INFINITIF SERVANT À FORMER UNE PROPOSITION COMPLÉTIVE
559. — Propositions infinitives. — L'infinitif grec et latin, employé comme sujet ou comme complément direct de la proposition principale, sert à former des propositions complétives auxquelles on a donné le nom de propositions infinitives.
Il y a deux sortes de propositions infinitives : celles dans lesquelles l'infinitif est employé sans sujet exprimé, et celles dans lesquelles l'infinitif est accompagné d’un accusalif sujet.
4. La question de licet est étudiée avec soin par Exonr B. Lrase, dans un article (sur Konstruction von licct) de l'Archivo... de Wæwrruin, t. XI, p. 9 544.
2. Pour la définition de ce terme, voy. ci-dessus, p. 443, ἡ. 3.
On remarquera que Île lalin et le grec ne présentent que quelques points communs dans la construction des propositions complétives à l'infinitif, Cela tient à ce que dans beaucoup de cas où le latin emploie l'iafinitif, le grec sc sert d'une proposition complétive commençant par ὅτι (ef. ci-dessus, 8 426) et que d'autre part, là où le grec construit la proposition infinitive, le latin se sert de la conjanction ut avec le sabjonctif (cf. ci: dessus, 8. 497).
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxc). 39
4° L'infinitif est, en règle générale', employé sans sujet exprimé, lorsque le nom ou le pronom qui est le sujet logique de l'action marquée par l'infinitif est déjà exprimé dans la proposition principale, soit comme sujet, soit comme complément.
Ex. : Οὗτος ὁ ἀνὴρ βούλεται ἀπελθεῖν, ille vult proficisci. — Τούτῳ τῷ ἀνδρὶ ἔξεστιν ἀπελθεῖν, 1111 licet proficisci.
2 L'infinitif est, en règle générale, accompagné d'un accusatif sujet, lorsque le nom ou le pronom qui est le sujet logique de l'action marquée par l'infinitif n'est pas déjà exprimé dans la proposition principale, soit comme sujet, soit comme complément.
Ex. : Τοῦτον τὸν ἄνδρα βούλομαι ἀπελθεῖν, illum volo proficisci. — Τοῦτον τὸν ἄνδρα ἔξεστιν ἀπελθεῖν, illum licet proficisci.
REMARQUES. — ]. Cette règle n'est pas absolue, surtout en latin, où *} l'usage demande que dans les propositions infinitives dépendant des verbes signifiant dire, croire, savoir, le sujet de l'infinitif soit exprimé, même s'il est identique à celui du verbe principal (νου. ci-dessus, 8 555, REX. I), et où ?) il permet que dans les propositions infinitives dépendant des verbes vouloir et désirer le sujet de l’infinitif soit exprimé même s’il est identique au sujet du verbe principal.
a) C'est surtout chez les poëles? qu’on rencontre des constructions comme celles-ci visiblement imitées du grec (voy. ci-dessus, 8 555, 4°, a)°.
Ex.: PLAUTE, Asin., 634 : quas (minas).. Diabolus ipsi daturus dixit — CATULLE, Carm., ἃ, 1, sq. : phaselus ille, quem videtis, hospites, | ait fuisse navium celerrimus. — VirG., ἔπ. IV, 305 sq. : dissimulare… sperasti… tantum | posse nefas tacitusque mea decedere terra. — Hor., Ép., 1, 7, 22 : vir bonus et sapiens dictis ait esse paratus. — Ov., Mél., XIII, 441 : rettulit Ajax | esse Jovis pronepos. — ΠΌΟΑΙΝ, Phars., IX, 1037 : tutumque putavit | jam bonus esse socer. Etc.
b) On pouvait dire également bien en latin me cupio esse clementem et cupio esse clemens.
Ex. : Cic., In Verr., 11, 4, 51, 115 : dissoluti si cupiamus esse. In Cat., 1,1, 4 : cupio... me non dissolutum videri. Cf. (avec l'ellipse de l'infinitif esse) Cic., Phil., 2, 8, 19 : cupit.. se audacem. Ib., 5, 14, 38: quam (combien) populum Romanum liberum cuperet. De Off.. I}, 22, 78 : qui. se populares volunt.
Il. L'emploi de l'infinitif sans sujet exprimé après les verbes signifiant promeure appartenait au langage familier.
Ex. : CÉs., de Bell. Gall., IV, 21, 5 : legati veniunt, qui polliceantur obsides dare*.