L'attribut peut exprimer la conséquence de l'action
EX. : P&ar., Rép.. 565,c : τοῦτον τρέφειν τε χαὶ αὔξειν μέγαν. - ANDoOC., I, T : ἢ εἰρήνη τὸν δῆμον τῶν ᾿Αθηναίων ὑψηλὸν ἦρε 22! χατέστησεν ἰσχυρόν (cf. PLar., Rép. 4194 : ὑψηλὸν ἐξαίρει αὐτόν). — Χέν., Anab., 1, 5, 8 : ἑσπηδήσαντες εἰς τὸν πηλὸν μετεώρους ἐξεχόμισαν τὰς ἁμάξας. — βορη., Œd. Col., 919: καίτοι σε Θῆδαί γ᾽ οὐχ ἐπαίδευσαν κακόν. Élect., 13 sqq. : ἤνεγχα, χαζέσωσα χἀξεθρεψά!μην... πατρὶ τιμωρὸν φόνου.
Au passif, l’attribut se met naturellement au nominatif.
Ex. : Déu., IX, 21 : μέγας ἐχ μιχροῦ Φίλιππος ηὔξηται. — Tuve., I, 15, 6: ἤρετο τὸ ὕψος τοῦ τείχους μέγα.
Cette construction est plus rare en latin, où elle est surtout poétique.
Ex. : Vinc., Géorg.. IV, 541 : placatam Eurydicen vitula venerabere cæsa (— Eurydicen vitula cæsa venerabere, ut placetur;. Én., X, 103 : premit placida æquora pontus (— ut placida sint). — Ov., Met. IV, 802: ut attonitos formidine terreat hostes (— ut attoniti sint\.
Tite-Live a emprunté cette figure aux poètes et il en offre plusieurs exemples.
Ex. : XXI, 33, 3 : immobiles defixit (— defixit ita ut immobiles essent). Jbid., 59, 4 : confertos... recepit (— recepit.. ita ut conferti starent). XXII, 10, 2 : Salvam servaverit. Ibid. 43, 10 : castra posuerat aversa a Vulturno. jid., 53, 6: torpidos defixisset, etc.?.
58. — Certains verbes ont, en grec et en latin, une construction
4. ον. Jahresbericht de Bunsiax, 1877, p. 395. 2. Le mème usage ciste en allemand, où l'on trouve, par exemple, fod{ schlagen, gefangen nehmen. οἷς.
Qecusatt-
SYNTAXE DES CAS. sx)
particulière. Au complément direct exprimant l'objet sur lequel s'exerce leur action, ils ajoutent un autre complément direct signifiant la personne qui subit l'action. En réalité, il y ἃ, dans les locutions de ce genre, mélange de deux constructions. Grammaticam doceo signifie proprement : j'enseigne la grammaire, tandis que doceo pueros signifie : j'instruis les enfants. L'expression composée doceo pueros grammaticam signifiera : j'instruis les enfants en grammaire.
De même, en grec, αἰτεῖν τι signifie : demander quelque chose, et αἰτεῖν σὰ, prier quelqu'un de donner. L'expression composée αἰτεῖν τινά τι signifiera : prier quelqu'un de donner quelque chose.
Cette construction est plus fréquente en grec qu'en latin!.
On la trouve avec les verbes διδάσχειν, enseigner, πα δεεῖν, instruire, χρύπτειν οἱ ἀποχρύπτεσθαι, cacher, αἰτεῖν, demander, πράττεσθαι, faire payer, ἐρωτᾶν et ἐρέσθαι, interroger. demander, ἄνα- et ὑπομιμνήσκειν, faire souvenir, rappeler, ἐνδύειν et ἀμφιεννύνα!, revêtir, ἐχδὺυ ξεν, dépouiller, ἀφαιρεῖσθαι et συλᾶν, dépouiller, enlever, ôter”.
Ex. : Axripuox, V, 14: 0 γρόνος χαὶ ἢ ἐμπειρία τὰ μὴ χαλῶς ἔχοντα ἐχδιδάσχε: τοὺς ἀνθρώπους. -- Lrs., XXXII, 1 : Διογείτων τὴν θυγατέρα ἔχρυπτε᾽ τὸν θάνατον τοῦ ἀνδρός. — Χέν., Cyr., NII, 3, 41 : πολλοί με σῖτον αἰτοῦσι. Mém., I, 6, 11 : Σωχράτης οὐδένα τῆς συνουσίας ἀργύριον ἐπράττετο". Anab., I, 2, 11: ἀναμνήσω ὑμᾶς χαὶ τοὺς κινδύνους. Hier. 1,3: ὑπέυνησας ME τὰ ἐν τῷ ἰδιωτιχκῷ βίῳ. Cyr. 1, 3,17 : παῖς μέγας, μικρὸν ἔχων χιτῶνα, ἕτερον παῖδα μέκρον, LÉYAV ἔχοντα χιτῶνα, ἐχδύσας αὑτόν, τὸν μὲν ἑαυτοῦ ἐχεῖνον ἡμφίεσε, τὸν δὲ ἐχείνου αὐτὸς ἐνέδυ. — Hou., 11. 1,182: ὡς ἔμ᾽ ἀφαιρεῖται Χρυσηΐδα Φοῖόος ᾿Απολλων.
1. Elle est plus ancienne que le grec οἱ le latin. Comme an la trouve en sanscrit avec les verbes signifant « demander » et « dépouiller », il est vraisemblable qu'elle appartenait à la langue primitive indocuropéenne. En tout cas, il est intéressant de remarquer que, dans Homère, c'est surtout avec les verbes a demander » et « dépouiller » qu'on trouve le double accusatif, La plupart des autres locutions sont postérieures à Homère et doivent étre considérées comme des acquisitions successives de la langue grecque.
2. Διδάσχειν τινά « ivstruire quelqu'un », διδάσχειν τί « enseigner quelque chose » ; — παιδεύειν “τινά, « former quelqu'un », παιδεύειν τὸ « enseigner quelque chose » ; — χρύπτειν “ινά, « tenir quelqu'un dans l'igaorance », χρύπτειν τὸ « cacher quelque chose »; — πράττεσθαί tva « faire payer quelqu'un », πράττεσθαί πὸ « recouvrer quelque chose » (toutefois on ne trouve pas πράττεσθαί τινα en dehors de l'expression composée); — ἐρωτᾶν Teva « interroger quelqu'un », ἐρωτᾶν τι + demander quelque chose »; — ἀναμιμνήσχειν τινά « faire ressouvenir quelqu'un », ἀναμιμγήσχειν τὶ « rappeler quelque chose » ; --- ἀμφιεννύναι τινά « couvrir, habiller quelqu'un » (rare); ἀμτιεννύναι τί «- faire revétir quelque chose » (ne parait pas se rencontrer en dehors de l'expression composée) : — ἔχξιμειν suit l'analogic de ἐνδύειν où ἀμφιεννυναι, parce qu'il exprime l’idée contraire, De mème ἀφαιρεῖσθαι et συλᾶν suivent l'analogie de ἐχδύειν, parce qu'ils expriment une idée voisine.
3. Par analogie, Platon construit de la même façon les verbes τρέφειν οἱ ἐθίζειν. Ex. :(Tép., 414 d,
ἡμεῖς αὐτοὺς ἐτρέφομέν τε χαὶ ἐπαιδεύομεγο — Lois, 106, d, ἔθη πονηρὰ οὐδέποτε ἐθίζειν δεῖ χαὶ ταῦτα (- et cela ») τὸ τῶν πολιτῶν βέλτιστον μέρος. Remarquez que dans le premier evemple τρέφειν est rapproché de παιδεύειν.
4. Mème construction pour le verbe poétique χευθειν. Cf. How., Od., III, 187: XXII, 273.
73. Par analogie, on construit de la même façon εἰσπράττειν « forcer à payer » (Isoca., 111 e) et ἐκγέτειν à prélever »: cf. και. ΠῚ, 113, οἱ Λοχοοὶ τέλη τοὺς καταπλέοντας ἐξέλεγον. De
Au passif, le nom de la personne devient le sujet du verbe, mais le nom de la chose reste à l’accusatif.
Ex. : XéN., Écon., 12, 12 : ἀδύνατοί εἰσί τινες ταύτην τὴν ἐπιμέλειαν διδαχθῆναι. — Tauc., VII, ὅ : Τισσαφέρνης ὑπὸ βασιλέως ἐτύγχανε πεπραγμένος τοὺς ἐχ τῆς ἑαυτοῦ ἀρχῆς φόρους. -- Χέν., Cyr., VI, 1, 12: ὅσοι τε τῶν πολεμίων ὅπλα ἀφύήρηνται, τάχυ ἄλλα ποιήσονται, ὅσοι τε ἵππους ἀπεστέρηνται, ταχὺ πάλιν ἄλλους χτήσονται. --- Isocn., Arck., 19 : Ἡραχλῆς τὰς βοῦς ὑπὸ Νηλέως χαὶ τῶν παίδων ἐσυλήθη.
REMARQUES. — 1. Quelques-uns de ces verbes prennent aussi une autre construction. Ainsi, bien que souvent employé avec un double accusatif,'le verbe ἀποστερεῖν, suivant qu'il signifie dépouiller ou enlever, peut se construire aussi :
19 Avec l'accusatif de la personne et le génitif de la chose :
ἀποστερεῖν τινά τινος (XÉN., Mem., I, 2, 63), dépouiller, priver quelqu'un de quelque chose, cf. lat., aliquem aliqua re privare;
2% Ou avec le génitif de la personne et l’accusatif de la chose :
ἀποστερεῖν τινός τι (XÉN., Hell., IV, 1, 20), enlever quelque chose à quelqu'un.
De même ἀφαιρεῖσθαί τινός τι s'emploie au sens de prendre quelque chose à quelqu'un (cf. Lys., 168, 36), et l'on dit, par analogie sans doute, τὰ ὅπλα τοῦ πλήθους παρηοὔὖντο, ils enlevaient les armes à la multitude (XÉN., Hell., 11, 3, 41). Quant à ἀφαιρεῖν, il se construit ordinairement avec l'accusatif de la chose et le datif de la personne avec le sens de dérober quelque chose à quelqu'un.
Enfin, avec les verbes qui signifient demander, on met souvent la personne qui est l'objet de la demande au génitif avec la préposition παρά. De.
Ex. : XÉN., Anab., I, 3, 16, ἡγεμόνα αἰτεῖν παρὰ τούτου.
11. 1] ne faut point rapporter à la règle dont il s'agit ici le cas où l’accusatif du nom de chose qui accompagne soit un verbe passif, soit un verbe actif (construit déjà avec l'accusatif d'un nom de personne) est le neutre d'un pronom. Ces cas rentrent dans la règle donnée au $ 63.
111. 1] ne faut pas confondre a vec ces constructions les tours poétiques dans lesquels l'un des deux accusatifs est uni à l'autre au moyen d'une ellipse plus ou moins forte, comme dans SOPHOCLE, Aj., 1108 : χαὶ τὰ σέων' ἔπη κόλαζ᾽ ἐχείνους, châtier-les en leur adressant des paroles sévères {cf. schol. χολάζων ἐχείνους λέγε τὰ σέμνα ἔπη).
59. — En latin, les verbes qui se construisent avec un double accusatif (celui de la personne et celui de la chose) sont beaucoup moins nombreux qu'en grec.
En dehors de doceo aliquem aliquam rem, qui est très classique,
méme, par analogie avec @éveiv (ἀπαιτεῖν, ἐξαιτεῖν), nn trouve avec deux accusalifs les verbes ἐξετάζειν (Xex., Cyr, VI, 2, 35: Puar., Gorg., 515, B), ἱστορεῖν (Fun., Phénic,, 624) ct, chez les poètes, προστρέπειν « implorer » (Soru., Aj., 831), λίσσεσθαι (Hou., Od., Ἔκ 210), λιτανεύειν (Pno., Ném., 5, 32). τ. Ὁ
4. Pour plus de détails, voy. Ktuxen, Αἰ. Gr. d, gr. Spr., 8 411, Anm. 10.
Lo] Δ εἰ «ἀπ.
au sens de instruire quelqu'un en quelque chose”, on trouve, accompagnés
d'un double accusatif :
1° (610, mais seulement dans la langue familière et dans la prose de l'époque impériale ἡ. |
2 Quelques verbes signifiant : prier (quelqu'un) de donner. Par exemple : posco (Cic.), flagito (Gc.)*, Oro (Tire-Live, Suér.) et ro0g0, dans l'expression officielle rogare populum tribunos, ædiles, inviter le peuple à nommer des tribuns, des édiles, etc.
3° Le verbe rogo, dans l'expression consacrée rogare aliquem sententiam, demander à quelqu'un de dire son avis*.
60. — Ces verbes s'emploient rarement au passif avec un complément de chose à l'accusatif; cette construction est même presque inconnue à l’époque classique, où l'on ne trouve guère à citer que l'expression très usitée rogari sententiam, quelques exemples de doceor suivi de l’infinitif (cf. Cicéron [de Orat., 1, 43, 194] : docemur... 1 :.£ auctoritate, nutuque legum, domitas habere libidines [voy. aussi ibid, Ὁ 51, 244 et de Fin., 11, 5, 15]) et flagitor (Cés., de B. civ., 1, 87, 3). Doceor est ordinairement remplacé par disco. we
REMARQUE. — Cette construction était plus développée à l'époque archaïque, grâce sans doute à l'influence des poëtes comiques, qui imitaient librement le tour grec correspondant. En tout cas, outre les verbes cités plus haut, on rencontre à cette époque réeposco, exposco, postulo, exoro aliquem aliquam rem et d'autres tours plus extraordinaires, Cornme :
PLAUT., Men. , 100 : consulam hanc rem amicos, quid faciundum censeant‘. — AFRAN. (cité par NoN., p. 497, 29) : id aurum me condonat litteris. — TÉR., Phorm., 941 : argentum, quod habes, condonamus te. — PLAUT., Curc., 630 : quem (anulum) parasitus hic te elusit « (l'anneau) que ce parasite a obtenu de toi par ruse ».
1. « Apprendre à quelqu'un à jouer de la lyre » se dit docere aliquem fidibus (canere cest soot-entendu). « Apprendre à quelqu'un le latin » se dit docere aliquem Jatine (Puixx J., Ep., VII, 4. 9). Enfin, quand docere sigaoifie « renseigner, informer », il prend pour complément de et l'ablatif; ef, Ces., de BH. Gall., NI,-10, 3; Cic., p. Cluent., 90, 198. Quand docere « enseigner » ne doit pas être suivi d'un nom de personne, on le remplace ordinairement par tradere. Ex. : « J'enseignc la philosophie, £rado philosophiam. »
2. La construction classique est celare aliquem de aliqua re; cf. Cic., p. Dej., 6, 18.
2 . Toutelois la construrtion ordinaire de posco et de flagito, comme d'ailleurs des verbes postulo, exzigo. contendo, imploro, est aliquid ab aliquo. Par contre, la locution orare aliquid ab aliquo (Visa., En., ΧΙ, 358) est inconnue à la prose classique, et rogare aliquid ab aliquo se trouve seulement dans des passages où l'on sent l'influence de la languc familière (Sazc., Jug., 64, 1; Cx., ed Fam., XIII, 1, 2).
4. Interrogo est construit une fois avec deux accusatifs chez Cic., Tusc., 1, 24, 57 : « Pusionem quendam Socrates interrogat quædam geometrica. » Par analogie, sans doute, Horace emploie ainsi le verbe percontari. Ex. : Æpist., 1, 20, 26 : « Forte meum si quis te percontabitur ævum. » Dans la phrasc de Tive-Live, XXXIX, 12,1 : « Eam quoque esse quæ percontari vellet (au style direct il y aurait : sunt quæ eam quoque percontari velit), » le pronom neutre QUæ doit s'expliquer en vertu de la règle du $ 63. 11 faut entendre de même tous les si. dans lesquels le complément de chose est représenté par le neutre d'un pronom; cf. ci-dessus,
58, Rex. Il.
3. Toutefois hanc rem annonçant la proposition interrogative indirecte qui suit peut être considéré come Le substitat de id ct s'expliquer en vertu de la règle du $ 63 ; ef. la note 5, p. 65.
11 faut ajouter les exemples du passif :
Q. Mereu. (cité par A.-GeLue, XV, 14, 2) : 8886 pecunias maximas exactos esse. — Cecn., ὃ 5 : illud exigor portorium. —
Εἰ LTÉR., Eun., 17; habeo alia multa’quæ ὐπὸ condonabitur. —
ἰ Pzaur., Slich., 58 : qui manet, ut moneatur semper servos homo officium suum (οἴ. Pseud., 150;, etc.
De plus, ces constructions ont passé dans la langue poétique et, de là, dans la prose de l'empire.
Ex. : Ov., Mel. IX, 699 544. : « Opemque | Exorata fero »; Mer, I, 137 sqq. : nec tantum segetes alimentaque debita dives | Poscebatur humus (οἵ. Fast. 1V, 670; 121). — A.-Geuux, IV, 18, 12: ægre passus, quod... rationem pecuniæ posceretur. — Puixe LE JeuNE, Ép. VII, 12, 6 : totum libellum improbabis, negabisque ullius pretii esse, cujus pretium reposceris. — TL. YXXII, 23, 1 : populi Achæorum cum sententias perrogarentur.—Q.-Cuner, VI, 39,28 : dum consulitur Hammon arcanum et occultum scelus, etc.
Enfin, il est vraisemblable que certains de ces tours s'étaient maintenus, grâce à l'esprit conservateur de la langue religieuse et de la langue judiciaire. C'est le cas pour les formules damnare (ou condemnare) aliquem decem milia sestertium ou damnari (condemnari) decem milia sestertium citées par Gajus {IV, ἐκ 32; 43; 46; 47: 86; 166 A), Ulpien {Dig., XXVIK, 6, 1, prine.) et Papinien (Dig. ΧΧΥῚ, 9, 5, 11.
8 2. — Accusatif complément qualificatif.
61. — Au lieu de déterminer l'action du verbe en exprimant l'objet sur lequel elle s'exerce, l'accusatif peut ajouter à l’action marquée par le verbe une qualification qui en rende le sens plus précis. Par exemple, quand je dis μοχθηρὸν Biov ζῆν ou miseram vitam vivere, je qualifie à l'aide des mots μοχθηρὸν βίον et miseram vitam, l’action des verbes ζῆν et vivere de la même façon que le feraient les adverbes μοχθηρῶς ou miserabiliter.
On peut donc appeler cet accusatif areusatif de qualification".
62. — Cet emploi de l'accusatif est plus fréquent et plus libre en grec qu'en latin*.
4. Οἶδε la dénomination proposée par Ch. Thurot. Schümann avait donné à ce complément le nom d'objectum internum (c.-à-d. « objet où complément intérieur »}, et c'est par ce terme ou par l'équivalent allemand inneres Objekt que la plupart des grammairiens allemands le désignent ordinairement. D’autres, considérant que le plus souvent l’accusatif ainsi construit est celni d'un substantif verbal de même racine que 16 verbe, ont donné à cette coustruction le nom de figura etymologica.
2. Toutefois il est propre à toutes les langues de la famille indo-curopéenne. Cf. Pioxn, die sogenannlen Græcismen in (iebrauche des lat. Acrusativs (Progr. Iglau, 1879), p. 15; B. Deusaîcx, Syntakt. Forschungen, 1V, p. 31 sq.; Εκυμακν, Untersuchungen über die Syntax der Sprache Otfrieds, 1, $ 96 544.: Mixrosien, rergl. Gramm,.der slav. Sprachen, IV, ἢ. 385 564.
 cena tif
On construit ainsi! :
4° L'accusatif d'un substantif verbal ® de même racine que le verbe ou du moins? de sens équivalent: ce substantif doit étre, en règle générale, accompagné d'un adjectif ou d'une autre détermination :
a How., 11.1, τε : ἀρίστην βουλὴν βουλεύειν. Odyss, IX, 303 : ἀπωλόμεθ᾽ αἰπὺν ὄλεθρον. — Axvocne, 1, 31 : ἀρασάμενοι τὰς μεγίστας ἄρας ὑμῖν. — Eur, Élect., 686 : πτῶμα θανάσιμον πεσῇ. Hipp., 319 : Θησεύς τιν᾽ ἡμάρτηκεν sis σ᾽ ἁμαρτίαν. Bacch. 925 : τὴν Ἰνοῦς στάσιν ἕστάναι. — Tue, HI, 13, 1 : ἐνομίζομεν ἀποστήσεσθαι διπλῆν ἀπόστασιν. — Χέν., Anab., 1, 3, 15 : στρατηγήσοντα ἐμὲ ταύτην τὴν στρατηγίαν, οεἰς., ele. — PLar., Phéèdre, 238 c : δοχῷ τι σοὶ θεῖον πάθος πεπονθέναι. Ibid., 210 à : πᾶσαν αἴσθησιν αἰσθανομένῳ. — Dés, XXVIII, 3 : χορηγεῖ χαὶ τριηραρχεῖ καὶ τὰς ἄλλας λητουργίας Antoupyet.
Ριλῦτ., Rud., 591 : Mmirum atque inscitum somniavi somnium ‘cf. ibid., 508; 511; Pseud., 525; Pers., 31: 346; Bacch., 1076: Mil., 699 ; 938; Asin., 286: Pœn., III, 5, 14)?. — Tér., Ad., 859 : Vitam duram quam vixi'cf. Andr., 96%; Eun.. 586 sqq. ; Phorm., 495). — CarTox, R. R., 134, 2 : bonas preces precor. — Cic., Cato maj. 21, ΤΊ: eg0 vestros patres.. vivere arbitror et eam quidem vitam, quæ est sola vita nominanda. 44 Fam., V, 2, 1 : magna voce juravi verissimum pulcherrimumque jus jurandum. De leg. agr., 11, 11, 44 : Cur (isti decemviri) non eosdem cursus hoc tempore quos L. Cotta L. Torquato consulibus concurrerunt. — Sa, Cat., 1, 6 : dum tale facinus faceret (cf. Jug., 5, 4). — Virc., Én., XII, 680 : hunc, oro, sine me furere ante furorem. — T.-Li., VII, 30, 20 : adnuïte nutum numenque vestrum invictum Campanis. — A.-Geuze, Noct. Aft., épil., 8 19 : nullas vigilias vigilarunt (οἴ. 11, 11,4; V, 11, 2: IX, 9, 15}.
{. Nous adoptons à peu de choses près le groupement imaginé par G. Curtius. Les objections de Golhng (vos. Gymnasium, 1884, n°° 11 ct 12), bien quo très intéressantes ct très instructives, ne nous ont point paru tout à fait convaincantes.
2. Vos. d'autres exemples dans l'édition du Pseudolus, de F. Lonexz, Eïinleil., p. 40 sq. Il n'est pas énanaot qu'on rencontre chez Plaute un si grand nombre d'exemples de cette construction ; il ÿ cherchait très souscnt une source de comique, ct il flattait en mème temps le goût de ses contemporains. 11 ne faut pas oublier en effet que les vieux Romains recherchaient iostinctivement l'union de deux mots apparentés per la forme ou par le sens pour produire une expression énergique, comme occidione occidere - faire une destruction eamplète », vOCe vocare « appeler à haute voix », rex regum « le roi supréme ». AIMICUS aMICO « un véritable ami », stulte stultus « imbécile fieffé », ete. (Notez de Plus l'allitération.) Ces locutions et d'autres du même genre, dont quelques-unes 50 sont conscrrées dans les formules religieuses et judiciaires, avaicnt servi de modèle à une foule d'expressions savoureuses qui étaient dercnues praverbiales. Ex. : censum censere, n0xam nocere, postilionem postulare, actum agere. doctum docere, victos vincere, nihil hoc certo certius, εἴς. Or il est visible
b) How., 1]., XI, 241 : κοιμήσατο χάλχεον ὕπνον (εἴ. Χέν.,» Hier., 6, 1). Odyss., 1, 166: ἀπόλωλε χαχὸν μόρον. -- Tauc., I, 112,5: Λαχεδαιμόνιοι τὸν ἱερὸν χαλούμενον πόλεμον ἐστράτευσαν. — EscuyLe, Pers., 297 : πήδημα (bond) κοῦφον EX νεὼς ἀφήλατο (bondit). — ϑορη., Ant., 1309 : ἀνταίαν (s.-e. πληγήν) ἕπαισεν. -ἥκπυς, ν, 105: τῆς δόξης, ἣν... πιστεύετε.» Xe, Hell, Ι, 3, 11 : ἐξῆλθον δέ τινας χαὶ ἄλλας ἐξόδους ἐς τὴν ἤπειρον... — Isocn., XIX, 24 : ἠσθένησε ταύτην τὴν νόσον.
Les exemples sont très rares en latin :
PLauT., Aul., V, 1, 21 : garrire nugas. Cas. 1, 1, 30 : lucebis novæ nuptæ facem. — αἰ, Cat. maj., 10, 31 : tertiam jam ætatem hominum Nestor vivebat (cf. PLaur., Amph., 1093). De Orat., 1, 9, 81 : Sabinorum conubia conjunxisse.— Hon., Carm., 11. 17, 26 : populus frequens | Lætum crepuit sonum. Ibid., IV, 9, 19 sqq. : pugnavit.. dicenda Musis prœælia.
REMARQUES. — I. Il est inutile d'ajouter à cet accusatif de qualification un adjectif
ou un complément déterminatif : |
SLA sas, PE ἘΠ |
19 Quand le substantif aceompagné-de l'article exprime par lui-même une détermination précise.
Ex. : THUC., VIII, 58, 7 : χοινῇ τὸν πόλεμον (la présente guerre) πολεμούντων.
20 Quand l'accusatif est au pluriel, parce que le pluriel ajoute au substantif l'idée qu'exprimerait l'adjectif plusieurs.
Ex. : PLAT., Gorg., 483 : πρὸς τὸ αὐτοῖς σύμφερον χαὶ τοὺς νόμους τίθενται χαὶ τοὺς ἐπαίνους ἐπαινοῦσι χαὶ τοὺς ψόγους ψέγουσιν. — ANTIPH., V, ΤΊ : χορηγίας ἐχορήγει (cf. DÉM., XLV, 85). — ARISTOPH., Thesm., 193 : μανίας μαίνεσθε, vous entrez chaque fois en fureur.
3° Quand le substantif exprime par lui-même une idée plus restreinte que le verbe.
Ex. : ἄρχειν ἀρχήν (HÉRODOTE, III, 80; Tauc., I, 93), exercer un commandement, une charge (particulière), φυλαχὰς φυλάττειν (XÉN., Anab., 11, 6, 10), monter la garde, φόρον φέρειν (ARIST., Ois., 191; XÉN., Anab., III, 4, 9), payer (apporter) le tribut, πομπὴν πέμπειν (THUC., VI, 56), mener la procession, ὁρόμον θέειν (HÉR., VIII, 74) ou δραμεῖν (AR., Guépes, 316), disputer lo
prix de la course.
que ces sortes de locutious ressemblent beaucoup aux tournures dans lesquelles entre l'accusatif de qualification. Mais on comprend aussi que les écrivains autres que Plaute se soient montrés moins empressés à s'en servir. Leur goût, devenu plus fin grâce à l'imitalion des modèles grecs, s’accommodait mal de quelques-unes de ces formules parfois un peu trop lourdes ; ils ont donc fait un choix, mais en méme temps qu'ils devenaient plus sévères et proscrivaicnt des tours comme Cavere cautius, cupide cupere, cursim currere, madide madere, etc., ils se montraient plus timides même dans l'emploi de coustructions dont leurs modèles grecs leur fournissaicnt pourtant bien des exemples analogues. Cicéron n'emploie que très rarement l'accusatif de qualification, et c'est seulement après lui que les poètes et les prosateurs se montront un peu moins réservés. Sur la figura etymologica en latin, voy. G. Lawpanar, dans les Acta seminarii philolog. Erlangensis, t, 11, pp. 1-69, 509-513. 1] ἃ résumé ses idées dans la nouvelle édition qu'il a donnée de concert avec H. Schmalr des Vorlesungen dec lat. Sprachwissenchaft de Raista-Haasx, t. III, p. 638 οἱ suiv, (n. 556 6). On lira avec fruit les observations judicicuses de J. Βπεχουβ, Étude sur les hellénismes dans la syntare latine, p. 216 et suiv.
PO di Lure
À e «μα ati
Le tour δουλεύειν δουλείαν: {PLAT., XÉX.), se retrouve en latin : servire servitutem :Cic., Phil., II, 17, 42), avec le même sens, vivre dans une entière servitude, vivre en esclave. C'est une vieille locution de droit romain ‘cf. Cic., Top., 6), dont la forme rappelle celle de formules très anciennes aussi, par ex. : noxam nocere (Liv., IX, 10, 9), eauser un grave préjudice, vOtum vovere !Liv., XXIII, 19, 18}, faire un vœu solennel, etc. A part ces expressions consacrées par l'usage, le latin n'offre que rarement des tours analogues à ceux du grec. On peut citer PLAUTE, fud., 258 : preces expetessere ‘au lieu de precari,, sans aucune détermination, et Liv., XXIX, 12, 1 (Ætolos) ad petendam et paciscendam subegit pacem.
II. La langue poétique emploie des tours beaucoup plus hardis.
Ex. : avec les verbes signifiant s'asscoir, χάθημχι ἕδραν (£0cx étant mis dans le sens d'action de s'asseoir)
et avec les verbes signifiant marcher.
Ἐχ. :προδαίνειν χῶλον δεξιόν (EUR., Phén., 1412), s'avancer de la jambe droite? ; — 7 - -“πᾷδα πεζεύων (EUR., Alc., 812), allant à pied par terre; — τίνχς ποθ᾽ dos eocaç τἄσδε μοι θοΐζετε (Sopn., Œd. R., 3), si l'on prend θοΐζω . comme synonyme de σπεύδω, se μϑίον
II. Un certain nombre d'adjectifs dérivés de verbes intransitifs ou rappelant par.
ieur sens l’idée de verbes intransitifs se construisent en gr&æ avec un accusatif de qualification.
Ex.:PLAT., Rép., 519,4 : ἔστιν ὁ τῷ ὄντι τύραννος τῷ ὄντι δοῦλος τὰς μεγίστας θωπείας χαὶ δουλείας. Apol., 22e : μήτε τι σὄφος ὧν τὴν ἐχείνων σοφίαν μήτε ἀμαθὴς τὴν ἀμαθίαν. — Tauc., V, 34 : ἅτιμος τὴν τοιαύτην ἀτιμίαν. Toutefois cet accusatif complément d'adjectifs se confond avec l’accusatif de la partie ou du point de vue*.
IV. Quelques-unes des constructions signalées plus haut se retrouvent au passif.
Er.:PLAT., Mener., 243,e : ὃ οἰχεῖος ἵν πόλεμος οὕτως ἐπολεμήθη (cf. XÉN., Cyr., I, 5, 10; Hell., IV, 8, 1). — Tuuc., 11, 65, 11 : ἀλλα τε πολλὰ ἡμαρτήθη χαὶ ὁ ἐς Σιχελίαν πλοῦς.
En latin ce tour est rare et peu correct.
Conx. ΝΕΡ., Hann., 5, 1 : hac pugna pugnata. — SALL., Jug., 54 : prælium (la bataille en question) male pugnatum ab suis. — Hon., Carm., If, 49, 4. : et pugnata sacro bella sub Ilio, etc.‘
1. L'expression signifie en elle-mème « être esclave au sens litiéral du mot », c'est-à-dire qu'en employant ainsi l’accusatif ou veut indiquer que le mot est pris dans toute la force du terme. Voilà pourquoi on trouve parfois, cn grec, surtout Chez les poètes, des locutions comme μόχθον μοχθεῖν (Eun.) « se donner une véritable peine » ; λῆρον ληρές (Anisr. Plut., 517) « tu radotes vraiment », etc.
3. Toutefois cette expression, comme celle de Pindare avec laquelle elle a quelque analogie (Olymp., VIT, 63 : προθαίνειν πόδα). peut contenir, non pas un accusatif de qualification, mais un accusatif de relation (acc. dé ἴα purtie). Cf. ci-dessous, 874, 1°,
3. ll y a deux interprétations différentes pour ce vers; l'une remonte à l'antiquité (cf. Pucr., de aud. pot, ©. 5) et prend θοάζω pour l'équivalent de χαθέζομαι ou θαάσσω « être assis »; l'autre appertient à Hermann, qui entend quam mihi sessionem festinatis ?
$. n'en est pas moins vrai que l'on peut considérer comme équivalent d'un verbe intransitif le verbe εἶναι accompagné d’un de ces adjectifs pris comme attribut. C'est parce que σὄφος εἰμ᾽ équivaut ἃ un verbe intransitif signifiant « être habile » qu'on le construit avec σοφίαν, et il est permis de supposer que la construction de beaucoup d'accusatifs de relation (cf. $ 74, 3°), employés comme compléments avec les adjectifs, est uac extension de ce cas particulier.