‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 156 sur 306 · Sur la différence de sens, νον, ci-dessus, p. 460, n · texte numérisé non relu

Sur la différence de sens, νον, ci-dessus, p. 460, n

ξ 440). L'emploi des modes est absolument le même qu'avec quod.

Ex. : Cic., Parad.. 5, 1, 34 : sapiens legibus non propter metum paret, sed eas sequitur, quia id salutare maxime esse judicat. Etc.

REMARQUES. — I. Il est très rare que quia remplace quod pour introduire une proposition complétive du genre de celle qui a été étudiée ci-dessus (ὃ 4371. On trouve cependant :

Ex. : CATON (éd. Jordan, 25, 1) : Rhodiensibus id oberit, quod non male fecerunt, sod quia voluisse dicuntur facere. — PLAUTE, Cas., II, 6, 26 : iniquom est quia (ce fait que...) ... Most., 51 : invidere hoc mihi videre, quia mihi benest et tibi malest!. Etc.

II. De mème que quod, la particule quia remplace, dans la langue de la décadence. la proposition infinitive après les verbes dire, savoir, montrer, etc. Toutefois cet usage ne remonte pas aussi haut que celui de quod, puisqu'on ne le trouve d’abord que dans les plus anciennes versions latines de l'écriture sainte?.

Ex.:S. 5. ver., Joann., IV, 53 : cognovit ergo pater, quia... — TERT., de anim., 5 : credo quia... possunt. — CYPR., habit. virg., 15 : nescientes, quia... — HIER., Ep., 22, 29 : memento, quia... — AUG., Serm., 9, 3 : ignoras, quia, etc. *.

111. On a vu ci-dessus (ξ 442, 3°, RE. 1) que non quod élait quelquefois remplacé par non quia. Dans ce cas, comme avec non quod, le mode employé est le subjonctif : l'indicatif est incorrect (cf. LUCR., II, 3; T.-Live, XXXIII, 27, 6, etc.).

Mais il ne faut pas confondre cet emploi de non quia, mis pour non quod et signifiant non que, avec un autre emploi où non quia correspond au francais non point parce que. En ce cas, l'indicatif peut être fort correct.

Ex. : T.-Live, VII, 30, 13 : nec enim quia dolent injuriam acceptam Samnites, sed quia gaudent oblatam sibi esse causam oppugnatum nos veniunt, en cffet ce n'est pas parce qu'ils ressentent vivement l'injure reçue, c'est parce qu'ils sont heureux d'avoir un prétexte toul trouvé que les Samniles viennent nous attaquer (le ressentiment des Samnites 652 réel, mais ce n’est pas la vraie raison de leur attaque).

444. — La conjonction cum. — La particule cum (arch. quom * a conservé le sens relatif dans un certain nombre de constructions dont voici quelques exemples.

1. Pour ce dernier exemple on peut contester que quia introduise une proposition complétive : on pourrait, contrairement à l'opinion de Zimmermann et de Dræger (ist. Synt., $ 380, L. IT, p. 232), lui donger la valeur d'une particule causale,

2. Ici, comme le fait justement remarquer M. Boxxer, our. cilé, p. 661 (cf. ci-dessous, n, 3), on ne peut guère doualer qu'on ail affaire à un hellénisme, c'est-à-dire que quia soit la traduction de ὅτι.

3. Voy. H. Gozczen, our. cilé. p. 383. Ajoulons avec M. Bonnet (le Latin de (irégoire de Tours. p.661) que le plus souvent quia ou quod sont pris au hasard l’un poue l'autre ou pour la proposition infinitive : il n'y a guère qu'un cas où quia seul est admis, c’est en tête d'uu discours direct (cf. ce qui a été dit de ὅτι employé de la même façon, $ 431).

4. On a tenté d'expliquer Cum par le locatif du relatif, on rapprochant ce mot de la forme Ccume conservée dans le chant des Saliens (cf. Jonnax, ÆKritische Beitræge, p. 213 sqq.). Mais il est beaucoup plus naturel d'y voir l'accusatif singulier du thème pronominal quo- (cf. W. M. Livpsav., the Latin language, p. 570), malgré l'anomalic de m désinenticl, au lieu de d, qui est la vraic forme de la désinence du neutre dans les pronoms ; pour écarter cette objectian, il suffit de rappeler que le neutre du pronom ipse est ipsum, ct que, par conséquent. il n'est pas absurde de voir dans cum (quom) unc sorte de doublet de quod.

4° Par analogie avec les expressions sunt qui, etc. (cf. ci-dessus, 8 417, 2, c) on construit ordinairement avec le subjonctif les locutions fuit (tempus\ cum..., erit (tempus) cum.

Ex. : Cés., de Bell. Gall., NI, 24,1 : ac fuit antea tempus, cum Germanos Galli virtute superarent. — Cic.. Brut., 2, 1 : quod si fuit in re publica tempus ullum, cum extorquere arma posset e manibus iratorum civium boni civis auctoritas et oratio, tum profecto fuit, cum, etc. P. Mil., 26, 69 : erit, erit illud profecto tempus, et illucescet 1116 aliquando dies, cum tu... desideres. Etc.

Le subjonctif s'explique par l’idée de conséquence implicitement contenue dans la conjonction cum.

2° C'est de mème l'idée de conséquence renfermée dans cum qui explique les constructions suivantes.

Cic., de Off., I, 12, 50 : incidunt... sæpe causæ CUM (dans des circonstances {elles que) repugnare utilitas honestati videatur. De Re publ., ἢ). 10, 18 : in id sæculum Romuli cecidit ætas, cum jam plena Græcia poetarum et musicorum esset (un siècle {el que, etc.)!.

REMARQUES. — I. À l'emploi de cum relatif il convient de rattacher les constructions suivantes, dans lesquelles cum signifie proprement (l'époque, le moment) où. Ex. : Cic., ad Fam., VII, 28, 1 : memini, cum mihi desipere videbare. .id

Qu. fr., 11, 10, 2 : memini, cum hominem portarem. Etc.

Dans ces formes de phrase, il semble que l'emploi de l'indicatif ou du subjonctif soit indifférent εἰ

1. Par analogie arec ce qui a lieu dans les propositions relatives (ἃ 417, 35), on doit toujours employer le subjonctif, quand les expressions fuit (tempus) cum... erit (tempus) cum... sont négatires εἰ» forme ou de sens. On dira donc toujours nunquam fuit tempus) cum crederem ct quod tempus erit cum beneficiorum memoria moriatur ?

Ex.: Tén.. Heaut,, 559 : nunquam commodius unquam erum audivi loqui, | nec (5.-ς, fuit) cum male facere crederem mihi impunius | licere. — Ur. p. Mur. 38. 62: qui locus est, judices, quod tempus, qui dies, quæ nox. cum ego non ex istorum insidiis ac mucronibus non solum meo, sed multo etiam magis divino consilio eripiar atque evolem? Au contraire, quand ces expressions sont affirmatives, on rencontre quelquefois l'indicatif, surtout dans la langue familiére.

Ex.: PLacre, Dacch,, 416 : jam aderit tempus, cum sese etiam ipse oderit.— Conmr., Rhet. ad Her., Π 19, 30 : est, cum complexione supersedendum est... ; est, cum exornatio prætermittenda est... — T.-Livr, ΝῊ, 32, 13 : fuit, cum hoc dici poterat….

Enfin, quand l'expression temporelle cst renduc plus précise par l'addition d'un adverbe ou d'un adjectif, on peut, comme dans les propositions relalives analogues, employer l'indicatif.

Es.: Tin., Mec, 308 : nam sæpe est, quibus in rebus alius ne iratus quidem est. | cum de eadem causa est iracundus factus inimicissimus. — Cac., de Ino.. 1, 2, 2: nam fuit quoddam tempus, cum in agris homines passim bestiarum modo vagabantur et sibi victu fero vitam propagabant nec ratione animi quicquam, sed pleraque viribus corporis administra-

bant. Εἰς. (voy. ci-après, 5 447).

2. Toutefois, Κἴηκκη (auxf. Gr. der lat. Spr...$ 202, 5, Aum. ὁ (p. 8R$) dit qu'en emploie

1. Au contraire, il semble qu’on emploie toujours le subjonctif dans les formules suivantes :

Cic., de Orat., I, 28, 129 : sæpe soleo audire Roscium, cum ita dicat se adhuc reperire discipulum, quem quidem probaret, potuisse neminem. ΤΠ, 6, 22 : sæpe ex socero meo audivi, cum is diceret socerum suum Lælium semper fere cum Scipione solitum rusticari. Zn Verr., Il, 3,1, 3 : hoc ex homine clarissimo, L. Crasso, sæpe auditum est, cum 86 nullius τοὶ tam pænitere diceret, quam quod C. Carbonem nunquam in judicium vocasset.

Peut-être faut-il chercher la raison de ce subjonctif dans le besoin d'établir entre les deux propositions une liaison plus étroite que ne ferait l'indicatif : je l'ai entendu, comme il disait (je lui ai enteudu dire), etc.

Cf. Cic., de Orat., 11, 90, 365 : audivi Metrodorum, cum de his ipsis disputaret. De Nal. deor., 1, 21, 58 : sæpe de familiare illo tuo videor audisse, cum te togatis omnibus anteferret.

Toutefois il faut ajouter que presque partout dans ces constructions le verbe est à l’imparfait ; or on sait qu'en pareil cas les Latins emploient le subjonctif (cf. ci-après, δ 446, REX. 1 οἱ ὶ #47).

445. — Cum conjonction de temps. — Dans les constructions dont il vient d'être question, la particule cum conserve encore plus ou moins la valeur d'un relatif'. Mais elle joue ordinairement le rôle

l'indicatif, quand memini Cum... est l'équivalent de memini temporis, quo. et le subjonctif, quand memini cum... signifie « je me rappelle une époque telle que... ». D'autre part, W. Ganoxen Ἥλιε, the cuu constructions ; their history and functions, p. 159 et 195, a établi que CUM suivi du subjonctif répond à La question « quo staiu rerum? » ct signific « à un moment où... », tandis que cum suivi de l'indicatif répond à la question « quando ? » οἱ signifle « au moment οὗ... ». Mais ces deux explications ne me paraissent pas reudre compte de la construction particulière dont il est question en ce moment ; celle de Kühner ne convient qu'à uu très petit nombre de cas où l'ou peut, en effet, établir la distinction qu'il fait ; quant à la remarque de W. Gardner Ilale, clle parait s'appliquer exclusivement aux propositions temporelles qui répondent à des propositions relatives cumme celles-ci : qui ex ips0 audissent « des gens qui... », et qui ex ips0 audierant « les gens qui... ». Ainsi l'on trouve, en effet : Cic., p. Rose. Am., 18, 50 : accusator esses ridiculus, si illis temporibus natus esses, cum ab aratro arcessebantur qui consules fierent (« si tu étais né à cette époque où l'on allait chercher à la charrue ceux dont on voulait faire des consuls »). ἃ co de :

Cic., p. Rose. Com., 12, 33 : accepit.. agrum temporibus eis cum jacerent pretia prædiorum (« à une époque où le prix des terres élait avili »).

Remarquez de plus que dans ces deux exemples l'emploi du mode est en quelque sorte déterminé par le pronom même qui sert d'antécédent à CUM relatif : il est évident en effet que le sens de illis dans le premier exemple ne permettrait pas d'employer un autre mode que l'indicatif οἱ que dans le second cxemple le sens de 6is appelle, en quelque sorte, le subjonctif. Par conséquent l'explication de W.Gardner Hale, comme celle de Kühner (dont elle se rapproche d’ailleurs), ne saurait rendre compte que des constructions où la particule CUM implique une idée particulière s'ajoutant à l'idée de temps, et il faut reconnaitre que dans un grand nombre de cas l'usage permettait de mettre indifféremment l'indicatif ou le subjouctif, parce que lc sens général de la phrase n'imposait pas l'obligation d'emplayer l'un plutôt que l'autre.

C'est ainsi encore qu'avec les locutions video (videbam, vidi) cum... ete., on trouve l'iadicatif à coté du subjonctif, ;

Ex. : Cic.. de Orat., 111, 23, 87 : dies et noctes virum summa virtute et prudentia videbamus, philosopho cum operam daret, Q. Tuberonem. P. Sestio, 59, 126 : cum quotidie yladiatores spectaret, nunquam est conspectus, cum veniret. — Ovins, Met., XIV, 181-182, vidi cum monte revulso | immanem scopulum medias permisit in undas.

4. Cet emploi de cum doit, cn effet, ètre rapproché du latinisme bien connu, qui consiste à

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Svntaxc). 30

d’une conjonction de temps et, comme telle, elle est soumise à des règles assez délicates. |

Il faut distinguer deux cas : la conjonction cum marque simplement un rapport de temps entre deux faits ou elle exprime une idée de répétition.

4° La conjonction cum marque simplement un rapport de temps.

446. — Quand cum ainsi employé signifie à l'époque où, au moment où ou bien depuis que, il se construit régulièrement avec les divers temps de l'indicatif.

EX. : Cés., de Bell. Gall. NI, 12, 1: cum Cæsar in Galliam venit, alterius factionis principes erant Hædui, alterius Sequani'. 1, 40,5 : factum ejus hostis periculum patrum nostrorum memoria, cum Cimbris et Teutonis ἃ C. Mario pulsis non minorem laudem exercitus quam ipse imperator meritus videbatur. De Bell. cir., ΠῚ, 18, 4 : Cujus rei opinio tolli non poterit, cum in Italiam… reductus existimabor. Etc.

Cic., ad Fam., XV, 41,1: multi sunt anni, cum* ille... a me diligitur. Philipp. 12,10, 24: vicesimus annus est, cum omnes scelerati me unum petunt*. — T.-Live, IX, 33, 3: permulti anni jam erant, cum inter patricios magistratus tribunosque nulla certamina fuerant. Etc.

remplacer par des adverbes pronominaux des pronoms accompagnés d'une préposition. On dit fort bien :

Cic.. Tusc., 1, 13, 58 : apud Græcos, indeque (— et ab iis) perlapsus ad nos, Hercules tantus habetur deus. 2e Sen., 4, 12: divinabam id quod evenit, illo exstincto fore unde (— a quo) discerem neminem. Ftc.

C'est pour cela qu'on a pu dire :

Cic., ad Att., 111, 3: utinam illum diem videam, cum (— quo) tibi agam gratias! De Jiep., 11, 10, 18 : in id sæculum Romuli cecidit ætas, cum (= quo) jam plena Græcia poetarum et musicorum esset. Etc.

1. Dans la langue familière, on trouve CUM « au moment où » construit avec le présent historique, au lieu de l'indicatif historique.

Ex. : Cic., in Verr., Il, 4, 14, 32: 60 cum venio, prætor quiescebat (εἴ. ad Au., X, 16, 5).

2. Dans les phrases comme celle-ci où cum signific « depuis que », la conjonction garde encore la valeur d'un relatif (ef. ci-dessus, & 444).

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