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REMARQUES. — I. Le sens de dum est souvent renforcé par l'addition de l’adverbe modo : dummodo, pourvu seulement que, duMmmodo ne, pourvu seulement que. ne... pas!.
Ex. : Cic., de Off., IT, 21, 82 : multi omnia recta et honesta neglegunt, dummodo potentiam consequantur. 4Ad Fam., X, 25, 2 : celeriter ad comitia veniendum censeo, dummodo ne hæc ambitiosa festinatio aliquid imminuat ejus gloriæ, quam consecuti sumus”.
11. Dans la langue familière on trouve souvent dum (et quelquefois dummodo) employé sans verbe par abréviation d'expression.
Ex. : TÉR., Phorm., 526 : AN. non pudet vanitatis? Do. Minume, dum ob rem (se. fiat). — Cic., Acad., 11, 32, 104 : ….sequentes tantummodo, quod ita visum sit, dum sine assensu. Ad Afl., XV, 6, 3 : dummodo diligentibus.
III. Sur modo ut et tantum ut (tantum ne), voy. ci-dessus, $ 504, REM. I, p. 533. C'est l'analogie de modo πὲ qui explique l'emploi de dum ut... (εἴ. Cic., ad Att.,
IL — Grec : πρέν".
520. — Πρίν, conjonction temporelle. — La conjonction πρίν est celle que le grec emploie presque à l'exclusion de toute autre, pour signifier avant que‘.
1. On trouve aussi quelquefois tamen « toutefois », joint ἃ dum pour le renforcer,
Ex.: Cic., de Orat., 11, 77, 314: ἘΠῚ in oratore optimus quisque, sic etiam in oratione firmissimum quodque sit primum, dum illud tamen in utroque teneatur, ut ea, quæ excellent, serventur etiam ad perorandum.
2. Quand il y a licu de répéter l'idée de dum modo dans plusicurs propositions successives, on se contente de répéter le premier élément de l'expression.
Ex.: Cic., Brut, 82, 285 : sin autem jejunitatem et siccitatem et inopiam, dummodo sit polita, dum urbana, dum elegans, in Attico genere ponit, hoc recte duntaxat, sed, εἰς.
3. Cet usage vient sans doute de l'analogie de MOdO qui s'empluie tout naturellement ainsi (cf. ci-dessus, Ρ. 550, n. 3).
Ex. : Cic. de Off. 1, 26, 92: res familiaris quam plurimis, modo (lit. a seulement, d'où da moins, en tous cas ») dignis, se utilem præbeat.
4. Consulter sur ce sujet l'excellente monographie de Srrax, Æntwicklungsgeschichte der Constructionen mit πρὶν (dans les Beitr. =. hist. Synt. d. gr. Spr. de Scuawi).
5. Préoccupé de rapprocher prius οἱ πρίν, Cuarits (Grundzüge der gr. Etymol., 5° éd., p. 284) a essayé de démontrer que les deux particules ont absolument la même origine. Pour lui, elles se rattachent l'une ct l'autre à la même racine pro : il estime en effet que la désinence -1v est analogue à la désinence -ius (pour -108), πρίν tenant la place do *rpo-tv, qui lui-même vicndrait de *rpo-tov, comparalif de πρό, tandis que, d’après lui, prius est pour pro-i08 : or on sait que des deux suffixes primitifs du comparatif, le grec a choisi Ja forme nasalisée -10v, tandis que le latin n’a jamais que la forme -i08. Mais, malgré l'autorité de Curtius, il est impossible d'accepter cetie étymologie : d’abord il n'est pas absolament sûr que prius soit le comparatif de pro ; c'est bien plutôt à præ qu'il se rattache (εἴ, Conssxx, Beitr., p. 434); de plus, on ne trouve en grec aucuo cxemple de la réduction de -çov à -1v, bien au contraire, puisque la finale -:0v se trouve conservée daus l'adverbe πρώϊον « au matin, de bonne heure ». La plus simple et la plus naturello des étymologies de πρέν parait être celle qui, laissant de côté tout rapprochement avec prius, fait venir le mot de xpo- et du suffixe -1y, identique au suffixe latin -iM, spécial aux particules adverbiales. Remarques de plus que la contraction de " προ-ιν en πρίν, rend compte de la quantité de πρίν, qui est souvent long chez Homère οἱ qui est commun chez les Attiques.
6. En effet, si l'on trouve dans le grec homérique ct chez les tragiques la particule πάρος employée pour readre la même idée, il est certain que dans la languc courante c'est πρίν quo l'on emploie ainsi.
C'est proprement un adverbe qui signifie auparavant! et que la langue a fini par employer comme conjonction?.
524. — Πρίν avec l'infinitif. — La conjonction πρίν peut toujours se construire avec l'infinitif, mais cette construction est obligatoire si la proposition principale est affirmative*.
Ex. : How., 11., XIII, 172 : ναῖε δὲ Πύήδαιον πρὶν ἐλθεῖν υἷας ᾿Αχαιῶν (ef. XVI, 322; Od., IV, 668, etc.). XX, 400 : οὐδ᾽ ἀπολήγει πρὲν χροὸς ἀνδρομέοιο διελθεῖν. — Ρινν., Nem., 8, 19 ; icrauat ἀμπνέων πρίν τι φάμεν. — Hén., VIII, 144: πρὲν ὧν παρεῖναι ἐχεῖνον ἐς τὴν ᾿Αττιχήν, ὑμέας χαιρός ἐστι προ- Θοηθῆσα! ἐς τὴν Βοιωτίαν. — ϑορη., Œd. ἃ Col., 36 : πρὲν νῦν τὰ πλείον᾽ ἱστορεῖν, ἐχ τῆσδ᾽ ἕδρας | ἔξελθ - ἔχεις γὰρ κτλ. — Tauc, Il, 12,2 : ἀποπέμπουσιν οὖν αὐτὸν πρὶν ἀκοῦσαι. 13,1: ἔτι δὲ τῶν Πελοποννησίων... ἐν ὁδῷ ὄντων, πρὶν ἐσθαλεῖν ἐς τὴν ᾿Αττιχήν... — PLAT., Ργοί., 320 a : χαὶ πρὶν ἐξ Av γεγονέναι, ἀπέδωχε. — Χέν., Cyr., IV, 3, 10: τῶν ἐπισταμένων νῦν, πρὲν μαθεῖν, οὐδείς ἠπίστατο. Anab., 1, 4, 13: Μένων, πρὶν δῆλον εἶναί τι ποιήσουσιν οἱ ἄλλοι στρατιῶται..., συνέλεγε τὸ ἑαυτοῦ στράτευμα. — Isocn.. VI, 26 : ἡμεῖς τοίνυν Μεσσήνην εἴλομεν πρὶν Πέρσας λαθεῖν τὴν βασιλείαν χαὶ κρατῆσαι τῆς Ἠπείρου, καὶ πρὶν οἰκισθῇῆναΐ τινας τῶν πόλεων τῶν ᾿ Ἑλληνίδων. Etc.
1. On le trouve employé ainsi chez Homère εἰ chez les tragiques, et même en prose dans des expressions formées avec l'article et ua subslantif, comme τὸ πρὶν γενόμενον τέρας «le prodige arrivé précédemment » (Hän., VIII, 37): enfin on connait l'expression τὸ πρίν « dans le temps passé, autrefois » (How, Escavie, Hén., PLat., elc.). D'adverbe le mot est devenu préposition chez Pindare, mais cet emploi ne sc retrouve que dans la grécité postérieure.
2. Voyez dans la monographie de Sturm l'histoire de ce changement de signifcation, Pour lui, la construction primitive est celle de πρίν avec l'infinitif : à l'origine l'infinitif avec πρίν avait purement el simplement la valeur d'un substantif construit à l'accusatif pour signifier dans quelle mesure est vraie l'affirmalion contenue dass un adjeclif, un adverbe, etc. (cf. ci-dessus, ξ 74. 2°); ainsi ce vers d'Homère (IL, XVI, 322 : τοῦδ᾽ ἔφθη ὁρεξάμενος πρὶν οὐτάσαι) signific littéralement : « il le prévint en lo visant auparavant relativement au fait de frapper ». Mais on en vint à répéter πρίν dans deux propositions comme celles-ci : ᾿
How, 11., ΥΠῚ, 452 sq. : σφῶιν δὲ πρὲν περ τρόμος ἔλλαδε φαίδιμα γυῖα, | πρὶν πόλεμόν τ᾽ ἰδέειν πολέμοιο τε μέρμερα ἔργα, et La répélition de πρίν, en forçant l'esprit à s'arrêter sur les deux actions signifiées par les deux verbes, l'amena à croire que l'idée de « avant que » était attachéc à l'emploi de πρέν avec l'infinitif, tandis qu'en réalité elle se dégageait de l'ensemble,
Longtemps la langue grecque a dà se contenter de πρίν avec l'infinilif pour signifier « avant que v. La preuve c'est qu'Homère a très peu d'exemples de πρίν avec le subjonctif et présente un seul cas de πρίν avec l’optatif, tandis qu'il n'en ἃ pas un seul de πρίν avec l'indicatif, Mais en sc servant de l'infinitif, le grec ne marquait proprement qu'une chose, le rapport de temps établi par πρὶν entre deux actions : {el fait se produit avant que tel autre se produise. L'expression d'un rapport aussi simple parut insuffisante aux Grecs le jour où ils surent 50 servir des modes pour rendre des idées ct des nuances de plus en plus délicates. Aussi, πρίν étant devenu à leurs yeux une conjonction temporclie, ils finirent, dans cerlains cas, par le construire comme les autres conjonctions temporelles avec les formes personuelles du verbe.
3. Pourquoi? Parce que, dans des phrases de ce genre, ce qui est marqué c'est un simple rapport de temps (cf. πρὶν ἐλθεῖν — πρὸ τοῦ ἐλθεῖν) οἱ aussi parce que le sens est souvent que l’action exprimée par la proposition principale a licu avant qu'une autre aclion puisse s'accomplir. C'est la même choso que pour ὥστε avec l'infinitif. Cf. Kocu. Gramm. grecque (trad. Rouff), $ 113, 2 et ξ 118, 5.
L'infiailif est ordinairement à l’aorisie, mème quand il ne s'agit pas d'un fait passé, probablement parce
REMARQUES. — 1. Après une proposition principale a/ffirmalive, on trouve cependant quelquefois πρίν construitavec l'indicatif, lorsqu'il peut se traduire par jusqu'au moment où. Ex. : THUC., 1, 118, 2 : οἱ Λαχεδαιμόνιοι.. ἥν ἡσύχαζον... πρὶν δὴ à δύναμις τῶν ᾿Αθηναίων σαφῶς ἥρετο (ici πρὶν δή équivaut à ἕως δή, donec tandem, jusqu'au moment précis οὐ). Cf. 111, 29, 1; VII, 39, 1; 71, 5; ESCHINE, I, 64.
11. On ἃ vu ci-dessus que la construction de πρίν avec l'infinitif est toujours possible : il faut ajouter que souvent elle est seule possible, même quand la proposition principale étant négative, il semble qu’on pourrait rencontrer l'emploi d'une des formes personnelles du verbe.
Ainsi l'on trouve πρίν avec l'infinitif mème après une proposition négative :
1° Quand la proposition commençant par πρίν sert simplement à signifier une action antérieure à l'action principale, c'est-à-dire quand πρίν signifie avant que, et non quand il 5 6Π|Π8 jusqu'au moment où. Ex. : TaUC., 1, 68, 2 : χαὶ δι αὐτὸ où πρὶν πάσχειν, ἀλλ᾽ ἐπειδὴ ἐν τῷ ἔργῳ ἐσμέν, τοὺς opus τούσδε παρεχαλέσατε. — ISÉE, V, 91 : οὐδ γὰρ πρὶν ἡττηθῆναι τὴν δίχην εἶχεν ὧν διχαζόμεθα.
Toutefois cette construction se rencontre surtout quand la proposition où est πρὶν précède la proposition principale (c'est ce qu'on voit dans les exemples cités).
2° Quand la négation de la proposition principale est une forme oratoire destinée à remplacer une affirmation.
Ex. : Lys., XX, 28 : ἐνθυμεῖσθε, ὅτι "πρὶν τὴν ναυμαχίαν νιχῆσαι ἡμᾶς, γῆ μὲν οὐχ ἣν ἀλλ᾽ À χωρέδιον μιχρόν, réfléchissez qu'avant ποίγα victoire navale, il n'avait qu'un tout petit coin de terre, C.-à-d. il possédait pour tout bien un tout pelit coin de terre.
522. — Πρίν avec une des formes personnelles du verbe. — Lorsque la proposition principale est négative, πρίν se construit le plus souvent comme les autres conjonctions de temps (bien qu'il puisse encore être suivi de l'infinitif).
4° La proposition temporelle n'exprime pas une action répétée. a) On construit πρίν avec l'indicatif pour marquer simplement un fait passé”?.
que ce qu'on veut indiquer, en pareil cas, c'est l'action verbale pure et simple (πρὶν ἐλθεῖν « avant mon [ton, son, leur] arrivée »). L'explication donnée par Goodwin me parait bien subtile. Yoy. Goopwix, ouv. cité, ὃ 621; cf. Am. Journal of Phil., 11, p. 466 sqq.
ἢ, Voy. Rismamx-Cucuur, Syntaze grecque, p. 155 ; A. Caoiser. éd. de Thucydide, p. 289,n. 15. — Goovwix, our. cité, 8 635, écarle des exemples comme Tavuc., IT, 29, 1 : τοὺς.. ᾿Αθηναίους λάνθάνουσει πρὶν δὴ τῇ Δήλῳ ἔσχον), parce que λανθάνουσι lui parait avoir la valeur d'une expression négative : il st évident que « échapper à la vue de quelqu'un » c'est « nc pas être vu par lui ». Mais n'y a-t-il pas là un excès de subtilité? “Δ...
2. Si on laisse de côté la locution homérique πρὶν γ᾽ ὅτε « auparavant que », qui se construit avec l'indicatif et a eu sans doute quelque influence sur ἷ développement de ἰδ construction dont nous parlons ici, le plus ancien Fapiol de πρίν avec l'indicatif se trouve dans l'Jymne à Apollon Pythien,
ef. ν, 178 sq. : ὃς τῇ γ᾽ ἀντιάσειε, φέρεσχέ γέ μιν αἴσιμον ἦμαρ, | πρίν γε οἱ ἰὸν ἐφῆκεν ἄναξ ἐχάεργος ᾿Απόλλων | κάρτερον...
et, ce qu'il y a de plus singulier, après une proposition affirmative. Mais cette anomalie s'explique par
l'intention du poèle qui voulait marquer la réalité de l’action accomplie par Apollon, En tout cas, l' emploi
de l'indicatif n'était possible que parce que mp: ἐν était deveuu unc véritable conjonction, et cela, grâce
au développement qu'avait pris depuis Homère la construclion de la particule avec le subjonctif et avec
Ex. : Ién., VI, 110: οὔτι χω συμόολὴν ἐποιέετο πρέν γε δὴ αὐτοῦ πρυτανηΐίη ἐγένετο (Cf. VI, 19; VII, 239; IX, 22). I, 43 : τούτου τοῦ ἔπεος λόγον οὐδένα ἐποιεῦντο πρὶν δὴ ἐπετελέσθη. — Tuuc., I, 65,3: οὐ μέντοι πρότερόν γε οἱ ξύμπαντες ἐπαύσαντο ἐν ὀργῇ ἔχοντες αὐτὸν πρὲν ἐζημίωσαν χρήμασιν. 1, 132,5: ἀλλ᾽ οὐδ᾽ ὡς οὐδέ... ἠξίωσαν νεώτερόν τι ποιεῖν ἐς αὐτόν..., πρίν γε δὴ αὐτοῖς... ἀνὴρ ᾿Αργίλιος... μηνυτὴς γίγνεται. — Χέν., An,,1, 2,26: οὔτε τότε Κύρῳ ἱέναι ἤθελε, πρὲν ἢ γυνὴ αὐτὸν ἔπεισε χαὶ πίστεις ἔἕλαδεν. — Déu., VIII, 65 : οὐχ nv ἐν Θύάδαις ἀσφαλές (λέγειν... τὰ Φιλίππου), πρὶν τὴν Βοιωτίαν ἀπέδωκε χαὶ τοὺς Φωχέας
b) Si la proposition principale contient un futur ou l'idée d'un futur, l'action de la proposition temporelle tombe dans l'avenir et par conséquent n'est qu'éventuelle : πρίν, dans ce cas. est accompagné de ἄν et se construit avec le subjonctif .
Ex. : Escuvie, Prom., 165 : οὐδὲ λήξει πρὶν ἂν ἢ κορέσῃ χέαρ ἣ ἕλῃ τις ἀρχάν. — Eunr., Iph. en Taur., 19 sq. : οὐ μ᾿ ναῦς ἀφορμίσῃ χθονός, | πρὶν ἂν χόρην σὴν ᾿Ιφιγένειαν "Apres | λάδῃ σφαγεῖσαν. — Anisr., Guépes, 919 : μὴ προκαταγίγνωσχ᾽, ὦ πάτερ, πρὶν ἄν γ᾽ ἀκούσης ἀμοοτέρων. — Πέκ., 1, 32: οὔχω σε ἐγὼ λέγω“, πρὲν ἂν τελευτήσαντα χαλῶς τὸν αἰῶνα πύθωμαι. -- Χέκ., 4π.. V, 7, 5: ἀχούσατε οὖν ou πρὸς θεῶν, χαὶ ἐὰν μὲν ἐγὼ φαίνωμαι ἀδιχεῖν, οὐ χρὴ με ἐνθένδε ἀπελθεῖν, πρὶν ἂν δῶ δίχην . — Irocn., XIV, 18: τοὺς δ᾽ οὐ πρότερον᾽ παύσονται, πρὲν ἂν οὕτως ὥσπερ ἡμᾶς διαθῶσιν. Εἰς.
l'optatif, On croit pouvoir placer la composition de l'hymne sinon après, du moins pendant le siècle d'Hésiode. Or, l'emploi du subjonctif ou de l'optalif avec πρίν est déjà plus développé chez ce poète que chez Homère, Toutefois l'indicatif ne devient fréquent avec πρίν qu'à une période plus récente (dans la prose d'Hérodote et chez les Attiques), quand on n'eut plus du tout conscience de la valeur propre de la particule, ct l'usage ne l'autorisa qu'après une proposition négative, pour marquer simplement us fait passé.