Voy. À. Daaoua, ouv. cité, t. 112, p
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 40
REMARQUES. — J. Le verbe studere, s'efforcer de, se construit quelquefois avec un infinilif accompagné d'un accusalif sujet, quand il est pris comme synonyme d'un verbe signifiant vouloir (par ex. vouloir de toutes ses forces.
Ex. : TÉR., Eun., 1 : qui placere se studeat bonis. — CÉs., de Bell. civ., I, 4, 5 : Pompejus... rem ad arma deduci studebat. — SALL., Cat., 1, 1 : sese student præstare ceteris animalibus...
On trouve même dans Cicéron :
De Of., 11, 20, 70 : gratum se videri studet, là où il semble qu'on devraitavoir gratus videri studet. Ce tour est archaïque et propre aussi sans doute au langage familier. Toutefois, en
employant l'infinitif avec un sujet à l'accusatif, l'auteur a peut-être voulu marquer avec plus d'énergie l'effort accompli par le sujet.
C'est de la même façon qu'on pourrait expliquer la construction exrceplionnelle du verbe properare qu'on trouve dans ce passage de Salluste :
Cat., 1, 6: se quisque hostem ferire, murum ascendere... properabat. IT. Par analogie avec les verbes signifiant se hâjer de, T.-Live a construit occupare avec l'infinitif.
Ex.: T.-LivE, 1, 14, 4 : occupant bellum facere.
Le verbe occupare employé ainsi signifie faire quelque chose le premier! et parait avoir appartenu à la langue familière.
III. La construction de facere (efficere) avec un infinilif accompagné d'un accusatif sujet dans le sens de faire en sorte que, est un tour familier ou poétique.
Ex.: VaRR., de Re r'ust., Ill, 5, 3 : desiderium macrescere facit volucres. — Lucr., ΠῚ, 101: quod faciat nos | vivere cum sensu. Εἰο. ἢ.
6° En grec seulement après les verbes signifiant dire, quand ils marquent une manifestation de la volonté.
Ex. : How., 11., 1, 23 : (ἐπευφήμησαν ᾿Αχαιοὶ) aidetoOat θ᾽ ἱερῆα καὶ ἀγλαὰ δέχθαι ἄποινα. — Sorn., Ajax, 1089 : χαί σοι προφωνῶ τόνδε μὴ θάπτειν. -- Tavuc., ΠῚ, 15, 1 : τοῖς TE ξυμμάχοις παροῦσι χατὰ τάχος ἔφραζον ἱέναι ἐς τὸν ἰσθμόν. VI, 29, 3 : οὗ ἔλεγον (ΞΞ ἐχέλευον) νῦν μὲν πλεῖν xai μὴ κατασχεῖν τὴν ἀναγωγήν. Etc. ὃ,
1. C'est l'idée qu'on rend en grec par φθάνω accompagné d'un participe (cf. ci-après, p. 669, 5°).
2. Voy.A.Dazaen, ouv. cilé, 113, p. 416 (ὃ 442); Scumaiz, Zeitschr. f. Gymn., 1881, p. 123-124 ; Η. Gonuzen. Étude... de la latinité de saint Jérôme, p.373 ; Lananar, Bayr. Gymn., XVI, 391.
Cicéron a dit (pour une raison de symétrie, cf. ci-dessus, p. 10) :
Brut., 38, 142 : nulla res magis penetrat in animos…. talesque oratores videri facit quales ipsi se videri volunt.
Cette construction n'a rien de commun avec l'emploi frès correct et trés ordinaire de facere « supposer que... » et de efficere dans le sens de « démontrer que...» qui rentre dans le cas des verbes signifiant « dire » (cf. ci-dessus, p. 614) : l'infinitif employé après ces verbes avec ur accusatif sujet est conforme à la règle générale.
De même, quand facio est synonyme de 8imulo « faire semblant de... », il peut être suivi de l'ivfinitif accompagné d'ua accusatif sujet.
Ex.: Cic., ad Fam., XV, 18, 1 : facio me alias res agere.
3. En latin, les verbes signifant « dire » se construisent avec ut et le subjouctif, quand ils soat employés en ce sens. Οἵ, ci-dessus, ὃ 497, 1°, 8.
1° En grec et en latin après les verbes suivants, qui ne peuvent se construire qu'avec l'infinitif employé sans sujet : δύναμαι, possum', pouvoir ; ἔχω, pouvoir; ἐπίσταμαι, οἶδα, scio, savoir, avoir appris à (d'où ètre capable de)* ; nesCi0, ne pas savoir, être incapable de; πέφυχα, être naturellement fait pour; ὀφείλω, debeo, devoir : θαρρῶ, audeo, oser” : αἰσχύνομαι, φοθοῦμαι, δέδοιχα, ὀχνῶ, vereor, ne pas oser; μανθάνω, disco, apprendre à ; dedisco, désapprendre de; cœpi, incipio, commencer à* ; pergo, continuer à; desino (dont le parfait dans la bonne langue est, en ce cas, remplacé par destiti), cesser de; εἴωθα, εἴθισμαι, avoir l'habitude de; ἐθίζω, assuefacio, faire prendre à quelqu'un l'habitude de, habituer quelqu'un à.
ReMARQUES. — I. Habeo se construit dans le même sens que le grec ἔχω, je peux, avec certains infinitifs (ordinairement dicere ou scribere).
Ex. : Cic., p. Balb., 14, 33 : quid habes igitur dicere...? qu'as-tu à direŸ?
Cette construction est synonyme de quid habes quod dicas?
A l'époque impériale (PLINE LE JEUNE, TAC.) on disait aussi : quid dicendum habes, tournure dans laquelle l'adjectif verbal en -ndus ne marque nullement l’obligation, mais la possibilité. L'obligation ne peut se marquer que par le tour : quid tibi dicendum est ? On ἃ cru trouver un exemple de habeo synonyme de debeo dans un fragment de CEsTivs (cité par SÉNÈQUE LE RHÉTEUR, Contror., 1, 4, 19): quid habuï facere ? Mais, au lieu de traduire par « que devais-je faire? » rien n'empêche d'entendre : « que pouvais-je faire? » VOy. O. RIEMANN, Synt. lat., 2° éd., p. 288, n. 1.
1]. « Je n'hésite pas ἃ... » se rend couramment en latin par non dubito {avec l'infinitif); mais quand le verbe dubito ne doit pas être précédé d’une négation, ou quand la phrase n'est pas inlerrogatire, on préfère ordinairement le remplacer par cunctor ou ἸΒΟΤΟΣ. ἀγθὺ l'infinitif, bien qu'on trouve chez Cicéron dubito venire (cf. ad Atl., X,3a,2,.
564. — Construction impersonnelle et construction personnelle. — Lorsqu'il s'agit de rendre, au moyen du passif, des verbes signifiant dire, croire, etc., l'idée on dit que, on croit que...”, etc.,
1. En latin, valere avec l'infinitif n'est pas classique. Voy. A. Daroxn, our. cité, t. 112, p. 301.
2, Pour « savoir que... avoir appris que... », voy. ci-dessus, ὃ 563, 2°, p. 618 οἱ ib., n. 4.
3. L'emploi de sustineo, au lieu de audeo, ne se rencontre ni dans Cicéron, ni dans César ; c'est un tour poétique (Ov.), qui a passé dans la prose de l'époque impériale (T.-Live, Veizes., Q.-Cuncs, Sèmique).
4. On verra ci-après la différence qu'il y a, en grec, entre ἄρχομαι λέγειν « je me mets à parler » οἱ ἄρχομαι λέγων a je commence seulement de parler », « je suis au début de mon discours ».
5. Pour le tour incorrect et vulgaire facere habeo (— facturus sum), qui a donné naissance au futur des langues romanes, voy. ci-dessus, p. 278, 2°.
6. Dubito 56 rencontre aussi (par exceptiun) avec l’infinitif seul dans le sens de : « ètre presque disposé à... (m. à m. « balancer pour savoir si on πὸ dait pas... »). On en cite un exemple chez Cicénox :
Ad Att., XII, 49,1 : o tempora ! fore, cum dubitet Curtius consulatum petere/
et un second exemple chez Tacits :
Ann., IV, 57: nam dubitaverat Augustus Germanicum.. τοὶ Romanæ impo- Dre ; Sed precibus uxoris eviCtus Tiberio Germanicum, sibi Tiberium adscivit.
7. Et en latin, « on sait que... » Cf. ci-dessus, 8 560, 4, Rex. II, p. 612 (pour le grec).
la construction logique, c'est que l'infinitif (accompagné, s’il y a lieu, de son accusatif sujet) devienne le sujet du verbe principal et que celui-ci soit mis à la troisième personne du singulier.
Ex. : Xéx., An., 1, 2, 21: ἐλέγετο χαὶ Συέννεσιν εἶναι ἐπὶ τῶν ἄχρων (en latin : Syennesim in montium jugis esse ferebatur'.
Cette construction qu'on peut appeler construction impersonnelle ὦ se rencontre dans certains cas particuliers en grec et en latin ; mais, d'une manière générale, on peut dire que les deux langues préfèrent employer la construction personnelle, c'est-à-dire faire du sujet de l'infinitif le sujet du verbe principal lui-même (il y a là une espèce d'attraction) :
Ex. : Χέν., An, 1, 2, 42 : ᾿Επύαξα... ἐλέγετο Κύρῳ δοῦναι χρήματα (en latin on dirait: Epyaxa ferebatur Cyro magnas pecunias dedisse).
565. — 4° En grec, l'usage est mal connu; toutefois Koch* donne la -règle suivante : :
Les verbes signifiant dire, annoncer, avouer s'emploient, en pareil cas, soit à la construction personnelle, soit à la construction impersonnelle; les verbes signifiant croire ne s'emploient qu'à la construction personnelle.
Ex. : Puar., Bang., 202 b : Ἔρως ὁμολογεῖται παρὰ πάντων μέγας θεὸς εἶναι. Charm., 153 b : ἤγγελται δεῦρο ἢ τε μάχη πάνυ ἰσχυρὰ γεγονέναι χαὶ ἐν αὐτῷ πολλοὺς ἡ τῶν ὡρίμων τεθνάναι. — Χέν., 4π..1,3, 12; 21 (exemples cités ci-dessus, ὃ 364). — Isocr., IV, 23 ; ὁμολογεῖται τὴν πόλιν
ἡμῶν ἀρχαιοτάτην εἶναι. Etc.*.
REMARQUES. — I. On rattachera à la construction personnelle des verbes signifiant croire l'emploi de δοχῶ, φαίνομαι, ἔοιχα avec un infinitif pour signifier il semble que je. (on croit que 6...) ὅ.
1. On ne peut dire, cn pareil cas « emploi du passif impersonnel », car ici le passif n'est irapersonnel qu'en apparence : il a en réalité pour sujet la proposition complétive dont il est accompagné.
2. Grammaire grecque, trad. Rouff (A. Colia et Ci°, édit.), $ 120, 1, Rex. III, p. 473.
3. On remarquera le passage brusque de la construction personnelle à la construction impersonnelle. Ce changement de construction est des plus naturels οἱ se rencontre aussi, dans le même cas, en latia :
Ex. : Cic., de Sen., 18, 63-64: consurrexisse omnes illi dicuntur et senem sessum recepisse ; quibus cum a cuncto consessu plausus esset multiplex datus, ΔΙ ΧΊΒΕΘ ex 118 quendam Athenienses scire σύίθ9 recta essent, sed facere nolle.
᾿ ἃ, Kocs (ἰ. 4.) ne donne d'exemples que pour les verbes signifiant « dire » ; il n'en cite aucun pour les verbes signifiant « croire ». KCnwen (ausf. Gramm, der gr. Spr., t. 11, p. 598) auquel j'ai emprunté lc passage d'Isocrate, ne cite que des emplois do νομίζομαι ct ἀ᾽ ἀκούω signifiant « être regardé comme ».
5. Voy. ci-dessus, p. 611, 3°, pour δοχεῖ « il parait (bon, juste, convenable) ».
Ex.: Tauc., VII, 10, 2 : χαὶ ἄνδρας τέ τινὰς ἀπέχτειναν οὐ πολλούς, οἵ ἐδόχουν ἐπιτήδειοι εἶναι ὑπεξαιρεθῆναι (ceux dont ἐΐ semblait que la suppression était utile), χαὶ ἄλλους ἔδησαν. — ARIST., Nuées, 403 : εὖ λέγειν φαίνει, il semble que lu parles bien. — XÉN., Cyr. τς I, 4, 6: ποίει ὅπως
βούλει" σὺ γὰρ νῦν γε ἡμῶν ἔοικας βασιλεὺς εἶναι, it semble que lu sois notre roi.
De même, il me semble que 76... s'emploie toujours à la construction personnelle : δοκῶ δρᾶν, il me semble que je vois. C'est l'origine de l'emploi de δοχῶ avec l’infinitif au sens de je me figure que, je crois que.
IT. Il y a en grec une construction particulière dont l'exemple suivant fera connaître la nature.
XEN., Hell., 1, 7. 20 : κατεγνώσθην ἀδιχεῖν, c'est un vote de culpabilité qui a été rendu contre moi (un jugement, une condamnation). Ce qui est appliqué ici c'est la règle 8 212, 1° : car à l'actif on aurait, par exemple : χατέγνω μου (ὃ δῆμος) ἀδικεῖν (cf. DÉM., XXI, 180: Κτησικλέους ὁ δῆμος ἅπας χατεχειροτόνησεν ἀδικεῖν), par application de la règle ci-dessus, 8 555.
90 En latin, l'usage est très compliqué, car il varie d'un verbe à l'autre : on se bornera donc ici à donner les règles les plus importantes !.
a) Le verbe videri, sembler, ne s'emploie guère en latin qu'à la construction personnelle, à quelque temps ou à quelque forme qu'il doive être employé? : illum audire mihi videor ou simplement illum audire videor signifie : i£ me semble que je l'entends.
De plus, c'est encore la construction personnelle qui correspond au tour impersonnel français à ce qu'if me (nous, etc.) semble.
Ex. : Cic., ad. Att., V, 18, 2 : consiliis, ut videmur {à ce qu'il nous semble)”, bonis utimur.
REMARQUE. — La construction impersonnelle n'est possible que si l'expression mihi videtur signifie je suis d'avis que (voy. ci-dessus, p. 611, 3°). Ex. : Cic., Tusc., V, 5, 12 : non mihi videtur ad beate vivendum satis posse virtutem (au lieu de satis posse virtus)*.
Encore faut-il ajouter qu'elle est exceptionnelle.
Ὁ) Certains verbes (dicere, tradere, ferre, existimare, putare, etc.) ne s'emploient correctement qu'à la construction personnelle. Tel est du moins l'usage de Cicéron et de César; c'est seulement à partir de Cornélius Népos et de T.-Live qu'on trouve la construction impersonnelle. |
1. Pour le détail, voy. ἃ. Daxozn, Hist. Synt., S 457; Gossnau, Lat. Sprachlehre, 8 437; cf. Ἢ. Goxizen, ouv, cité, p. 373 sqq.
2. En d’autres Lermes, la règle donnée ci-dessous, D, Rawanque, ne lui est pas applicable.
3. De même en grec, ὡς δοχεῖς, ὡς Éouxas « à ce qu'il te semble », et (par attraction avec un sujet à la 35 personne), « à ce qu'il semble (— ὡς δοχεῖ, Éouxe) ». Cf. R. KCunxa, ausf. Gr. der gr. Spr., t. I, p. 096, 6.
#. Sur la construction ercentionnelle soror laudatum iri videtur, του. Seuvurz, Lat. Sprachl., 8 504, et cf. Revue critique, 1884, LI, p. 260.
REMARQUE. — Toutefois l'usage autorise ou impose certaines dérogations à cette règle.
15 La construction impersonnelle est toujours possible lorsque le verbe principal doit être, soit un parfait passif ou un temps dérivé du parfait (dictum est, erat, etc.), soit un adjectif verbal en -ndus accompagné du verbe sum (dicendum est, erat, εἱς. ).
Ex. : Cic., Brut., 56, 204 : ut Isocratem... dixisse traditum est, etc. (à côté de Cic., de Rep., Il, 21, 49 : regnum occupare voluisse dicti sunt). Etc.
VIRGILE, Én., VI, 119 : anne aliquas ad cælum hinc ire putandum est? (à côté de Cic., in Verr., II, 3, 92, 214 : idem fecisse erit existimandus). Etc.
2° La construction impersonnelle est la plus ordinaire quand le verbe dicere est accompagné d’une détermination (complément indirect au datif, adverbe, expression adverbiale, etc.).
Ex. : Cic., in Verr., 11, 4,18, 38 : de hoc Verri dicitur (ou vient de dire à Verrès que) habere eum perbona toreumata. De Fin., III, 18, 60: non sine causa dicitur (on dit avec raison que) ad ea referri omnes nostras cogitationes.
Mais la construction trpersonnelle n'est pas obligatoire. Ex. : Cic., p. Scauro, $ 11 : tum 1116 est a liberto suspendisse se dicta.
3° La construction impersonnelle est obligatoire si, dans le cas prévu ci-dessus, 1°, l'infinitif de la proposition complétive est, lui aussi, à une forme composée où entre le verbe sum (infinitif parfait passif).
Ex. : Cic., de Ναί. deor., II, 52, 154 : Athenas... Atheniensium.. causa putandum est conditas esse. — T.-Live, VIII, 24, À : eodem anno Alexandream in Ægypto proditum (est) conditam (esse). Etc.
c) Certains verbes, comme afferre, par exemple, ne se rencontrent qu'à la construction impersonnelle.
Ex. : T.-Live, IV, 55, 4 : Volscos et Æquos prædatum extra fines exisse … affertur. Cf. IV, 45, 3.
d) Certains verbes se rencontrent avec l'une et l'autre construction.
Ex. : Cés., de Bell. civ., 1, 14, 1 : Cæsar enim adventare jam jamque et adesse ejus equites falso nuntiabantur (à côté de de Bell. Gall., VI, 4, 1 : adesse Romanos nuntiatur). — Sarr., Cat., 45, 2 : timens privignum adulta ætate.. creditur necato filio vacuam domum scelestis nuptiis fecisse (à côté de T.-Live, XL, 29, 8 : creditur Pythagoræ auditorem fuisse Numam)!.
e) Les poètes et les écrivains de l’époque impériale répandent dans l'usage certaines constructions personnelles évitées par les classiques : accusor”, insimulor (Vaz.-Max., Justix, Au.)