‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 186 sur 306 · Voy. ci-dessus, p. 285, ὃ 278 (avec la Rau · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p. 285, ὃ 278 (avec la Rau

4. Voy. ci-dessus, p. 331 ct suiv., ὃ 332, 1 οἱ 3 (avec les Reuanquus).

quis apud te sana mente deposuerit (parfait), repetat insaniens ; reddere peccatum sit, officium non reddere. 1b.,1, 17, 51: Omnes omnium caritates patria una complexa est, pro qua quis bonus dubitet mortem oppetere, si ei sit profuturus? — T.-Live, VI, 14, 4: tum vero ego... nequiquam hac dextra Capitolium Arcemque servaverim (parfait, cf. 8 332, 2°, Rex. Il, p. 333), si civem commilitonemque meum... in servitutem ac vincula duci videam. Etc..

REMARQUES. — ἰ. Cette forme de phrase peut s'employer pour formuler une supposition dont la réalisation est impossible, mais que l'imagination conçoit fortement.

Ex. : T.-LIVE, XXXIX, 37, 3 : si exsistat? hodie ab inferis Lycurgus, gaudeat ruinis eorum et... dicat. Etc.

II. Dans la langue archaïque et chez les poëtes, on trouve quelquefois, soit dans la proposition conditionnelle, soit dans la proposition principale, le présent du subjonctif employé là, où, d'après la règle qui sera donnée ὃ 530, il faudrait l’imparfait, parce qu'il s'agit d'une hypothèse contraire à la réalité.

Ex. : TÉR., Andr., 276 : haud verear, siin te sit solo situm, je scrais aujord'hui sans inquiétude, si cela ne dépendait que de toi.

On trouve même des exemples comme ceux-ci, où le potentiel et l'irréel sont réunis dans la même phrase sans différence de sens appréciable.

Ex. : LuCR., 1, 356-7 : quod nisi inania sint (hypothèse toujours actuelle : par conséquent, il faudrait essent), qua corpora quæque valerent | transire haud ulla fieri ratione videres. — VirG., Géorg., IV, 116 sqq. : atque equidem, extremo ni jam sub fine laborum | vela traham et terris festinem advertere proram, | forsitan et, pingues hortos quæ cura colendi | ornaret, canerem, biferique rosaria Pæsti. Etc.°.

4. On voit, par ces exemples, que le latin emploie le subjonctif potentiel dans la proposition conditionnelle toutes les fois qu'il s'agit d'ecprimer uns supposilion par rapport à l'avenir et qu'on veut en même temps donner à l'expression ce ton d'incertitude que marque ea français l'emploi de l'imparfait de l'indicatif avec « si».

2. 11 ne faut pas confondre cet emploi du potentiel en parlant du présent avec celui qu'on trouve dans d'autres propositions pour formuler une supposition dont la réalisation actuelle est impossible, du moment qu'on la fait pour l'avenir.

Ex. : Cic., de Sen., 23, 83 : si quis deus mihi Jargiatur («s'il arricait qu'un dieu in'accordät un jour »), ut ΘΧ hac ætate repuerascam et in cunis vagiam, valde recusem. De Off. III, 5, 22: sic, si unusquisque nostrum ad se rapiat commoda aliorum detrahatque quod cuique possit emolumenti sui gratia, societas hominum et communitas evertatur necesse est. Etc.

Dans res deux exemples et dans d'autres semblables l'emploi du potentiel est conforme à la règle, puisqu'il s'agit d’une supposition faite pour l'avenir.

De même la supposition peut étre considérée comme rapportée à l'avenie dans un certain nombre de passages semblables à celui-ci :

Cic., p. Cel., 1, 1 : si quis, judices, forte nunc adsit ignarus legum..., miretur profecto, « si quelqu'un renait à entrer dans celtc assemblée ignorant des lois..…., il s'étonuerait à coup sûr... ».

Enfn, il y a bien des cas où il peul ètre à peu près indifférent de se scrvir du potenticl ou de l'irréel (εἴ, ci-après, ὃ 530).

Ex. : Cic., in Cat., 1, 8, 19 : hæc si tecum... patria loquatur, nonne impetrare debeat...? (« s'il arrivait que la patrio te tint ce langage, etc. »). Cf. Div. in Cæc., 5, 19 : Sicilia tota, si una voce loqueretur, hoc diceret (« voici le langage quo la Sicile tiendrait aujourd'hui, si elle avait une bouche pour te parler »).

3. Cette incorrection est étrangère à la prose de l'époque classique. Les prétendus exemples qu'on croit pouvoir citer s'expliquent tout naturellement, si l'ou prend garde que la supposition y est certaine-

Π|. On a vu ci-dessus (8 529, 20, p. 564) que, dans la forme de phrase conditionnelle dont nous nous occupons ici, c'est le potentiel qu’on trouve en général à la proposition principale. Néanmoins, si l'on veut donner au reste de la phrase un caractère plus affirmatif, on peut employer l'indicatif.

Ex. : PLAUT., Pseud., 291 : atque adeo, si facere possim (à supposer que je piisse le faire), pietas prohibet. Amph., 336 : non edepol nunc, ubi terrarum sim, scio, si quis roget. — Cic., de Fin., 1, 19, 12 : sapiens non dubitat, siita melius sit', migrare de vita. — CÉs., de Bell. Gall., V1, 11, 4 : suos quisque opprimi et circumveniri non patitur neque, aliter si faciat, ullam inter suos habet auctoritatem. — SaLL., Cat., 58, 6 : diutius in his locis esse, si maxume animus ferat, frumenti egestas prohibet?. Etc.

530. — La supposition est contralre à la réalité. — Quand la personne qui parle veut exprimer que la supposition est contraire à la réalité, le latin et le grec emploient chacun le mode qui exprime la non-réalité*.

4° En grec, on emploie ei avec l'indicatif imparfait (plus-que-parfait) ou aoriste dans la proposition conditionnelle, et, à la proposition principale, le mode irréel (imparfait ou aoriste avec ἄν).

La négation est μὴ dans la proposition conditionnelle, où dans la proposition principale.

a) L'imparfait dans la proposition conditionnelle répond à l'imparfait français, et, à la proposition principale, l'imparfait accompagné de ἄν répond à notre conditionnel présent proprement dit.

mout rapportée à l'avenir. Dans d'autres cas, le suhjonctif présent s'explique par le style indirect : c'est ainsi que dans son édition de Salluste, Wirz explique la première phrase du discours de Memmius :

Jug. 31, 1: Multa me dehortantur a vobis, Quirites, ni studium rei publicæ omnia superet.

ΠῚ faut culendre : « Multa me quasi his verbis dehortantur: Desiste, Memmi, populi res curare, ni studium rei publicæ omnia superat. » Voy. O. Rirmaxx, Synt. lat., 2° δά., p. 339, n. {.

4. Peut-être y a-t-il ici un cas particulier ct faut-il entendre : « s’il se dif que cela vaut micux ain. » Le subjonctif s'expliquerait alors à la proposilion conditionnelle par l'emploi du style indirect dans le sens large du mot. Voyez. ci-après n. 2.

2. I πα faut pas confondre ces exemples avec d'autres comme celui-ci :

Cus., de Bell. Gall., Y, 7, 7 : si vim faciat neque pareat, interfici jubet,

dans lesquels la proposition principale résume les paroles ou la pensée d'unc personne désignée précedemment ct, par conséquent, soumet la proposition conditionnelle aux règles du style indirect. Mise an style direct la phrase de-César-deviendrait : si vim faciet neque parebit, eum interfice, par application de la règle ὃ 527, Rex. 1. On voil donc que les subjonctifs faciat οἱ pareat ue sout pas de méme nature que ceux dont il est parlé à la Rex. III.

3. Ce qui. en français, correspond à cette formo de phrase, c'est, dans la proposition principale, l'emploi du conditionnel présent ou du conditionnel passé, et, dans la proposition conditionnelle, l'emploi de l'imparfait ou du plus-que-parfait de l'indicatif.

La difficulté qu'éprouvent les commençants à employer correctement les modes dans les propositions conditionnelles grecques ou latines vient de ce qu'ils ne distinguent pas soigneusement les doux idées bien nettes cependant que signifie le conditioancl français improprement appelé présent. En réalité, cette formo verbale peut se rapporter au présent ou à l'avenir et l'on ferait bien de distinguer dans toutes les grammaircs françaises un conditionnel présent et un coaditionnel futur.

Quand je dis: « Si j'avais un ami, je scrais heureux », cela peut vouloir dire ou bien : « Si actwellement j'avais un ami, je scrais heureux » ou bien : « si un jour j'avais un ami, je serais heureux. » Le latin ct le grec ont un mode spécial pour chacune des deux idées : au conditionnel présent correspuud le mode irréel (ef, ci-dessus, $ 530), au conditionnel fufur correspond le potentiel (cf. ci-dessus, ὃ 329).

Ex. : Sopn., El., 556 : εἰ δέ μ᾽ ὧδ᾽ ἀεὶ λόγους | ἐξῆρχες, οὐχ ἂν ἦσθα λυπηρὰ χλύειν. — Ηέκοροτε, I, 120 : χαὶ νῦν εἰ φούερόν τι ἐνωρῶμεν, πᾶν ἄν σοι προεφράζομεν. — Piar., Phéd., 13 a : λέγουσι πάντα ἡ ἔχει" καίτο: El μὴ ἐτύγχανεν αὐτοῖς ἐπιστήμη ἐνοῦσα, oùx ἂν οἷοί τ᾿ ἦσαν τοῦτο ποιεῖν. Rép., 489 b: πολὺ ἂν θαυμαστότερον ἦν, εἰ ἐτιμῶντο. — Χέν., Cyr. 1, 2,16: ταῦτα οὐκ ἂν ἐδύναντο ποιεῖν, ei μὴ χαὶ διαίτῃ μετρίᾳ ἐχρῶντο. — Isocn., VI, 81: οὗχ οὕτω δ᾽ ἂν προθύμως ἐπὶ τὸν πόλεμον ὑμᾶς παρεχάλουν. εἰ μὴ τὴν εἰρήνην ἑώρων αἰσχρὰν ἐσομένην. Etc.

b) L'aoriste ou l'imparfait dans la proposition conditionnelle répond au plus-que-parfait français et, à la proposition principale, l'aoriste ou l'imparfait accompagné de ἄν répond à notre conditionnel passé.

On choisit l'imparfait ou l'aoriste, selon que l’on mettrait l'imparfait ou l’aoriste, si la phrase, au lieu d'ètre conditionnelle, était affirmative.

a) IMPARFAIT EN PARLANT DU PASSÉ.

Ex. : Sorn., Œd. à Col., 951 : xai ταῦτ᾽ ἂν οὐχ ἔπρασσον, εἰ μή μοι πιχρὰς αὐτῷ τ᾽ ἀρὰς ἠρᾶτο (phrase affirmative : ἢ lançait des imprécations contre moi; voilà pourquoi je faisais cela). — Tuuc., I, 9, 6: οὐχ ἂν (ὁ ᾿Αγαμέμνων).... νήσων... ἐκράτει, εἰ μή τι καϊναντιχὸν εἶχεν (phrase affirmative : Agamemnon possédail une marine ; voilà pourquoi il avai des îles dans son empire). PLar., Gorg., 516 e : OUTO!, εἰ ἦσαν ἄνδρες ἀγαθοί, ὡς σὺ φής, οὐκ ἄν ποτε ταῦτα ἕπασχον (phrase affirmative : il n'y avait pas d'hommes bons, voilà pourquoi ils souffraient ainsi). — XÉN., Mém., 1, 1, 5 : (ταῦτα) οὐκ ἂν προέλεγεν, si μὴ ἐπίστευεν ἀληθεύσειν (phrase affirmative : il éfait sùr de dire la vérité, c'est pourquoi il prédisait l'avenir ainsi).

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