B) AORISTE EN PARLANT DU PASSÉ
Ex. : Evn., Hipp., 657 sq. : εἰ μὴ γὰρ ὄρχοις... ἠρέθην, | oùx ἄν ποτ᾽ ἔσχον μὴ où τάδ᾽ ἐξειπεῖν πατρί (phrase affirmative :
4. Voivi la phrase tout entière : τίς οὐχ ἂν ὁμολογήσειε τὸν Σωχράτην βούλεσθαι (ΞΞ ὅτι ἐθούλετο) μήτ᾽ ἠλίθιον μήτ᾽ ἀλαζόνα φαίνεσθαι τοῖς συνοῦσιν; ἐδόκεις δ᾽ ἂν ἀμφότερα, el προαγορεύων ὡς ὑπὸ θεοῦ φαινόμενα χάτα ψευδόμενος ἐφαένετο᾽ δῆλον οὖν, ὅτι οὖκ ἄν προέλεγεν, εἰ ju ἐπίστευεν ἀληθεύσειν.
On voit que l'emploi de l'imparfait dans la proposition ἐδόχει δ᾽ ἄν... el... ἐφαίνετο, est déterminé cumme dans la dernière proposition par l'idée exprimée dans la proposition qui sert de prémisse au raisonnement : « Socrate ne voulait passer aux yeux de ses disciples, ni pour un imbécile ni pour un charlatan, » On pourrait rendre en français de la manière suivante la fin du raisonnement : « Or il méritait ce double reproche si, dans ce qu'il prétendait lui avoir été révélé par un dieu, on pouvait le convaincre de mensonge; donc il est évident que s'il prédisait l'avenir c'est qu'il était sûr de dire la vérité. » Cette traduction de la phrase grecque montre que l'emploi de l'imparfait est parfaitement naturel.
7 αἱ élé enchainé par mes serments, aussi ai-je δέ empéché de tout raconter à mon père). — PLaT., Apol., 32 ἃ: χαὶ ἴσως ἂν διὰ ταῦτ᾽ ἀπέθανον, εἰ μὴ ἡ ἀρχὴ διὰ ταχέων κατελύθη (phrase affirmative : cela n'a pas été une cause de mort, parce que le gouvernement a été renversé). — Dém., IV, 5 : εἰ τοίνυν ὁ Φίλιππος τότε ταύτην ἔσχε τὴν γνώμην...» οὐδὲν ἂν ὧν νυνὶ πεποίηκεν ἔπραξεν, οὐδὲ τοσαύτην ἐκτήσατο δύναμιν (phrase affirmative : Philippe α fait ce qu'il ἃ fait et il a acquis cetle énorme puissance, parce qu'il n'a pas eu cette idée, etc.).
REMARQUES. — Ï. À la règle générale ci-dessus énoncée, il convient d'ajouter ceci :
49 En parlant du passé, l'inparfait s'emploie en général, au lieu de l’aoriste, quand il s'agit d'une action qui implique une idée de durée. Ainsi εἶχον ἂν correspond à la fois à haberem et à habuissem, je posséderais et j'aurais possédé.
2° En parlant du présent, l’aorisle s'emploie en général, au lieu de l’imparfait, quand l’action supposée se conçoit sans aucune idée de durée.
Ex.: PLAT., Gorg., 453 6 : εἰ ἐτύγχανόν σε ἐρωτῶν, τίς ἔστι τῶν ζωγράφων Ζεῦξις, εἴ μοι εἶπες ὅτι ὁ τὰ ζῷα γράφων, ap’ οὐχ ἂν διχαίως σε ἠρόμην ὁ τὰ ποῖα τῶν ζῴων γράφων χαὶ ποῦ ;
3° Enfin avec les verbes dont il a été question ci-dessus (8 258) il est nécessaire d'employer l'aoriste (et non l'imparfait), quand on veut exprimer l’idée de mise en acte ou d'entrée dans une situation.
L'aoriste ἔσχον ἄν exprime donc, à l’occasion, l'idée d'entrer en possession : acciperem ou accepissem, je recevrais Ou j'aurais reçu. Voyez aussi un exemple comme celui-ci :
XÉN., Hell., III, 4, 18 : ἐπερρώσθη δ᾽ ἄν τις χαχεῖνο ἰδών, on aurait
repris courage à voir aussi cela.
II. Le plus-que-parfail étant avec le parfait dans le même rapport que l'imparfait avec le présent (cf. ci-dessus, $ 247), il ne remplace l'imparfait que dans les cas où, pour marquer l’idée d'un présent, l'on se servirait, en grec, d’un parfait.
Ex.:1socR., V, 56 : λοιπὸν δ᾽ ἂν ἦν ἡμῖν ἔτι περὶ τῆς πόλεως διαλεχθῆναι τῆς ἡμετέρας, εἰ μὴ προτέρα τῶν ἄλλων τὴν εἰρήνην ἐπεποίητο (= λοι-πὸν δ' οὐχ ἔστιν ἡμῖν... διαλεχθῆναι, διότι προτέρα... τὴν εἰρήνην πεποίηται).
2 En latin, on emploie si avec le subjonctif imparfait ou plus-queparfait dans la proposition conditionnelle, et, à la proposition principale, le mode irréel (imparfait ou plus-que-parfait du subjonctif).
a) Si avec l'imparfait du subjonctif correspond le plus souvent au si français construit avec l'impar/fait de l'indicatif et employé en parlant du présent.
4. Dans cet cxemple emprunté à Koc, Gramm. grecque, ὃ 114, 4, Ruu. 1 (trad. Rouff. p. 446), les deux aoristes εἶπες et ἠρόμην expriment une action qui se rapporte au présent.
2. I ne faut pas oublier que δὲ avec l’impar/fait peut exprimer une vérité générale, qui, si la phrase élait aflirmative, scrait rendue par le présent de l'indicatif.
Ex. : « Sila mort fuisait peur, L. Brutus ne serait pas mort sur Île champ de bataille » (phrase affirmative : « La mort ne fait pas peur : aussi L. Brutus est-il mort sur le champ de bataille »).
Ex. : Puaure, 4sin., 592 : aliquanto amplius valerem, si hic maneres (Cf. Pscud., 640; etc.). — Cic., de Fin.,1,3,1 : Si plane sic verterem Platonem aut Aristotelem, ut verterunt nostri poetæ fabulas, male, credo, mererer de meis civibus, si ad eorum cognitionem divina illa ingenia transferrem. 1b., 1,13, 41: eximiæ pulchræque virtutes nisi voluptatem efficerent, quis eas aut laudabiles aut expetendas arbitraretur ? Etc.
REMARQUE. — Toutefois il peut arriver que si avec l’impar/fail du subjonctif curresponde au si français employé avec le plus-que-parfait de l'indicatif (cf. ci-dessus, $ 337, p. 331 et suiv.)!.
x. : Τέκ., Ad., 106-7 : si esset unde id fieret, | faceremus (phrase affirmative : non erat unde id fieret : idcirco non faciebamus). — Cic., Orat., 9, 29 : qui (Pericles) si tenui genere uteretur, nunquam ... fulgere, tonare, permiscere Græciam dictus esset {phrase affirmative : non tenui genere utebatur : ideo fulgere ... dictus est). In Verr., II, 2, 1, 3 : non tam facile opes Carthaginis tantæ concidissent, nisi Sicilia, illud et rei frumentariæ subsidium et receptaculum, classibus nostris pateret (phrase affirmative : facile opes Carthaginis … conciderunt, quia Sicilia ... classibus nostris patebat). P. Arch., 1, 16 : Africanus, Lælius, Furius, Cato 1116 senex profecto, si nihil ad percipiendam colendamque virtutem litteris adjuvarentur, nunquam 86 ad earum studium contulissent (phrase affirmative : propterea quod … litteris adjuvabantur, se ad earum studium contulerunt). Etc. — T.-LivE, 11, 56, 14 : violatusque esset tribunus, ni et contio omnis atrox coorta ... esset et concursus in forum ex tota urbe concitatæ multitudinis fieret (phrase affirmative : pæne violatus est tribunus : sed contio ... coorta est et concursus in forum ex tota urbe … fiebat). Etc.
b) Si avec le plus-que-parfait du subjonctif correspond au si français construit avec le plus-que-parfait de l'indicatif *.
Ex. : Tén., Andr., 808 : Si id scissem, nunquam huc tetulissem pedem. — Cic., de Inv., 1, 41, 81 : 81] venisses ad exercitum, a tribunis militaribus visus esses; non es autem ab his visus; non es igitur profectus ad exercitum. Tuse., 11, 2, 4: in Græcia philosophia tanto in honore nunquam fuisset,
mors si timeretur, non L. Brutus in prœlio concidisset (Cic., Tusc., 1, 37, 89). Cf. Cic., de Sen., 6, 19 : consilium, ratio, sententia nisi esset in senibus, non summum consilium majores nostri appellassent senatum (phrase affirmative : COnsilium, ratio, sententia est in senibus : ideo summum consilium majores nostri appellaverunt senatum). Etc.
1. Pour so rendre compte de la légitimité de cette construction, il suffit de remplacer la phrase conditionnclle par une phrase affirmative : supposant le fait réalisé, il suffit de voir si la phrase qui servirait à lo constater pourrait avoir ou non l'imparfait de l'indicatif.
2. Ou au plus-que-parfait du subjonctif employé dans une proposition conditionnelle au lieu de l'indicalif. En effet, on sait qu'on peut dire en français : ἃ si j'eusse aimé », au licu de « si j'avais aimé », de même que dans la proposition principale on peut dire : « j'eusse aimé » au lieu de : « j'aurais aimé, » La construction du subjonctif est un emprunt fait au latin.
nisi doctissimorum contentionibus viguisset. De Div. 1. 51, 116: aurum et argentum, æs, ferrum frustra natura genuisset, nisi eadem docuisset, quemadmodum ad eorum venas perveniretur. Etc. |
REMARQUE. — Des règles 8 529 et $ 530 il résulte d'une part, que si ne devrait être suivi du subjonctif présent (mode potentiel) que dans le cas où l'on aurait en français si accompagné de l'imparfait de l'indicatif, la proposition principale étant au conditionnel futur, et, d'autre part, que si ne devrait être suivi de l’imparfait du subjonclif (mode irréel) que dans le cas où l'on aurait en français si accompagné de l'imparfait de l'indicatif, la proposition principale étant au conditionnel présent.
Néanmoins on trouve exceptionnellement l'imparfait du subjonctif® là où il faudrait régulièrement le présent.
Ex. : Cic., Tusc., I, 41, 98 : quanta delectatione autem afficerer, cum Palamedem, cum Ajacem, cum alios judicio iniquo circumventos convenirem (le sens est : κ si après ma mort je pouvais me rencontrer et m'entretenir avec Palamède » ; l'hypothèse se rapporte donc à l'avenir et l'irréel est tout à fait inattendu ici). — Tac., Ann., XII, 37 : supplicium mei oblivio sequeretur (il faudrait sequatur) : at si incolumem servaveris, æternum exemplar clementiæ ero. Etc.
591. — En grec, les indicatifs ἦν, ἔδει, etc., et en latin, les indicatifs poteram, debebam, etc., peuvent s'employer, quand le sens le demande, dans la proposition principale, même à côté d’une proposition conditionnelle au mode irréel.
4° Régulièrement, on ne devrait employer ainsi l'indicatif que dans les cas où il s'agit d'une possibilité ou d'une obligation indépendante de la condition exprimée (cf. ci-dessus, p. 3014, Rex. I, et p. 303, Rey. ἢ.
1, Les deux constructions peuvent d’ailleurs se rencontrer l'une à côté de l'autre, quand le sens le demande.
Ex.: Cic., de Off. 1, 5, 22 : ut, si unumquodque membrum sensum hunc haberet, ut posse putaret se valere si proximi membri valetudinem ad se traduxisset (hypothèse contraire à la réalité), debilitari et interire totum corpus necesse essef : sic, si unusquisque nostrum ad 8e rapiat commoda aliorum detrahatque quod cuique possit emolumenti sui gratia (hypothèse se rapportant à l’aveuir), societas hominum et communitas evertatur necesse est. 1b., IT, 9, 39 : hæc est vis hujus anuli (l'anneau de Gygès) et hujus exempli : si nemo sciturus, nemo ne suspicaturus quidem sit, cum aliquid divitiarum,
otentiæ, dominationis, libidinis causa feceris, si id dis hominibusque turum sit semper ignotum, sisne facturus (interrog. dir. : faciasne). Negant id fieri posse. Nequaquam potest id quidem, sed quæro, quod negant posse, id si posset, quidnam facerent.
Voy. 0, Rismaxux, Synt. lat., ὃ 205 bis, Ruxanque. 32. Pour le présent du subjonctif employé indäment au licu de l'imparfait, νον. ci-dessus, p. 565, Ἀξκν, IT. 3. 1] ost d'autant plus inattendu que ce passage est traduit de Platon : Apol., 41 a, b: ἔμοιγε... θαυμαστὴ ἂν sin ἣ διατριδὴ αὐτόθι, ὁπότε évroyposs Παλαμύήδει καὶ Αἴαντι, cte.,
et que dans le texte grec il y a, conformément à la règle, l’optatif avec ἄν (mode potentiel). γον. O. Rramaxx, Synt, lat,, 2° éd, p. 342, η. 1.
Ex. : Tuuc., 1, 38, 5 : καλὸν δ᾽ ἦν, εἰ χαὶ ἡμαρτάνομεν, τοῖσδε μὲν εἶξαι τῇ ἡμετέρᾳ ὀργῇ, ἡμῖν δὲ αἰσχρὸν βιάσασθαι τὴν τούτων μετριότητα. Etc.
Cic., Phil., 2, 38, 99: omnibus eum contumeliis onerasti quem patris loco, si ulla in te pietas esset, colere debebas. Etc.
2e Mais, en fait, il arrive quelquefois, en grec comme en latin, que par une extension illogique de cette construction on trouve ἦν, ἔδει, etc., poteram, debebam, etc., même dans les cas où la possibilité, l'obligation, etc., étant subordonnées à une condition, il faudrait régulièrement ἂν ἦν. ἔδει ἂν, etc., possem, deberem, etc. (cf. ci-dessus, p. 301, Rex. Il, et p. 304, Rex. II).
Ex. : Déu.,IX,6!: εἰ μὲν οὖν ἅπαντες ὡμολογοῦμεν Φίλιππον τῇ πόλει πολεμεῖν καί τὴν εἰρήνην παραδαίνειν, οὐδὲν ἀλλ᾽ ἔδει (== ἔδει: ἄν) τὸν παριόντα λέγειν χαὶ συμθουλεύειν h ὅπως ἀσφαλέστατα χαὶ ῥᾷστ᾽ αὐτὸν ἀμυνούμεθα" ἐπειδὴ δ᾽ οὕτως ἀτόπως ἔνιοι διάκεινται, ὥστε... ἀνέχεσθαί τινων... λεγόντων...,) ἀνάγχη φυλάττεσθαι καὶ διορθοῦσθαι περὶ τούτου. Etc.
Cic., Tusc., III, 1, 2: quod si tales nos natura genuisset (s'il était vrai, ce qui n'est pas, que la nature nous eût ainsi conformés en nous donnant le jour) ut eam ipsam.. perspicere.. possemus, haud erat (on attendait esset) sane quod (cf. ci-dessus, ὃ 35, 4, p.11) quisquam.…. doctrinam requireret.
532. — Propositions conditionnelles marquant une idée de répétition. — Les propositions conditionnelles qui marquent la répétition d'une action sont soumises en grec et en latin aux mêmes règles qui régissent les propositions relatives et les propositions temporelles*.
4° En grec, il faut distinguer deux cas:
a) Quand l'action de la proposition conditionnelle n'est pas rapportée à un temps déterminé et que, par suite, elle n’est pas non plus rapportée spécialement au passé, on emploie ἐάν avec le subjonctif présent au sens de l'indicatif présent latin ou avec le subjonctif aoriste, au sens de l'indicatif parfait latin.
4. Je corrige ici l'erreur que j'ai commise ci-dessus (p. 301, Rem. 1) en considérant ἔδες comme cmployé ἀ απὸ façon logique. Ce qui prouve qu'il n'en est rien et qu'il faudrait régulièrement ἔδει ἄν, parce que l'obligation est bien subordonnée à une condition, c'est la suite de la phrase : ἐπειδὴ δ᾽ οὕτως ἁτόπως ἕνιοι διάχεινται ὥστε... ἀνέχεσθαι, ἀνάγκη φυλάττεσθαι wat διορθοῦσθαι περὶ τούτου, ce quai rovient à dire : « Si l'on était d'accord sur ce point que Philippe nous fait la gucrre, l'orateur n'aurait d'autre obligation que de conseiller des mesures de défense; maïs cela n'est pas, et, dans l'état actuel des choses, comme on n'est pas d'accord, une autre obligation s'impose à lui, »
2. Voy. ci-dessus, S 411 (cf. p. 424, n. 3); 423, 2°; 450. D'ailleurs dans toutes les constructions, dont on va lire quelques exemples, on remarquera que Εἰ ct 8i ont plutôt la valeur de conjonctions temporelles que de conujonctions conditivnnelles.
En pareil cas, le verbe de la proposition principale est %) au présent ou 8) à l'aoriste d'expérience (cf. ci-dessus, ὃ 260).
œ) Ex. :Eur, Αἴο., 6711 : ἣν ἐγγὺς ἔλθῃ θάνατος, οὐδεὶς βούλεται
θνήσχειν. — Hén., 1, 133: nv μὲν ἅδῃ καὶ νήφουσι, χρέωνται
αὐτῷ ἣν δὲ μὴ ἅδη, μετιεῖσι. — Χέν., Cyr, V, 4, 35:
ὑποπτεύσῃ βελτίονχ ἑαυτοῦ εἶναι. — Ἠέν., II, 12 : ἅπας
ἁλόντος. XXII, 16 : ἐὰν λίθος 7 ξύλον ἢ σίδηρος ἢ τι
ἐνταῦθα λαγχάνετα: (la plainte contre ces objets est reçue par ce tribunal). Etc.
B) Tucc., 1, 10, 1: ἣν δ᾽ ἄρα του χαὶ πείρᾳ σφαλῶσιν, ἀντελπίσαντες ἄλλα ἐπλήρωσαν τὴν χρείαν. ---- Χέν., Cyr. I, 2,2: ἣν δέ τις τούτων τι παραθαίνῃ, ζημίαν αὐτοῖς ἐπέθεσαν. Etc.
b) Quand l'action quise répète est formellement rapportée au passé, on emploie et avec l'optatif présent, au sens de l'imparfait latin ou avec l'optatif aoriste, au sens du plus-que-parfait latin.
En pareil cas, le verbe de la proposition principale est ®%) à l'imparfait (avec ou sans ἄν) ou B) à l'aoriste avec ἄν (cf. ci-dessus, 8 231, 2°, et 8. 302, 2°, p. 308).
α) Ex. : Evn., Αἴο., 155: ἀλλ᾽ εἴ τι μὴ φέροιμεν, ὥτρυνεν φέρειν. — Hén., 1, 100 : εἴ τινα πυνθάνοιτο ὑδρίζοντα, τοῦτον ὄχως μεταπέμψαιτο, κατ᾽ ἀξίην ἑκάστου ἀδικήματος ἐδικαέευ. — Χέν., Cyr, V, 3, 55 : ei δέ τινας θο υδουμένους αἴσθοιτο, τὸ αἴτιον τούτου σχοπῶν Σ τὴν ταραχὴν ἐπειρᾶτο. Cf. Anab., IV, 5, 13; Mém., IV, 2, 40. — Lys., XIII, 78: ἐπειδὴ δὲ εἶδον αὐτὸν τάχιστα, συλλαθόντες ἄγουσιν ἄντιχρυς ὡς ἀποχτενοῦντες, οὗπερ χαὶ τοὺς ἄλλους ἀπέσφαττον εἴ τινα λῃστὴν ἢ χαχοῦργον συλλαθδοῖεν. Εἰς.
XEN., Μόηι., IV, 6, 13 : εἰ δέ τις αὐτῷ περί TOU ἀντιλέγοι, ἐπὶ τὴν ὑπόθεσιν ἑπανῆγεν ἂν πάντα τὸν λόγον.
Tauc., VIII, 66, 2 : εἰ δέ τις χαὶ ἀντείποι, εὐθὺς ἐχ τρόπου τινὸς ἐπιτηδείου ἐτεθνήκει (plus-que-parfait ayant la valeur d'un imparfait).
B) V : Tuuc., VII, 11, 3 : εἰ μέν τινες ἴδοιέν πῃ τοὺς σφετέρους ἐπιχρατοῦντας, ἀνεθάρσησάν τε ἂν χαὶ πρὸς. ἀνάχλησιν θεῶν... ἐτρέποντο. Etc.
SYNTAXE DE SURORDINATION. 513
REMARQUES. — Ï. Dans les poèmes homériques on trouve déjà le subjonctif employé dans la proposition conditionnelle pour marquer une idée de répétition indéterminée. Le plus souvent εἰ n'est pas accompagné de xe!.
Ex. : Ho. Il.,1,81 sqq. : εἴ περ γάρ τε γόλον γε καὶ αὐτῆυαρ καταπέψη [ἀλλὰ (cf. ci-dessus, ὃ 385, 1°, RE. I 6, p. 383) γε χαὶ μετόπισθεν ἔχει χότον, ὄφρα τελέσσῃ, | ἐν στήθεσσιν ἑοΐσι (cf. IV, 261 sqq.: XII, 238, οἷο...
Mais on n y rencontre qu'un seul exemple de l’optatif employé avec el pour exprimer une idée de répétition rapportée au passé.
Ex. : Hom., 11., XXIV, 168 sqq. : ἀλλ᾽ εἴ τίς pe χαὶ ἄλλος ἐνὶ μεγάροισιν ἐνέπτοι | δαέρων ἢ γαλόων..., | ἀλλὰ σὺ τὸν γ᾽ ἐπέεσσι παραιφάμενος 7 χχτέρυχες.
II. Une phrase conditionnelle, qui logiquement devrait être considérée comme exprimant une action répétée, est quelquefois construite en grec avec l'indicatif (au lieu du subjonctif ou de l'optatif), quand celui qui parle ne veut pas donner à sa pensée une portée générale : en pareil cas, et équivaut à pour le cas où el non à toutes les fois que.
Ex. : PINDARE, Pyth., ὁ. 445 : poïpui δ᾽ ἀφίσταντ᾽, εἴ τις ἔχθρα πέλει ὁμογόνοις, αἰδῶ χαλύψαι (cf. Οἱ., 1, 64)?.
Ordinairement cette construction se rencontre avec εἶ τις, εἴ τι, οἱς. ὃ,
Εχ. :ΒΟΡΗ., Trach., 943 844. : ... εἴ τις δύο | ἢ xxi τι πλείους ἡμέρας λογίζεται, | μάταιός ἐστιν. — Tauc., Il, 37, 2 : ἐλευθέρως δὲ... πολιτεύομεν..., οὐ δι᾿ ὀργῆς τὸν πέλας, εἰ xa0” ἡδονήν τι δρᾷ, ἔγοντες. VII, 10, 1 : χαὶ εἴ τίς τι ἠρώτα, ἀπεχρίνοντο. -- XÉN., Anab., V, 1, 16: καὶ τὰ μὲν ἀγώγιμα, εἴ τι ἦγον, ἐξαιρούμενοι
ύλαχας χαθίστασαν. V, 5, 14: καὶ εἴ τις αὐτοῖς φίλος ἣν τῶν Éoééouv, τούτων ἀπειχόμεθα". Etc. | ® En latin, on met régulièrement à l'indicatif les propositions conditionnelles qui marquent la répétition d'une action.
Ex. : Cic., in Verr., I, 4, 21, 41: 81 quod erat grande vas aut majus opus inventum, læti afferebant ; si minus ejusmodi quippiam venari potuerant..., capiebantur patellæ, pateræ, turibula. Etc.
1. C'est par imitatiou de la syutaxe homérique que les potles dramatiques emploient quelquefois εἰ avec le subjonctif, en parcil cas.
Ex.: Escuvis, Eum., 233 sq. (éd. Wecklein) : δεινὴ γὰρ ἐν βροτοῖσι χἀν θεοῖς πέλει | τοῦ προστροπαίου μῆνις, δὲ προδῶ σφ᾽ ἑχών (εἴ. Suppl., 95 544.). — ὅόρη., Antig., 710 sq.: ἀλλ᾽ ἄνδρα, κα τις Ἢ σοφός, τὸ μανθάνειν | πόλλ᾽ αἰσχρὸν οὐδὲν καὶ τὸ μὴ τείνειν ἄγαν (εἴ. Aj., 521; Œd. R., 198 814; Œd. à (οἱ., 509).
2. Ce tour ne doit pas surprendre chez Pindare, qui, on l'a remarqué (voy. Am. Journ. of Phil., t. 111, p. 438 \préfère l'indicatif avec εἶ à toutes les autres formes de la proposition conditionnelle.
3. Remarquez que εἴ τις équivaut à ὅστις οἱ qu'avec ὅστις on peut employer l'indicatif, l’idée de répélilion iadéterminéc étant suffisamment cxprimée par la forme du relatif (cf. ci-dessus, $ 412, 1°, p. #25). Comparez en français : « Quiconque croil pouvoir compter sur deux jours ou encore sur plusieurs jours, est déraisonnable, »
4. Dans cette phrase εἴ τις... τῶν βαοδάρων n'est considéré que comme unc périphrase destinée à exprimer l'idée du complément de ἀπειχόμεθα, de là sans doute l'emploi de l'indicatif ἦν, au lieu do l'aptatif qu'on atiendrait et qu'on trouve dans la proposition qui suit immédiatement : τοὺς δὲ πολεμίους αὐτῶν, ἐφ᾽ οὕς αὐτοὶ ἡγοῖντο, χαχῶς ἐποιοῦμεν ὅσον ἐδυνάμεθα.
On trouve aussi l'imparfait de l'indicatif employé à côté de l'optatif de répétition, sans qu'on puisse trouver d'autre rsison à ce fait que le désir qu'éprouve tout écrivain d'éviter la monotonie en variant les tours.
Es. : Xén., Agés., 11, 3, : ἐμίσει οὐχ δἴ τις χαχῶς πάσχων ἠμύνετο, ἀλλ᾽ εἴ τις εὐεργετούμενος ἀχάριστος φαίνοιτο.
5. Voyez ce qui a été dit ci-dessus, $ 411, Ἀκχ. 1 (p. 424, avec ja note 3).
ds AL
REMARQUES. — I. Toutefois, quand le verbe de la proposition conditionnelle qui contient une idée de répétilion doit être à l'imparfait ou au plus-que-parfaït, il peut être aussi, dans certains cas, au subjonclif.
Cet emploi illogique du subjonctif, inconnu au latin archaïque, assez rare chez Cicéron et chez César, devient fréquent en latin à partir de T.-Live!.
Ex. : Cic., de Oral., 1, 54, 232 : erat enim Athenis reo damnato, si fraus capitalis non esset, quasi pœnæ æstimatio. — CÉs., de Bell. civ., ΠῚ, 110. 4 : fugitivis ... certus erat Alexandriæ receptus : quorum si quis ἃ domino prehenderetur, concursu militum eripiebatur.— Conx. Nér., Agés., 1, 3 : sin is virilem sexum non reliquisset, tum deligebatur qui proximus esset propinquitate. — T.-Live, III, 36, 8 : decemviri judicia domi conflabant, pronuntiabant in foro : si quis collegam appellasset, ab eo, ad quem venerat, ita discedebat, ut pæniteret non prioris decreto stetisse (cf. 111, 50, 12; VIII, 8, 9: 41; FX, 6, 2; XXI, 50, 3; XXVI, 38, 5; XXXIX, 40, 6; XLIV, 29, 4).
IL. Quand le verbe de la proposition conditionnelle exprimant une idée de répélilion n’est ni à l’imparfait ni au plus-que-parfait, l'emploi du subjonctif au lieu de l'indicatif est tout à fait incorrect.
Ex. :TAC., Germ., 11 : tegumen omnibus sagum fibulæ aut, si desit, spina consertum. Ann., XIV, 14 : mox ultro vocari populus Romanus laudibusque extollere, ut est vulgus cupiens voluptatum et, si eodem princeps trahat, lætum.
533. — Propositions conditionnelles remplaçant des propositions complétives. — Après les verbes θαυμάζειν, s'étonner, ἄχθεσθαι, être importuné, supporter avec peine, ἀγαναχτεῖν, s'indigner, αἱςσχύνέεσθαι, rougir, avoir honte, μέμφεσθα:, reprocher, δεινὸν ποιεῖσθαι, s'indigner. δεινόν ἐστι, c'est une chose étrange, ἀγαπᾶν, être content, satisfait, φθονεῖν, être jaloux, αἰσχρόν ἐστι, etC., c'est une honte, le grec emploie souvent une proposition conditionnelle avec ei, pour le cas où, au lieu d'une proposition complétive avec ὅτι.
Ce tour est une formule polie qui substitue une hypothèse à l'expression d’un fait réel : mais, comme chacune des propositions ainsi introduites équivaut, pour le sens, ἃ une proposition affirmative,
on trouve ordinairement, en pareil cas, les motes des propositions
affirmatives (indicatif, optatif avec ἄν ou mode potentiel, indicatif d'un temps historique avec ἄν ou mode irréel)!,
a) INDICATIF :
Ex. : Πέν., VII, 9 : δεινὸν ἂν εἴη πρῆγμα, ei Σάκας μὲν δούλους ἔχομεν, “Ἕλληνας δὲ οὐ τιμωρησόμεθα. — Tuve., 1, 35,3: χαὶ δεινὸν (ce serait une chose étrange) εἰ τοῖσδε... ἔσται πληροῦν τὰς ναῦς. VI, 60, 4: δεινὸν ποιούμενοι... εἰ τοὺς ἐπιβουλεύοντας σφῶν τῷ πλήθει μὴ εἴσονται. --- Ριλτ., Phéd.. αὐτοῦ. Laches, 194 a : ἀγανακτῶ, εἰ οὑτωσὶ ἃ νοῶ un οἷός
1. Pour l'emploi de la négation, voy. ci-après, S 538, p. 580.
τ᾽ εἰμὲ εἰπεῖν. — Xéx., Cyr, IV, 3,3: (Κῦρος) κατεμέμφετο χαὶ αὑτὸν χαὶ τοὺς σὺν αὑτῷ, εἰ οἱ ἄλλοι... ἐδόκουν, χτλ. — Déx., XVIII, 160: αἰσχρόν ἐστιν, ei ἐγὼ μὲν τὰ ἔργα τῶν ὑπὲρ ὑμῶν πόνων ὑπέμεινα, ὑμεῖς δὲ μηδὲ τοὺς λόγους
αὐτῶν ἀνέξεσθε. Etc.
b) OPTATIF AVEC ἄν :
Ex. : Puar., Mén., 91 ἃ: τέρας λέγεις, εἰ... οὐχ ἂν δύναιντο λαθεῖν. -- Χέν., Cyr, ΠΙ, 3, 31 : ἀγαπητόν, εἰ χαὶ ἐξ ὑποδολῆς δύναιντ᾽ ἂν (texte douteux) ἄνδρες ἀγαθοὶ εἶναι. Agés., 1, 1 : où γὰρ ἂν καλῶς ἔχοι, εἰ, ὅτι τελέως ἀνὴρ ἀγαθὸς ἐγένετο, διὰ τοῦτο οὐδὲ μειόνων ἄν τυγχάνοι ἐπαίνων.
C) INDICATIF D'UN TEMPS HISTORIQUE AVEC ἄν :
Ex. : Xén., Mém., II, 3, 9: θαυμαστά γε λέγεις, εἰ χύνα μέν, εἰ... σοὶ... ἐχαλέπαινεν, ἀμελήσας ἄν τοῦ ὀργίζεσθαι ἐπειρῶ εὖ ποιήσας πραῦνειν αὐτόν, τὸν δὲ ἀδελφὸν... οὐχ ἐπιχειρεῖς, χτλ. — Escmne, I, 85: ἄτοπον ἄν εἴη, εἰ μηδὲν ἐμοῦ λέγοντος αὐτοὶ βοᾶτε..., ἐμοῦ δὲ λέγοντος ἐπιλέλησθε χαὶ μὴ γενο-
à ἐλέγχου ἀποφεύξεται. — Isée, Χ, 12: θαυμαστὸν γὰρ ἂν ἦν, εἰ τὴν ἐμὴν μητέρα ἔχοντι... οὐχ ἂν οἷόν τε ἫΝ τῶν ἐχείνης χυοίῳ γενέσθαι. Etc.
REMARQUES. — [. On trouve aussi quelquefois, en pareil cas, ἐάν avec le subjonctif employé, comme dans les propositions conditionnelles ordinaires, pour signifier une action future ou attendue.
Ex. :Isocr., Ép., 6,7 : un θαυμάζετε δ᾽, ἄν τι φαίνωμαι λέγων. XV, 11 : ἀγαπητὸν (s.-ent. ἐστιν) ἣν ἐχλαθδεὶν δυνηθῶσι τὸ δίχαιον. — DÉM., IX, 14. : ἀγαπητὸν γὰρ ἐὰν αὐτοὶ σῴζωνται τούτων ἐχάστοις, chacun de ces peuples doit s'estimer heureux, s'il se sauve lui-même. Etc.
11. L'optatif sans ἄν s'emploie quelquefois dans ces sortes de propositions après un verbe principal à un temps historique :
Ex. : XEN.,Cyr., 11,2, 3: ἐγὼ ἀχούσας ἢχθέσθην, εἴ τι μεῖον δοκοῖεν ἔχειν. — Isocr., XIX, 20 : οὐδ᾽... ἠγάπησα, εἰ τοὺς οἰχείους τοὺς ἐμαυτοῦ διασῶσαι δυνηθείην'.
Ou dans une proposition faisant partie du style indirect :
Ex. : Escu., II, 151 : ἐπεῖπεν... ὡς δεινὸν εἴη, εἰ ὁ μὲν... μεγαλόψυγος γένοιτο. Etc.
{. Daos l'exemple ἃ Ἰβοοτγαίθ, comme dans celui de Xénophon, l'optatif s'explique parce que la proposition dans laquelle il se trouve fait partie de la pensée du sujet priacipal. Ce qu'il y a de remarquable dans l'un et l'autre passage c'est que la proposition subordonnée y est traitée comme si elle était complétive (cf. ci-dessus, $ 428, 2°, p. 451). On constate donc une fois de plus que, comme nous l'avons fait remarquer ci-dessus ($ 533), les auteurs se préoccupaicut uniquement, en substituant εἰ à ὅτι, d'adoucir la rudesse de l'assertion : ils ne voyaient pas nécessairement, dans ces sortes de propositions, des propositions conditionnelles proprement dites. Toutefois ils pouvaient aussi à l’occasion les traiter comme des propositions conditionnelles, ce qui explique, par exemple le cas de la Ἀκν. I.
534. — Ce qui correspond en latin à ce tour grec, c'est l'emploi de si après les expressions qui signifient s'étonner : miror si.…., mirum est si. (avec l'indicatif).
Ex. : PLaurTe, Pseud., 449 : id nunc mirare, si patrissat filius? — Cic., de Amic., 15, 54: miror, illa superbia et importunitate si quemquam amicum habere potuïit. De Orat., 11, 13, 55 : minime mirum, si ista res adhuc nostra lingua illustrata non est. De Sen., 11, 25 : quid mirum in senibus, si infirmi sunt aliquando. — T.-Live, IX, 18, 10 : miremur, 51... fortuna variaverit ? Etc.
REMARQUE. — Dans la langue familière on trouve aussi indignor si... (SuLpic. chez Cic., ad Fam., IV, 5; VAL.-Max., III, 8, 7, Q.-CURCE, VI, 5, 414, etc.)!.
535. — Propositions conditionnelles elliptiques. — En grec, comme en latin, les propositions conditionnelles se présentent souvent sous une forme elliptique.
1° Sans parler de l'ellipse très fréquente de l'indicatif présent du
verbe étre dans la proposition conditionnelle, il convient de remarquer qu'on rencontre fréquemment en grec εἴ τις, εἴ ποτε, εἴπερ OU εἴπερ ποτέ sans verbe exprimé. En pareil cas, il faut sous-entendre dans la proposition conditionnelle le verbe de la proposition principale en le mettant à la forme exigée par le sens.
EX. : PLaron, Soph., 211 : αἱρήσει Θεχίτητον ἢ χαὶ τῶν ἄλλων εἶ τίς Go! χατὰ νοῦν (s.-ent. αἱρετέος ἐστίν). Rép., 4916 : οὐ τὸ μὴ βούλεσθαι, ἦν δ᾽ ἐγώ, ἀλλ᾽ εἴπερ (s.-ent. διαχωλύσει), τὸ υ ἢ δύνασθαι διαχωλύσει. — Dé. I, 6: φημὶ δεῖν ἐθελῆσα: χαὶ παροξυνθῆναι χαὶ τῷ πολέμῳ προσέχειν, εἴπερ ποτέ (s.-ent. ἔδει), χαὶ νῦν. Etc.*.
2° Dans les oppositions indiquées par εἰ μέν (ἐὰν μέν)... εἰ δὲ un.
(cf. ci-après, ὃ 539, 2), il arrive fréquemment que le premier terme n’est pas suivi de la proposition principale qu on attendrait logiquement. En pareil cas, on sous-entend, comme proposition principale, le verbe dont l’idée est suggérée par ce qui précède, en le mettant au temps, au mode et à la personne qu'exige le sens général.
EX. : PLaton, Banq., 185 d : ἐὰν μέν σοι ἐθέλῃ ἀπνευστὶ ἔχοντι πολὺν χρόνον παύεσθαι ἡ λύγξ (s.-ent. ἀπνευστὶ ἔχε)" ei δὲ μή,
1. Voy. Zeitschrift {. G. W., 1881, p. 120. La construction ordinaire avec indignari est l'infinitif accompagné d'un accusatif sujet (cf. Ces., de Bell. civ., MI, 108: Cac., de Inv., I, 56; δά, JNg., 31. 9 ct voy. A. Dneoën, Aist. Synt., 11, p. 293) ou une proposition complétive avec quod (cf. Cts.. de Bell, Gall., NII, 19). L'emploi de l'intinitif seul après indignari cest une construction propre à la langue de l'époque impériale (Vezesus ParTencuius, Vac.-Max., Sex, au., cf. Grorcss, Jahresbericht äber lat. Lexikogr., 1880, p. 402 et 428 dans le Jahresbericht de Bursian).
2. C'est par suite d'une ellipse de même nature qu'après une proposition négative εἰ μή prend Je sens de « hormis, excepté » (vay. ci-après, 8 539, p. 582.
ὕδατ' ἀναχο χυλίασον. — Χέν., An., VII, 7, 15: εἰ μὲν σύ τι ἔχεις, ὧ Μηδέσαδες. πρὸς ἡμᾶς λέγειν (s.-ent. λέγε), εἰ δὲ μή, ἡμεῖς πρὸς σὲ ἔχομιεν. Cyr., ΥΠῚ, 1,24 : El μὲν ἐγὼ ὑμᾶς ἱκανῶς διδάσχω οἴους δεῖ πρὸς ἀλλήλους εἶναι (5.-οηΐ. χαλῶς ἔχει)" εἰ δὲ μή, καὶ παρὰ τῶν προγεγενη!λένων μανθάνετε.
536. — On rencontre, en latin comme en grec, certains emplois de ei ou de si qu'on traduit généralement par pour voir si. Mais cette traduction est inexacte, comme on va le voir.
1° En grec, ἐάν (ἦν) suivi du subjonctif ou, après un temps secondaire, ei suivi de l'optatif signifient pour le cas où dans certaines phrases elliptiques dont les exemples qui suivent feront comprendre la nature.
Ex. : How., Od., II, 359 sq. (cf. 1, 93 sqq.) : εἶμ: γὰρ ἐς Σπάρτην... | νόστον πευσόμενος πατρὸς φίλου, ἦν που ἀκούσω (cf. cidessus, p. 402, avec la note 1). Od., IX, 228 sqq.: ἀλλ᾽ ἐγὼ οὐ πιθόμην... [ὄφρ᾽ αὐτόν τε ἴδοιμι καὶ εἴ mot ξείνια Goin (mais je ne les écoutai pas..., afin de voir le Cyclope [et de recevoir ses dons d'hospitalité] pour le cas où il m'en offrirait). Ete.!. — Sopn., Œd. à Col., 1169 sqq. : ...Θηύας δ᾽ ἡμᾶς [τὰς ὠγυγίους πέμψον, ἐάν πως | διακωλύσωμεν ἰόντα φόνον | τοῖσιν ομαίμοις. — Ετὐκ., Herc. fur., 218 : τῆς ἐμῆς γνώμης ἄκουσον, ἦν τι σο! δοκῶ λέγειν (entendez : ἵνα πείθῃ, ἤν τι σοι δοχῶ λέγειν). — Hén., V, 30: ἐδέοντο τοῦ ᾿Αρισταγόρεω, εἴ χως αὐτοῖσι παράσχοι (entendez : ἐδέοντο τοῦ ᾿Αρισταγόρεω παρασχεῖν αὐτοῖσ! δύναμίν τινα, εἴκως... παράσχοι) δύνα. niv τίνα χαὶ κατέλθοιεν ἐς τὴν ἑωυτῶν (cf. VI, 52; VII, 145; VIII, 6: IX, 14). — Anisr., Ois., 120 sq. : ταῦτ᾽ οὖν ἱχέται νὼ πρὸς σὲ δεῦρ᾽ ἀφίγμεθα, [εἴ τινα πόλιν φράσειας ἡμῖν εὔερον (entendez : ἵνα φράσειας, εἴ τινα φράσειας, elc.). — Tuve., 1, 58, 1: Ποτειδεᾶτα!: δὲ πέμψαντες... πρέοθεις, εἴ πως πείσειαν (ΞΞΞ ἵνα πείσειαν, εἴ πὼς πείσειαν...). --- ΡΙΑΤΟΝ, Rép., 358 b : ἄχουσον χαὶ ἐμοῦ, ἐάν σοι ταὐτὰ δοκῇ (pour le cas où tu serais du même avis que moi). Etc.°.
1. Voy. dans Goonwix, ouv. cilé, ὃ 487 et ὃ 488, un grand nombre d'exemples cmpruntés à Homère et dans lesquels, suivant l'expression de Goodwin, l'apodose (cf. ci-dessus, p. 557, n. 3) est, comme dans les excmples ci-dessus, contenue dans la protase.
2, 1} ne faut pas expliquer de la mèmo manière des exemples comme celui-ci: Tnrc., I, 20, 1 : ἐπιθουλεύουσιν... ἐξελθεῖν, nv δύνωνται βιάσασθαι. En effet, dans cette phrase et dans d'autres semblables la proposition conditionnelle fait partie de ce qu'on appelle le style indirect au sens large du mot. Thucydide résume 165 paroles des Platécens, qui, au style direct, seraient ainsi exprimées : « 1] faut sortir d'ici et c'est ce que nous ferons, si nous pouvous forcer le passage ». Le grec dirait : « Si nous pourrons », en employant la forme de phrase notée ci-dessus, ὃ 528. Il n’y a donc pas dans la phrase de Thucydide la mème construction que dans les phrases citées précédemment, mais un cas particulier du stvle indirect, ἐξελθεῖν, ἣν δύνωνται βιάσασθα: représentant ἐξέλθωμεν, ἢν δυνώμεθα βιάσασθαι.
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Svntaxe). 37
2° En latin, on trouve la même construction avec si. La conjonc-
tion si y est suivie du subjonctif parce que la proposition dans
laquelle elle se trouve fait partie de la pensée du sujet de la proposition principale !.
Ex. : Cuc., ad Att., XII, 22, 5 : epistulam Cæsaris misi, si minus
legisses (entendez : ut legeres, si minus legisses\. 16., ΧΙ,
9, 2 : solvi (fasciculum), si quid ad me esset litterarum.
— Cés., de Bell. Gall, VI, 29, 4 : L. Minucium Basilum cum
equitatu præmittit, si quid celeritate itineris proficere
possit. VI, 37, 4: circumfunduntur hostes, si quem adi-
tum reperire possent (cf. VII, 55,9). — Virc., Én., 1, 180 sqq. :
Æneas scopulum interea conscendit, et omnem | prospec-
tum pelago late petit, Anthea si qua | jactatum vento
videat. Etc.
REMARQUES. — I. La même ellipse se rencontre aussi en latin pour si employé avec des verbes signifiant essayer Ou attendre.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., I, 8, 4 : nonnunquam ïinterdiu, sæpius noctu, si perrumpere possent, conati, operis munitione et militum concursu et telis repulsi hoc conatu destiterunt. De Bell. civ.,1, 58, 1 : remos…. detergere si possent, contendebant. 1ὁ., ib., 83, 4 : illi vadum fluminis Sicoris tentare, si transire possent. Fragm., 145, 6 : tentemus, hoc modo si possimus omnium voluntates recuperare. — Cic., Phil., 9, 1, 2 : Ser. Sulpicius non recusavit, quo minus vel extremo spiritu, si quam opem rei publicæ ferre posset, experiretur. — T.-Live, 1, 57, 3 : tentata res est, si primo impetu capi Ardea posset. Etc.
CÉs., de Bell. Gall., Il, 9, 1 : hanc (paludem) si nostri transirent, hostes exspectabant (cf. :b., 1, 5, 5; II, 34, 4). De Bell. civ., III, 75, 3 : (Pompejus) spectans (al. eadem exspectans) si itinere impeditos perterritos deprehendere posset, exercitum e castris eduxit. — Cic., ad Ail., XVI, 2, 4 : exspectabamque, si quid de 60 ad me scriberes. Etc.