Remarquez la phrase suivante
Cic., ad Att., ΧΙ, 12, 3 : biennium præteriit, cum 1110 Καλλιππίδης assiduo cursu cubitum nullum processerit.
Elle ne signific pas : « il y a deux ans que notre homme (qui va si vile, quand il veut) n'a pas avancé d'une coudée, » mais bien : « deux ans se sont écoulés ef cependant notre homme,.. n'a pas avancé d'une coudéc. » Bien que dans cette phrase la conjonction Cum soit l'équiralcnt de cum interim {voy. ci-après, $ 449), le subjonctif est amené, je crois, par l'analogie des propositions commençant par 681, fuit (etc.), Cum... 11 semble, en effet, qu'il faille traduire litléralement : « deux ans se sont écoulés, espace de temps tel que << cependant >> il n’a pas avancé d'une coudée. » On pourrait voir aussi dans processerit un emploi particulier du subjonctif destiné à exprimer nettement la forte opposition qu'il ÿ a entre les deux idées et par conséquent entre les deux propositions. En tout cas l'une ou l’autre explication me parait préférable à celle qui voit dans ce tour une simple dérogation à la règlo d'emploi de cum (interim).
REMARQUES. — I. Toutefois, quand la conjonction cum signifiant à l'époque où se trouve employée avec un verbe à l'imparfait, le verbe peut se mettre au subjonctif.
Ex. : Cic., de Lege agr., 2, 24,64 : tum cum haberet hæc res publica Luscinos, Calatinos, Acidinos.., et tum cum erant Catones, Phili, Lælii, etc. !.
Il. Pour l'emploi de cum..., tum..., voyez ci-dessus, ὃ 36%, REM. IV, p. 366 et suiv.
Il. Avec nunc, cum... on ne trouve le subjonctif que si cum ἃ le sens causal.
Ex. : Cic., p. Murena, 3, 6 : quod si tum, cum res publica vim et severitatem desiderabat, vici naturam et tam vehemens fui, quam cogebar, non quam volebam, nunc, cum omnes me causæ ad misericordiam atque ad humanitatem vocent, quanto tandem studio debeo naturæ meæ consuetudinique servire? Cf. ἰδία... $ 8: neque enim, si tibi tum, cum peteres consulatum, adfui, nunc, cum Murenam ipsum petas, adjutor eodem pacto esse debeo.
Dans les deux cas il pourrait y avoir l'indicatif (vocant et petis), mais le sens ne serait pas le même : l'indicatif marquerait simplement une idée de temps, le subjonctif y ajoute une idée de cause.
447. — Quand cum est employé dans un récit pour marquer l'enchainement des événements, il se construit avec l'imparfait ou le plus-queparfait du subjonctif et signifie lorsque, comme, alors que? ou bien équivaut à une proposition participiale.
Ex. : Cic., de Off., I, 2, 86 : CUM (alors que, comme) rex Pyrrhus populo Romano bellum ultro intulisset, cumque de imperio certamen esset cum rege generoso ac potente, perfuga
4. La construction tum cum haberet est sans doute duc à l’analogie de fuit cum (cf. p. 465, note) : tum cum δα δου δύ, « à une époque où il avait... ». tum cum habebat, « à l'époque où il avait...). L'écrivain choisit entre les deux tournures, selon la nuance de pensée qu'il veut exprimer.
2. La langue latine a assimilé cet euchainement des faits à un rapport de cause à elfct, ce qui explique le subjoactif (cf. ci-après, καὶ 452, 1°).
3. 11 ne faut pas oublier que quaud Cum signific « au moment où », il se construit avec l'indicalif, méme dans le récit historique.
Ex.: T.-Liva, XXII, 49, 5 : Cum (« au moment où ») hi commeatus venerunt, Iliturgi oppidum ab Hasdrubale... oppugnabatur.
C'est pour la mème raison qu'on troure Cum fort correctement employé avec l'indicatif aoriste dans une phrase comme celle-ci :
T.-Livs, XLV, 34, 10 : cum (« à l'époque où ») hæc in Macedonia Epiroque gesta sunt, legati in Asiam pervenerunt.
Mais si CUM signifie « lorsque, quand », il est tout à fait incorrect de l’employer ainsi : en effet, cette construction ne se trouve que chez des écrivains dont la languc n'est pas très pure.
Ex. : Gausa (chez Cic., ad Fam., X, 30, 4) : quo cum venit, complures ibi amisit (on attendrait quo cum venisset, ou lout au moins quo δὲ...» quo postquam venit).. Cf. Avcr. de Bell. Hisp., 3; 18; T.-Live, IV, 60, etc.
Les exemples de celte irrégularité sont d'ailleurs moins nombreux qu'il ne parait, si l'on tient conpte de ce fait que pour plusieurs d'entre eux le texte doit étre évidemment corrigé.
Ex. : Ces., de Bell. civ., 11, 17, 3: postea vero, cum... cognovit (il faut corriger postea vero quam, cf. de Bell. Gall., 1V, 37, 4).— T.-Live, XXIX, 37, 8 : cum ad tribum Polliam ventum est (Siesbye a corrigé est en esset avec raison, car cette confusion
est fréquente dans les manuscrits). Εἰς,
ab eo venit in castra Fabricii. P. Planc., 26, 64-65 : sic tum existimabam, nihil homines aliud Romæ nisi de quæstura mea loqui.. At ego, cum (comme) casu diebus iis itineris faciendi causa, decedens e provincia, Puteolos forte venissem, CUmM (au moment [de l'année] où)! plurimi et lautissimi in iis locis solent esse, concidi pæne, judices, cum (lorsque) ex me quidam quæsisset quo die Roma exissem et numquidnam novi esset. — Conx. Nér., Thras., 2, 1 : cecidit Critias…, CUM (alors que) quidem … fortissime pugnaret (cf. de Reg., 3, 2 : Antigonus, cum adversus Seleucum Lysimachumque dimicaret, in prælio occisus est). Etc.
448. — Quand la conjonction cum vient après une proposition principale contenant jam (déjà [tel fait avait eu lieu}), vix ou vixdum (à peine [tel fait avait-il eu lieu]), nondum ([tel fait n'avait] pas encore [eu lieu}, elle se construit régulièrement avec l'indicatif.
Ex. : Tér.. Eun., 633 : longe jam abieram, cum sensi. — Cés., de Bell. Gall., ΥἹ, 1, 2 : jamque ab eo non longius bidui via aberant, cum duas venisse legiones cognoscunt. — Cic., in Verr., I, 5, 34, 88 : evolarat jam 6 conspectu.… quadriremis, cum etiamtum ceteræ naves uno in loco moliebantur*. — T.-Live, XXII, 1,1: jam ver appetebat, cum Hannibal ex hibernis movit (εἴ. XXIX, 7, 8, etc.
Cic., de Or., ΤΠ, 21, 89 : vix annus intercesserat, cum Sulpicius accusavit G. Norbanum. 44 At, 1X,2 À,3: vixdum epistulam tuam legeram, cum ad me Postumus Curtius venit. — T.-Live, XXVII, 98, 11 : vixdum satis patebat iter, cum perfugæ certatim ruunt per portam*.
Cic., p. Cluent., 9,28 : dies nondum decem intercesserant, cum ille alter filius necatur. — T.-Live, XXXV, 2, 1 : nondum ab Roma (cf. ci-dessus, ὃ 143, Rex, IV, 1°, p. 175) profectus erat C. Flaminius prætor, cum hæc in Hispania gerebantur*.
1. De là l'indicatif solent (cf. p. 467, n. 3). 2. Au licu de cet imparfait exprimant un élat, certains écrivains (Salluste, Tacite) emploient aussi l'infinitif de description ou infinitif historique.
Ex. : Saue., Jug., 98, 2 : jamque dies consumptus erat, cum tamen barbari nihil remittere. atque acrius instare.
3. Daus la langue familière vix ou VixdumM sont remplacés quelquefois par tantum quod (vor. ci-dessus, p. 457, Rex.) ou par COMMOAUM « justement » (cf. ci-dessus, p. 75, ὦ. 3).
Ex. : Cic., ad F'am., ΥἹΙ, 38, 1: tantum quod ex Arpinati veneram, cum mihi a te litteræ redditæ sunt (cf. Veuss., II, 417. 1). Ad Ati. 11, 12, : : emerseram commodum ex Antiati in Appiam, cum in me incurrit.
4. La méme construction de Cum avec l'indicatif est de rigucur quand l’idée qui, dans la proprrsilion
REMARQUES. — I. C'est seulement chez les poètes que cum employé ainsi peut être remplacé par une conjonction copulative. Cf. ci-dessus, p. 344, n. 1.
11. Contrairement à la règle rigoureuse qui ἃ été exposée ci-dessus, Tite-Live a employé souvent le subjonctif imparfait : c'est une véritable incorrection*.
Ex.:T.-Live, XXII, 27, 5 : ut quisque arma ceperat, sine imperio, sine signo, incompositi, inordinati in prœlium ruunt; jam primi conseruerant manus, cum alii catervatim currerent, alii nondum ὁ castris exissent. XXVIII, 14, 19 : et jam conflixerant cornua, cum... Pœni veterani Afrique nondum ad teli conjectum venissent neque in cornua.. discurrere auderent.
111. Mais il ne faut pas confondre cet emploi incorrect du subjonctif avec la construction {rés correcte qu'on trouve dans une phrase comme celle-ci :
Cic., in Verr., 11, 4, 40, 86 : vix erat hoc plane imperatum, cum illum spoliatum stipatumque lictoribus videres.
Dans cet exemple, videres est au mode potentiel et doit se traduire par : « on pourait le τοῦ)". »
449. — Pour marquer une circonstance qui accompagne l'action principale, on emploie souvent dans la proposition subordonnée temporelle cum interea, cum interim ou simplement cum, locutions que le français peut rendre par οἱ pendant ce temps-là, οἱ cependant *.
a) En pareil cas, le verbe de la proposition temporelle se met à l'indicatif, s'il doit être au présent ou au parfait.
principale, devrait être marquée par jam, vix, nondum ,elc., est simplement impliquée dans l'ensemble.
Ex :T.-Live, XXINH, 32, 7 : erant, qui Magonem in Hispaniam averterent, cum Sardini® recipiendæ repentina spes affulsit. XXINI, 18,3 : barbarus moliri portas parat., cum patefactis repente portis cohortes duæ erumpunt. — Cic., p. Sest., 37, 79 : fretus sanctitate tribunatus venit in templum Castoris, ‘obnuntiavit consuli, cum subito manus illa Clodiana exclamat. (Cf. Phil.,2, 29, 73; ad Att., IN, 2, 3; p. Cæc., 10, 30.;
De méme, on trouve, en pareil cas, l'infinitif historique remplaçant l'imparfait chez Tacite, Ex.: Tac., Ann., IV, 50 : ingruebat nox..., cum Sabinus circumire, hortari, etc.
4. Vraisemblablement due à une fausse analogie avec la règle ὃ 447.
2, Il ne faut pas confondre cum interea, cum interim, etc., avec cum famen. Dans cette locution, en effet, tamen est restrictif et joue le même rôle qu'après le relatif qui (cf. ci-dessus, p. 421, n. 2), c'est-à-dire que cum tamen équivaut au françuis « époque, circonstance dans laquelle cependant ».
Ex.: Cic.,în Verr., ΠῚ 5, 29, 74 : fit gemitus omnium et clamor, cum tamen («et cependant dans cette circonstance ») ἃ præsenti supplicio tuo continuit populus Romanus 86. — T.-Live, XXVII, 20, 11-12 : et jam de imperio abrogando ejus agebat, cum tamen necessarii Claudii obtinuerunt, ut. Marcellus Romam rediret (cf. VI, 42, 10).
Par contre, on trouve quelquefois chez Tacite Cum interim employé au lieu de cum tamen. Ev.:Tac., Hist., IV, 42 : an Neronem extremum dominorum putatis? Idem credi-
derant, qui Tiberio, qui Gajo superstites fuerunt, cum interim («ct pourtant ») Ssævior exortus est.
L'emploi du mode est soumis à la règle ὃ 448.
Ex. : Cic., p. Cluent., 30, 82: anni sunt octo, ... cum omnia quæ ad eam rem pertinent … agitatis, tractatis, inquiritis (cf. ci-dessus, ὃ 446) : cum interea Cluentianæ pecuniæ vestigium nullum invenitis. — Sais, Jug., 42,5 : strepitu et tumultu omnia miscere (inf. hist.) : cum interim Hiempsal reperitur, etc. Oratio Cotiæ.$1: Macedonia plena hostium est nec minus Italiæ marituma et provinciarum, cum interim vectigalia parva et bellis incerta vix partem sumptuum sustinent. Etc.
Cic., in Pis., 38, 93 : ultimas Hadriani maris oras petivit : cum interim Dyrrachii milites domum.. obsidere cæperunt. Etc.
b) Le verbe de la proposition temporelle se met au subjonctif, s'il doit être à l'imparfait ou au plus-que-parfait.
Ex. : Cic., P. Sulla, 5, 16 : quod flagitium Lentulus non cum Autronio concepit? quod sine eodem 1110 Catilina facinus admisit? Cum interim Sulla cum eisdem illis… ne mediocri quidem sermone et congressu conjungeretur. — T.Lnwr, 11,5, 8 : nudatos virgis cædunt securique feriunt : cum inter omne tempus pater vultusque et os ejus spectaculo esset'.
REMARQUE. — Toutefois, l'on trouve l’imparfait ou le plus-que-parfait de l'indicatif aprés cum interea, si la proposition principale est à l'imparfait.
Ex. : Cic., in Verr., Il, 5, 62, 162 : cædebatur virgis… : cum interea nullus gemitus, nulla vox alia illius miseri.. audiebatur, nisi hæc : « Civis Romanus sum. » — T.-Live, XXVIII, 2, 1 : tria milia ferme aberat, cum (p. cum interea) hauddum quisquam hostium senserat. Etc.
Ici encore, certains auteurs (T.-Live, Tacite) remplacent dans la proposition temporelle l'imparfait de l'indicatif par l'infinilif hislorique.
Ex.:T.-Live, II, 37, 5 : id modo plebes agitabat, quonam modo tribuniciam potestatem.. repararent : cum interim mentio comitiorum nulla fieri. Il, 217, 1 : Romanus promissa consulis… exspectabat : cum (p. cum interim) Appius... quam asperrime poterat... jus dicere.
c) Enfin le verbe de la proposition temporelle se met au subjonctif, si cum peut se traduire par quoique (cf. ci-après, $ 452, 25). 2° La conjonction cum marque une idée de répétition.
450. — Les propositions temporelles avec cum qui marquent la répétition d'une action se mettent régulièrement à l'indicatif.
4. ον. 0. Rixuaxx, Sync. lat., ὃ 220 Lis; R. KCaxen, ausf. Gramm. der lat. Spr., p. 886: A. Dagarn, Hist, Synt.,t. Il, p. 507.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., I, 15, 6: cum funes ... comprehensi adductique erant, … prærumpebantur. Π|, 15, 1: cum singulas binæ ac ternæ naves circumsteterant, … contendebant. 1V,17,4: hæc cum defixerat fistucisque adegerat, … statuebat. V, 19,2: cum equitatus noster … se in agros ejecerat, … emittebat, V, 35,1 : cum quæpiam cohors ex orbe excesserat atque impetum fecerat, … refugiebant. V, 35, 3: cum in eum Jocum ... reverti cœperant, … circumveniebantur. VIT, 22, 2 : quas (falces) cum destinaverant, … reducebant. De Bell. civ., 1,58, 2 : CUM propius erat … ventum, ... confugiebant. 1, 19, 3 : cum vallis aut locus declivis suberat, neque ii ... opem ferre poterant, etc.ll, 44, 6: atque cumerant loca Gæsari capienda, … Pompejus ... sagittarios … mittebat. Etc.
451. — Toutefois, comme on l’a vu ci-dessus ($ 410), on trouve parfois le subjonctif imparfait ou plus que-parfait dans des propositions de ce genre.
Get emploi illogique du subjonctif, inconnu au latin archaïque, est rare avant Tite-Live. Cependant on en cite déjà quelques exemples chez des auteurs comme Cicéron et César’.
Ex. : Cic., in Verr., Il, #, 22, 48 : qui Cum in convivium venisset, si quicquam cælati aspexerat, manus abstinere non poterat (cf. Brut., 38, 143 : de Orat., I, 5%, 232; de Div., 1, 45, 102). — Cés., de Bell. Gall., VI, 16, 3 : Cum longius necessario procederent. De Bell. civ., Π, 4,6: Cum cohortes ex acie procurrissent. — Conx. Nér., Cimon, 4, 2: Cum aliquem ... videret (cf. Alc., 1,3; Epam., 3, 3; 5; Ag., 8, 1; Tim., 4,2; 3; All, 2, 43 20,1; 2. — T.-Lave, NH, 27,8 : CUM in jus duci debitorem vidissent (cf. II, 11, #; V, 48,2; XXI, 28, 10; XXXV, 98,
2; XLIV, 29, 3, etc.)°?.
REMARQUE. — Quand le verbe de la proposition où se trouve cum ainsi employé
n'est ni à l’imparfait ni au plus-que-parfait, le subjonctif est une grave incorrection (voy. ci-dessus, p. 425, REX. Il).
452. — La particule cum dans une proposition causale ou concessive. — Du sens temporel la particule cum a passé au sens causal* et au sens concessif.
4. Voy. O. Riewaxx, Études sur... T.-Live, 2° éd., p. 294 et suiv.
2. Pour l'explication de cet emploi du subjonctif, νου. ci-dessus, p. 424, n. 3.
3, L'intermédiaire doit étre cherché dans des phrases où Cum signifie « quand », lout en se rapprochant de « du moment que ».
Ex.: Praur., Pseud,,931 : OCCidis me, cum istuc rogitas.— Cic., in Verr., 11,64,165 : hi cum de tuis factis publice conqueruntur, nonne hoc indicant tantas esse injurias. Etc.
4° Comme particule causale, cum signifie « du moment que », d'où puisque. Construit avec l'indicatif dans l'ancienne langue!, il ne s'emploie à l’époque classique qu'avec le subjonctif : cela tient à ce qu'à l'époque classique on voyait dans l'emploi du subjonctif un moyen d'exprimer formellement le rapport de cause qui. auparavant, n'était pas énoncé par le tour grammatical.
Ex. : Cuc., de Fin., 1, 20, 66 : cum solitudo et vita sine amicis insidiarum et metus plena sit, ratio ipsa monet amicitias comparare. De Off., Ill, 2,6: Cum Athenas tanquam ad mercaturam bonarum artium sis profectus, inanem redire turpissimum est. De Leg. agr., 2, 12, 30 : non intellego, quare Rullus quemquam intercessurum putet, cum intercessio stultitiam intercessoris significatura sit. Etc.
REMARQUES. — 1. On trouve encore un reste de la syntaxe primitive dans les constructions familières où la conjonction cum remplace quod après les expressions gratulor, gratias ago, magna lætitia nobis est, etc.
Ex. : Cic., ad Fam., IX, 14, 3 : gratulor tibi, cum tantum vales apud Dolabellam. Jb., XIII, 24 2 : tibi maximas gratias ago, cum tantum litteræ meæ potuerunt, ut... — 5411... Jug., 102, 5 : rex Bocche, magna lætitia nobis est, cum te talem virum dei monuere, uti aliquando pacem quam bellum malles*.
Il. De même, lorsque cum correspond au gérondif français précédé de « en », on le construit avec l'indicatif présent, parfait ou futur ; mais si le verbe doit être à l’imparfait ou au plus-que-parfait, on le met au subjonctif®.
1. Voy. A. Daæarn, Hist. Synt.,t. 11?, p. 679. Notez qu'il se trompe en disant, d’après Lübbert, qu'on trouve dans Plaute trois exemples du subjonctif avec Cum (Wil., 1327: Pseud., 184: Capt., 892), dans lesquels le subjonctif aurait la valeur d’un potentiel : le premier cxemple est à écarter, parce que lacrumem est une mauvaise correction; dans les deux autres, QUOM a le sens adrersatif et non causal; en tout cas il ne saurait être question du potentiel. C'est seulement dans Térence qu'on voit pour la première fois la particule CUM « puisque » construite avec le subjonctif.
Ex.: Tin., Héc., 104 sq. : nam puerum injussu, credo, non tollent meo, | præsertim in ea re quom sit mi adjutrix socrus.
Dræger cite un autre exemple de Térence (Ad., 165 sq.), où il voit avec raison un emploi de cum pris dans le sens adversatif.
Ex.: Tén., Ad., 165 sq. : novi ego vostra hæc : « Nollem factum ; dabitur jusjurandum, indignum | te esse injuria hac,» indignis cum egomet sim acceptus modis.
L'idée générale est celle-ci : « Je connais vos excuses : « J'en suis au désespoir, vous ne méritiez pas ce traitement. » <Z On me dit cela >>, alors que ce traitement indigne je l'ai subi fout de même. »
2. On voit que dans ces formes de phrases, CUmM est employé avec la valeur de sa signification primitive « relativement à ceci que » ; en effet, étymologiquement c'est un doublet de quod (οἴ. ci-dessus, p. 463, n. 4).
C'est ce qui explique encore des constructions comme celles-ci :
Ex.: Praur., Most., 719 : amice facis, cum me lJaudas. — Cic., p. Mil., 36, 99 : te quidem, cum isto animo es, satis laudare non possum (et par analogie avec l'idée du verbe laudo : Cic., de Orat., 11, 37, 154 : quo etiam major vir [Numa) habendus est, cum illam sapientiam cognovit). Pl. Cæcin., 27, 19 : permagnam a nobis initis gratiam, cum hunc auctorem nostræ defensionis esse dicitis. De Fin.. 111, 2, 9 : præclare facis, cum... puerum diligis. Εἰς.
3. En d'autres termes, la construction primitive s'est maintenue, en pareil cas, dans toutes les formes de phrase où ne pouvait pas s’excrcer l'influence de la construction ὃ 447.
Ex. :Cic., p. Rose. Am., 19, 54 : concedo tibi ut ea prætereas, quæ, cum’ taces, nulla esse concedis. Etc.
Mais il faut écarter l'exemple suivant :
Cic., p. Mil., 5, 12 : (Munatius Plancus) cotidie meam potentiam invidiose criminabatur, cum diceret? senatum, non quod sentiret, sed quod ego vellem, decernere;
dans lequel cum diceret équivaut au francais disant et développe l'idée de criminabatur. III. Cum signifiant puisque est quelquefois remplacé par quippe cum (ENN., PLAUTE, Cic.®, CoRN. Nér., T.-LIvE, APULÉE), bien sûr, puisque, plus rarement par utpote cum (Cic.*, ASIN. PoL., VAL.-Max., CELSE, Q.-CURCE, MIN. FELIX), comme il est possible,
puisque, Ou par ut cum (οἷ. QUINT., X, 1, 76) avec le subjonctif. 2° Comme particule concessive cum se construit toujours avec le
subjonctif à l'époque classique.
Ex. : Cic., Tusc., 1, 29, 11 : Socrates, cum facile posset educi 6 custodia, noluit. ». M:i., 35, 98: hoc tempore ipso, cum omnes a meis inimicis faces meæ invidiæ subjiciantur, tamen omni in hominum cœtu celebramur. De Orat., III, 16, 60 : Socratis ingenium variosque sermones immortalitati scriptis suis Plato tradidit (aoriste), cum ipse litteram Socrates nullam reliquissetf. Etc.
453. — La conjonction quoniam. — À la conjonction cum on peut rattacher quoniam”, qui a pris dans la langue latine la valeur d’une particule causale®.
1. On voit que dans ces sortes de phrases le latin Cum se rapproche plus du sens de « quand » que de « du moment que ». (‘est précisément ce que rend le gérondif français précédé de « en ».
2. C'est une erreur do voir avec Κῦηχεκ (aus/. Gramm. der lat, Spr., t. 11, p. 882, Anm. 2) dans l'expression Cum diceret un subjonctif de répétition. On ἃ dit plus haut (ξ 450 sq.) ce qu'il faut penser de cette construction à l’époque classique.
3. Ex.: Cic., de Leg., 1, 1, 5 : aliæ in historia loges observandæ, aliæ in poemate, quippe cum in illa ad veritatem referantur, in hac ad delectationem pleraque.
4. Ex.: Cic., ad Att., V, 8, 1 : me incommoda valetudo qua jam emerseram, utpote cum sine febri laborassem, tenebat duodecimum jam diem Brundisii (cf. ci-dessus, 5. 239 et 8251, Ram, V, p. 262 et 269).
5. Mais, daos l'ancienne langue, on pourait le construire avec l'indicatif : cum signifiant proprement
« alors que cependant » (d'où l'on a tiré « bien que, quoique » }, on compreud que l'ancienne langue ait pu s'attacher surtout au sens temporel : de là l'emploi de l'indicatif.
6. On remarquera l'emploi du plus-que-parfait là où, d’après l'usage de la langue française, il semblerait qu'on dût avoir le parfait. C'est que le latin applique ici la règle générale dont il a été question ci-dessus (ὃ 251, Reu, 1 [p. 269, n. 1) εἱ $ 255).
7. La particule quoniam est pour ŒUOM jam, mais les Lalins avaient si peu conscience de cette formation qu'on trouve, par exemple :
Cic., in Cat., 3, 12, 29 : quoniam jam nox est.
8. Dans le latin archaïque quOniam conservait le sens primitif « après que ν.
Ex.: Praurs, Mil., 129 : 060 quoniamn inspexi mulieris sontentiam, | cepi tabellas.…
Le passage du sens temporel au sens causal ἃ été favorisé par des expressions dans lesquelles quoniam tient autant de l'une que de l’autre sigaification « après que », « puisque ».
Ex.: Praure, Amph., 835 : vera dico, set nequiquam, quoniam non vis crodere. — Tan, Andr., 250 : .., ea quoniam nemini obtrudi potest, | itur ad me. — Cic., p. imp. Cn. Pomp., 8, 20 : quoniam de genere belli dixi, nunc de maganitudine pauca dicam.
À partir de Cicéron, c'est le sens causal qui domine : toutefois on trouve encore chez les écrivains
“τ GRAMMAIRE CONPARÉE DU GREC ET DU LATIN.
L'emploi des modes est réglé par les mêmes lois que ci-dessus (8 441).
REMARQUES. — 1. La particule quoniam est souvent accompagnée de quidem (cf. en grec ἐπειδή γε. puisque certes).
Ex. : Cic., Tusc., 111, 27, 66 : an est ullum tempus — quoniam quidem (puisque aussi bien) res in nostra potestate est —, cui non ponendæ curæ et ægritudinis causä serviamus? De Leg., III, 1, 1 : sane gaudeo quod te
interpellavi, quoniam quidem tam pulchrum mihi dedisti judicii tui testimonium.
11. La signification propre de quoniam étant « alors que », il semble qu'on ne devrait pas trouver cette conjonction comme synonyme de quod ou de quia, parce que, à cause
que). Cependant dans le latin populaire et à l’époque impériale cette confusion s'est produite.
Ex. : [ASIN. POLLION], de Bell. Afr., 42, 4 : non est visa ratio propius accedendi eo die ad oppidum, quoniam ibi præsidium grande Numidarum cognoverat. — TAC., Ann., 1. 10 : ne Tiberium quidem caritate aut reipublicæ cura successorem adscitum, sed quoniam arrogantiam ...
ejus introspexerit (style indir.). — SUÉT., Jul., 14 : piratas ... quoniam suffixurum se cruci juraverat, jugulari prius jussit, deinde affligi. Etc.
De là des constructions comme ideo quoniam (PLINE, H. N., XX, 35; AUG.:. propterea quoniam (A.-GELLE, N. A., III, 6, 3), eo quoniam (A.-GELLE, N. 4 Vi), 13, 3;, non ideo quoniam (JUSTIN, AUG.).
IT. Une confusion plus extraordinaire encore est celle que font les écrivains de la décadence quand ils emploient quoniam, au lieu de quod ou de quia (déjà fort incor-
rects, cf. ci-dessus, δὲ 438, RE. [: 443, REM. Il}, pour tenir la place d'une proposition infinitive après les verbes signifiant dire, savoir, etc.!.
Ex.: SAINT JÉROME, Ep., 141,1 : ignorans quoniam benignitas Dei ad pænitentiam te hortatur. In Luc. hom., 12 : annuntiet vobis quoniam natus est hodie vobis salvator (cf. ἐδ. 13; 35).
454. — La conjonction donec. — La conjonction donec (arch. donicum, donique) peut être, elle aussi, rattachée à la particule cum”.
archaïsants, comme Aulu-Gelle, par exemple (cf. Voet. Aft., VI, 5, 4), quelques traces de l'ancienne οἱ primitive acception du mot.
1. Quoniam est fréquent dans les versions latines de la Bible, comme traduction de ὅτι ou de διότι. Voy. Kauzex, Handbuch :. Vulg., p. 246, cité par M. Boxxer, le Latin de Grégoire de Tours, p. 661, et cf. H. Goxzzan, Lalinité de saint Jérôme, p.384.
2. Cf. W. M. Lixpsar, the Latin language, p. 609 : « Pour expliquer ἀδηδο, il ne faut pas le « séparer des formes accessoires dünicum et dünique. Donicum est cité comme une forme du vicux « Jatin par Charisius (p. 197, 15, Æeil), lequel renvoie à deux vers de Livius Andronicus :
Ibi manens sedeto donicum videbis
Me carpento vehente meam domum venisse, « à Caton et à Plaute (cf. Pseud., 1168 ; Capt., 329; Most., 116 ; Aul., I, 1, 19: Truc., I, 1, 17). « Cette particule contient " do-n8 (c'.-à-d. la préposition *do, cf. gr. δόμον-δε et lat. en-do, suivie « de l'affixe -ne, cf. lat. pÜ-n6, ombr. post-ne, all. ro-n) et l'adverbe de temps Cum : elle signifie « proprement « jusqu’au moment où », « jusqu'à ce que, » et par suite « en attendant que » (εἴ. l'ombre. « ar-ni-po ct son équivalent latin qu0-ad). Quelques-uns voient dans donec une forme de donicum « dont la dernière syllabe serait tombée. Mais la chute d'une finale -um en latin est assez rare, puisqu'on « ne cite guère que nihil (pour nihilum) et non (pour noen-um) : il ÿ aurait donc quelque bardiesse « à joindre donecum à ces deux mots, Il semble d'abord plus naturel de dire que donec est une forme « syncopée de doni-que (cf. nec, de neque) ; or doni-que n'est pas autre chose que * done augmenté
A l'époque classique, donec signifie jusqu'à ce que et paraît se construire plutôt avec l'indicatif qu'avec le subjonctif.
4° Quand donec marque un simple rapport de temps entre deux actions et correspond au français jusqu'au moment où, il se construit toujours avec l'indicatif.
Ex. : Cic., in Verr., Il, 1, 6, 17 : usque 60 timui.… donec ad rejiciendos judices venimus. 11, 4, 40,81 : neque tamen finis huic injuriæ crudelitatique fiebat, donec populus … senatum clamore coegit, ut, etc. — T.-Live, XXII, 31, 9 : ita de comitiis, donec rediit Marcellus, silentium fuit. Etc.
REMARQUE. — S'il s’agit d'exprimer un fait à venir, on trouve quelques exemples du futur antérieur.
Ex.:TÉR., Ad., 718 : certum obsidere est usque donec redierit. — Hon., Carm., 11, 6, 1 sq. : delicta majorum immeritus lues, | Romane, donec templa refeceris.
Mais le futur simple ne se trouve que dans la période archaïque.
Ex. : CATON, de Re rus!., 156 : coquito usque donec ea commadebit bene. Voy. d'ailleurs ce qui est dit ci-dessous, ἢ. 1.
2 Quand la proposition où se trouve donec exprime un fait qui se répète (cf. ci-dessus, & 446-447), on ne voit pas bien quelles règles ont suivies les Latins, car les seuls exemples qu'on cite sont empruntés à Tite-Live dont la syntaxe, en pareil cas, n'est pas très correcte.
Ex. : T.-Live, XXI, 38, 11 : (elephanti) trepidationis aliquantum edebant, donec quietem ipse timor circumspectantibus aquam fecisset. Etc.
« de la particule -Qu6 « à quelque égard » (cf. quandoque ct dë-nique) ; mais lo point faible de « eette explication, c'est qu'avant Lucrèce on ne trouve pas donique et qu'ainsi donique est plus « récent que dOnecC. » Je me demande si l'on n'éviterait pas toutes ces difficultés en supposant que donec était primitivement “doneque cum « maintenant et pas quand » (dO étant, non pas une préposition, mais une furme de la particule qui a donné dumM « maiutouant »). La phrase du rudiment : exspecta donec rex advenerit signiferait donc littéralement : « attends maintenant ct pas quand le roi sera arrivé », et l'on voit comment le sens de « juqu'à ce que » se scrait dégagé peu à peu de ces lucutions-là, Quaot à l’omission de cum après doneque ou donec, on sait qu'une locution peut ètre mutilée sans rien perdre de sa signification. Voy. M. Bonxer, le Latin de Grégoire de Tours, p. 255, οἱ M. Βκέλι. Essai de Sémantique, p. 163 544.
4. À l’époque archaïque, on ne trouve presque pas d'exemples du subjonctif. Mais la syntaxe de donec est imparfailement connue et, faute d'éléments suffisants pour former son jugement, on doit se montrer très réservé,
En tout cas donec semble avoir été beaucoup moins employé que dum. On sait que Cicéron ne s'en sert presque pas et que César, Varron et Sallusle n'en offrent aucun exemple ; de plus, il ÿ a plusieurs cas où l'usage des bons écrivains préfère dum à donec; par exemple quand le subjonctif présent ou l'indicatif présent sont employés en parlant d'un fait futur, c'est dum que l'on emploie, plutôt que donec ; de mème, si l'on parle d'un fait passé et qu'à l'idée de temps s'ajoute l'idée d’une intention de la part du sujet principal, c'est dum (plus rarement donec) qui sert, avec le subjonctif, à signifier « en attendant que... ». Par contre, quand le verbe doit ètre à l'indicatif aoriste pour marquer tout simplement un rapport de temps entre deux actions, c'est donec ou quoad qu'on emploie (et non dum), pour rcudre l'idée de « jusqu'au moment où... ». Cf. pourtant Cic., in Verr., 1, 6, 16.
REMARQUE. — Tacite construit presque partout donec avec le subjonctif, qu'il y ait ou non l'idée de répétition d'une action : cela tient à ce qu'il considère le subjonctif comme le mode de la subordination par excellence‘. Mais on rencontre déjà avant jui des exemples de ce solécisme.
Ex.: (ASIN. POLLION], de Bell. Afr., 23, 2 : Pompejo adveniente oppidani usque 60 passi propius accedere, donec (jusqu'au moment où) ad ipsas portas ac murum appropinquaret (il faudrait appropinquavit|.
455. — On voit, à partir de l'époque impériale, donec prendre peu à peu le sens de quamdiu, aussi longtemps que, tant que. Get emploi dont les premiers exemples se lisent dans Horace (Carm., 1, 9, 17; II. 9, 1) est une des particularités de la langue de Tacite. Ex. : Tac., Dial., 8 : donec libuit (cf. ib., 40: Hist., 1.13: 31: III, 15: IV. 12; Ann., 1, 68; VI, 51, etc.).
Le mode employé est l'indicatif.
REMARQUE. — Avec donec synonyme de quamdiu T.-Live et les écrivains de l’époque impériale emploient le subjonctif de répétition.
Ex.:T.-Live, XXI, 28, 10 : nihil sane trepidabant, donec continenti velut ponte agerentur.
456. — La particule quam. — Enfin à l'accusatif du pronom relatif se rattache aussi la particule quam*, qui est proprement une particule de comparaison, mais qui entre aussi dans la composition de conjonctions de temps, de conjonctions concessives, etc.
Il ne sera question pour le moment que des composés de quam*, l'emploi de la particule elle-même rentrant plutôt dans la théorie du comparatif.
457. — La particule postquam. — Employée après post ou postea par analogie avec la construction du comparatif, la particule quam ἃ formé une locution composée“ qui exprime une idée particulière de temps, après que, depuis que (comme). Les deux éléments qui la constituent peuvent être séparés ou rapprochés de manière à former
4. Voyez les exemples cités par Daxorn, ist. Synt., t. 115. p. 614, lequel résume les données fournies par Gzaoan, Progr. de Glückstadt, 1874. Vos. surlout Gzasen et Grrer, Lericon Taciteum (article nomc),
2. Quam est l'accusatif singulier féminin du relatif, comme tam est l'accusalif féminin d'an thème démonstratif. 11 n'est pas plus extraordinaire de voir, cn latin, le féminin donner des adverbes qu'il ne l'est en français de trouver des locutions adverbiales comme « à la légère ».
3. A l'exception toutefois de tanquam, dont la syntaxe se rattache, d'une part, à celle des proposilions comparatives ct, d'autre part, à celle des propositions conditionnelles, sans parler de certaines particularités.
4. Au lieu de die (anno, εἰς.) sexto postquam on pouvait dire en latin ou bien (en sousentendant post) : die sexto quam.…. (cf. T.-Live, VI, 29, 16), ou bien par une espèce d'attraction : post diem sextum quam (cf. Cic., p. Mil., 16, 44; déjà dans Caron, de Re rust., 65 : post diem tertium quam lecta erit).
5, La conjonction française « puisque » vient de postquam, qui était employé avec ce sens particulier dans la langue vulgaire,
Ex.: Puacr., Dacch., 531 : postquam inanis sum. — Tän., Ad., prol.. 1 poer poeta tra scripturam suam | ab iniquis observari.…., | indicio de se ipse erit.
Mais on ne trouverait pas un seul exemple de cet emploi particulier dans la langue classique.
SYNTAXE DE SURORDINATION. 477
un seul mot : post … quam, postea ... quam ou postquam, posteaquam. La syntaxe de cette conjonction présente les particularités suivantes :
458. — Postquam avec l'indicatif. — Postquam exprimant un simple rapport de temps entre deux actions, se construit régulièrement avec l'indicatif ἧ.
19 On emploie l'indicatif aoriste lorsqu'il est question de deux faits
consécutifs.
Ex. : Tér., Eun., 20 : postquam ædiles emerunt, perfecit, etc. — Cés., de Bell. Gall., |, 24,1 : postquam id animum advertit, copias suas Cæsar in proximum collem subducit (prés. histor.). 1, 21, 3 : eo postquam Cæsar pervenit, obsides, arma … pOposcit (ef. I, 5, 4; 1Π, 15, 2; VI, 9, 1: 29, 15 VII, 58, 2; de Bell. civ., IN, 23, ὃ; I, #1, 1). Etc.
REMARQUE. — Dans le récit historique, postquam, au lieu de se construire avec l'indicatif aoriste, peut se construire aussi avec le présent historique (cf. ci-dessus, ὃ 227 .
Cic., in Verr., I1,2,ch.38 : quem postquam videt non adesse, dolore ardere cœpit. — SALL., Cal., 21, 5 : postquam omnium animos alacres videt, cohortatus … (toujours ainsi avec videre chez Salluste, cf. Cat. 40, 3; 57, 5; 60, 1; Jug., 15, 5; 53, 3; 61, 1: 16, 6; 19, 7; 86, 1; His. fragm., 1, 8%, 5 éd. Kritz). — T.-Live, XXII, 17, 4 : postquam obstinatos in fide videt, obsidere atque oppugnare parat (cf. XXXIV, 15, 7). — Tac., Ann., Ill, 15 : postquam intellegit (οἱ avec videt. Hist., IV, 51; Ann.,1, 48; XIV, 60:.
2° On emploie l'indicatif imparfait avec postquam lorsqu'on veut marquer qu'il sétait produit un état de choses qui durait encore au moment de l'action exprimée par le verbe principal.
Ex. : Cic., p. Quinct., 22, 10 : tu, postquam qui tibi erant amici non poterant vincere {quand tu as vu que tes amis ne pouvaient pas l'emporter), ut amici tibi essent qui vincebant, effecisti. — T.-Live, XXI, 12, 4 : postquam nihil lacrimæ movebant condicionesque tristes … ferebantur, transfuga ex oratore factus apud hostem mansit. 16., 28, 4 : Galli, postquam utroque vim facere conati pellebantur, qua patere visum maxime iter perrumpunt (cf. ib.,51, 3; 59, 5: XXUI, 18, 7 : Omnium animi ... accenduntur, utique postquam corona aurea muralis proposita est atque
1. La conjonction posteaquam parait avoir été employée par Cicéron de préférence à postquam ; mais après lui c'est pOsStquam qui est beaucoup plus usité. La syntaxe Jde ces deux conjonctions est naturellement la même, et ce que nous dirons de l’une s’appliquera aussi à l'autre.
?. Quand il s'agit d'exprimer ane action qui se répète, on se sert de ubi, plutôt que de postquam ; du moins je ne vois pas qu'on cile beaucoup d'exemples de cette construction avec postquam.
Toutefois voyez : Tac., Ann., XII, 59 : legatus is Tauri..., postquam revenerant.…., magicas superstitiones objectabat.
ipse dux ... segnem oppugnationem 118 exprobrabat ;les courages s'enflammérent après qu'Hannibal eut promis une couronne murale et lorsqu'ils virent qu'il leur adressait des reproches). Etc.
On voit par ces exemples que postquam suivi de l'imparfait ne peut se traduire par après que, mais doit être rendu par comme, lorsque.
Remarque. — Chez Tacite, cet imparfait de l'état est remplacé par l'infinitif historique.
Ex. : TAC., Ann., Ill, 26 : postquam exui (p. exuebatur) æqualitas et pro modestia ac pudore ambitio et vis incedebat..
Cette application hardie de la règle qui voit dans l'infinitif historique un équivalent de l'indicatif imparfait est particulière à Tacite et ne se trouve d'ailleurs que dans le passage cité après postquam ; mais elle se rencontre aussi après ubi (cf. Ann., XI, 37: ΧΙ, 51, etc.), et après ut (cf. His£., III, 31), quand l'infinitif est suivi d'un “erbe à un mode τ νοῦ πὸὶ dépendant de la même conjonction.
3° On emploie le plus-que-purfait de l'indicatif avec postquam a) Lorsque le verbe de la proposition principale est à l'imparfait. Ex. : T.-Live, XXII, 23, 2-3 : quæ (cunctatio Fabii), ut Hannibalem non mediocri sollicitum cura habebat, ... ita contempta erat inter cives ..., utique postquam absente eo ... læto verius dixerim quam prospero eventu pugnatum fuerat (cf. 8 251, Rem. HN).
Le plus-que-parfait joue ici, par rapport à l'imparfait, le mème rôle que joue l'aoriste par rapport au présent de l'indicatif.
b) Lorsque le verbe principal est lui-même au plus-que-parfait.
Ex. : Cic., ad Fam., XVI, 11, 2 : profecti erant, postquam senatus consulibus ... negotium dederat, αἰ...
REMARQUE. — Mais on trouve aussi postquam avec l’aoriste en pareil cas. Ex.:T.-LivE, XXVII, 1, 5 : labare 118 adversus Pœænum fidem senserat, postquam... excessisse... Hannibalem auditum est.
c) Lorsque la proposition temporelle exprime un état de choses qui durait encore pendant qu'avait πο l'action marquée par le verbe principal.
Ex : T.-Live, XXI, 33, 10 : postquam liberata (— libera)' itinera fuga montanorum erant, stetit parumper tamen Hannibal. XXII, 48, 4 : postquam omnium animoOs … OCCUpPaverat (— occupatos tenebat) certamen, tum ... aversam adoriuntur Romanam aciem. XXIV, 35, : postquam ab Hippocrate occupatæ Syracusæ erant (— tenebantur), profectus Carthaginem, etc.
1. Oo verra par les explications données entre parcnlhèses que ce cas rentre dans celui du $ 458, 2°,
puisque chacun des plus-que-parfaits cilés pourrait ètre remplacé par l'imparfait d'un verbe de sns approprié.
ἃ) Enfin, lorsque le fait énoncé dans la proposition temporelle est séparé par un certain intervalle de temps de celui qui est rapporté dans la proposition principale.
Ex. : T.-Live, XXI, 20, 9 : legati Romam redeunt haud ita multo post quam consules in provincias profecti erant. — Tac, Hist, II, 12 : isdem rursus vestigiis situm est (Capitolium), postquam jinterjecto quadringentorum quindecim annorum spatio… flagraverat. Etc.
REMARQUE. — Mais là où il s'agit de marquer la succession immédiate des faits, l'emploi du plus-que-parfait, au lieu de l'aoriste (cf. ci-dessus, $ 458, 1°), est une rncor-rection.
Ex. : Cor. NÉP., Lys., #, 3 : postquam de suis rebus gestis.. quæ voluerat dixerat, testimonii loco librum a Pharnabazo datum tradidit (on
attendrait postquam dixit, puisque le sens est immédiatement après qu'il eut dit).
4 On emploie le présent dè l'indicatif avec postquam, quand la proposition temporelle exprime un état de choses qui dure encore pendant qu'a lieu l'action principale, le verbe principal étant d’ailleurs au présent : en pareil cas, postquam signifie soit depuis que Soit maintenant que.
Ex. : T.-Live, XXI, 13, 4 : pOstquam nec ab Romanis vobis ulla est spes nec vestra vos jam aut arma aut mœnia satis defendunt, pacem affero ad vos magis necessariam quam æquam.
459. — Postquam avec le subjonctif. — On ne cite qu'un petit nombre d'emplois de postquam avec le subjonctif'; mais cette construction tout à fait incorrecte est sans doute encore plus rare qu'on ne croit. En effet, dans les passages de Cicéron que l'on a cités (VOY. p. imp. ὅπ. Pomp., #, 9; p. Cluent., 64, 181; de Leg., Il, 25, 64; ad Fam. 11, 49, 1; ad Att., XI, 12, 1), il y ἃ, non postquam, mais posteaquam, qui doit être corrigé en postea quom*.
Quant au texte du de Bell. Africo, 91, 3, bien que Wéælfflin ct Miodonski lisent postquam ... egisset donné, il est vrai, par tous les manuscrits, on peut se demander si postquam ne doit pas être corrigé en cum, d'après le ch. 50, 3, où les manuscrits inférieurs ont postquam … cum, tandis que le Zeidensis porte seulement cum.
460. — Les conjonctions priusquam et antequam. — Ces conjonctions sont formées (comme postquam) par analogie avec la construction du comparatif.
Les éléments qui les composent sont ou bien séparés, prius…
1. Cf. A. Daaoxn, Mist. Synt.,t, 113, p. 591, 2. 2. Voy. 0. Rismanx, Synt. lat.. 2° éd. p. 360, πη. 2.
quam ..., ante ... quam ..., ou bien réunis en un seul mot : priusquam, antequam'. La syntaxe de ces conjonctions est soumise aux règles suivantes®.
Ici encore il faut distinguer deux cas : la proposition temporelle exprime une action qui n’a lieu qu'une fois ou elle signifie une action qui se répète.
1° L'action annoncée par priusquam (antequam) n'a lieu qu'une fois. 461. — Emploi de l'indicatif.
a) Lorsque les conjonctions priusquam et antequam servent tout simplement à marquer un rapport de temps entre deux actions et peuvent se traduire par avant le moment où..., on les construit régulièrement avec l'indicatif.
Ex. : Cic., de Orat., 11, 47, 195 : non prius sum conatus misericordiam aliis commovere, quam misericordia sum ipse captus. Ad Att., 1, 7, 2 : antequar tuas legi litteras, hominem ire cupiebam. — Cis., de Bell. Gall., 1, 53, 1 : Omnes hostes terga verterunt neque prius fugere destiterunt, quam ad flumen Rhenum pervenerunt (cf. Conx. Nér., Épam., 8. 4). — T.-Live, XXI, 31,9 : Hannibal ... tendit in Tricorios, haud usquam impedita via priusquam ad Druentiam flumen pervenit. Etc.
REMARQUE. — On trouve naturellement aussi priusquam {antequam), avant le moment où, construit a vec l’imparfait de l'état ou avec le plus-que-parfait employé comme imparfait. Ex. :T.-Live, VII, 34, 1 : Cornelius consul exercitum in saltum induxit nec prius, quam recipi tuto signa non poterant, imminentem capiti hostem vidit. XXIII, 30, 3 : postremo coriis herbisque et radicibus vixere, nec, antequam vires ad standum in muris ferendaque arma deerant, expugnati sunt XIII, 48, 1 : nec ante violavit agrum Campanum quam jam alt in segetibus herbæ pabulum præbere
poterant (cf. XXXVIII, 3, 8). Etc.
b) Lorsque la proposition temporelle se rapporte à l'avenir, priusquam et antequam peuvent être suivis du futur antérieur, mais non du futur simple (excepté dans 16 latin archaïque”.
1. On trouve aussi, mais rarement, anteaquam (cf. Cic., ad Fam., ΗΪ, 6, ©).
2. Dans l'ancienne langue on ne trouve que priusquam εἰ non antequam, qui d'ailleurs, si l'un met à part l'usage de Varron et Tacite, est beaucoup plus rare que priusquam. ΤΟΥ. Scamauz, La!. Synt., $ 202,
3. L'emploi du subjouctif en pareil cas est ὑπὸ incorrection dont on trouve des exemples chez les écrivains dont la lauguc n'est pas très pure.
Ex. : Cons. Νέρ., Eum., 4, 2: non prius distracti sunt quam alterum anima relinqueret. — T.-Liwvr, XXII, 38,6 : contiones, priusquam ab urbe signa moverentur, consulis Varronis multæ ac feroces fuere. XXIV, 20. 12: Tarenti, triduo ante quam Hannibal ad mœnia accederet, a M. Valerio... missus M. Livius... noque hostibus neque dubiis sociis loci quicquam præbuit ad tentandum (ef. XXV, 31, 12, etc).
ἃ. Cf. Praure. Pseud., 524 : priusquam istam pugnam pugnabo, ego etiam prius | dabo aliam pugnam claram (cf. ib., 883).
Ex. : Tén., Phorm., 1045 : neque ego ignosco neque promitto quicquam neque respondeo, | priusquam gnatum videro. — Cic., p. Flacc., 1, 51 : eétsi teneo, quid sit dicere paratus, nihil tamen contra disputabo, priusquam dixerit ... De Orat., ΠΙ, 36, 145 : non defatigabor, antequam illorum ancipites vias rationesque percepero. — T.-Live, XXII, 3, 10 : nec ante nos hinc moverimus, quam ... CG. Flaminium ab Arretio patres acciverint'. Etc.
REMARQUE. — Le futur simple, qui n'est pas employé à l’époque classique, peut
être remplacé par le présent de l'indicatif. Du moins c'est l'usage à peu près constant
de Cicéron dans la formule particulière : avant de parler de …, je veux parler de ... ἢ,
Ex. : Cic., in Cat., k, 10, 20 : nunc, antequam ad sententiam redeo, de me pauca dicam. P. Mur., 1, 2 : antequam pro L. Murena dicere instituo, pro me ipso pauca dicam. Etc. — SALLUSTE, Jug., 5, 3 : priusquam hujusmodi rei initium expedio, pauca supra repetam. Etc.
Toutefois, en dehors de cette locution particulière, l'emploi de l'indicatif après priusquam et antequam pour parler d'un fait à venir paraît appartenir à la langue familière® : la langue classique se sert du subjonctif, comme on va le voir.