‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 16 sur 306 · C. — ACCUSATIF · texte numérisé non relu

C. — ACCUSATIF

49. — L'accusatif', en grec et en latin, sert à déterminer et à compléter le sens du verbe.

REMARQUE. — Cette définition embrasse tous les emplois de l’accusatif. Mais si l'on veut savoir quel est de tous ces emplois le plus ordinaire, on voit que dans toutes les langues de la famille indo-européenne c'est celui de complément direct. Si loin que l'on remonte dans l'histoire de ces langues, on découvre que l'accusatif a eu pour objet de désigner la personne ou la chose sur laquelle s'exerce directement l'action marquée par le verbe.

A l'accusatif complément direct se rattache : d'une part, l’accusatif servant à qualifier l'action marquée par le verbe (emploi d'où dérive l’accusatif adverbial), et, d'autre part, l’accusatif employé pour marquer le terme où aboutit un mouvement.

Enfin l'accusatif s'emploie pour marquer l'extension dans l’espace ou dans le temps.

8 1. — Accusatif complément direct.

50. — L'usage peut seul apprendre les verbes grecs ou latins qui, employés transitivement, se construisent avec un accusatif complément direct. Il suffira de remarquer que l'usage varie d’une langue à l'autre et aussi, dans la même langue, d'une époque à une autre.

Ainsi, tandis que le latin considère le verbe nocere comme intransitif, les Grecs rendent la même idée par le verbe βλάπτειν, qui est transitif et se construit avec l'accusatif. De même εὐεργετεῖν τινά, faire du bien à quelqu'un: χαχουργεῖν τινά, faire du tort à quelqu'un correspondent au latin bene facere alicui ou erga aliquem, nocere alicui; cf. ὠφελεῖν τινά, prodesse alicui, εὖ ou χαλῶς λέγειν" : A bene dicere alicui, etc., etc. Vis

En latin, certains verbes, comme potior, fungor, vescor et fruor, qui étaient transitifs à l'époque archaïque, sont devenus intransitifs à l'époque classique: au contraire, des verbes comme curare, vitare et decet, construits avec le datif par les auteurs archaïques, sont devenus transitifs pour les prosateurs classiques.

1. Le mot accusatif vient du latin accusativus, traduction maladroite du grec αἰτιατιχὴ (5.πτῶσις), propr. « le cas qui sert ἃ désigoer l'effet d'un acte ». 11 aurait fallu dire causativus ou eftectivus.

2. Dans ces locutions l'adverbe εὖ peut être remplacé par ἀγαθὰ qui est un accusatif de qualification, εἴ, £62, 3°, De même on peut dire xaxa δρᾶν, χαχὰ ποιεῖν, etc, au lieu de χαχῶς δρᾶν (ποιεῖν), εἰς.

8.ο..09 SYNTAXE DES CAS. 45 REMARQUES. — I. Pour l'emploi de l'accusatif avec certains verbes, l'usage a obéi

dans la plupart des cas à la grande loi de l’analogie ou {mais plus rarement) à l'influence d'un grand écrivain.

Ainsi la construction grecque de βλάπτειν avec l'accusatif tient à ce que ce verbe signifiant proprement « léser, endommager », on lui a donné pour régime celui des verbes de même sens. Βλάπτειν, une fois entré dans la catégorie de ces verbes, a entrainé avec lui tous ceux qui expriment une idée analogue. comme ἀδιχεῖν, « faire tort à, » ὑδρίζειν, s'emporter contre, outrager, βιάζεσθαι, faire violence à, etc.

De plus, comme les contraires s'attirent, les verbes signifiant rendre service (ὠφελεῖν, ovivavat, θεραπεύειν, εὖ où χαλῶς ποιεῖν, εὐεργετεῖν, εἰς.) se sont construils aussi avec l'accusatif.

De même, si les anciens auteurs latins construisaient fungor, fruor, etc., avec un accusatif, c'est que ces mots éveillaient en eux, le premier l'idée d'accomplir, d'exécuter quelque chose et le second l'idée d'atteindre un objet désiré. Plus tard le rapport qui lie le verbe à son complément ἃ été envisagé d'une autre façon, et on l’a considéré comme l'instrument de l'action signifiée par le radical. On pourrait faire la même remarque pour potior qui, signifiant proprement posséder, était naturellement un verbe transitif, mais qui devait naturellement aussi changer de construction en prenant le sens de se mettre en possession de.

Ces changements de constructions liés à des changements de signification se produisent par le seul fait du progrès des idées et du langage. Ils sont dus quelquefois à la volonté d'un grand écrivain, qui imprime ainsi à la langue la marque de sa personnalité ; mais, en pareil cas, il est rare qu'ils deviennent d'un usage courant ou même qu'ils survivent à l'auteur. C'est ainsi que la construction propinquare amnem employée pour la première fois par Salluste (Hist., fragm., #, 62) ne se retrouve que dans Tacite, propinquare domos (Ann., XII, 13, 1), mais on sait que Tacite a beaucoup imité Salluste, surtout dans les tours qui flattaient son goût pour l'originalité.

Il. Les poètes se sont montrés très libres dans la construction des verbes avec l'accusatif. Mais tandis que la syntaxe poétique grecque n’a eu que trés peu d'influence sur la syntaxe de la prose, parce que les deux langues étaient presque complètement distinctes, les constructions créées ou remises en honneur par les poètes latins ont fini par passer dans la prose.

Ainsi les constructions hardies que voici n'ont jamais passé dans la prose grecque ou Υ sont exceptionnelles! :

Pixp., EUR., “ορεύω θεόν, célébrer un dieu par un chœur de danse: SOPH., 4).,. 40: ἀΐσσω ? χέρα, agiler vivement la main. — Διφρηλατῶ τὸν οὐρανόν (SoPx., Aj., 855), parcourir le ciel en char. — Προῤαίνω τὸν ἕτερον πόδα (PIND., Olymp., VIH, 63), avancer l'autre pied. re mh uen

Mais, en latin, les prosateurs de l'époque impériale ont emprunté aux poëtes, entre autres hardiesses, les constructions suivantes :

Penetrare locum {VirG., PLIN., TAC., JUSTIN), properare aliquid (PLAUT., SALL., VIRG., HOR., TAC.), tremere aliquid {LuciL., VirG., IIor.. T1v.. SEN., LACT.), gravari aliquid (VIRG., HOR., SEX. RH., SEN. PH., TAC.), assuescere bella (VirG., cf. Liv., XXI, 33, 5: invia ac devia assueti), manare aliquid (Hor., VIRG., PLIN.), sudare mella (VirG., cf. PLIN., JusTIN., SOLIX., 5. JÉR.), etc.

Î. On en rencontre quelques-uncs dans Platon et dans Xénophon, mais on peut soutenir que daus les passages où on les trouve il s'agit de citations et non de tournures que l'auteur eût employées pour son propre compte.

2. ᾽Αΐσσω signifie proprement « s'élancer » ; c'est un verbe poétique.

111. Les impersonnels latins pænitet, pudet, tædet, piget, miseret se construisent avec l'accusatif d'un nom de personne, parce qu'ils signifient primitivement « (telle chose) remplit (telle personne; de repenlir (ou de mérontentement), de honte, de dégoüt, de lassitude, de pilié. » C'est ce qu'on voit dans les exemples empruntés à l'époque archaïque.

Ex. : PLAUTE, Pseud., 1, 3, #1 : id quod pudet facilius fertur quam illud quod piget. — TÉR., Adelph, IV, 7, 36 : non te hæc pudent?

Dans Cicéron on trouve encore pudet, pænitet, etc., avec un sujet au neutre, quoiqu'il ne soit pas sûr que Cicéren 56 rendit encore un compte exact de la construction ; il est possible qu'il ait considéré le neutre comme un accusatif adverbial :

Ex. : Tusc., N, 28, 80, sapientis est proprium nihil quod pænitere (s.-e. eum possit facere.

Quoi qu'il en soit, il reste des traces de l’ancienne construction, même à l'époque classique, et particulièrement dans les phrases où les verbes pænitet, piget, etc., sont accompagnés d'un infinitif ou d'une proposition subordonnée. Dans dicere pudet et dans a senatu quanti fiam minime me pænitet (Cic.), c'est l'infinitif ou la proposition subordonnée qui est le sujet de pudet, pænitet.

Mais peu à peu on prit l'habitude de construire ces verbes sans sujet exprimé ; ils devinrent ainsi impersonnels, et, une fois qu'on en eut oublié le sens primitif, on les employa avec un nom de chose au génitif.

IV. Sur les verbes latins à sens moyen qui se construisent avec un complément direct à l'accusatif, voy. ci-dessous, emploi des voix.

54. — Beaucoup de verbes intransitifs deviennent transitifs quand ils sont composés de prépositions.

Ainsi, en grec, les verbes de mouvement, composés principalement avec διά, μετά, παρά, περί, ὑπέρ, ὑπό, prennent une signification transitive, soit propre, soit figurée.

Ex. : διαθαίνω ποταμόν, franchir un fleuve — διαπλεῦσαι τὸν βίον (PLAT., Phéd,,.85 d,, faire la traversée de la vie — διεξέρχομαι βίον (PLAT, Phéds; 108 c), πόνους (Sopn., Phil., 1419), traverser la vie, des épreuves pénibles, διεξέρχομαί τι (PLAT, Lois, 183 οὐ. exposer en détail quelque chose — μετέρχομαι τὸ ἀνδρεῖον (Tuuc., II, 39), rechercher le courage, μετέρχομαί τινὰ (PLAT, Protag., 322 a), poursuivre quelqu'un, le châtier — παραθαίνω νόμον, transgresser,

| violer une loi --ἰ πάρειμί τινα (Isocrate, 4175 c), produire quelqu'un

"(devant une assemblée) 2 παρέῤγοχαι νόμον, transgresser la loi —

᾿ περίειμι τὴν Ἑλλάδα (XEN., Anab., VIL 1, 33), parcourir la Grèce

τὸς περιίστασθαι λόφον (XÉN., Cyr, ΠῚ, 1, 5°, cerner une colline,

TE ἄνθρωπον (Tauc., I, 55; IV, 10;, presser ou menacer un homme

ΞΕ ὑπερδαίνειν νόμους, transgresser les lois — ὑπέρχομαί τινα

(Xéx., Rep. Laced., 8, 2), s'insinuer auprès de quelqu'un, le flatter

ἘΞ ὑφίστασθαι χινδύνους (Tuce., Π, 61; IV, 59), affronter des

dangers — ὑποδύομαι αἰτίαν (Dém., 624, 19), affronter une accusation, etc., etc.

- 52], ecusalf—

REMARQUES. — I. Avec les verbes composés d'autres prépositions, l'emploi de l'accusatif est plus rare. Ainsi l’on trouve exceptionnellement :

ἐπιστρατεύω τινά (THUC., IV, 60:92; EUR., Iph. Aul., 1154), attaquer quelqu'un ‘la construction ordinaire est τινί ou ἐπί τινα), προσπαίζειν Ttva{PLAT., Mener. 235. c), au lieu de τινί, railler quelqu'un, προσοιχεῖν πόλιν (THUC., 1, 24; ARIsT., Polit., 1, 8, 7), au lieu de πόλει, habiter auprès d'une ville.

Mais, en général, les verbes composés d'autres prépositions que celles qui ont été cidessus énumérées s'emploient avec l’accusatif, seulement quand ils ont le sens figuré.

Ex. : PLAT., Phédy, 58 : εἰσήει με ἔλεος (à côté de εἰσέρχετα! μοι δέος. — PLAT., Rép., 1, p. 330). — Rép., 461 b: τοῦ γεννᾶν ἐχθαίνειν τὴν ἡλιχίαν, dépasser l'âge d'avoir des enfants. — "Éétorauu: οὐδένα XIVOUVOY (DEM., 460, 2), je ne recule devant aucun danger. — ‘Y'rebtotamai τινὰ (PLAT., Phil., 43 a), éviter quelqu'un. — Tauc., ΠῚ, 69 : ἢ θχλασσὰ ἐπῆλθε τῆς πόλεως " μέρος τις la mer envabit une partie de la ville. -

Il faut ajouter que les poètes emploient très librement cette construction. Si l’on prend pour exemple le verbe Érépyouxt. on trouve :

Ἔρος ἄνδρας ἐπέρχεται (Sopx., fragm., 607), l'amour se glisse dans le cœur des hommes. — "Éxepyouur πολλὴν γαῖαν (Hou., Odyss., IV, 268), parcourir beaucoup de pays. — δόμους ὍΟΡΗ., Εἰ., 1297), visiter une maison. -- ναοὺς χοροῖς (ΘΟΡΗ., Ant., 153), parcourir les temples en formant des chœurs de danse. — 'Erépyopat τι (HÉs., ἴτας. 14, 4; EUR., Andr., 688; ARISTOPH., Cheval., 618), raconter où c\poser quelque chose, etc.

Cf. EURIPIDE, Andr., 983 : εἰσπίπτειν ξυμφοοάν, tomber dans lo malheur. — ESCHYLE, Pers., 152 : προσπίτνειν τινα, tomber (à genoux) devant quelqu'un pour l'adorer. — Hom., 1/., VIl, 421 (cf. Od., XIX, 433) : néAtoçs… προσέθδαλλεν ἀρούρας, le soleil frappait les champs de ses rayons. Εἰς.

11. Un certain nombre de verbes composés avec χατὰά deviennent transitifs et servent à exprimer ] idée que l'action signifiée par le verbe s'exerce sur l’objet pour le détruire!.

Ex. : XEN., Anab., VII, 1, 27; PLAT., Mener, 243 c : χαταπολεμεῖν τινά, épuiser quelqu'un par la guerre. --- DÉM., 442, 21 : χαταπολιτεύομαί τινὰ, accabler quelqu'un par des moyens politiques; 347, 20 : χαταναυμαχεῖν τινὰ, vaincre

quelqu'un dans un combat naval. Cf-æatodeogayatEscn., XIH,-34), χαθιπποτροφῶ τὴν οὐσίαν (15., 55, 22\, consumer son patrimoine en faisant bounc chère, en élevant des chevaux. Et

Les poètes ont développé cet usage.

Ex. : ARISTOPH., Cheral., 286 (cf. Acharn., 711) : χαταθοήσομαι βοῶν σε, je 'accablerai de mes cris. Cheral., 381 : χαταχεχράξομαί σε χράζων, je l'assourdirai de mes cris.

52. — En latin, ce sont surtout les prépositions circum, per, præter, super, subter et trans qui servent à former des verbes composés transitifs; mais on trouve aussi certains composés de ob. præ, ante, sub, ad, in, cum, inter et ex construits avec un complément direct à l'accusatif.

{. Comparez les verbes allemands composés avec nieder, comme niederbohren « tuer d'un coup d'épée où de poigaard » ; niederbrechen « abaître cn brisant »; niederbrennen « réduire en cendres », etc.

Des verbes composés avec ob, les seuls qui soient transitifs à toutes les époques de la langue et même à l'époque classique, sont obire et obsidere. Les autres ne se rencontrent qu'avant ou après Cicéron.

Ex. : Obambulo {Pzaur., Ov.), obrepo {Pzacr.), Obequito {Aux.), oblatro (Siu.), etc.

Les composés de præ ou de ante, signifiant « l'emporter sur », s'emploient généralement mieux avec le datif qu'avec l'accusatif. Ainsi præsto alicui est la construction classique, præstare aliquem se rencontre chez Varron, chez Cornélius Népos, dans le VITE livre du de Bello Gallico et chez Tite-Live. Anteo est le seul de ces verbes qui se rencontre au passif (chez Cicéron).

Subire se construit ordinairement avec l'accusatif; le datif est poétique (voy. MadWig, Gr. lat., $ 224A, Rex. 1. Quant à succedere, il n’est transitif qu'à partir de Salluste et de Tite-Live (ef. XXII, 28, 12: !.

Parmi les composés de ad, les seuls transitifs à l'époque classique sont : accolo, adeo, adorior et aggredior. — Advolare rostra est une construction hardie qu'on trouve cependant chez Cicéron ‘ad Att., 1, 18,5)? César lui-même semble avoir créé adnare naves {de B. civ., 11, 44,1}, mais ces exemples sont isolés. Beaucoup des composés de ad sont poétiques, quand ils sont ainsi construits, ou appartiennent soit à la langue poétique, soit à la languc post-classique ; tels sont : advehi (Vinc., Tac.), afflare (Vinc., Liv), allabi (Vinc.), etc, — accedere (Sar.\, accidere (Pzaur.), adjacere (Ner., Lnv.), advolvi genua (Sac), etc. — Bien que ces tours soient en apparence assez hardis, on trouve couramment chez Cicéron, sans doute par analogie avec diligenter audire aliquem ou aliquid, des constructions comme attendere primum versum legis, attendere aliquem magnopere, etc.

La plupart des composés de in (sauf inflare, ingredi, inire) ne se trouvent employés transitivement qu'en dehors de l'époque classique. Hirtius ‘de B. G., VII, 27), Salluste et Tite-Live construisent ordinairement invadere avec l'accusatif seul; Cicéron emploie toujours in, excepté ad Fam., XVI, 12, 2, où le Mediceus donne mirus invaserat furor.… improbis, construction populaire qui se trouve aussi chez Accius* et chez Varron. César emploie invadere absolument. — Incessit (timor, cura, etc.) aliquem se trouve chez Tite-Live comme construction ordinaire. Avant lui, on ne la trouve qu'une fois chez Salluste, qui emploie deux fois le datif; le datif est aussi dans César (de B. civ., NI, 74, 2). —

1. C'est à tort qu'on cile Cesar (de B. G., 11, 6, 9) ct Cicénox (de domo, 4$, 116); dans le premier passage les mss. ont portas succendunt. qui donne un sens très satisfaisant, ct dans le second il faut lire sans doute tectum cui succederet {les mss. donnant qui).

2. Scuxarz, Lat. Syntaz (dans le ÆZandbuch d'Iwan Müller, ἢ. 11, p. 263), considère cette construction comme un Cas particulier de l'accusatif après 105 verbes de mouremont.

3. Cité par Nonucs, liv. 11, 5. v. vastities, p. 197 de l'éd. Quicherat.

- 53] (ὁ eeuatf—

Incurrere avec l'accusatif est d'abord chez Salluste, puis chez Tite- Live. — Incursare, transitif chez Plaute, l'est aussi chez Tite-Live. — Insido et insideo sont transitifs chez les historiens dans des locutions de la langue militaire, en parlant d’une position qu'on occupe. — Invehi urbem est, à ce qu'il semble, une création de Tite-Live !.

En dehors de l'expression coire societatem, qui est classique, et de concursare domos, employé dans Cicéron dans le sens de « courir de maison en maison », les verbes composés de cum sont intransitifs à la bonne époque. Il faut faire une exception pour la locution convenire aliquem (terme de droit signifiant « citer quelqu'un en justice » qui, par extension, a donné les expressions convenire dolum, culpam, etc, poursuivre en justice pour fourberie, etc.).

Les composés de ex sont en général intransitifs. Evadere, transitif chez Lucilius et chez Virgile, ἃ passé avec ce sens dans la langue de Tite-Live. — Pour egredior et excedo, jamais un auteur latin ne les a construits avec l'accusatif, quand ils sont pris dans le sens propre de « sortir ». Au contraire, egredior chez César, Salluste et Tite-Live, excedere chez Salluste et Tite-Live, exire chez Térence sont transitifs dans le sens figuré de « dépasser, franchir »°,

Enfin aucun composé de inter ne se rencontre avant Tite-Live avec le sens transitif. |

On peut conclure que la construction transitive de verbes intransitifs composés de prépositions devient chez Tite-Live, ainsi que chez Salluste et Cornélius Népos, plus fréquente qu'elle ne l'était chez Cicéron et chez César.

53. — En grec et en latin, certains substantifs ou adjectifs verbaux gardent la construction transitive du verbe ἢ.

Toutefois, en grec, la construction d’un substantif verbal avec un accusatif complément direct est exceptionnelle, même chez les poètes.

On cite :

Sopn., Œd. Col. 584 : τὰ δ᾽ ἐν μέσῳ | à λῇστιν ἴσχεις ἢ δι᾽ οὐδενὸς ποιεῖς (où λῆστιν ἴσχεις équivaut à ἐπιλανθάνῃ, tu oublies). Électr., 123 : τάχεις... οἰμωγὰν Fous ᾿Αγαμέμνονα (où τάκειν οἰμωγάν équivaut à οἰμώζειν qui, chez les poëtes, se construit avec l’accusatif). — Eumews, Herc., 65 : μάντις #70 ἄρ᾽ οὐ χαλὸς τάδε.

Il est rare aussi que les adjectifs verbaux s'emploient en grec

1. Dans Cic., de Rep., VI, 41, 11, on lit maintenant in Capitolium invectus.

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