‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 21 sur 306 · Cf. Kimwms, Ausf. Gr. d. lat. Spr., L. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Kimwms, Ausf. Gr. d. lat. Spr., L. II, p

ee à

2% L'accusatif d'un substantif dont le sens est tel qu'il peut remplacer, à lui seul, un substantif tiré du verbe etaccompagné d'une détermination :

Ex. : XEN., Hell., 1, 6, 31: ἔθυε τὰ εὐαγγέλια, pour cette bonne nouvelle il offrait un sacrifice aux dieux. — Tuuc., I, 126, 6: ᾿Ολύμπια γιχᾶν. remporter la victoire aux jeux Olympiques ?. — PLaT., Gorg., 456 a : τὴν γνώμην γιχᾶν, faire triompher son avis dans une discussion. — HéroporTe, V, 22: ayoviGecha: στάδιον. disputer le prix du stade.

Le latin ne présente que quelques exemples de cette construction.

Ex. : Enxivs (cité par Cuc., Cat. maj., 5, 14} : Vicit Olympia. — Cic., de Of., I, 10, 42 : qui stadium currit (p. stadii cursum currit|. — Hon., Sat., I, 5, 63 : saltare CyClopa, danser la danse du Cyclope (Cf. Ép., I, 2, 125 : nunc Satyrum, nunc agrestem Cyclopa movetur*). — Suer., Claud., 33: aleam studiosissime lusit. — Juvéxaz, 11, 2 : odi | qui Curios simulant et Bacchanalia vivunt.

Enfin il faut peut-être voir dans l'expression classique occumbere mortem, succomber à la mort, un cas particulier de la construction qui vient d'être étudiée”*.

REMARQUE. — C'est ainsi qu'on peut expliquer les locutions poétiques bien connues

πῦρ πνεῖν (HÉS., Théog., 819; XÉN., Hell., VI, 5, 12), respirer le feu, c.-à-d. être ardent, être enflammé, πνεῖν μένεα (Ηον., J., 11, 356; HI, 8, etc.; Od., XXII, 203), respirer le

1. L'expression est abrégée ct équivaut ἃ θυσίαν ἔθυε τῶν εὐαγγελίων. Comparez les locutions du même genre: θύειν τὰ ἐπινίχια (Prar., Bang., 173 a) « offrir un sacrifice en l'honneur d'une victoire »; θύειν διαθατήρια (Χέκ., Hell., ΠῚ, 4, 3) « offrir un sacrifice pour obtenir un résultat favorable dans une expédition au dehors » ; θύειν γενέθλια (Eun., Jon., 653; Puar., Alc., 1, 121 0) « célébrer par un sacrifice l'anniversaire d'une naissance ἡ; θύειν τὰ Λύχαια (Xén., Anab., I, 2, 10) « célébrer par un sacrifice les fêtes de Zeus Lykæos ». De même avec le verbe τέμνειν employé par les poètes au sens de « égorger des victimes », par suile « sacrifier », on trouve ὄρχια τέμνειν (Hom., Il., 11, 124) « égorger une victime pour cimenter un traité », et par suite « prononcer un serment solennel, conclure un traité », etc. κά τὰ οἱ καὶ 1

2. On ἃ dit successivement νιχᾶν χαλλίστην νίχην, puis νιχᾶν νίχην (Χὲκ., (γν»., VII, 1, 10) « remporter une victoire », γιχᾶν μάχην (Χέκ., An., VI, 5, 956) « gagner une bataille », νιχᾶν ναυμαχίαν (Tauc., PLat., Drum.) « gagner une bataille navale », et enfin, par une abréviation d'expression semblable, νιχᾶν Ὀλύμπια, cf. Pinn., OÙ, IV, 343; XIII, 42 : νικᾶν δρόμον « gagner le prix de la course », pour δρόμον νίχην νιχᾶν. (Gel emploi du verbe vixäv était consacré; νου. les inscriptions d'Olympie.) — Le verbe ἡττᾶσθαι, qui exprime l'idée contraire « étre vaincu » 4 entre aussi dans des locutions comme ἡττᾶσθαι μάχην (Déu., p. 444, 5 « perdre une bataille », et ἥττασθαι δέχην (Piar., Lois, 880 c, Dxm., p. 1177, 5) « perdre son procès ».

3. Pour ἀγωνίζεσθαι ἀγῶνα σταδίου. Le verbe ἀγωνίζεσθαι entre, comme vixäv, dans beaucoup d'expressions abrégées,

Ex. : ἀγωνίζεσθαι δίχην, (Lvs., 98, 14; Dém., p. 653, 26) « soutenir un procès » ; ἀγωνίζεσθαι φόνον (Eun., Andr., 336), p. &y. φόνον ëfxnv « avoir à se défendre contre une accusation de meurtre », cte.

C'est aussi ὑπὸ abréviation d'expression qui explique la locution : ἀγωνίζεσθαι ὃδρᾶβα « faire représenter une pièce » (Anist., Poet., 7441), ou (en parlant de l'acteur) « jouer une pièce » (θὲ... p. #18, 5j. oi PA

+. Movetur a le sens moyen et signifie « danse ».

#. Avec occumbere, l'accusatif mortem est le cas le plus ordinaire ; morte ou morti sont beaucoup plus rares.

courage, πνεῖν τόνον (EsCH., Agam., 1309, respirer le meurtre, Λαχωνιχὸν πνεῖν (AnistoPH., Lys., 216}, avoir des sentiments spartiates, elc., πῦρ δεδορχώς (HOM., Od., XIX. 446), loncant un regard de feu, etc., σχύτη βλέπειν 'ARIST., Guépes, 643), avoir les veux de quelqu'un qui reçoit ou qui va recevoir les étrivières, etc.

En latin, beaucoup d'expressions analogues sont usitées, même en prose et à la bonne époque. Telles sont redolere antiquitatem (Cic.), exbaler un parfum d'antiquité, anhelare scelus :Cic.), respirer le crime, spirare tribunatum (Liv.), p. spiritus tribunicios, ete. ! : sonare hominem !VIRG.}, avoir le son d'une voix humaine, est poëlique.

3 L'accusatif neutre d’un adjectif, qui équivaut pour le sens à l'accusatif d’un substantif accompagné d'une détermination.

Ex. : How., Od., XXII, #47: αἵν᾽ ὀλοφυρόικενχι (p. αἴνους ὀλοφυρμοὺς ὀλοφυρόμενα!). — XEN., A{nab., VI, $, 2 : ὑθοίζειν δεινά. VI, 1.5: ἥλλοντο ὑψηλά. Mém., II, ὁ, 25 : τοῖς φίλοις τὰ δίκαια ὀοηθεῖν.

En dehors de certaines expressions toutes faites, comme ὀξὺ βλέπεῖν, ὀξὺ ἀκούειν, avoir la vue perçante, l'ouie fine, μέγα λέγειν, dire à haute voix. μέγιστον δύνασθαι, avoir une très grande influence, ete., l'emploi de l'accusatif neutre singulier est poétique. En prose, c'est, en règle générale, l'accusatif pluriel neutre que l'on construit ainsi?.

Les Latins connaissent aussi cette construction, mais elle est très rare à l'époque archaïque et la prose classique correcte semble l'éviter. En tout cas, elle ne l'emploie que dans un très petit nombre d'expressions déterminées.

Ex. : Cic., Tuse., Il, 24, 56 : exclamare majus, crier assez fort. — P. Arch. 10, 26 : Cordubæ natis poetis, pingue quiddam sonantibus atque peregrinum.

Les poëtes, au contraire, font de l'accusatif neutre (singulier ou pluriel} l'emploi le plus fréquent.

Ex. : Cicéron (trad. d'Aratus), De Nat. deor., Il, 43 : truculenta tuetur. -- Luce, Ill, 86 : sincerum sonare; V, 31 : acerba tuens (Cf. Vinc.). — Caruze., XLII, 8 : {urpe incedere; Li, 5 : dulce ridentem (cf. Hon., Carm., I, 22, 23). — Vinc., Égl., I, 8: transversa tuentibus hircis; Én., V. 19 : transversa fremunt,; Vi, 50 : mortale sonans; Vi, 981 : torvum clamare; VI, 288 (οἵ. IX, 632) : horrendum stridens: Vin, 248 : insueta rudentem, etc. — Hon., Sat, I, 3, 26 : tam cernis acutum ; ibid., I, 8, 41 : resonare triste et acutum ;

1. On pourrait ajouter à cette liste sudare sanguinem (Liv), electra (Virg.) ; mais il semble plus naturel de voir dans sudare un verbe intransitif pris transitivement.

2. ἢ est dufficile de donner les raisons de ce choix. Les origines de la construction ont été étudiées par La Roche et, d'après lui, par Delbrück ; voy. les réflexions que la question leur suggère : La Rocux, Hom. Sted., p. 27-32; Bavaxaxx-Dacsnicx, Grundriss, cte., ἢ, ΠῚ, 17 partic, p. 616 544.

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Carm., 11, 12, 14: lucidum fulgentes; ibid., 11, 19,6: turbidum lætatur; ibid., 11}, 27, 61 : perfidum ridens; Ép., 2, 1, 166 : spirat tragicum, etc.

Les exemples abondent aussi chez les autres poètes de l'empire. Certains prosateurs (Sai., Tac.) emploient de cette manière l'adjectif neutre immensum, et Tacite a même dit, à la manière des poëtes, Ann., IV, 60 : falsum renidens vultu. Mais c'est surtout Apulée qui fait de cette construction l'usage le plus étendu (Hé, I, 7 : dulce condiens et suave quatere; V, 28: Venus irata solidum; Vi, 21 : canora personabant ; VI, 16: renidens exitiabile, etc.*). Pour les écrivains des bas temps l'emploi de l'adjectif neutre avec un verbe était considéré comme un tour ordinaire; Ammien Marcellin en offre beaucoup d'exemples, et les écrivains ecclésiastiques eux-mêmes s'en servent fréquemment. On sait d'ailleurs que cet usage se retrouve dans les langues romanes et particulièrement en français : chanter juste, parler haut et clair, etc.

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REMARQUE. — Sur le modèle Gé πλοῦτον πλουτεῖν (cf. Luc., Tin., 48, πλουτεῖν πλοῦτον ὑπερμεγέθη,)}}68 poètes ont créé des expressions comme μέγα πλούδιος.

La locution μέγα εὐδαίμων (cf. μέγα εὐδαιμονεῖν) se trouve dans Xénophon (Cyr., V, 1,28), mais c'est vraisemblablement un tour poétique (cf. EsCHYLE, Prom., 647). Quoi qu'il en soit, des constructions de ce genre peuvent être considérées comme l'origine de certaines locutions, dans lesquelles on explique quelquefois l'accusatif en lui donnant la valeur d'un accusatif de relation (ou accusatif adverbial). En effet ces deux emplois se confondent souvent et il est parfois difficile de décider auquel des deux on a affaire.

4 L'accusatit neutre d'un pronom ou d'un adjectif pronominal.

Ex. : How, 11... II, 399 : ταῦτα rate: ἡπεροπεύειν (= τάδε τὰ ἡπεροπεύματα). V, 185 : τάδε (— ταύτην τὴν μανίαν) μαίνεται. — XEN., Anab., 1, 3, 18: ἐρωτᾶτε τὸν Κῦρον τέ βούλεται ἡμῖν χρῆσθαι (ΞΞ τίνα βούλεται χρεέαν ἡμῖν χρῆσθαι). — Tuuc., IV, 12 : τοιαῦτα ἐπέσπερχε. — Isocn., I, 13 : εὐσέθει τὰ πρὸς τοὺς θεούς. — Du, XVII, 292 : ταὐτὰ λυπεῖσθαι χαὶ ταὐτὰ χαίρειν τοῖς πολλοῖς, etc.

On connait les expressions ἕν (οὐδέν, πάντα) εὐδαιμονεῖν, ὠφελεῖν, βλάπτειν, etc., si fréquentes à toutes les époques de la langue.

Cet emploi est extrêmement étendu en latin, où l'on construit ainsi, à toutes les époques de la langue, non seulement l'accusatif neutre d'un pronom ou d'un adjectif pronominal, mais aussi l'accu-

. Voy. Dasoen, ouv. cit.,t. 15. p. 388.

. Cf. Kaztscuuaxw, De latinilate Apuleji, p. 50. . Sur Ammien Marcellin, voy. l'étude de Hassenstein, p. 10.

satif neutre de certains adjectifs exprimant une idée de quantité (unum, omnia, multa, cetera, pleraque, nihil). On dit :

Ex. : hæc gemebant; illud stomachor; id lugeo; quid (en quoi) tibi obsto? unum studere; cetera assentior Crasso: hoc (accus.) dubitatur (pass. impers.), etc.

63. — Un verbe transitif, déjà accompagné de son complément direct, peut avoir aussi, surtout en grec, un second complément à l'accusatif de qualification.

Ex. : Piar., Apol. 19, b : Μέλητός με ἐγράψατο τὴν γράφὴν ταύτην. Laches, 188, ἃ, ἁρμονέαν καλλέστην ἡρμοσάμην τὴν λύρανὑ. -- Χέν., Cyr, VII, 3, 31: ἐμὲ γὰρ ὁ πατὴρ τὴν τῶν παίδων παιδείαν αὐτὸς ἐπαίδευεν. Écon., VII 2 : χαλοῦσί με τοῦτο τὸ ὄνομα. — Isocn., VIII, 58 : μετὰ τὴν

μάχην ἣν ἐνίχησαν Θηδαῖοι Λακεδαιμονίους, etc.

Les Latins n'emploient cette construction que dans le cas où l'accusatif de qualification est le neutre d’un pronom ou d’un adjectif pronominal$. On dit très bien :

hoc te obsecro; hoc te vehementer rogo (p. oro); id me rogas (p. interrogas);, quod deos precati eritis; si quid me vis, si tu as besoin de moi pour quelque chose*; te hoc consulo*: quæ te volumus percontari; id ipsum quod me mones; quod te jamdudum hortor; quæ te aliquid juberent, etc.

64 — Il est naturel de rattacher à cette construction celle des verbes grecs signifiant partager, diviser.

Ex. : Χέν., Cyr, VII, 5,13: Κῦρος τὸ στράτευμα κατένειμε δώδεκα μέρη.

En effet, quand ces verbes sont au passif, le complément qualificatif reste à l’accusatif.

Ex. : Xéx., Cyr. 1,2, ὁ : dinpntat αὕτη ἢ ἀγορὰ τέτταρα μέρη".

1. Union de deux constructions : γράφεσθαί τινὰ « assigner (par écrit) quelqu'un en justice » (eu parlant d'une action publique), et γράφεσθαι γράφην τινά « intenter une action publique ».

2. ᾿Αρμόζεσθαι λύρα sigaifie « accorder une lyre », et ἁρμόζεσθαι ἁρμονίαν τινά « tirer un accord »

2. Virgile a bien dit (Géorg., III, 497 sqq.) et pede ferram | Crebra ferit, mais c'est un

exwmple à peu près isolé.

4. Velle aliquem « avoir besoin de quelqu'un », appartient à la langue familière.

5. Le pronom 00 est quelquefois remplacé, surtout chez les comiques, par son équivalent hanc rem. Ex. : Pracr., én., 687 : consulam hanc rem amicos. C'est de la même façon qu'il (δαὶ expliquer : Sau., Jug., 79, 1 : 6am rem (= id) noslocus admonuit. $; Dans la construction passive, ce complément devient le sujet (cf. ci-après, emploi des voix), lEx.: Χάκ., Cyr, 1, 3, ὅ : δώδεχα γὰρ καὶ Περσῶν φυλαὶ διήρηνται « il y 8 «aussi douze tribus chez les Perses ». ris 1 1

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8 3. — Accusatif de lieu ou de direction (question quo).

65. — En grec comme en latin, l'accusatif pouvait, même seul et sans l'intermédiaire d'une préposition, marquer le terme d'un mouvement!; mais ce tour, assez fréquent dans la période archaïque de la langue grecque, a fini par tomber en désuétude, surtout dans la prose classique. En latin, il s'est maintenu dans un cas particulier, mais en dehors de ce cas il a eu la même fortune qu’en grec.

On le trouve chez Homère particulièrement avec les verbes ixvéouat, ἱκάνω, ixw*, qui peuvent être suivis d’accusatifs désignant soit des personnes.

Ex. : ᾿Αρήτην, Τηλέμαχον, Αἰθίοπας, μητέρα, μνηστῆρας,

soit des choses considérées comme le but du mouvement indiqué par le verbe.

Ex. : Ἄργος, Tpoinv, ᾿Ολυμπον, οὐρανόν, γῆν, πτολίεθρον, νῆσον, ὦματα, χλισίην, γούνατα, χρόα, etc.

Les autres poètes ont naturellement suivi Homère, ici comme ailleurs; mais la prose emploie toujours en pareil cas une préposition, même devant les noms de ville, à moins qu'elle ne préfère se servir d'une des formes adverbiales en -de ou en -ζε, qu'on trouve déjà dans les poèmes homériques employées concurremment avec l'accusatif, pour indiquer l'endroit vers lequel est dirigé un mouvement.

66. — L'ancienne langue latine et la langue populaire employaient l'accusatif de direction dans certaines locutions.

Ex. : exsequias ire, aller à un enterrement (Τέκ., Phorm., 1026. — Ov. Am., I, 6,2), alicui suppetias advenire ou venire, proficisci, ire, etc., aller, venir, etc., au secours de quelqu'un (PLAUTE, Menechm., 1001. — Aucr. ns B. Arn., 5, 25, 39, etc.), infitias ire, litt. se porter à l'action de nier (Comiques, Connsuivs Neros. T.-Live, etc.).

1. Cetto construction appartenait à la langue indo-européenne primitive, puisqu'on la retrouve en sanscrit et dans la languc de l'Aves{a. Certaines langues germaniques l'employaient aussi ; enfin il y en a des traces dans le slave. Cf. Bruamaxx-DxcsnÜücx, Grundriss der vergl. Gr.,t. II, p. 363 sqq.

2. Plus rarement avec δύω, δυόμαι, δύνω, εἰ même avec ἔρχομαι, εἶμι, βαίνω, νεόμαι. Cf. Bruawaxx-Decsnîcu, ouv. cil., p. 364 et La Roche, Akkusativ bei Homer, p. 93 544.

3. Sur ces formes en clles-mêmes, voy. les tables de notre volame : PAonétique, Etude des formes. Les principales sont : 1° ch:z Homère : ἅλαδε (ou même εἰς ἅλαδε), oïxév8e, ὅνδε, δόμονδε, ἔραζε, ἡμέτερόνδε (δόμον), "Ολυμπόνδε, χλισέηνδε, etc. ; 2° dans la langue ordinaire (pour les noms de villes) : Πυυθῶδε, ᾿Αλιμοῦντάδε (Aristophane) ; — ᾿Αθήναζε, Meyapaôe, Ἐλευσῖνάδε, ᾿ολυμπίαζε, Μουνιχιάζε, Θριῶζε, cte. ; — 3° el pour certains substantifs : χαμᾶζε, θύραζε, οἴχαδε. Il est inutile d'ajouter qu'avec un nom de ville on peut dire aussi, par exemple, εἰς Αθήνας. D'ailleurs, pour beaucoup de noms de villes, on ne rencontre pas d'adverbes en -êe ou en -ζε.

«]] Ü eesa

En dehors de ces expressions, l'accusatif d'un nom commun ne s'employait peut-être pas sans préposition, même dans la langue archaïque ou familière, pour marquer le terme où aboutit un mouvement !.

67. — Les seules exceptions à cette règle sont les suivantes :

1° Dans les expressions venum ire (d'où venire) οἱ venum dare (d'où vendere), venum est l'accusatif d’un substantif qui signifie la vente.

2 L'accusatif du supin s'emploie comme accusatif marquant le but avec les verbes de mouvement (ΝΟΥ. le chapitre sur les formes nominales du verbe). s 586.

3° Les accusatifs foras, à la porte”, r'US, à la campagne, et domum (domos), celui-ci quand il signifie chez soi (chezeux)*, s'emploient régulièrement sans préposition avec un verbe de mouvement.

4 Avec les verbes signifiant aller, etc, on met à l'accusatif sans préposition les noms de villes et de petites îles (qui n'ont qu'une seule ville, de même nom que l'ile elle-même).

REMARQUES. — I. Si l’on trouve chez certains auteurs l’accusatif de la question quo employé sans préposition avec des noms de grandes [165 et même avec des noms de pays*, cela tient ou bien à une extension de l'usage qui vient d’être constaté ou plus vraisemblablement à l'influence de la syntaxe populaire.

Il. — Les poètes, qui suivent une syntaxe plus libre que les prosateurs, se dispensent d'exprimer in ou ad même devant un nom commun.

Ex. : VIRG., Én., VI, 638 : devenere locos lætos et amœna vireta. — ἰδία.) 695 sq. ; tua me... imago... hæc limina tendere adegit, etc.

Il est probable que ces constructions sont, comme beaucoup d'autres, empruntées à la

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