IL. — Zatin : quod, quia — cum (quom) — quam, etc
436. — La particule quod. — Au grec à, ὅτε, ὅτι correspond le Jatin quod, qui est proprement l’accusatif neutre du pronom relatif.
437. — Quod dans une proposition complétive. — La particule quod signifiant ce fait que sert, après un verbe quelconque, à introduire une proposition complétive qui en est logiquement * le sujet ou?) le complément direct.
Le mode de cette proposition complétive est l'indicatif *.
1 4, Cet emploi de l’optatif est inconnu à Homère.
2. Bica qu'ici l'optatif dépende de ὡς et non pas de διότι. je n'ai pas cru devoir réserver cel exemple pour plus tard et j’ai préféré en tirer lout de suite la leçon qu'il renferme : on y voit δὰ effet l'indicatif employé en mème temps que l'optatif et ce rapprochement montre très bien la différence des deux tournures : en mettant ἐλάνθανε B6oxwv, Hérodote affirme en son propre nom que la cause de l'émoi de Crésus était qu'il avait sans le savoir nourri le meurtrier de son fils; en mettant s0prxot Hérodote veut dire que dans la pensée de Crésus Adraste s'était montré son plus grand ennemi.
3. Le sens relatif de quod se reconnait encore dans les plus anciens exemples, où le démonstratif antécédent est encore exprimé :
Ex. : Praure, Bacch., 1098 : hoc est demum, quod percrucior. Stich.. 127: set hoc est quod ad vos venio quodque esse ambas conventas volo. Merc., 368 : istuc quid est tibi quod commutatust color? Pseud., 639 : ut id agas, quod missus huc sum. Etc.
4. On trouve naturellement aussi le subjonctif potentiel, quand il s'agit d'exprimer que le fait est considéré comme possible :
Ex: Tèn., Ad., 162 sq. tu quod te posterius purges («pour ce qui est de ce fait que [εἴ. ἃ 439] tu pourras plus tard chercher à l'excuser ») hujus non faciam (cf. ci-dessus, ξ 125,3, 6, Reu I, p. 155). — Cic., in Verr., Il, 5, 68, 175 : quod enim... cogites α pour ce qui est de ce fait que tu pourrais penser... ». |
a) Ex. : Cic.. ad Att., 1, 17,2 : accidit perincommode quod eum nunquam vidisti (litt. : ce fait que tu ne l'as jamais vu est bien fächeux;!. — Corx. Née., Eum., 1, 2 : multum ei detraxit inter eos viventi quod alienæ erat civitatis (ici la proposition complétive est logiquement le sujet de detraxit).
b1 Cic. p. Cluent., 66, 188 : prætereo quod ... eam sibi domum sedemque delegit (ici la proposition complétive est logiquement le complément direct de prætereo, je passe sous silence. Ad 0. fr., ,15, 2: facis tu quidem fraterne quod me hortaris (ici aussi la proposition complétive est logiquement le complément direct de la proposition principale). De Leg., 1, $4, 63 : facio et lubenter et, ut spero, recte, quod eam... non possum silentio præterire. Etc.
Aux propositions du type a) appartient la locution accedit quod..., à cela s'ajoute cette circonstance que...”.
Aux propositions du type b) appartiennent les expressions bene facis quod, tu as raison de, adde quod..., ajoutez ce fait que.., quid quod...? que fautil penser de ce fait 4116...
REMARQUE. — Dans le sens de co fait que la particule quod sert encore à former une locution assez fréquente dans la langue familière, tantum quod, <eulement ce fait que, qui, dans l'usage, est devenue synonyme de vis.
Ex. : Cic., ad Fam., VII, 23, 1 : tantum quod ex Arpinati veneram, cum... (phrase dont le sens littéral parait être celui-ci : ce fait seul avait eu lo temps de se passer, à savoir que j'étais revenu de ma propriélé d'Arpinum, quand...) Cf. Cic., ad Att., XV,13, 7; VELL. PATERC., II, 117, 4; SUÉT., Aug., 63; 98; Nero, 6; Vesp., 5°.
1. Il ne faut pas confondre cette construction avec celle dans laquelle accidit est suivi de ut. En effet, dans les locutions comme accidit (fit) commode (incommode), ete. quod.…., le but de la phrase est de porter un jugement sur tel ou tel fait déjà connu de celui à qui l'on s'adresse, lecteur ou aaditeur. Au contraire, quand on dit accidit (fit, ete.) ut... le but de la phrase est d'apprendre à la personne à qui l'on s'adresse que {el ou tel fait rst arrivé. Cf. O. Rixmaxx, Synt. lat., ὃ 173, Rex. I,
2. Ordinairement il n'y a pas de différence de sens appréciable entre accedit quod.… et accedit ut... Mais il faut nécessairement employer ut..., toules les fois qu'il s'agit, non pas de rappeler un fait qui a réellement lieu, mais d'ajouter à d'autres circouslances une circonstance considérée comme une simple hypothèse.
Ainsi dans la phrase de Cicéron :
De Sen., 6, 16 : ad Appii Claudii senectutem accedebat, ut cæcus esset,
la conjonction ut avec le subjonctif pourrait être remplacée par quod avec l'indicatif (accedebat, quod cæcus erat); mais s'il s'était agi d'exprimer une hypathèse, il cût été nécessaire d'employer ut avec le subjonctif (si accedet, ut cæcus sit).
3. 11 ne faut pas confondre cet emploi de tantum quod avec celui qu'on trouve dans T.-Livz, XXXIII, 4, 6, a seulement parce 486... », ni surtout avec celui où la locution est synonyme de nisi quod « si ce n'est que... ».
Ex.: Cic.. in Verr., Il, 1,45, 116 : componit edictum 118 verbis, ut quivis intellegere possit unius hominis causa conscriptum esse, tantum quod hominem non nominat. Cf. Arucée, de Deo Socr., 8 ; Souim, c. 19 fin.
Voy. R. Κῦκκεν, aus/. Gramm. der lat. Sprache, $ 192, 2, ὁ (p. 836 sq.).
438. — Les verbes qui signifient dire, croire, savoir, etc., peuvent, en latin, se construire avec quod, quand cette conjonction garde le sens de ce fait que.
Ex. : Cic., ad Fam., 11, 8, 6 : an mihi de te nihil esse dictum unquam putas? ne hoc quidem, quod... Taurum.…. transisti ? — Tac., Ann., XIV, 6 : illic reputans ideo se fallacibus litteris accitam.. quodque, litus juxta, non ventis acta, non saxis impulsa, navis. concidisset!.
REMARQUES. — 1]. A partir du troisième siècle de notre ère, l'usage se répandit en latin de remplacer par quod signifiant que la proposition infinitive après les verbes dire. croire, savoir,
Ce solécisme se rencontre sans doute quelquefois déjà à l'époque archaïque,
Ex. : PLAUTE, Asin., 51 sq. : scio jam, filius quod amet meus | istam meretricem,
et chez certains auteurs incorrects comme
De Bello Hispan., 36 : renuntiaverunt quod Pompejum in potestate haberent*.
Mais c'est surtout chez Apulée, chez Justin, chez les auteurs de l'Histoire Auguste, chez Eutrope et enfin chez les Pères de l'Église qu'on la trouve employée couramment. Quod y est suivi tantôt du subjonctif, tantôt de l'indicatif, sans qu'on puisse dire au juste quelle considération a déterminé dans tel ou tel cas l'emploi de l’un ou de l'autre mode. La seule remarque à faire, c'est que l'indicatif appartient surtout à la basse latinité*.
11. Mais il y ἃ plus : la conjonction quod tend déjà au 1v° et surtout au v* siècle à prendre la place des autres conjonctions et à jouer les mêmes rôles que le que français.
4. Cet exemple où se trouve le verbe reputans construit à la fois avec une proposition infinilive et avec quod, montre bien le caractère véritable des deux constructions : reputans avec la proposition infinitive, exprime une simple conjecture : « réfléchissant que... »; au contraire, reputans φυοα... « réfléchissant à ce fait que... » signifie qu'il n’y a plus d’hypothèse, mais qu'on se rappelle un fait réel et positif.
Ce n'est pas seulement après les verbes « dire, savoir, etc. » que la particule quod « ce fait que » peut remplacer une proposition infiuitive.
On la trouve encore avec certaines expressions impersonnelles par lesquelles on exprime un jugement sur la facilité, la nécessité, l'opportunité, etc., qu'il y aurait à faire telle ou telle action; mais pour qu'elle soit correctement employée, il faut que l’action énoncée dans la proposition complétive soit présentée comme un fait dont on garantit la réalité. Ainsi, landis que la proposition iofinilive peut toujours s'employer, quel que soit le seus de la phrase, la proposition complétive avec quod ne serait pas possible, si le fait qu'elle implique pouvait étre considéré comme douteur. On dira donc : utile erit fratrem tuum adesse, si l'on veut signifier « la présence de ton frère sera utile », et utile erit quod frater tuus aderit, si l'on veut affirmer nettement que la personne en question sera réellement présente et qu'on aura lieu de 50 féliciter de sa présence. Mais quod ne pourrait pas être emplayé si l'on avait le moindre doute sur la présence future de cette personne. Voy. Riemarm, Synt. lat., ὃ 183, Rex. V.
2. Voyez dans ἢ. KCuxen, ausf. Gramm. der lat. Sprache, ξ 192, %, f (t. II, p. 838) l'indication d'autres passages où, comme le montre fort bien l'auteur, on a vu & tort soit des emplois incorrects de quod, soit des emplois conformes à celui dont il est question ici.
3. Sur ces questions, voy. H. Gozizen, Étude... de la Latinité de saint Jérôme, p. 375 sqq. ; M. Bonwr, le Latin de Grégoire de Tours, p. 660 sqq.; G. Maven, de particulis quod, quia, quoniam, quomodo, ut pro accusativo cum infin. posilis (Kiel, 1889).
Quant à l'origine de celte substitution de quod à la proposition infinitive, c'est une question controversée. « Quelques-uns, dit M. Bonnet, veulent y voir un retour à un usage plus ancien, conservé par le peuple, tandis que les écrivains auraient cultivé la proposition infioitive : les preuves sout absolument insuffisantes. »
Ainsi quod remplace ut, pour marquer le but ou la conséquence.
Ex. : Vopisc., Carin., 91 : et hæc idcirco in litteras rettuli, quod futuros editores pudore tangeret ne patrimonia sua mimis et balatronibus deputarent. — Cass. FELIX, 57 (p. 46, Rose) : etiam et minas aposimate provocabis, quod possit humor fellitus depurgari. Εἰς.
Sidoine Apollinaire et Salvien substituent même l'indicatif au subjonctif après quod mis pour ut :
Ex. : Sip., Ép., Ill, 3 : tum demum officiis exequialibus occupabantur, sic tamen, quod nec ossa tumultuarii cæspitis mola tumulabant. — SALv., de Gub. Dei, VII {p. 251, Baluze, : Vandali, ita delicias corruptorum hominum indepti sunt, quod corruptelas morum repudiarunt!.
III. Enfin quod avec l'indicatif tient quelquefois, chez les écrivains de la décadence, la place de cum, de ut ou de ex quo, depuis que.
Ex. : SAINT JÉRÔME, Ép., 71, 1 : plures anni sunt quod super dormitione Blæsillæ Paulam venerabilem feminam, recenti adhuc vulnere, consolatus sum (cf. r. Pauli, 10; «. Hilar., 29; adr. Jovin., I, 1)?.
439. — Quelquefois la proposition introduite par quod se rattache à la proposition principale d'une manière assez libre : en ce cas, quod signifie tantôt pour ce qui est de ce fait que, tantôt pour expliquer :pour justifier) ce fait que.
EX. : Cic., de Orat., 1, 56, 231 : quod vero impudentiam admiratus es eorum patronorum.…., …facilis est et prompta defensio, quant à l'étonnement où t'a plongé l'impudence des avocats en question, il est facile et commode de les justifier. Ad Fam., V, 2, 5 : quod scribis de reconciliata nostra gratia, non intellego, cur reconciliatam esse dicas, quæ nunquam imminuta est. Etc.
Cic., in Cat., 1, 6, 16 : quæ quidem (8108) quibus abs te initiata sacris ac devota sit nescio, quod eam necesse putas esse in consulis corpore defigere (pour expliquer que tu crois nécessaire de le plonger dans le corps du consul. Etc.
440. — Quod exprimant une idée de cause. — Après les verbes qui signifient un sentiment ou l'expression d’un sentiment, comme « se réjouir, saffliger, s'étonner, se plaindre, etc. », ou « louer, blâmer, féliciter, accuser, etc. », on construit avec quod
4, Voy. H. Gorizen, Étude... de La Latinité de saint Jérôme, p. 381 sq. Il est intéressant de rencontrer dans des écrivains de la Gaule, comme Sidoine Apollinaire ct Salvicn, les premières traces d'une construction qui devait prévaloir en francais.
2. À moins d'admettre que les passages suivants sont aïtérés, on constate déjà cel emploi particulier de quod chez Quintilien et Pline le Jeune.
Ex.: Quner., X, 3, 14: tertium jam diem esse quod non inveniret exordium. — Puis τα Jeuxs, Ép., IV, 27 : tertius dies est quod audivi..
(mais pas avec quia à l'époque classique!) et le subjonctif ? la proposition qui exprime l'objet de ce sentiment?.
EX. : Cic., de Amic., 11,62: Scipio querebatur, quod omnibus in rebus homines diligentiores essent (quam in amicis deligendisi. — T.-Live. XXXVI, 41, 2 : magis mirari se ajebat, quod non jam in Asia essent Romani, quam venturos dubitare. Etc.
441. — Quod dans une proposition causale proprement dite. — La fonction la plus importante de la particule quod est d'exprimer l'idée de cause et d'introduire, par conséquent, une proposition causale“.
Cest comme partout ailleurs, la nature de la pensée exprimée par l'écrivain qui détermine l'emploi de l'indicatif ou du subjonctif avec quod.
4° Si la personne qui parle veut signifier que dans son opinion le motif énoncé est réel et véritable, on met l'indicatif.
Ex. : Cic., Oral. 126 : qui (loci) communes appellati sunt eo quod videntur multarum iidem esse causarum.
2 Mais si l'on se borne à rapporter l'opinion d'autrui sans spécifier qu'on la prend pour son compte, on emploie Île subjonctif.
1. A l'époque archaïque, l'emploi de quia est au contraire assez fréquent en parcil cas (Cf, Pracrr, Mil., 387 : ego læta visa, quia soror venisset, οἷς.)
9. Pour l'explication de cet emploi du subjonctif, voy. ci-après, $ 441, 2, Rem. 1°.
3. Mais si la proposition qui suit ces verbes exprime le motif du sentiment éprouvé, on la construit indifféremment avec quod ou avec quia ct toujours avec l'indicatif.
Ainsi, landis que gaudeo quod valeas sigaifie: « je mo réjouis que tu sois {à la pensée que lu es) en bonne santé », gaudeo quod (ou quia) vales signifie : « je me réjouis, parce que tu es en bonne santé, »
4. ἢ est permis de croire que cet emploi particulier de quod s'est dévcloppé grâce à des constructions comme celle-ci :
Piaute, Bacch., 1072 : vos nunc ne miremini, quod non triumpho.
Traduitc littéralement, ectte phrase signifie : « N'allez pas maintenant vous élonner de ce fait que je ne triomphe pas, » d'où l’on tre parfaitement : « N'allez pas maintenant vous étonner de ce que je ne triomphe pas. » Mais ce qui a contribué surtout à altacher l'idée de cause à cette particule, ce sont les tours, si nombreux à l'époque archaïque et même encore à l'éprque classique dans lesquels on voil quod précédé d'un antécédent, comme 60, ideo, idcirco, propter eam causam, ob eam causam, propterea. Voy. Seumwaiz, Lat. Gramm., ὃ 250.
En tout cas, il semble bien que la particule quod, en tant que particule causale, est plus récente dans la langue que CuM, quoniam et quia (cf. ci-après, p. 462, n. 4). Mais cctte acquisition n'a point été pour Île latin unc richesse inutile. En effet, des trois particules citées (cum, quoniam et quia), les deux premières retenaient dans leur emploi nouveau une partie de leur signification ordinaire, qui est de marquer le temps : l’une, CUM, voulait dire « comme, attendu que »,; l'autre, quoniam (— quom jam), cxprimait la mème idée avec une nuance : « puisque (comme vous le savez déjà); » quant à Ja lruisième, elle représentait l'idée que rend notre « parce que », avec lequel il faut sousentendre : « comme je vous l'apprends. » La conjonction quOd, proche parente de quia, la suppléa d'abord (et tout naturellement) dans beaucoup d'emplois, mais il ne faudrail pas croire qu'elle lui fût complètement synonyme. On peut dire qu'elle insiste encore plus que quia sur l’idée de cause, et s'il fallait lui chercher un équivalent exact dans notre langue, on le trouverait dans la locution conjonclire « de ce que » et mieux encore dans « à cause que », qui malheureusement a vicilli.
Ex. : Cic., Tusc., IV, 19, 44 : noctu ambulabat in publico Thémistocles, quod somnum capere non posset (parce que, disait-il, il ne pouvait pas prendre de sommeil), quærentibusque respondebat Miltiadis tropæis se e somno suscitari. V, 36, 105 : Aristides nonne ob eam causam expulsus est patria, quod præter modum justus esset (quod équivaut ici à parce que, dans l'opinion de ses conciloyens), de Fin., 1, 12, 40 : inesse enim necesse est in 60... et firmitatem animi nec mortem nec dolorem timentis, quod mors sensu careat (parce que, sc dit-il, la mort est insensible) !. | REMARQUE. — Grâce au subjonctif, le latin peut exprimer avec quod certaines nuances fort délicates que le francais rend imparfaitement. 1° Si l'on veut, par exemple, tout en considérant la cause comme vraie, ne pas l'exposer en son propre nom, on emploie le subjonctif. Ex. : Cic., de Off., 11, 22, 76 : laudat Panætius Africanum quod fuerit abstinens mais ΝΟΥ͂. aussi ci-dessus, ὃ 440).
2° On emploiera encore le subjonctif en rapportant une opinion que l'on a eue jadis, si l'on ne veut pas dire expressément qu'on l’a conservée.
Ex. : Cic., Tusc., II, 3, 9 : mihi semper... Academiæ consustudo de omnibus in contrarias partes disserendi non ob eam causam solum placuit, quod aliter non posset, quid in quaque re verisimile esset, inveniri, sed etiam quod esset ea maxima dicendi exercitatio, j'ai toujours aimé la méthode de l'Académie de traiter en tout le pour et le contre, non pas sculement parce que c'est le seul moyen de voir où se trouve la vraisemblance, mais encore parce qu'il n'y ἃ peut-être rien de si propre à nous douner l'habitude de la parolc.
3° Enfin on met le subjonctif pour indiquer que le motif allégué n'est pas le véritable.
Ex. : Gic.. de Orat.. ΠῚ. 14, 52 : nemo enim unquam est oratorem, quod
latine loqueretur, admiratus {mais cf. ci-dessus, ἃ 440).
442. — C'est pour cela qu'avec non quod on met le subjonctif,
1. En d'autres termes, l'iléc que nous rendons en francais par une parenthèse, comme « disait-il, crovait-il », elc., est exprimée eu latin par l'emploi du subjonctif daus la proposition causale, Le subjouctif se trouve mémo quand on juge à propos d'ajouter ut ait ille, ut ajebat ille, etc., pour rendre l'expression plus claire, Aiasi une phrase comme celle-ci : « Il l'a cité en justice parce que, disait-il, il avait commis un attentat contre la république », se rendrait en latin par : eum in judicium vocavit, quod ab eo res publica violata esset. ou plus explicitement : quod ab 60, ut ajebat ‘ef. Cic., de Fin., 1, 7, 23), res publica violata esset.
Cela étant, on ne comprend pas que Cicéron ait pu écrire assez souvent des phrases comme celle-ci :
Ex.: Gic., p. Czl.. 32,78 : non enim potest qui hominem consularem, quod ab eo rem publicam violatam diceret, in judicium vocarit ipse esse in re publica civis turbulentus.
Traduile liltéralement cetle phrase ne pourrail donner qu'un sens absurde : « parce que, rroyail-il, il disait que... ». 11 faut donc admettre que l'usage de plus en plus étendu du subjoactif dans les propositions subordonnées (cf. ci-dessus, p. 45}, n° 3) avait aulorisé cette construction logiquement incorrecte, mais très claire pour les Romaios.
Cet emploi singulier du subjonctif se relrouve dans d'autres cas, par exemple dans des propositions relatives comme celle-ci :
Ex.: Cic., Phil, 2, 4, 7 : litteras, quas me sibi misisse diceret (— quas sibi misissem), recitavit.
tandis qu'on emploie l'indicatif avec sed quod ou sed quia, qui suit et qui énonce la raison véritable.
Ex. : Cic., Tuse., Il, 23, 56 : pugiles in jactandis cæstibus ingemiscunt, non quod doleant animove succumbant, sed quia profundenda voce omne corpus intenditur venitque plaga vehementior. 4d Fam., IX, 1, 2 : nOn idcirco eorum usum dimiseram, quod iis succenserem, sed quod eorum me suppudebat. Etc.
REMARQUES. — 1. Au lieu de non quod on trouve aussi non quo et {moins souvent: non quia, avec le subjonctif!.
IT. « Non que. "6... pas » se rend ordinairement par non quod.… non avec le sub-
jonctif.
Ex. : Cic., Acud., 11, 40, 125 : me accusas, non quod tuis rationibus non assentiar, sed quod nullis, etc. ?
443. — Quia dans une proposition causale. -— La particule quia*, parce que, qui, à l'époque archaïque, était presque seule usitée avec la valeur d'une conjonction causale*, s'emploie, à l'époque classique, concurremment avec quod)”, sauf dans le cas du
1. Non quo est pour non 60... quo qu'on lit, par exemple, dans Cicéron (p. Quinet., 2, 5), et qui est probablement (νον. plus loin, ὃ 494), par l'effet d'une attraction particulière, sorli de non 60... quod. Sur non quia, νον. ci-après, $ 443, Rex. ΠΙ.
Do ces locutions il faut rapprocher l'emploi du subjonctif dans des phrases comme celle-ci :
Cic., ad Fam., VI, 3, 1 : superioribus litteris, benevolentia magis adductus quam quo res ita postularet, fui longior.
En effet, cette phrase revient à celle-ci : longior fui, non quod res ita postularet, sed quod benevolens fui.
2. Au lieu de non quod... non, on trouve aussi n0n quo... non, ΟΠ qQuia... nOn ou enfin non quin (voy. plus loin, ὃ 494, 494).
3. Quia est à la fois l'accusalif pluriel neutre de qui relatif et l'accusatif pluriel neutre du pronom dont quid est l'accusatif neutre singulier. Cela explique pourquoi dans l’ancien latin on trouve quia employé comme mot interrogatif sous la forme quianam « pourquoi ἀοπο... ὅν
Ex.. Nevius (cité par Fesrcs, p. 237 a, 25 sqq.): quianam Saturnium D τῷ Lei 2h Jisti 1 — Enx., Ann., VII, frag. 18 (p. 130 Vahlen): quianam dictis nostris sententia flexa est? Ann., 11, fragm. 6 (p. 264 Vahien) : quianam legiones cædimus ferro ? — Vino., Én., V, 13 : heu! quianam tanti cinxerunt æthera nimbi? (Cf. Én., X, 6 94.)
Mais cette forme n'a rien de commun avec quiane, « est-ce parce que...? », «a est-ce que...?» (ef. Praure, Pers., 551; Vino. Én., 1V, 538) qui est proprement la particule causale suivie de -nè iutorrogatif.
La signification propre de cet accusatif neutre quia est «a comment », « pourquoi », ou plus exactement « relativement à quoi ». Selon que l'on donaait ou non à la pbrase le ton interrogaüf, Quia avait le sens d'un pronom ioterrogatif ou d'un pronom relatif: on sait d’ailleurs que c'est pour cette raison que, dans la langue latine, le pronom interrogalif et le pronom relalif ant ls même thème. Quoi qu'il en soit, QUIA « relativement à quoi » est devenu particule causale en passant par le sens intermédiaire « relativement à ceci que ». « de ce que ». Il y a encore des traces nombreuses de l'emploi primitif de quia comme particule relative, par exemple dans les locutions où il est annoncé par un antécédent dans la proposition principale (cf. 60... quia {Pravre, Cic.], ea ΓΘ... quia [Commur., Cic.); Ob eam rem quia [Praurs], ide0... quia [Praure, Cic.], idcirco... quia [PLaurs, Cic.], propterea…. quia {Praute, Luca., Cic.”, etc.
4. Ainsi, dans Plaute, pour un emploi de quod on trouve vingt-deux emplois de quia. Dans Térence l'écart est moins grand : néanmoins pour un emploi de quod on troure trois emplois de quia- Voy. Daecen, ist. Synt. der lat. Spr., ὃ 531, t. T4, p. 675, ct cf. Zimwurnuanx, Gebrauch der Conjunctionen « quod » und « quia » im ülteren Latein (Progr. du Mariengymnasium, Posen, 1880).