Εἰ et si dans des propositions concessives
19 En grec, les propositions conditionnelles deviennent des propositions concessives, quand δἰ (ou ἐάν) se trouve immédiatement précédé de καί, mème, οὐδέ (w"ndé), pas même, ou immédiatement suivi de xxl: χαὶ εἰ, χαί ἐάν (κἄν). οὐδ᾽ εἰ (ἐάν), même 3|..., quand même... — εἰ χαί, ἐὰν χαί, εἰ (ἐν) χαὶ 7; bien que, quoique”.
Ces locutions conjonctives suivent les règles générales des
propositions conditionnelles.
Ex. : SENTENCE : VE À& δ᾽ ὁ μῶρος, κᾶν τι μὴ γελοῖον ἢ. — Χέν., Anab., ΠῚ, 2, 24: Μυσοῖς βασιλεὺς πολλοὺς μὲν ἡγεμόνας ἂν δοίη χαὶ ὁδοποιήσειέ γ᾽ ἂν αὐτοῖς, καὶ εἰ σὺν τεθρίπποις βούλοιντο ἀπιέναι.
Lysias, XXXII, 11 : ἢ LATE εἶπεν, ὅτι, εἰ καὶ πρότερον μὴ εἴθισται: λέγειν ἐν ἀνδράσι, τὸ μέγεθος τῶν συμφορῶν αὐτΎν ἀναγχάσει. Etc.
2% Δ᾽ latin, les propositions conditionnelles deviennent concessives.
supposition énoncée sc rapporte au présent et est contraire à la réalité, mais le présent est plus conforme à l'usage ordinaire.
1. Velut, au lieu de velut si, n’est point conforme à l'usage classique. Le premier exemple qu'on cn ait parait se rencontrer chez Conxézics Népos (Timoth., 3, 4). Sauucsrs (Cat., 38, 3 ; Jug., 60, 4) emploie dans le mème sens sicuti.
2, Ceu (— ceve) est une particule qui signifie proprement « comme » ; c'est un mot poétique, qui se rencontre aussi chez 105 prosateurs de l’époque impériale.
3. En fait, la différence de sens que nous établissons ici entre l'un et l'autre tour ne se rencontre pas toujours (cf. ci-dessous, n. 4), et l’idée du français « quoique », ainsi qu'on le verra plus loin (ὃ 606, 1°, ἃ, p. 680) est ordinairement reudue par χαίπερ avec le participe.
4. Dans ce passage, el χαί signifie bien « quoique, bien que »: mais il y en ἃ d’autres où el xai ne sc distingue pas de χαὶ εἰ.
Ev.: Xéx., Anab., III, 2, 22 : πάντες οἱ ποταμοί, el καὶ (x lors même que » πρόσω τῶν πηγῶν ἄποροί εἶσι, προϊοῦσι πρὸς τὰς πηγὰς διαδατοὶ γίγνονται οὐδὲ τὸ γόνυ βρέχοντες.
Dans la grammaire grecque de Kocu (ξ 1106, Ræu.), où sc trouvent ces exemples, on lit que ἐπεί γὲν ou simplement ἐπεί, s'emploie (mais rarement) dans le sens de « quand pourtant », « bien que » (lat. cum), et Koch renvoie à Prato (Protay., 333 c; 335 ο). Pour ces deux passages, voy. ci-après, S 550, Rem. IV. Parr, dans son Dictionnaire, 5. τ. ἐπεί, donne d'autres exemples qu'il faudrait examiner de près.
a) Soit quand si dans la proposition conditionnelle est suivi de tamen dans la proposition principale; si équivaut alors au français même si, quand même, et l’on applique en ce cas les règles générales des propositions conditionnelles.
Ex. : Tér., Eun., 865 : 8i 660 digna hac contumelia | sum maxume, at tu indignus, qui faceres tamen. — Cic., p. Mur., 4, 8: quæ si causa non esset, tamen dignitas hominis summam mihi superbiæ famam inussisset, si hominis amplissimi causam repudiassem. De Orat., 1, 41, 185 : nam si esset ἰδία cognitio juris magna atque difficilis, famen utilitatis magnitudo deberet homines ad sustipiendum discendi laborem impellere. Etc.
b) Soit quand si est immédiatement précédé de etiam ou de et : etiam si ou et si', même si, quand même: en ce cas aussi, les propositions concessives se construisent comme les propositions conditionnelles.
EX. : Puaure, Aul., 1Π, 2, 1: pol et si taceas, palam id quidem est. — Cic., de Orat., 1,16, 73: ut qui aliquid fingunt, et si tum pictura nihil utuntur, tamen, utrum sciant pingere an nesciant, non obscurum est; sic in orationibus, etiam si proprie ceteræ non adhibeantur (cf. ci-dessus, $ 529, 2°) artes, tamen facile declaratur, utrum is, qui dicat, tantummodo in hoc declamatorio sit opere jactatus, an ad dicendum omnibus ingenuis artibus instructus accesserit. —.T.-Live, XXI, 149, 4 : Quanquam, et si priore fœdere staretur, satis cautum erat Saguntinis. Etc.
REMARQUE. — Au lieu de et si, on trouve, mais rarement, vel si (cf. Cic., de Fin., 11, 45, 49: T.-Live, XXX, 26, 8 : vir certe fuit dignus tanto cognomine [le surnom de Maximus], vel si novum ab eo inciperet [même si ce surnom n'avait pas été
héréditaire dans la famille]), ou même tametsi employés dans le sens de quand même et suivant la même construction.
c) Soit enfin quand la proposition est amenée par tametsi (tamenetsi”), quoique; tametsi employé ainsi se construit avec l'indicatif.
1. On pourrait, comme le demande Walfflin, distinguer dans les éditions etiam si ou et si sigoifiaut « quand même... » ct etiamsi ou etsi signifiant « quoique ».
2. La forme tamenetsi appartient au latin archaïque et au langage familier (cf. Cic., ad Alt., Y, 17,2; ad Fam., XII, 71).
1 est probable que cette locution est sortie de phrases du genre de celle-ci :
Cic., ad Fam., IV, 15, 2 : sed tamen etsi antea scripsi, quæ existimavi scribi oportere, tamen hoc tempore breviter commonendum putavi, ne quo periculo te proprio existimares esse,
dans laquelle tamen, qui, en réalité, s'appuie sur 8ed ct oppose toute la phrase à la précédente
(πὰ si scissem, ad hoc litteras meas accommodassem), a pu être considéré comme se raltachant à ets.
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 38
Ex. : Sac, Cat. 31,4 : Catilinæ crudelis animus eadem illa movebat, tametsi præsidia parabantur, et ipse lege Plautia interrogatus erat ab L. Paullo. Etc.
REMARQUE. — Il est rare que etsi ou etiamsi remplacent tametsi dans le sens du français quoique ; néanmoins on trouve etsi chez CÉsar (de Bell. Gall., IV, 31, 1) et chez SÉNÈQUE (de Brer. vil., 13, 3; de Lra,], 16, 5; Nat. quæst., præf., 20: IV, 5,1) et etiamsi chez T.-LiVE (XXVIII, 35, 10).
Quant à la construction de tametsi ou de etsi, quoique, avec l’imparfait ou le plusque-parfait du subjonctif, c'est un solécisme propre à la langue postérieure {JUSTIx, LACTANCE, elc.).
549. — Ei et si dans unc proposition temporelle. — Employées dans une proposition temporelle, la conjonction grecque εἰ (ἐάν) et la conjonction latine si signifient toutes les fois que et suivent
les règles générales qui ont été données ci-dessus ($ 532).
550. — Les conjonctions grecques ἐπεί et ἐπειδή. — La particule εἰ sert à former les conjonctions ἐπεί et ἐπειδή (— ἐπεὶ δ) qui s'emploient comme conjonctions de temps ou de cause.
1° Comme conjonctions de temps, émet et ἐπειδή signifient lorsque, après que et se construisent de la même facon que ὅτε et ὅταν (cf. ci-dessus, ὃ 493), c'est-à-dire qu’ils s'emploient seuls avec l'indicatif et l'optatif, et combinés avec ἄν (d'où ἐπάν, ἐπειδ ἀν), avec le subjonctif.
Ex. : XEN., Anab., 1, 1, 3: ἐπειδὴ ἐτελεύτησε Δαρεῖος χαὶ κατέστη ᾿Αρταξέρξης...1,9,9: met Küpos Τισσαφέρνει ἐπολέμησε, πᾶσαι αἷ πόλεις ἐχοῦσαι Κῦρον εἴλοντο ἀντὶ Τισσαφέρνους. — Dés, XVII, 42: ἐπειδὴ ἐξηπάτησθε μὲν ὑμεῖς, ἐξηπάτηντο δὲ οἱ Φωχεῖς χαὶ ἀνήρηντο αἱ πόλεις, τί ἐγένετο: (l'indicatif parce qu'il s'agit d'un fait qui s'est produit dans le passé)?.
PuiLémoN, frag., 109 : ἐπάν τὶς τυγχάνῃ λυπούμενος, ἧττον ὀδυνᾶται, φίλον ἐὰν παρόντ᾽ ἴδη (subjonctif de répétition, cf. ci-dessus, ὃ 493, 2°, a). — Χέν., Cyr., VIII, 7, 20: ὅπως ἄφρων ἔσται ἢ ψυχή, ἐπειδὰν τοῦ ἄφρονος σώματος dx γένηται, τοῦτ᾽ οὐ πέπεισμαι (subjonctif employé en parlant de l'avenir, cf. ci-dessus, ὃ 493, 1°, b.
PLaTON, Phédon, 59 ἃ : περιεμένομεν ἑκάστοτε, ἕως ἀνο!χθείη τὸ
δεσμωτήριον (cf. ci-dessus, ὃ 489, 3°, Reu.) ἐπειδὴ δὲ
1. La forme ἐπύν ne se rencontre pas sur les inscriptions attiques: elle appartient au dialecte ionien. Cependant on la trouve, suivant Kaüorn, Griech. Sprachlehre, ὃ 69, 26, chez Ecn., Herc., 1364: Antsr., Ois.,983; 1355; Lys., 1175; Tuuc., V, 47, G: VII, 58, ὁ; Isocnate, V. 38, 4,
2. Relativement à l'emploi des temps il faut remarquer qu'on se sert de l'aoriste, de l'imparfait et du plus-que-parfait conformément aux règles générales qui ont été données ci-dessus (K 330 et suiv., 247 et suiv., 256, 258, 259). De la règle ὃ 258 il résulte que ἐπεί οἱ ἐπειδή peuvent avoir l'on et l'autre un sens un peu différent suivant qu'ils sont suivis de l'imparfait ou de l'aoriste : ainsi ἐπεὶ (ἐπειδὴ) ἠσθένει Δαρεῖος signifie « depuis que » ou « comme Darius était malade », ct ἐπεὶ (ἐπειδη) ἠσθένησε Δαρεῖος « après que Darius fut tombé malade ».
ἀνοιχθεέη (optatif de répétition, 8 423, 25, b), εἰσᾷ!μεν παρὰ τὸν Σωχράτη. — XEN., Anab., 1, 5, 2 : οἱ ὄνοι οἱ ἄγριοι, ἐπεί τις διώκοι, προδραμόντες ἂν ἕστασαν, χαὶ πάλιν, ἐπεὶ πλησιάζοι (même cas) ὁ ἵππος, ταὐτὸν ἐποίουν. Etc.
REMARQUE. — Pour rendre l'idée de dès que, aussitôt que, on se sert soit de ἐπεὶ Tiyuota, soit de ἐπειδὴ τάχιστα.
Ex.: XÉN., Hell., 11, 3, 14 : οἱ τριάχοντα ἡρέθησαν, ἐπεὶ τάχιστα τὰ τείχη καθηρέθη. Anab., IV, 6, 9 : ἐμοὶ δοχεῖ, ἐπὰν τάχιστα ἀριστήσωμεν, ὡς τάχιστα ἰέναι ἐπὶ τοὺς ἄνδρας. — Lys., X, 31 : ἐπειδὴ τάχιστα ἐδοκιμάσθην, ἐπεξῆλθον τοῖς τριάχοντα ἐν ᾿Αρείῳ πάγῳ. Cf. PLATON, Ῥροίαφ., 335 : ἐπειδὰν θᾶττον συνίῃ τις τὰ λεγόμενα, χαὶ τροφὸς χαὶ μήτηρ χαὶ παιδαγωγὸς χαὶ αὐτὸς ὁ πατὴρ περὶ τούτου διαμάχονται ὅπως ὡς βέλτιστος ἔσται ὃ παῖς.
2° Comme conjonction causale ἐπεί" signifie comme, puisque, et se
construit comme ὡς dont il est synonyme (voyez ce qui a été dit ci-dessus, ὃ 480).
Ex. : Hou., 11..1, 231 : δημούόρος βασιλεύς, émet οὐτιδανοῖσιν ἀνάσσεις. — Χέν., 4π.,1, 3, ὅ : émet ὑμεῖς οὐ βούλεσθε συμπορεύεσθαι, 42 , de = τ , N ἀναγχηὴ μοι... μεθ᾿ ὑμῶν elvat. — XEN., Mém., 11, 3, 4 : μέγα δὲ τὸ ὁμοῦ τραφῆναι, ἐπεὲ καὶ τοῖς θηρίοις πόθος τις ἐγγίγνεται τῶν συντρόφων. Etc.
Il est inutile de multiplier les exemples.
REMARQUES. — I. ᾿Επειδή s'emploie aussi quelquefois comme conjonction causale et se construit comme ὅτε, ὁπότε, vu que, puisque, dont il est synonyme (cf. ci-dessus, 8 425). Ex. : PLAT., Rép., 369 ἃ : γίγνεται πόλις, ἐπειδὴ τυγχάνει ἡμῶν ἕχαστος πολλῶν ἐνδεής. Prolag., 335 c : νῦν δὲ, ἐπειδὴ οὐχ ἐθέλεις χαὶ ἐμοί τις ἀσχολία ἐστὶ χαὶ οὐχ ἂν οἷός τ᾽ εἴην σοι παραμεῖναι ἀποτείνοντι μαχροὺς λόγους, ἐλθεῖν γάρ moi με δεῖ, εἶμι ἐπεὶ χαὶ ταῦτ᾽ ἂν ἴσως
οὐχ ἀηδῶς σου ἤχουον. Etc.
Il. Une proposition causale avec ἐπεί peut être interrogative. Ex. : Sopx., Œd. Roi, 390 : ἐπεί, φέρ᾽ εἰπέ, ποῦ σὺ μάντις εἰ σαφής; Mais, en pareil cas, ἐπεί équivaut ἃ γάρ.
III. Une proposition causale avec ἐπεί peut avoir son verbe à l'impératif ou à l'optatif de souhait.
Ex. : Sopn., El., 352 : ἐπεὶ δίδαξον, ἡ 10’ ἐξ ἐμοῦ, τί μοι χέρδος γένοιτ᾽ ἂν (εἴ. Œd. à Col. 969). — PLATON., Gorg., 414 Ὁ : ἐπεὶ σὺ δέξαι᾽ ἄν (potentiel en fonction d’impératif adouci). — Sopx., Œd. Roi, 662 : ἐπεὶ ἄθεος ἄφιλος ὅτι πύματον ὁλοίμαν ὅ.
1. Pour exprimer l'idée de « dès que », « aussitôt que », on emploie quelquefois aussi ὅτε πρῶτον ou ὡς τάχιστα.
Ex. : Din, XX, 137 : νόμον φαμὲν θήσειν, ὅταν πρῶτον γένωνται νομοθέται. --- Χεν., Anab., IV, 3,9 : ὡς τάχιστα ἕως ὑπέφαινεν, ἐθύοντὸ. 2. Οπ δ vu ci-dessus (p. 449, ἢ. 1) comment du sens temporel on passe au sens causal, 3. 1] est intéressant de voir qu’une proposition exprimant un commandement ou un souhait (c.-à-d. une proposition d'ordinaire indépendante) peut ètre introduite par ἐπεί.
IV. Par suite d'une ellipse facile à comprendre, la conjonction ἐπεί a fini par signifier et pourtant, surtout quand elle est renforcée par des particules (ἐπεί γε, ἐπεί γε δὴ, etc.).
Ex. : PLAT., Prolag., 338 c : αἰσχυνοίυνην ἂν ἔγωγε τοῦτο ὁμολογεῖν, ἐπεὶ entendez : {je parle pour moi βου], car...) πολλοί γέ φασι τῶν ἀνθρώπων. αἴ. PLATON, l'rolag., 335 c (exemple cité ci-dessus, REx. 1).
ἢ 4. — De l'infinitif et des formes qui s'y rattachent. A. L'infinitif.