‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 207 sur 306 · EN · texte numérisé non relu

EN

REMARQUE. — C'est probablement par analogie avec ces verbes que dans le latin archaïque on construisait scilicet et videlicet' avec une proposition infinitive.

Ex. : SALL., Orat. Philippi, $ 5 : at scilicet 608... gratiam ab 60 peperisse.

3° En latin surtout”, après un certain nombre de verbes qui expriment un sentiment : gaudere, Iætari, se réjouir; dolere, s'affliger ; mirari, s'étonner ; indignari, s'indigner ; ægre ferre, être fâché ; curare, se soucier, elc.

Ces verbes se construisent régulièrement avec l'infinitif accompagné d'un accusatif. sujet, parce que le sens est : je me réjouis, je m'afflige, ete. à la pensée que Ὁ:

REMARQUES. — I. La construction d’un verbe marquant un sentiment avec un infintilif seul est rare et généralement peu classique.

C'est ainsi qu'on trouve gaudeo accipere (TÉR., Ad., 254; cf. LuCr., 1Π, 6144 ; VirG., Én., li, 239, etc.;; delector dici (Hor., Ép., 1. 16, 42); erubesco avec l'infinitif (VirG., Égl., 6, 2; T.-LivE, X, 8, 5); aspernor rogari (STACE, Srlr., 1, 2, 105; TAc., Ann., IV, 46); contemno avec l'infinitif (Hon., Ép., 1,1, 29; SEN., Phæn., 197); doleo vinci (IIon., Carmn., IV, 4, 62), etc.*.

Toutefois curare, se soucier de, avec l’infinilif seul se rencontre chez CICÉRON (p. Flacc., 21, 64, etc.).

Il. Le verbe amare, se plaire à, n'est construit avec l'infinitif que chez les poètes et dans la prose de l’époque impériale.

Ex. : Hor., Ép., 1, 14, 9 : amat.. obstantia rumpere claustraf. Etc.

III. La construction de timere avec le présent de l'infinitif pour signifier craindre de..., avoir peur de (faire telle ou telle chose) est tout à fait incorrecle en prose. On la trouve parfois chez les poètes.

Ex.:Ov., Mét., XIV, 179-180 : hosti | prodere me timui (— timui ne, si clamarem, me proderem).

4, L'étymologie de scilicet et de videlicet parait en effet être celle-ci : les deux particules seraient formées des impératifs 8ci, vide accompagnés de licet («sache-le, vais-le, tu le peur »).

2. En grec, la construction de ces verbes avec un infinitif est un tour rare ct poétique (cf. KalCona, Griech. Sprachlehre, 11, 8 56, 6, 3). D'après Scuxurr, ueher den Ursprung des Substantivsatses mit Relativpartikeln im Griechischen, p. 7, on trouve chez Homère l'infinitif accompagné d’un accusatif sujet 8 fois après νεμεσσάομαι, 2 fois après νεμεσίζομαι « s'irriter, s'indigner », 3 fois après ἄγαμαι, { fois après θαυμάζω « s'étonner ».

1 n’y ἃ pas de rapport entre cette construction ct l'emploi de l'infinitif seul après αἰσχύνομαι signifiant « s'abstenir (par honte ou par pudeur) de faire telle ou telle chose » (PLar., Apol., 28»; Xéx., Cyr., Y, 1, 21), de même qu'après αἰδοῦμαι, φεύγω, ἀπέχομαι (voy. ci-après, p. 620, 4°, 8).

3. En grec, les verbes correspondants se construisent avec le participe au nominatif (voy. ci-après, £ 591, 1°, p. 661); quelques-uns, comme θαυμάζειν « être étouné », ἀγαναχτεῖν « ètre indigné », χαλεπαίνειν « être irrilé », χαίρειν « sc réjouir », peuvent être suivis aussi d'une proposition avec ὅτι (ef. ci-dessus, $ 433) ou d'une proposition avec εἰ (cf. ci-dessus, ὃ 533). Pour l'emploi analogue de quod ou de δὲ en latin avec les verbes de sentiment, τον. ci-dessus, & 440 ct 534.

4. Voy. R. Κύπκκκα, ausf. Gr. der lat, Spr., ἃ. 11, p. 495 el suiv.; cf. J. Bnaxous, É'tule sur les Hellinismes dans la Syntare latine, p. 304 et suiv.

5. Quant à amare pris comme synonyme de solere et suivi de l'infinitif, c'est un emprunt fait au grec (cf. Quier., IX, 3, 17) dont les premiers exemples paraissent chez Sazuuste (Jug., 34, 4) puis chez Honace (Carm., I, 2, 50) et qu'on retrouve dans Tacite, imitateur do Salluste. On sait qu'en grec φιλῶ, employé par les poètes et dans la prose d'Hérodote pour significr « se plaire à » avait fini par devenir synonyme de εἴωθα ἃ avoir coutume de » et par se construire comme lui.

IV. Par analogie avec les verbes signifiant croire, on emploie quelquefois (mais plutôt rarement) avec une proposition infinitive au futur! des verbes signifiant craindre ?.

Ex.: T.-Live, X, 36, 3 : neutris animus est ad pugnandum, diversique…. abissent, ni cedenti instaturum alterum timuissent.

4 En grec et en latin, après des verbes qui marquent une manifestation de la volonté pour qu'une chose arrive ou n'arrive pas.

a) En grec* les principaux verbes appartenant à cette catégorie sont les suivants : βούλεσθαι, vouloir, préférer ; ἐπιθυμεῖν, désirer ; φεύγειν, ἀπέχεσθαι. avoir honte de, craindre des 9 ἀρϑίοπὶς de ; εὐλαθεῖσθα:, φυλάττεσθαι, se garder de faire une chose; — δεῖσθαί τινος, αἰτεῖν τινα, prier; ἀξιοῦν, juger juste, demander; συμθουλεύειν, conseiller ; προτρέπειν, ροιΐξδεν à ; πείθειν, persuader de * ; προστάττειν τινί, χελεύειν τινά, commander; ἀπαγορεύειν τινί, ἀντιλέγειν τιν!, défend re, δίο un

| REMARQUES. — J. L'emploi du sujet, la construction du sujet et de l'attribut sont soumis aux règles qui ont été exposées ci-dessus (δδ 555 et 556}.

I. L'infinitif employé ainsi est mis ordinairement au présent ou à l'aoriste {sans ἂν δ).

Ϊ Ex. : Tauc., I, 24, 6 : οἱ... ᾿Επιδάμνιοι... πέμπουσιν ἐς τὴν Kécxucav ποὲσ-

Gers ὡς μητρόπολιν οὖσαν, δεόμενοι un σφᾶς περιορᾶν φθειρομένους, ἀλλὰ τούς τε φεύγοντας ξυναλλάξαι σφίσι χαὶ τὸν τῶν βαρδάρων πόλεμον καταλῦσαι (περιορᾶν, au présent, parce que ce serait par hypothèse un état d'esprit durable; ξυναλλάξαι, χαταλῦσαι à l’aoriste, pour désigner une action qu'on accomplit une fois pour toutes [Classen et A. Croiset)).

nm ..

1. Ilya cn grec quelque chose qui ressemble à cette assimilation des verbes signifiant « craindre » aut verbes signifiant « croire ». On trouvo en effet, bien qu'assez rarement, des phrases comme celle-ci:

. Ai Xéx., Cyr., VI, 2, 30 : μὴ δείσητε ὡς οὐχ ἡδέως καθευδῆσετε « n'ayez point d'inquié- 6 \ A tude οἱ ne croyez pas que vous dormirez mal »,

dans lesquelles ὡς avec le futur de l'indicatif s'explique par une extension de la règle S 481.

2. L'emploi, en pareil cas, de l'infinitif présent au lieu de l'infinitif futur parait avoir appartenu au langage familier (cf. (αι. ar. Cic., ad Fam., NI, 11,3: Cic., ad Att., VII, 8, 2), biea qu'on le retrouve dans les traités de Cicéron.

Ex. : De Orat., 11, 82, 334 : : vincit utilitas plerumque, cum subest ille timor,, ea neglecta ne dignitatem quidem posse retineri. Cf. de Leg.. 11, 22. 57 où lo texte est douteux ; les manuscr. ont : quod haud scio an timens suo corpori posset accidere ; Baiter, Vahlen et Mucller ajoutent ne d'après Lambin; peut-être vaut-il mieux avec d'autres corriger pOsset cn posse.

3. Nous avons cru devoir meltre à part le grec et le latin, parce que dans le détail des constructions il y a certaines divergences importantes.

4. Quand on veut rendre l’idée de « persuader que... », un construit généralement πείθειν avec ὡς ct l'indicatif ; cf. ci-dessus, ὃ δὲ, Reu. I.

5. Quelques-uns de ces verbes (peuyetv, ἀπέχεσθαι, — edhabeïioôar, φυλάττεσθαι, προτρέπειν) peuvent ètre considérés aussi comme exprimant une manifestation de l'activité; cf. ci-après, p. 623, 5°. Quant à αἰδεῖσθαι, c'est proprement un verbe de sentiment, qui sc coustruit régulièrement avec le participe, quaud il s'agit d'énoncer la cause de ce sentiment; mais quand il signifie « s'abstemr par honte de faire..., » il so construit avec l'infnitif par analogie avec les verbes dont il sera question p. 623, 5°.

6. Dans l'ancien dialecte atlique (chez Taucroiwr, Sopuocre), on trouve quelques exemples de ces verbes construits avec l'infinilif futur (cf. vi-dessus, p. 287, ἢ. 4). Mais cetle coustruction est rare οἱ quelquefois suspecte. Cf. Fonssuaxx, de Infinitivi usu Thucydideo (dans les Studien de Curtius, VI, p. 35 sqq.); Sranc, Quæstiones gramm., cte., p. 8 sq.

L'infinitif se met au parfait quand le sens le demande (εἶ. ci-dessus, ὃ 282, 3°).

Ex. : XÉN., Hell., V,4, 1: εἶπον τὴν θύραν κεκλῆσθαι, ils donnèrent l'ordre que la porte (δ (ς.-ἃ- ἃ, restàt) fermée). — DDÉM., XIX, 293 : βουλόμενος ἀγῶνι χαὶ δικαστηρίῳ μοι διωρέσθαι παρ᾽ ὑμῖν ὅτι τἀναντία ἐμοὶ χαὶ τούτοις πεπραχταῖ, je veux un débal οἱ un jugement après lequel il demeure établi à vos yeux que ma conduite n'a rien cu οἱ n'a rien de commun avec la leur.

Il. L'infinitif ayant dans ces constructions la valeur des propositions rolilives! qui prennent la négation mA, c’est aussi À qu'on trouve avec l’infinitif ainsi employé. Ex. : TauC., 1, 91,1 : κελεύει αὐτοὺς μὴ λόγοις μᾶλλον παράγεσθαι à πέμψαι ἄνδρας (style dir. : μὴ λόγοις παράγεσθε, ἀλλὰ πέμψατ᾽ ἄνδρας). — XÉN., Cyr., IV, 5, 32: συμθουλεύω σοι μὴ ἀφαιρεῖσθαι ἃ ἂν δῷς (style direct : un ἀφαίρου ἃ ἂν δῷς). Etc.

IV. Après les verbes à sens négatif, tels que défendre, empêcher ?, etc., on ajoute ordinaïirement® devant l'infinitif pt, qui est remplacé par μὴ οὗ, si la proposition principale est négative.

Ex. : Tauc., V, 25 : ἀπέσχοντο μὴ ἐπὶ τὴν ἐχατέρων γῆν στρατεῦσαι. — XÉN., Mém., 1, 2, 33 : χαλέσαντες.., τὸν Σωχράτην τοῖς νέοις

ἀπειπέτην μὴ διαλέγεσθαι". Etc.

b) En latin, parmi les verbes de cette catégorie”, les uns se construisent régulièrement, selon que le sens le demande, tantôt avec l’infinitif employé sans sujet, tantôt avec l'infininif accompagné d'un accusalif sujet, les autres ne s'emplaient qu'avec l'infinitif seul*.

1. C'est-à-diro des proposilions qui expriment la volonté de celui qui parle, tantôl comme une résolution d'agir soi-méme, tantôt commo un ordre d'agir adressé à d'autres (cf. ci-dessus, ξ 309 ct suiv.).

2. Bien qu’ « empècher » soit un verbe d'activité, uous ne croyons pas devoir Îe séparer de « défendre »,

3. 1] faut mettre à part les verbes dont il a déjà été question ci-dessus ($ 538, 1°, a, p. 580), οὐχ ἐῶ « défendre », οὐχ ἐθέλω « refuser » ; après ces verbes on n’ajoule pas la négation devant l'infnitif; par analogie, il en est de mème après χωλύω « empécher ».

Φ “« CO ᾿ CS % * , Ex.: Χὲκ., Anab., II, 5, 7 : οἱ θεῶν ἡμᾶς ὄρχοι κωλύουσι πολεμίους δίνας ἀλλήλούς. -- Déx., ΧΧΠΙ, 130 : οὐδὲν ἂν αὐτὸν ἐκώλυεν ἀθλιώτατον ἀνθρώπων ἁπάντων εἰναι.

4. Cette phrase signifie littéralement : « tous deux firent à Socrate une défense, lui disant de ne pas converser avec les jeunes gens ». Cette traduction montre fort bien l'origine de l'emploi particulier de un, et l'on peut dire avec vraisemblance que c'est l'analogie des constructions où l'infinilif se rattachait soit ἃ ἀπαγορεύειν, soit à ἀντιλέγειν qui ἃ permis d'étendre l'usage de la négation μή à tous les cas où l'infioitif dépendait d'un verbe quelconque signiflant « défendre », puis « cmpécher »,

5. Pour la construction de ces verbes avec ut et une proposition cnmplétive, voy. ci-dessus, ξ 497, 15. a (p. 518 qq.),

6. C’est surtout à propos de ces verbes que se vérifie l'observation faite ci-dessus (p. 609, n. 4) qu'en latin l'emploi de l'infinitif est beaucoup moins étendu et moins libre qu'en grec. Toutefois, il convicut de remarquer que beaucoup de constructions de l'infinitif seul ou de l'infinitif avec sujet à l'accusatif, rcjelées par la prose littéraire de la bonne époque, appartenaient au Jatin populaire et au latin archaïque. Les poètes dactyliques, trouvaut commode, en beaucoup de cas, la substitution du tour par l'infinitif au tour par uoc conjonction suivie d'un mode personnel, contribuèrent à faire revivre et à répandre la construction archaïque ou populaire. On connait l'influence de la langue poétique sur la prose de l'époque impériale, οἱ l’on ne saurait étre surpris de voir après le siècle d'Auguste l'emploi de l'infinitif se généraliser de plus en plus. On peut suivre les principaux traits de cette histoire dans A. Danozn, His{, Synt. der lat. Spr., t. 11%, p. 300 ct suiv.

Un autre fait digne de remarque, c'est l'importance prise, à l'époque de la décadence, par la proposition infnitise après les verbes de cette catégorie. Tandis qu'après les verbes dicere, credere, etc., on la trouve assez souvent remplacée par quOd ou quia avec le verbe ἃ un moxle personnel. on constate au contraire qu'elle gagne du terrain après les verbes velle, jubere, ctc. : beaucoup de verbes plus ou moins synonymes de jubere adoptent la construction propre jusque-là à ec verbe, à vetare ct à un petit nombre d'autres, Voy. M. Βονπετ, Le Latin de Grégoire de Tours, p.659.

α) Verbes qui se construisent avec l'infinitif seul ou, si le sens le demande, avec l'infinitif accompagné d'un accusatif sujet.

Ce sont surtout les suivants : velle, vouloir; nolle, ne pas vouloir; malle, préférer; cupere, désirer! ; jubere, ordonner‘; vetare, défendre? ; postulare, demander‘; pati, sinere, permettre”, etc.

REMARQUES. — I. Sur l'emploi du sujet de l'infinitif avec les verbes de cette catégorie, voy. ci-dessus, p. 606, et cf. p. 610, REX. I, b, pour la double construction possible avec les verbes signifiant vouloir ou désirer.

Il. Sur l'emploi des formes de phrases hoc factum velim, hoc te monitum volo, te conventum cupit, voy. ci-dessus, ὃ 284, REM. II, p. 291 sq.

III. Dans une construction comme celle-ci : jubeo (veto, sino°) aliquem facere aliquid, on s’est demandé si aliquem est le complément du verbe principal ou le sujet de l'infinitif; mais il convient de remarquer qu'on ne disait ni jubeo, ni veto aliquem, alors qu'on dit jubeo ou .veto aliquid.

IV. On construit jubere et vetare avec l’infinilif seul (sans sujet exprimé), quand on veut laisser dans le vague la personne à laquelle s'adresse l’ordre et la défense ou quand le sujet est facile à suppléer.

Ex. : CÉs., de Bell. Gall., 11, 5, 6 : Gæsar castra munire jubet (s.-ent. milites. Cf. 16., V, 33,3; 34, 1. — Cic., Brut., 4, 15: Hesiodus eadem mensura reddere jubet, qua acceperis, aut etiam cumulatiore, si possis. Ad Att., XVI, 15, 5 : desperatis etiam Hippocrates vetat adhibere medicinam, De Leg., 1, 6, 19 : legis ea vis est, ut recte facere jubeat, vetet delinquere. Tusc., 111, 15, 33 : vetat ratio intueri molestias. In Cat., 3, 8, 20 : jusserunt simulacrum Jovis facere majus. — T.-LivE, XXIX, 7, 6 : receptui canere cum jussisset... Etc.

V. Censeo aliquid fieri, Je suis d'avis qu'on fasse quelque chose, est une construction rare, bien qu'on la trouve chez Cicéron! :

Ex. : Phil.,8, 1, 21 : cum... legatos non decerni censuissem.

4. Ainsi que la plupart des verbes signifiant « désirer », sauf pourtant optare, après lequel la construction infnitive cest rare, quoique correcte. Voy. A. Daæcza, ouv. cilé, ἃ. ΠΣ, p. 403.

2. Avec imperare la construction de l'infinitif avec un accusatif sujet ne se rencontre guère que si l'infinitif est au passif : hæc fieri imperavit. Voy. A. Daecen, our. cité, τ, I1?, p. 409 sq. Sur la construction rare de imperare avec uu infnitif scul, construction d’ailleurs étraugère à Cicéron et à César, του. A. Dræozn, ib., t. 113, p. 326.

3. Avec vetare on trouve plus souvent el plus régulièrement l'infinitif accompagné d'un accusalif sujet que l'infnitif scul (l'infinitif seul n'est pas dans César). Voy. A. Daæoen, ouv. cité, p. 336. Toutefois voy. caprès, Rem. III.

4. La construction de ce verbe avec l'infinitif seul est tout à fait exceplionnelle dans la prose classique (seul exemple dans Cicénox, de Fin., 11, 17,58); τον. A. Dazown, ouv. cité, t. 11%, p. 334 sq. L'infnitif accompagné d'un accusatif sujet se rencontre surtout quand l'infinitif doit être au passif : hæc fieri postulo. Sur la construction de postulo, voy. Ph. Tniezwawx, de sermonis proprietatibus, quz lequntur apud Cornificium, etc., p. 84; H. Ἠκιινυτη, de sermonis proprietatibus, quæ ir prioribus Ciceronis orationibus inreniuntur. Act. sem. phil. Erlang., 1, p. 4156; Scuxarr, Lat. Synt., ξ 228.

5. Permitto (ou concedo) alicui aliquid facere est une construction rare quoique classique : cf. A. Daæczn, ouv. cité, ὃ 419, 1. 112, p. 330 et suiv.

6. De même pour cogo, prohibeo aliquem facere aliquid, construction dont il sera question plus loin, p. 625, æ.

7, On trouve, à partir de T.-Live, la construction suivante (cf. XXVIII, 25, 13) : inclinavit sententia (— placuit) universos ire, qui se rattacho aux propositions infinitires employées comme sujet Jogique de la phrase. On pourrait peut-être y voir aussi une extension analogique de la construction dont il vient d'être question avec C8nS60.

Ce tour n'a rien de commun avec la construction {rés régulière et très ordinaire legatos decernendos esse censeo, je pense qu'on doit décréter l'envoi d'une députation, construction dans laquelle censeo est employé avec le sens d'un verbe signifiant penser.

B) Verbes qui se construisent régulièrement avec l'infinitif seul et non avec l'infinitif accompagné d'un accusatif sujet.

Dans la prose classique ce sont surtout les suivants® : cogito, in animo habeo, destino, avoir l'intention de..*; statuo, constituo, prendre la résolution de, etc.*;

Plus rarement, hortor, exhorter à; MON60, avertir quelqu'un d’avoir à faire telle ou telle chose; suadeo, conseiller 46... ; rarement aussi certains verbes comme recusare, abnuere, refuser, etc. ὅ,

REMARQUE. — Quand des verbes de cette catégorie sont construits avec un infinitif accompagné d'un accusalif sujel, c'est qu'ils sont pris dans un sens un peu différent et doivent être rattachés à ceux qui signifient dire ou croire; par exemple : constitui hoc mihi faciendum esse, ou (mais plus rarement) : constitui hoc me facturum signifie : je me suis dit, j'ai pensé que….°.

De même, dans cette phrase de Salluste :

Cat., 52, 24 : conjuravere urbem incendere.

conjurare construit avec l'infinitif seul signifie : former en commun le projet de... S'il y avait conjuravere se urbem incensuros (esse), cela signifierait : il ont juré en commun qu'ils mettraient le feu à la ville.

d° En grec et en latin, après des verbes qui marquent une manifestation de l'actinité pour qu'une chose arrive ou n'arrive pas.

a) En grec’, les principaux verbes appartenant à cette catégorie sont les suivants : ποιεῖν, διαπράττεσθαι (cf. ci-dessus, 8 476, ®, c, p. 494), κατεργάζεσθαι, faire que, διαμάχεσθαι, s’efforcer énergiquement, SR 2 s'appliquer à, ζητεῖν, chercher ἃ, διδόναι τινί, παρέχειν τινί, ἐπιτρέπειν τινί, accorder de, fournir le moyen de, χωλύειν, empêcher, etc.

1. Remarquez le passage suivant de T.-Live, dans lequel, si le texte n'est pas altéré, on trouve uve

. négligence assez grave de construction.

Ex. :T.-Live, XXVI, 32, 2: Cum... cum tyraunis bellum gerendum fuisse censerent.…. et urbem recipi, non capi.

Le sens étant : « ils étaient d'avis que la ville aurait dà être reprise (— recipiendam fuisse) », l'emploi de l'infinitif présent passif est tout à fait extraordinaire. Peut-être faut-il adopter la correction suggérée par Riemann (éd. classique des livres XXVI à XXX, chez Hachette, p. 476) : et urbem recipi < debuisse >, non capi.

2. Pour l'emploi d’une proposition complétive avec ut, τον. ci-dessus, 8 497, 1°, ἃ.

3. Destino construit avec l'infnitif se trouve chez (ésan (de Bell. civ., 1, 33, 4).

4. Et, par analogie, les expressions in animum inducere (Cic., p. Sulla, 30, 83; Sair., Cat., 54, ὁ; T.-Live, ll, 18, 11; XXVIII, 18, 4, ctc.), consilium capere (Cic., Cas., T.-Live).

5. Pour l'histoire de ces constructions dans la langue latine, voy. A. Dascen, ouv. cité, ὃ 417, 3, ἃ; 8 424, 6 (hortari et ses composés. t. ΠΗ, p. 322; monere et ses composés, t. 13, p. 323 : suadere, persuadere dissuadere, t 115, p. 324; recusare, t. 115, p. 326 ; abnuere, p. 337) et voy. M. Goxtzen, Étude... de la latinité de saint Jérôme, p. 364 οἱ suiv.; Kauss-Scumarz, Anfibarbarus.…, aux articles concernant chacun de ces verbes.

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