‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 210 sur 306 · Voy. O0. Riaanx, Synt. lat., ξ 178, C · texte numérisé non relu

Voy. O0. Riaanx, Synt. lat., ξ 178, C

2. Mais arguitur patrem occidisse « on l'accuse d'avoir tué son père », est une construction

deferor (Tac.), on m'accuse de... ; addor (Tac., Ann., XVI, 11), on ajoute que je... ; annoOtor (Tac., Ann., XIII, 35), on remarque que je... ; agnO0scor (Arus.), animadvertor (A.-Geue), on reconnaît, on remarque que je. : dubitor (Tac., Ann., 1Π, 8, voyez la note de Nipperdey), on met en doute que 16...; Colligor, on conclut de là que je... (Ov., Am., II, 6, 64); fingor, on suppose que je. (Quint, VIII, 51, 22); habeor, on considère, on croit que je... (Sazz., frag., IV, 56 Kritz; Tac., Ann., IV, 45; XIT, 45): permittor, on permet que je. (Aww., Aun.-Vicr.); prodOr (Jusr., XX VIII, 4, 44; XLIV, 4, 12), on rapporte que 76... ; promittor, on promet, on assure que je... (Pzin. L'Anc., Hist. nat., XXIX, 1217; XXXVIL, 60); speror, on espère que 16... (Tac., Hist., II, 12; Amu.), etc.

D'autre part, à la même époque, on voit s'étendre la construction impersonnelle à des cas où les classiques l'évitaient : Ex. : T.Live, V, 33, 2 : eam gentem traditur... Alpes transisse; Conn. Nép., Paus., 5,3 : dicitur eo tempore matrem Pausaniæ vixisse. Etc.

566. — 1° La construction personnelle est la seule que le grec et le latin emploient quand il s'agit de rendre cette idée, on ordonne, on empéche, on défend que...

Ex. : Tace., I, 445 : où δ᾽ ᾿Αθηναῖοι... τοῖς Λακεδαιμονίοις ἀπεχρί-ναντοὸ τῇ ἐχείνου γνώμῃ (d'une manière conforme à l'avis de Périclès) χαθ᾽ ἕχαστά τε ὡς ἔφρασε καὶ τὸ ξύμπαν (et leur réponse exprimait en général cette idée que) οὐδὲν κελευόμενοι ποιήσειν (ils ne feraient rien sur injonction). Cf. les constructions ordinaires : κωλύομαι ποιεῖν, ἐπείσθην ποιεῖν, etc.

Cic., de Bell. Gall., V, 31, 1 : jussus arma abjicere imperatum facit. — T.-Live, XXII, 16, 9 : Nolani muros portasque adire vetiti sunt. Etc.

Cic., in Verr., Il, 5, 45, 111 : parentes prohibentur adire ad liberos, prohibentur liberis suis cibum vestitumque ferre. Etc.

2 Même lorsqu'on n'exprime pas le nom de la personne à qui s'adresse l’ordre, sur laquelle s'exerce la contrainte, etc.!, le latin emploie au passif la construction personnelle, en faisant, par une sorte d'attraction, du sujet de l'infinitif le sujet du verbe principal.

classique, bien que l'emploi de aCcusare avec une proposition infinitive (au lieu de Το avec le subjonctif) soit assez rare (cf. ci-dessus, ξ 4460 et voy. aussi ὃ 563, 1°, Rxu. IX, p. 618). Par analogie avec le tour arguitur patrem occidisse, Cicéron a dit aussi : In Verr., 11, ἃ, 13, 30 : cum ?n suspicionem venissent.… fanum expilasse Apollinis.

"ἅς Par exemple, dans les constructions telles que jubeo (impero), veto (prohibeo) aliquam rem fieri « j'ordonue (je défends, j'empèche) que telle ou telle chose se fasse ».

Ex. : T.-Live, XXIV, 41, 41 : Hispanis duplicia cibaria dari jussa, on commanda de donner double ration aux Espagnols. XXII, 60, 3 : ibi cum sententiis variaretur οἷ... alii « nullam publice impensam faciendam, nec (— nec tamen) prohibendos ex privato redimi... » censerent…, les autres étaient d'avis qu'il ne fallait pas engager les finances de l'État, mais qu'il ne fallait pas non plus s'opposer au rachat des prisonniers aux frais de leurs familles. Etc.

REMARQUE. — On trouve en grec les constructions suivantes : τὰ ἡμῖν παραγγελθέντα διεξελθεῖν --- χιλίων δραχμῶν ὁμολογηθεισῶν ἀπολαθεῖν — δύο μνέαι τεταγμέναι ἐχτίνειν, etc.

Ce qui constitue la différence entre ce tour grec et la construction latine dont il vient d’être parlé, c'est qu'en grec l'infinitif reste à l'actif, tandis qu'en latin il est au passif. En grec, la construction χίλιαι δρὰ χμαὶ ὡμολογήθησαν ἀπολαδεῖν correspond à celle-ci, qui n’est pas usitée, mais qui montre bien pourquoi l'infinitif actif demeure : ὡμολογήθη (pass. impers. ) χιλίας δραχμὰς (αὐτόν, αὐτούς, etc.) ἀπολαδεῖν. De même le tour δύο μνέαι τεταάγαται ntivetv se rattache à celui-ci : τέταχται (pass impers.) δύο μνέας (αὐτοὺς) Entivervi.

En d'autres termes, si l'infinitif actif est conservé, c'est que tout en employant la construction personnelle, les Grecs ont dans l’esprit la forme de la phrase qui résulterait de la construction impersonnelle.

567. — On peut faire telle ou telle chose se dit en latin res potest fieri; de même on doit (on a coutume de, etc.) faire telle ou telle chose se dit res debet (solet, etc.) fieri.

Il n'existe naturellement pas, en pareil cas, de construction impersonnelle.

REMARQUE. — On évite de construire incipio ou desino avec un infinitif passif? : res incipit (ou desinit) fieri est donc insolite.

On sait de plus qu’à côté d'un infinitif passif l’usage correct demande qu'on emploie, au lieu des parfaits cœpi, desii, les formes passives cœptus sum, desitus sum.

Ex. : Cic., Brut.,\1, 26 : qua in urbe... primum... litteris.. oratio est cœpta... mandari. J6., 32, 123 : veteres orationes..… a plerisque legi sunt desitæ.

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