pas extrêmement nombreux.

Ces trois particules sont régulièrement construites avec le subjonctif.

Ex. : PLAUTE, Psenud., 566 : non demutabo, ut quod ego jam certo sciam. — Cic., Phil., 14, 12, 30 : ut qui optimo jure eam provinciam obtinuerit (cf. de Nat. deor., 11, 57, 148; ad Fam., V, 18, 2). — T.-Live, VII, 14, 6 : dictator, ut qui magis animis quam viribus fretus ad certamen descenderet, omnia circumspicere cœæpit (cf. I, 4, 5; VII, 30, 2: XXXVIII, 21, 14). XXXVI, 46, 2 : nam neque opere emunitus erat (locus), ut ubi (= ut in quo) ipsius loci ac stagni præsidio satis creditum foret, nec ulla armatorum statio, etc. (cf. XXXVIII, 21, 14 : ut ubi = ut in quibus). Cf. PLINE LE JEUNE, Ep., V, 8, 4; TAC., Ann., II, 10, fin; SUET., Tit., 3; FLonus, Il], 17, 3.

PLAUTE, Pers., 699 : quippe qui frater siet. — Cic., de Nat. deor., 11, 15, 40 : solis candor illustrior est quam ullius ignis, quippe qui in immenso mundo tam longe lateque colluceat. De leg., 111, 8, 19 : tribunorum plebis potestas mihi quidem pestifera videtur, quippe quæ in seditione et ad seditionem nata sit (cf. de Div., 11, 55, 144). — T.-Live, XXVI, 48, 11 : detestabili oxemplo rem agi, quippe ubi (= quippe in qua) fraude ac perjurio decus petatur virtutis?. Etc.

PLAUTE, Rud., 462 : satin nequam sum, uitpote qui hodie amare inceperim? — Cic., Phil., 5, 11, 30 : Lucius quidem frater ejus, utpote qui peregre depugnarit, familiam ducit. — SALL., Cat., 51, ἃ : ἃ Catilina in Galliam properante Antonius non procul aberat, utpote qui magno exercitu locis æquioribus expeditus in fuga sequeretur.

11. On ne trouve jamais ut qui avec l'indicatif. Mais, à l'époque archaïque et chez

les écrivains peu préoccupés de marquer fortement le caractère particutier de la proposition causale, on rencontre souvent l'indicatif avec quippe qui*. Ce tour est rncorrect.

1. T.-Live est l'auteur qui fait de ce tour le plus fréquent usage.

4. On ἃ cité cet oxemple à cause de l'emploi de quippe ubi, et non à cause de l'emploi du subjonctif. Ea effet, dans cette phrase le subjourtif est amené non seulement par la nécessité d'exprimer l'idée de cause, mais encore et surtout par le style iudirect.

3. Voici d’après Künsæn, αἰδῇ. Gr. der lat. Spr., L. \,p. 853, Anm. 3, un résumé historique de la question. Chez Plaute et chez Térence, quippe qui avec l'indicatif est la règle (Praure, Amph., 22 ; Aul., I, 5,22; Aud.,384; Truc., 1, 49; Tun., Meaut., 538 sq.);: de méme l'indicatif est constant chez Salluste (ef. Cat., 13,2; 48, 2; Jug., 1,3; 7, 6; 14, 19, etc.): on ne trouve pas quippe qui chez César, ni chez Q.-Gurce, οἱ chez quelques autres écrivains postérieurs ; chez Cornélius Népos, quippe qui ne se rencontre qu'une fois (Dion, 2, 3), et il est suivi du subjonctif; par contre, T.-Live l'emploie quelquefvis avec l'indicatif (voy. O. Rirmanx, Etudes sur... T.-Live, 2° éd., p. 291); il ya chez Apulée (cf, Met., 1, 24; ΧΙ, 24; de Mag., 29) et chez Aurelius Victor (cf. Cæs., 3, 6 ; 20,33; 21, 3) quelques exemples de quippe qui avec l'indicalif ; enfin Lactance l’emploie tantôt avec l'indicatif et tantôt avec le subjonctif, sans qu'il soit possible de trouver ὑπὸ autre raisou à cette anomalie que le caprice ou l'indifférence. Quant à Cicéron, l'unique exception à Ja règle qu'il présente se trouve dans de Nat. deor., 1, 11, 28, où les mss donnent r68vOCat: mais la correction à faire cest si simple que les éditeurs écrivent revocet.

Kübner cite aussi quelques exemples où les mss autoriseraient à croire que ut qui et utpote qui se sont construits quelquefois avec l'indicatif. Mais ces exemples sont si rares, dit Riemann (our. cité, 2° éd., p- 291, n. 3), qu'ils peuvent sembler suspects : Tacite, Germ., 22, occupat peul être aisément corrigé en oCCupet; Valère-Maxime, 5, 5, ext. 2, fertur est à remplacer par feratur; à part ces deux exemples, on ne mentionne plus qu'un passage avec utpote qui et l'indicatif chez Apulée. Chez Cic., ad Ati, IV, 16, 6, le texte cst aujourd'hui absolument transformé, à la suite des transpositions dont Th. Mommsen a montré la nécessité (νον. l'éd. de Baitcr et de Kayser) ; enfin, ad Au. il, 24,4, Orelli a corrigé 80lemus en soleamus.

415. — Aux propositions relatives causales se rattachent celles qui marquent une opposition. Ces propositions sont ordinairement au subjonctif.

Ex. : Paurr, Mil., 498 : tune te expurges mihi, | qui facinus tantum tamque indignum feceris ? -.- Tér., Heaut., 165 : non convenit, qui illum ad laborem hinc pepulerim,

| nunc me ipsum fugere. — Cic., de Orat., 1, 18, 82 : egomet, qui sero ac leviter Græcas litteras attigissem, tamen, cum ÂAthenas venissem, complures tum ibi dies sum commoratus (cf. de Amic., 8, 38; Tusc., 1, 38, 91, οἷς.) — Cés., de Bell. civ., HI, 96, 2 : hi miserrimo ac patientissimo exercitu Cæsaris luxuriem objiciebant, cui semper omnia ad necessarium usum defuissent. — T.-Live, XXIV, 5, 3 : QUi per tot annos Hieronem filiumque ejus Gelonem nec vestis habitu nec alio ullo insigni differentes a ceteris civibus vidissent*, ei conspexere purpuram ac diadema... Etc.

416. — Propositions relatives finales. — Les propositions relatives qui marquent le but auquel telle personne ou tel objet est destiné se construisent autrement en grec qu'en latin.

19 En grec, ces propositions sont à l'indicatif futur* et ont la négation μή.

4. L'indicatif est fréquent à l'époque archaïque (cf. PLaurz, Trin., 682; Mil., 329 ; ele. ; Tun., Eun., 794, etc.). On le rencontre quelquefois aussi à l'époque classique, mais dans des cas où l'auteur nc veut pas insister sur l’idée d'opposition.

Ex. : Cic., ad Fam., VII, 26. 2 : ita ego, qui me ostreis et murænis facile abstinebam, a beta et a malva deceptus sum.

2. Il me parait plus simple de considérer qui... vidissent comme l'équivalent du français « alors qu'ils avaient vu » que de traduire « des gens dont {elle était la condition qu'ils avaient pu voir » et de rattacher cet emploi du subjonctif à la règle du ὃ 417.

3. 11 s’agit ici du dialecte atlique; mais la langue archaïque, représentée pour nous per le dialecte d'Homère, se sert d'une autre coustruction qui, ca quelque façon, se rapproche de l'usage latin. Fn

" effet, chez Homère, les propositions relatives qui marquent le but se mettent au subjonctif (ordin. avec χε) quand la proposition principale est à un temps principal, et au présent ou à l’aoriste de l'optatif (sans xe), quand la proposition principale est à un temps secondaire.

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