C'est de même qu'il faut expliquer en latin
1° Certains tours où entre ni, qui peut alors se traduire par pour le cas ... où... ne... pas. Ex.: T.-LivE, XXVIII, 45, ἃ : non ego ignarus quid responsurus facturusve esses quæsivi, quippe cum præ te feras tentare te magis quam consulere senatum et, ni provinciam tibi quam volueris extemplo decer-
namus, paratam rogationem habeas.
29 Sive ... sive … signifiant pour le cas où …, ou bien où : Ex. : CÉs., de Bell. Gall., VIA, 32, 2 : cum ad hostem proficisci constituisset, sive eum ex paludibus ... elicere sfve obsidione premere posset. EU. Il faut mettre à part un exemple comme celui-ci :
CÉs., de Bell. civ., 1, 81, 2: eo die tabernacula statui passus non est, quo paratiores essent ad insequendum omnes, sive noctu sive interdiu perrumperent dans lequel sive... sive... équivaut à si vel... vel... : s'ils tentaient de s'échapper soit de nuit, soit de jour.
{. C'est ce qu'on appelle le style indirect au sens large du mot. Cf. ci-après, ξ 632, p. 710.
537. — En grec et en latin, les propositions conditionnelles ne se présentent pas toujours sous la forme de propositions commençant par εἰ (64v) ou si avec une des formes personnelles du verbe : l’idée peut en être exprimée de diverses manières :
4° Soit par un participe (souvent au génitif ou à l'ablatif absolu).
Ex. : How, Od., I, 390 : χαί χεν τοῦτ᾽ ἐθέλοιμι Διὸς γε διδόντος ἀρέσθα: (— εἰ Ζεὺς διδοίη). — Escu., Sept, 195 : τοιαῦτά τἂν γυναιξὶ ouvvalwv ἔχοις (— εἰ cuvvæioté). — Sorn., Ané., 185 : οὐὸ ἂν σιωπήσαιμι τὴν ἄτην δρῶν στείχουσαν ἀστοῖς (— εἰ ὁρῴην). 16, 1255 : ἀλλ᾽ εἰσόμεσθα δόμους παραστεέχοντες (= ἐὰν παραστείχωμεν). — ARIST., Vuées, 904: πῶς δῆτα δίκης οὔσης (-- εἰ δίχη ἐστίν) ὁ Ζεὺς οὐχ ἀπόλωλεν τὸν πατέρ᾽ αὐτοῦ; Ois., 1390: σὺ δὲ κλύων εἴσει τάχα (— ἐὰν χλύῃς). — Ταῦυα,, 1, 10, 2 (οἶμαι...) ᾿Αθηναέων δὲ τὸ αὐτὸ τοῦτο παθόντων (— εἰ ᾿Αθηναῖοι... πάθοιεν) διπλασίαν ἂν NV δύναμιν εἰχάζεσθαι ἀπὸ τῆς φανερᾶς ὄψεως τῆς πόλεως ἢ ἔστιν. VII, 28, 2 : χαὶ ἐς φιλονεικίαν χαθέστασαν τοιαύτην ἣν πρὶν γενέσθαι ἡπίστησεν ἄν τις ἀκούσας (--- εἰ ἤχουσεν). — Dé, XVIII, 398; οὐ γὰρ ἂν μεταπείθειν ὑμᾶς ἐζήτει μὴ τοιαύτης οὔσης τῆς ὑπαρχούσης ὑπολήψεως (— εἰ μὴ τοιαύτη nv). ΧΙΧ, 308 : ἔστιν οὖν ὅπως ταῦτ᾽ ἄν, ἐχεῖνα προειρηχώς, ὁ αὐτὸς ἀνὴρ μὴ διαφθαρεὶς (-- εἰ μὴ διεφθάρη) ἐτόλμησεν εἰπεῖν. Etc.
Cic., de Div., II, 71, 146 : cum mendaci homini, ne verum quidem dicenti, credere soleamus. De Of. 1, 44, 157 : magnitudo animi, remota communitate conjunctioneque humana, feritas sit quædam et immanitas. — T.-Live, XXI, 44, 4 : deditos (—: qui si dediti essent) ultimis cruciatibus affecturi fuerunt. Etc.
2 Soit par une proposition relative (cf. ci-dessus, ὃ 419) ;
3° Soit par une préposition suivie de son complément :
Ex. : Tnuc., ΥἹΙ, 13,1: ἡμῖν δ᾽ ἐκ πολλῆς ἂν περιουσίας (— εἰ πολλὴν περιουσίαν εἴχομεν) νεῶν μόλις τοῦτο ὑπῆρχε, χαὶ μὴ ἀναγχαζομένοις, ὥσπερ νῦν, πάσαις φυλάσσειν. — Déu., XVIII, 49: διά γε ὑμᾶς αὐτοὺς πάλαι ἂν ἀπολώλειτε, si cela n'avail dépendu que de vous seuls, il y a longtemps que vous auriez péri. Etc.
Cic., de Οῇ., I, 4, 15 : quid enumerem artium multitudinem sine quibus (— quæ nisi essent) vita omnino nulla esse potuisset. De Amic., 1, 24 : stantes plaudebant in re ficta : quid arbitramur in vera (— si vera fuisset) facturos fuisse ? Etc.
δαῖτα. ne
4 Soit enfin par l'ensemble de la phrase :
Ex. : Χέν., Cyr, VIII, ἃ, 21 : οὔτε ἐσθίουσι πλείω ἢ δύνανται φέρειν, διαρραγεῖεν γὰρ ἄν’ οὔτ ἀμφιέννυνται πλείω ἢ δύνανται φέρειν, ἀποπνιγεῖεν γὰρ ἄν, ils ne mangent pas plus qu'ils ne peuvent supporter, car (s'ils faisaient cela), ils éclateraient, et ils ne se couvrent pas plus qu'ils ne peuvent, car (s'ils faisaient cela), ils étoufferaient. Anab., IV, 2, 10 : καὶ αὐτοὶ μὲν ἂν ἐπορεύθησαν ñ περ οἱ ἄλλοι" τὰ δ᾽ ὑποζύγια οὐχ ἦν ἄλλῃ ἢ ταύτῃ EXO Eva, pour οὐχ, ils auraient pu (s'ils avaient voulu) prendre la même route que les autres, mais il n'était pas possible de faire passer Îles bêtes de somme par une autre route que celle-là. Etc.
Cic., p. Mil., 32, 88 : senatus, credo, prætorem eum circumscripsisset (s.-ent. si prætor factus esset). De Amic., 3, 11 : quid igitur hunc paucorum annorum accessio (—- si pauci anni accessissent) juvare potuisset ? Ad Af., XIV, 13, 6: quæ Cæsar nunquam neque fecisset neque passus esset (s.-ent. si etiam tum vixisset), ea nunc ex falsis ejus commentariis proferuntur. Etc.
538. — Emploi des négations. — L'emploi des négations dans les propositions conditionnelles, en grec et en latin, est soumis aux règles suivantes :
4° En grec, ainsi qu'on l’a vu précédemment, la négation μὴ, est de règle dans toutes les formes de propositions conditionnelles (cf. $S 529, 530, 531).
Toutefois, il se présente certains cas particuliers dont voici les
principaux :
a) La négation οὗ étant si étroitement unie à certains mots qu'elle forme, en quelque sorte, corps avec eux, on la conserve même après εἰ OU ἐάν.
Ex. : Sorn., 47.,ὄ 1131 : εἰ τοὺς θανόντας οὐκ ἐᾷς (— χωλύεις) θάπτειν παρών (cf. Dém., XXI, 41). --- Tnec., 111, 55, 3 : δὲ δ᾽ ἀποστῆνα! ᾿Αθηναίων οὐκ ἠθελήσαμεν (nous nous sommes refusés à) ὑμῶν χελευσάντων, οὐχ ἠδιχοῦμεν. — Lis, XIII, 62 : εἰ μὲν οὖν οὗ πολλοὶ (—- ὀλίγοι) ἤσαν... — PuaAT., Apol., 25 Ὁ : ἐάν τε... où φῆτε (--- negabitis) ἐάν τε φῆτε... Etc.!.
b) Quand εἰ équivaut à ὅτι, que, de ce que, parce que, l'emploi de οὗ au lieu de pr, ἃ sa raison d'être. C'est pour cela que dans la
4. C'est parce que la négation οὐ fait corps avec le verbe qu'on trouve quelquefois des exemples comme celui-ci :
Déu., XIX, 74: οὐδ᾽ ὡς εἰ μὴ Πρόξενον oÙy ὑπεδέξαντο, dans lequel οὐχ ὑπεδέξαντο équivaut ἃ ἀπεώσαντο.
ΝΑ ΨΥ Le ἐ
construction signalée ci-dessus (δ 333) on trouve la négation οὐ plus souvent peut-être que la négation μή.
Ex. : Eun., Méd., 88 : εἰ τούς de γ᾽ εὐνῆς oùvex οὗ στέργει πατὴρ, parce que Jason n'a plus d'affection pour ses enfants, afin de plaire à sa femme (Cf. Αντιρη., I, V2 3). — Tauc., 1, 124, 5 : δεινὸν ἂν εἴη εἰ οἱ μὲν ἐχείνων ξύμμαχοι ἐπὶ δουλείᾳ τῇ αὑτῶν φέροντες οὐκ ἀπεροῦσιν, ἡμεῖς δ᾽ ἐπὶ τῷ τιμωρούμενοι τοὺς ἐχθροὺς χαὶ αὐτοὶ ἅμα σῴζεσθα: οὐκ ἄρα δαπανήσομεν. — Déx., XV, 93: εἶτ᾽ οὐκ αἰσχρόν, ὦ ἄνδρες ᾿Αθηναῖοι, εἰ τὸ μὲν ᾿Αργείων πλῆθος οὐκ ἐφοθήθη τὴν Λακεδαιμονίων ἀρχῆν..., ὑμεῖς δ᾽ ὄντες ᾿Αθηναῖοι βάρδαρον ἄνθρωπον, καὶ ταῦτα γυναῖκα, φοδήσεσθε ; — Isocn., 1, 44 : μὴ θαυμάσης εἰ πολλὰ τῶν εἰρημένων οὗ πρέπει σοι. Etc.
Ο) Il peut arriver aussi que εἰ signifie s’il est vrai que et que cette idée rende nécessaire l'emploi de οὐ.
Ex. : Χέν., Anab., I, 1, 18 : εἶπεν αὐτῷ (ὁ μάντις) ὅτι βασιλεὺς οὐ μαχεῖται δέχα ἡμερῶν (cf. ci-dessus, 8 137, 2°, p. 171), Κῦρος δ᾽ εἶπεν, οὐχ ἄρα ἔτι μαχεῖται, ε ἐν ταύταις οὗ
ÿ e Ἵ F Α 4.5 a 4 μαχεῖται ταῖς ἡμέραις (c'est comme s'il y avait : εἰ ἀληθῆ ᾿ λέγεις, ὅτι οὐ μαχεῖται...). Ete.*.
d) Enfin il peut se faire que εἰ domine toute une phrase faite de deux membres opposés par μέν... dë..., dans laquelle le premier membre ait en réalité la valeur d'une proposition indépendante; dès lors, comme 16 fait ou l’idée qu'il exprime ne dépend pas de la condition, il est tout naturel que la négation y soit celle d'une proposition affirmative.
Ex. : Tuve., 1, 121, 5 : δεινὸν ἂν εἴη εἰ οἱ μὲν ἐχείνων ξύμμαχοι ἐπὶ δουλείκ τῇ αὑτῶν φέροντες οὐχ ἀπεροῦσιν, ἡμεῖς δ᾽ ἐπὶ τῷ τιμωρούμενοι τοὺς ἐχθροὺς χαὶ αὐτοὶ ἅμα σῴζεσθαι οὐκ ἄρα δαπανήσομεν. -- XEN., Anab., VII, 1, 99: χαὶ διχαίως, εἰ βαρ- Gapov μὲν πόλιν οὐδεμίαν ἠθελήσαμεν κατασχεῖν, EXAnνίδα δέ γ εἰς ἣν πρώτην πόλιν ἤλθομεν, ταύτην ἐξαλαπάξομεν.
4. A première vue, il semble que les écrivains aient employé μή toutes les fois qu'ils voulaicat insister sur le caractère particulier que donne à la phrase l'emploi de εἰ au lieu de ὅτι, οἱ qu'au contraire ils se soient servis de οὐ quand, satisfaits d'avoir adouci l'expression par l'emploi de ei, ils voulaient néanmoins indiquer qu'il fallait considérer la proposition comme exprimant un fait et non une simple hypothèse. On ne peut pas donner de règle certaine, parce que les exemples ne sont ni assez nombreux ni assez bien classés. Remarquez que l'exemple de Démosthène (XV, 23) serait peut-être mieux placé ci-dessous, À): car on peut considérer la proposition où se trouve οὐχ ἐφοδήθη comme construite d’une manière indépendante, ce qui expliquerait l'emploi de οὐ : « d'une part le peuple d'Argos n'a pas eu peur des Lacédémoniens ; d'autre part, vous, des Athéniens, vous auriez peur d'un barbare : n’est-ce pas honteux? ».
ἃ, Par contre, on rencontre quelquefois des exemples où l'emploi de εἰ a entrainé celui de un, bien que la logique semble exiger οὐ.
Ex. : Tuvc., 1,32, 5: χαὶ ξυγγνώμη (ΞΞ καὶ ξυγγνώμην ἡμῖν παρ᾽ ὑμῶν γενέσθαι ἄξιόν ἐστιν), εἴ
(« on ne doit pas nous faire un crime de ce 406... ») μιῇ μετὰ κακίας, δόξης δὲ (cf. ci-dessus, p. 384, η. 3) μᾶλλον ἁμαρτίχ, τῇ πρότερον anpayuoouvn ἐναντία τολμῶμεν.
— Lys, XXXI, 31 : σχέτλιον δ᾽ ἂν εἴη, εἰ οὗτος μὲν ἅπαντας τοὺς πολίτας περὶ οὐδενὸς ἡγήσατο, ὑμεῖς δὲ τοῦτον ἕνα ὄντα μὴ ἀποδοχιμάσαιτε.
539. — 1° Ei μή... signifie ordinairement si... ne pas et correspond au latin si non (cf. ci-après, 8 540).
Mais il correspond aussi à nisi et, comme nisi, 1] peut, après
une négation, être employé comme un simple adverbe et
signifier excepté, hormis”.
Ex. : Hén., 1, 200 : οὐδὲν ἄλλο σιτέονται εἰ ἢ ἰχθῦς μοῦνον. — Χέκ., Anab., 1, 5, 6: τὸ δὲ στράτευμα ὁ σἴτος ἐπέλιπε χαὶ πρίασθα! οὐχ ἦν, εὲ μὴ ἐν τῇ Λυδίᾳ ἀγορᾷ. 11,1, 12: νῦν ἡμῖν οὐδὲν
ἀγαθὸν ἄλλο εἰ μὴ ὅπλα καὶ apern”. Etc.
REMARQUES. — I. Au lieu de εἰ μή, on trouve quelquefois, mais rarement, εἰ μὴ εἶ, excepté si.
Ex. :Tauc., 1, 17: ἐπράχθη te an’ αὐτῶν οὐδὲν ἔργον ἀξιόλογον, εἰ μὴ εἴ τιδ πρὸς περιοίχους τοὺς αὑτῶν ἑχάστοις. — PLATON, Rép., 581 d : ὃ γε χρηματιστιχὸς πρὸς τὸ χερδαίνειν τὴν τοῦ τιμᾶσθαι ἡδονὴν ἢ τὴν τοῦ μανθάνειν οὐδενὸς ἀξίαν φήσει εἶναι, εἰ μὴ εἴ τι αὐτῶν ἀργυρίον ποιεῖ.
IT. On ἃ vu ci-dessus (p. 561, REM. III) que et un ἄρα correspondant au latin nisi forte se construit toujours avec l'indicatif.
Π|. Par suite d’une ellipse facile à comprendre, on trouve souvent en grec la locution εἰ μὴ διά, avec laquelle on peut sous-entendre un verbe signifiant empêcher.
Ex. : Tauc., II, 48,4: χαὶ ἐδόχουν oi Πελοποννήσιοι ἐπελθόντες ἂν Dix τάχους πάντα ἔτι ἔξω χχταλαθεῖν, εἰ μὴ διὰ τὴν ἐχείνου μέλλυ,σιν (n'eit été sa lenteur à agir, /?{{. si sa lenteur à agir n'y avail pas fait obstacle). — PLAT., Gorg., 516 6 : Μιλτιάδην τὸν ἐν Μαραθῶνι εἰς τὸ βάραθρον ἐμύαλεϊν ἐψηφίσαντο, χαὶ εἰ μὴ διὰ τὸν πρύτανιν, ἐνέπεσεν ἂν (sans l'intervention du prylane il y eût été jeté). — Isocn., V, 92 : φαίνονται οἱ “Ἕλληνες χρατήσαντες ἂν τῶν βασιλέως π αγμᾶτων, εἰ μὴ διὰ Κῦρον. — Lys. XII, 60 : οὐ διαλλάξαι ἀλλ᾽ YU παρεσχευάζοντο τὴν πόλιν, εἰ μὴ δι᾽ ἄνδρας ἀγαθούς (si des gens de cœur ne s'y étaient pas opposés), οἷς ὑμεῖς δηλώσατε παρὰ τῶν ἐχθρῶν δίχην λαθόντες ὅτι χἀχείνοις χάριν ἀποδώσετε. — DÉM., XIX, 14 : οὐ γὰρ ὡς εἰ μὴ διὰ Λαχεδαιμονίους (si cela n’avail manqué par la faute des Lacédémoniens), οὐδ' ὡς εἰ un Πρόξενον οὐχ ὑπεδέξαντο, οὐδ᾽ ὡς εἰ μὴ δι’ ᾿Πγήσιππον, οὐδ᾽ ὡς εἰ μὴ διὰ τὸ χαὶ τὸ ἐσώθησαν ἂν οἱ Φωχεῖς (cf. r6., 90). Etc.
1. Cet emploi de εἰ μή s'explique par une ellipse, Voy. ci-dessus, p. 570, n. 4. 2. Au lieu de εἰ μή, on trouve quelquefois πλὴν εἰ « si ce n'est, excepté », avec ellipse du verbe. * Ex: Anist., Ois., 601 : οὐδεὶς οἷδεν τὸν θησαυρὸν τὸν ἐμὸν πλὴν εἶ τις ὄρνις. — Χέκ., Hell, 1V, 2, 21 : οὐκ ἀπέθανον αὐτῶν, πλὴν εἴ ce ἐν τῇ ξυμδολῇ ὑπὸ Τεγεατῶν. Εἰς.
Ce tour elliptique est sorti tout naturellement de la loculion πλὴν εἰ (πλὴν ἐάν), employée couramment en grec, avec une forme verbale appropriée, pour signifier « excepté si, si ce n'est que, à moins que ». 3. Leçon du Laurentianus el d'autres manuscrits adoptée par Bckker; le Vaticanus porte εἰ μή τι. Yoy. l'édition A. Croiset, Notez que dans l'exemple de Platon (Rép., 581 d) εἰ μὴ εἴ. « excepté si. » est suivi du verbe ποιεῖ, tandis que dans celui de Thucydide (1, 17) ei μὴ εἴ se trouve employé sans verbe, ce qui est exceptionnel.
2 Dans les oppositions, ei δὲ μή signifie proprement mais si. ne... ρᾶ5..., d’où sinon et par extension autrement (en latin : si minus, sin aliter).
Ex. : Χέν., Anab., II, 2,1: el βούλεσθε συναπιέναι, ἥχειν ἤδη χελεύε! τῆς νυχτός" εἰ δὲ μή, αὔριον πρωὶ ἀπιέναι φησίν.
REMARQUES. — I. C’est une formule d'un usage si étendu qu'elle est en quelque sorte
stéréotypée et qu’on la trouve même dans des cas où elle est illogique, par exemple après ἔχν μέν...
Ex. : XÉN., Anab., Ill, 2, 3 : δεῖ... πειρᾷσθχι, ὅπως, ἣν μὲν δυνώμεθα, χαλῶς νιχῶντες σωζώμεθχ᾽ εἰ δὲ μή, ἀλλὰ χαλῶς γε ἀποθνήσχωμεν. -- DÉu., IX, 71 : ..ὄ«(ἵν᾿ ἐὰν μὲν πείσητε, χοινωνοὺς ἔχητε χαὶ τῶν χινδύνων χαὶ τῶν ἀναλωμάτων, ἄν τι δέῃ, εἰ δὲ μή, χρόνους γ᾽ ἐμποιῆτε τοῖς πράγμασιν. Etc.
IT. Elle se rencontre même assez souvent après une proposition négative et prend alors le sens affirmatif du français autrement. Ex.: XEN., Cyr, VII, 1, 35: μὴ οὕτω λέγε, εἰ δὲ μή, οὐ θχοροῦντα με ἕξεις,
ne parle pas ainsi : autrement (ΞΞΞ car, si tu parles ainsi) Lu ne mc donncras pas du courage.
540. — En latin, si. ne... pas se traduit par si non et quelquefois par ni; excepté si..., à moins que. se rendent par nisi.
Toutefois nisi peut être employé dans le sens de si non, si. ne... pas.., mais si non ne peut pas remplacer nisi, excepté si.
REMARQUE. — Il semble qu'entre nisi et si non, il y ait la même différence qu'entre le français s'il n'arrive pas que, si l'on ne suppose pas que, non pas (loulefois) sil, elc., d'une part, et s'il arrive que ... ne … pas …, si l'on suppose que ... ne ... pas ..., etc., d'autre part.
En d'autres termes, avec nisi la négation porte sur la conjonction suppositive ellemême, avec si non Ja négation tombe sur le mot devant lequel elle est placée.
Ainsi homo beatus esse non potest, nisi virtutem colit signifie littéralement : impossible pour l'homme d'être heureux, à moins toutefois qu'il ne pratique la vertu; beatus esse non potest, si virtutem non colit, impossible pour l'homme d'être beureux, s’il ne pratique pas la vertu (au cas où il ne la pratiquerait pas). Etc.
541. — De ce qui précède, il résulte que si non doit nécessairement être employé toutes les fois qu'il importe d'insister sur l'idée de la négation.
Par conséquent on emploie exclusivement si non (jamais ni, non plus que nisi) :
4° Quand à une hypothèse consistant à supposer que telle chose se fasse on oppose l'hypothèse contraire consistant à supposer que telle chose ne se fasse pas.
Ex. : Puaure, Trin., 348 : bene si amico feceris, ne pigeat fecisse; ut potius pudeat, si non feceris. — Cuc., de Fin., V, 28, 86:
4, D'où l'on tire aisément « excepté si, à moins que ».
si (hæc) mala sunt, is, qui erit in iis, beatus non erit; si mala non sunt, jacet omnis ratio Peripateticorum. Phil., 2, 22, 54: miserum te, si intellegis; miseriorem, si non intellegis hoc litteris mandari. 44 Fam., V, 19, 2 : si feceris id quod ostendis, magnam habebo gratiam ; si non feceris, ignoscam. Etc.
REMARQUE. — Quand le verbe est exprimé dans les deux membres de phrase on
peut, quoique ce soit plus rare, remplacer si non par si minus ou par sin minus'.
Ex. : Cic., de Inv., II, 29, 88 : defendet te, si poterit; sin minus poterit, negabit. — CÉs., de Bell. Gall., 11, 9, 5 : ut, si possent, castellum expugnarent ; si minus potuissent, agros Remorum popularentur.
Mais, si le verbe est sous-entendu dans le second membre, on doit employer si minus ou sin minus”.
Ex. : Cic., ad Atl., III, 19, 3 : me, si putas te istic visurum, exspectes, si minus, invisas, si potes. — T.-Live, XXXI, 36, 2 : præceperat Athenagoræ et equitibus, ut, si aperto prœlio procederet res, uterentur fortuna; si minus, cedendo sensim ad insidiarum locum, hostem pertraherent. Etc.
2° Quand la phrase conditionnelle signifie que quand même telle chose n'aurait pas lieu, telle autre du moins se produirait.
Ex. : Cic., p. Mil., 34, 93 : si mihi bona re publica frui non licuerit, at ego carebo mala. Tusc., 11, 1, 2 : in vita occupata pauca multum sæpe prosunt et ferunt fructus, si non tantos, quanti ex universa philosophia percipi possunt, tamen eos, quibus aliqua ex parte interdum aut cupiditate aut ægritudine aut metu liberemur. Etc.
REMARQUE. — Si le verbe est commun aux deux membres de phrase et que l’opposi-
tion ne soit qu'entre deux mots, si non peut être remplacé par si minus. Ex. : Cic., de Fulo, 10, 23 : si minus verbis, re cogitur confiteri. Etc. Au contraire, là où chacune des deux propositions a son verbe, il est rare que si non soit remplacé par si minus.
542. — Il arrive quelquefois que nisi soit employé là où l'on attendrait plutôt si non.
4, Minus est l'équivalent de la négation (voy. ci-dessus, $ 492, ce qui a été dit de quo minus).
2, il est rere qu'en pareil cas on cmploie 81 non. Cf. cependant Cic., ad Fam., VIl, 3, 5; T.-Live, XX VII, 29, 4; Hon., Ép., 1, 6, 67, etc.
3. Voici deux phrases qui montrent bien que la différence établie par l'usage et par la logique entre nisi et si non était parfois insensible.
Ex. : Cic., de Orat., 1, 6, 20 : ex rerum cognitione efflorescat et redundet oportet oratio, quæ, nisi sunt ab oratore percepta et cognita, inanem quandam habet elocutionem et pæne puerilem.
Cic., de Orat., 1, 12, 50 : hæc autem oratio, si res non subest ab oratore ercepta et cognita, aut nulla sit necesse est aut omnium 1irrisione udatur.
Dans les deux phrases c'est la même idée qui est exprimée : or celle ἃ été rendue la prenière fois par nisi, la seconde fois par 8i non.
Si l'on met à part quelques locutions consacrées par l'usage, comme nisi fallor, nisi me fallit animus, nisi molestum est', etc. il reste certains tours où l'emploi de nisi est illogique tout en étant employé par les meilleurs écrivains.
4° Quand il s’agit de rendre cette idée: s'il n'est pas vrai que, il semble qu'on ne devrait employer que si non; on trouve cependant
nisi.
Ex. : Sai., Cat., 52, 33 : ignoscite Gethegi adulescentiæ, nisi (— si non, s'il n’est pas vrai que) iterum jam patriæ bellum fecit.
2 Quand la proposition conditionnelle est au mode irréel, on attendrait logiquement si... non, mais on rencontre aussi nisi.
Ex. : Cic., ad Fam., VII, 30, 2 : quæ quidem ego non ferrem, nisi me
| in philosophiæ portum contulissem. 1X, 24, 1: incautior fuissem, nisi a te admonitus essem. ΧΙ, 25, 4 : (Octavianus) nisi fuisset, Antonii reditus a Brundisio pestis patriæ fuisset. — Corn. Nér., Ages., 6, 1 : talem se imperatorem præbuit, ut eo tempore omnibus apparuerit, nisi ille fuisset, Spartam futuram non fuisse*. Etc.
REMARQUES. — I. Après une négation ou après une interrogation équivalant à une négation, nisi s'emploie, comme un simple adverbe, dans le sens de excepté, si ce n'est.
Ex. : Cic., de Fin., IV, 9, 22 : si neque virtus in ullo nisi in sapiente nec felicitas vere dici potest. Ad Fam., Il, 46, 2 : nil tamen unquam de profectione, nisi vobis approbantibus, cogitavi. — Q. Cic. (chez Cic., ad Fam., XVI, 8, 1) : te penitus rogo, ne te tam longæ navigationi et viæ per hiemem nisi bene firmum committas neve naviges nisi explorate. — Cic., p. Planc., 33, 80 : quid est pietas nisi voluntas
grata in parentes? Etc.
IL. A l’époque classique, non et nisi sont toujours séparés par un ou plusieurs mots.
Ex. : Cic., de Am., V, 18 : nisi in bonis amicitiam esse non posse. Tusc., II, 1,1: nec pauca, nisi 6 multis, eligi possunt. — T.-Live, XXII, 38, 4 : 8080... non abituros neque ex ordine recessuros nisi teli sumendi... causa. Etc.
C'est seulement à l'époque impériale que non nisi sont rapprochés l'un de l'autre et forment une sorte d'adverbe composé signiflant seulement (cf. Ov., Trisé., III, 12, 35; CELs., III, 4, etc. ; QUINT., V, 11, 115, elc.).
ΠῚ. Nisi prenant, comme il a été dit ci-dessus (REM. 1), le sens de excepté, il en résulte que, dans la langue familière surtout, on rencontre quelquefois le pléonasme nisi si(cf. εἰ μιὴ εἰ, 8 539, RE. 1), excepté si.
4. Quoiqu'on dise si tibi, etc., molestum non est, quand le complément au datif est exprimé. 2. Comparez avec cette phrase où se trouve régulièrement 8i nOn : Conx. Név., Conon, 2, 3 : neque vero non fuit apertum, si ille non fuisset, Agesilaum Asiam Tauro tenus regi fuisse erepturum.
Ex.: TÉR., Eun., 662 : neque mirari satis, | quo illic abire ignavos possit longius, nisi si domum forte ad nos rediit. Cf. Cic., de Orat., Il, 58, 2371; Tusc., 111, 18, 42; CÉs., de Bell. Gall., 1, 31, 14; T.-Live, VI, 26, 5, etc.
IV. Nisi forte employé comme il a été dit ci-dessus (p. 561, Rex. ΠῚ se construit toujours avec l'indicatif.
V. Nisi après une proposition négative, nisi quod après une proposition affirmative", s'emploient, avec un verbe à l'indicalif, dans le sens de si ce n'est que…., avec cette restriction que...
Ex. : SALL., Jug., 61, 3 : id misericordiane hospitis an pactione an casu ita evenerit, parum comperimus, nisi, quia (si ce n'est que, comme...) illi in tanto malo turpis vita integra fama potior fuit, improbus intestabilisque videtur. Etc.
PLAUTE, Capl., 394 : equidem, nisi quod custodem habeo, liberum me esse arbitror. — Cic., ad Fam., XIII, 1, 2 : cum Patrone Epicureo mihi omnia sunt, nisi quod in philosophia vehementer ab eo dissentio. 4d Att., 11,1, 11: Tusculanum et Pompejanum valde me delectant, nisi quod me illum ipsum vindicem æris alieni, ære non Corinthio, sed hoc circumforaneo obruerunt. — TAc., Agr.. 6, 2 : vixerunt mira concordia per mutuam caritatem et invicem se anteponendo, nisi quod in bona uxore tanto major laus quanto in mala plus culpæ est. Etc.
543. — Ni (qui n'est point pour nisi}* remplace si non dans la langue archaïque.
Dans la langue courante, il est plus ou moins consacré par l'usage dans les formules de serment, comme « moriar, ni ita est! », dans les imprécations, dans les paris, etc., et peut alors se traduire par s'il n'est pas vrai que.
Ex. : Pravre, Persa, 186 : da hercle pignus, ni memini omnia et scio. — ΒΩΡΙΟΝ L'AFRICAIN (cité par A.-GeLcr, VIl, 11, 9) : ni hoc ita est, qui spondet mille nummum? -- Cic., in Pis., 23, 55: cum ego Cælimontana porta introisse dixissem, sponsione me, ni Esquilina ïintroisset, homo promptissimus lacessivit. Etc.