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L’infinitif précédé de l’article

4° En grec, l'infinitif a mème des cas, comme on le voit dans les constructions, où il est précédé de l’article neutre“ dont la flexion permet de le décliner.

L'emploi de l’article est obligatoire quand le rapport qui unit l'infinitif à un autre mot doit être exprimé par le génitif, par le datif ou par une préposition.

On trouve l’article avec l’infinitif :

1. Quand il est accompagné de l'article (cf. ci-après, $ 553), l'infinitif peut . se . construire en apposilion absolument de la même façon que le substantif.

Ex, : Patron, Rép., 590 e : ἡ τῶν παίδων ἀρχή, τὸ μὴ ἐᾶν ἐλευθέρους εἶναι, ἕως χτλ. Gorg., 483 c: τοῦτό ἐστι τὸ ἀδιχεῖν, τὸ πλέον τῶν ἄλλων ξτεῖν ἔχειν. Πόρ.͵ 578 ἃ: τοῦτο προσόμοιον ἔχουσι τοῖς τυράννοις, τὸ πολλῶν ἄρχειν. --- Χεκ., Cyr., VII, 7,25 : τί τούτον μαχαριώτερον, τοῦ γῇ μιχθῆναι; Hiér., 71, 3 : δοχεῖ τούτῳ διαφέρειν ἀνὴρ τῶν ἄλλων ζῴων, τῷ τιμῆς ὀρέγεσθαι.

2. Les plus anciens oxemples de cette construction se trouvent daus Pindare, mais, chez lui, l'iofinitif précédé de τό est toujours au nomiuultif, sauf un cas douteux. Chez les poètes dramatiques et chez Hérodote il cst ordinairement au nominatif ou à l'accusatif, mais on le trouve déjà construit avec τοῦ ou τῷ et précédé de prépositions, Chez Thucydide (surtout dans les Discours), on rencontre l'infinitif construit avec l'article au nominatif, ἃ l'accusatif, au génitif et au datif avec ou sans préposition. Mais c'est seulement chez les orateurs attiques et particulièrement chez Démosthène qu'on trouve cette construction dans sun plein développement. Voy. Binxieix, Entwickelungsgeschichte des substantivirten Infinilivs (dans les Beitræge de Schani) et cf. Givenscauve, Contributions to the History of the Articular Infinitive (dans les Trans. of Amer. Phil. Assoc. for 1878, pp. 5-19) ; The Articular Infinitice in Xenophon and Plato (dans Am. Jour. of Phil.,t. IN, p. 193-202).

a) Construit comme sujet ou complément d'un verbe".

Ex. : Ρικο., Pyth., 1,99: τὸ δὲ παθεῖν ἢ εὖ πρῶτον ἀέθλων. — PLarox, Théél., 209 e : τὸ γνῶναι ἐπιστήμην που λαθεῖν ἐστιν. Gorg.. 416 d : τὸ ὀδίχην διδόναι πότερον πάσχειν τί ἐστιν Ἢ ποιεῖν ; — χέν., Cyr, ὙΠ, 3, 42 : οὔτοι ἡδύ ἐστι τὸ ἔχειν γρήματα οὕτως ὡς ἀνιαρὸν τὸ ἀποθδάλλειν. — Déu., 1,23: πολλάχκις δοχεῖ τὸ φυλάξαι τἀγαθὰ τοῦ χτήσασθαι χαλεπώτερον εἶναι. Etc. Escayer, Agam., 1290 : τλήσομαι τὸ κατθανεῖν. — ΦΟΡΗ., Phil., 124. : ἔστιν τις, ἔστιν, ὃς σε κωλύσει τὸ δρᾶν (εἴ. El., 461; Œd. ἃ Col., 442; Trach., 545, etc.). — Tauc., VII, 33, 3 : ἐπέσχον REMARQUES. — I. L'infinitif précédé de τό se rencontre quelquefois avec la valeur d'un complément direct après des verbes qui ne se construiraient pas avec l'infinitif sans article.

Ex. : HÉRODOTE, IX, 19 : τὸ μὲν εὐνοέειν τε χαὶ προορᾶν Ayauai σευ. — XÉN., Cyr., I, 4, 21 : μόνον ὁρῶν τὸ παίειν τὸν ἁλισχόμενον. — Isocn., 1,43: τὸ τελευτῆσαι πάντων ἣ πεπρωμένη χατέχρινε, τὸ δὲ χαλῶς ἀποθανεῖν ἴδιον τοῖς σπουδαίοις ἀπένειμεν.

II. L'infinitif du style indirect est quelquefois précédé de l’article après les verbes signifiant dire et penser.

Ex.: SoPn., Anf., 264 sqq. : μεν δ᾽ ἑτοῖμοι... θεοὺς ὀρχωμοτεῖν | τὸ uvre δρᾶσαι μήτε τῳ Euverdévar | τὸ πρᾶγμα βουλεύσαντι. 1b., 535 : ἐξου εἴ τὸ μὴ εἰδέναι; — XÉN., Apol., 13 : χαὶ τὸ προειδέναι γε τὸν θεὸν τὸ μέλλον χαὶ τὸ προσημαένειν ᾧ βούλεται, τοῦτο πᾶντες χαὶ λέγουσι χαὶ νομίζουσι“, Etc.

111. C'est surtout après les verbes ou après les expressions signifiant ou impliquant

une idée d'empéchement, de défense, etc., et après les verbes ou expressions de sens

négatif (cf. ci-après, p. 621, RE. IV) que l'on trouve le simple infinitif remplacé par l'infinitif précédé de l'article : en pareil cas, à μὴ avec l’infinitif (cf. ὃ 563, 1°, ἈΕν. VI: on substitue τὸ μὴ et l'infinitif; de mème, à μὴ où avec l'infinitif (cf. $ 563, 1°, REu. VI) on substitue τὸ ph où et l'infinitif.

Cette construction a peut-être pour effet de.rendre plus étroit le rapport qui lie l'infinitif au terme dont il est le complément.

Ex. : HÉRODOTE, V, 104 : τὸ δὲ μὴ λεηλατῇσαι ἐλόντας σφέας τὴν πόλιν ἔσχε τόδε. — Tuc., III, 4, 1: τὸν πλεῖστον... ὅμιλον sipyov τὸ μὴ προεξιόντας τῶν ὅπλων τὰ ἐγγὺς τῆς πόλεως κακουργεῖν. — PLATON, Phédon, 111 C: οἷοί TE Ἦσαν χατέχειν τὸ μὴ δακρύειν. — XÉN., 4n.,

4, Ordinairement l'infinitif sujet ou complément d'un verbe cst construil sans article (cf. ci-après, $ 560 sqq.). Quand on ajoute l'article, c'est qu'on veut, dans la mesure du possible, faire jouer à l'infinitif le rèle d'on véritable substantif. On a souvent comparé l'emploi de l'infinitif précédé de l’article en grec à l'emploi des substantifs abstraits en -ti0 en latin ; maison verra par les exemples qui vont ètre donaës, que cette assimilation est superficielle. Les substantifs abstraits du lalin sont beaucoup moins expressifs que la construction grecque, puisqu'ils n’ont qu'une valeur substantive, tandis que l'infinitif y ajoute la valeur verbale.

2, La construction grecque de l’infinitif avec l'article ne peut être, la plupart du temps, rendue cn français que par une périphrase comme « le fait » ou « ce fait que... ».

3. L'iafoitif du style indirect ainsi construit avec l'article peut être naturellement accompagné de la particule ἄν, quand le sens lo demande.

Ex. : Sops., Ant., 235 : τῆς ἐλπίδος γὰρ ἔρχομαι δεδραγμένος, | td μὴ παθεῖν ἄν ἄλλο πλὴν τὸ μόρσιμον.

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