Voyez cependant la Rex. II
?. Cet accusatif est devenu adverbe οἱ signifie « dehors », mais c'est en réalité un ancien accusatif Plariel (ef. gr. θύραζε).
2.1} faut distinguer les expressions: Θ0 domum meam (tuam, alicujus, etc.) des expressions : 60 in domum meam (tuam, alicujus). Les premières signifient proprement : « je vais chez moi, che: loi, chez un tel (cf. domos suas discesserunt « ils se séparèrent et s'en allèrent chez eur ἡ; ks secondes signifient : «a je vais dans ma maison, dans la maison, dans la maison d'un tel, etc. » L'empli de l’une ou de l’autre de ces tournures est souvent indifférent.
&. Dasszs, ou. cité, t. 1%, p. 395 sqq., donne les exemples suivants: Sardiniam (Cic., de imp. Cn. Pomp.. 12, 34; Fion., 11, 2,15): Cyprum (Cons. Ner., IV, 2,1); Chersonesum (Conx. Nxr., 1, 2, 1,6); Cariam (Praur..Curc., Il. 3, 6); Alidem (= Elidem) (Id. Capt., 11, &, 41); Ægyptum (Gie., de Nat. deor., ΠΙ. 22: Cés., De B. civ., III, 106: Liv., XXXI, 43: Conx. Ner., XIV, 4, 1; Tac., Aun., 11, 59; Jcsrix, XV, 2); Lusitaniam (Aucr. ve B. Hisr., 35); Epirum (T -Liw., VIII, 24);
jam (T.-Lir., X, 37); Hellespontum (T.-Liv., XXXVIT, 31); Peloponnesum (T.-Live, XLXYI, 42: XLII, #4; XLY, 10); Orientem (Lawra., Al. Sev., 63); Germaniam superiorem (Sasrns, Hadr., 1), etc. Mais dans une partie des exemples que l’on cite pour la prose classique, la prépusifa in à pu étre omise par un copiste, et dans quelques-uns l'omission de in tient à une raison de symétrie. C'est le cas poar l'exemple suivant de Cicéron (De imp. Cn. Pomp., 12, 34) : « Siciliam adiit, Africam exploravit, inde Sardiniam... venit, » sans compter qu'après if, abréviation de inde, la prépo- “en in aurait fort bien pu avoir disparu. C'est le même cas pour le passage suivant de Salluste (Jug., 28, ὃ) : Rhegium atque inde Siciliam.… ».
5. Ce qui tendrait à le faire croire, c'est que les exemples cités sont surtout empruntés aux auteurs qui «οἱ subi cette influence.
langue archaïque, ce qui donne à penser que dans cette langue l'emploi de l'accusatif pour marquer le terme d'un mouvement n'était pas borné au petit nombre de locutions qui est parvenu jusqu'à nous.
II. — Si l’omission de la préposition devant un nom de pays appartient à la syntaxe populaire, l'emploi de in devant un nom de ville se trouve presque exclusivement dans le latin vulgaire. Mais il faut soigneusement mettre à part le cas où in se rencontre avec un nom propre de lieu désignant à la fois une ville et un port. Cicéron emploie in Piræa ou in Piræum, parce qu'il ἃ en vue le port et non la ville‘; au contraire, son correspondant Serv. Sulpicius dit Piræum (sans in), parce qu'il songe à la ville (cf. ad Fam., 1V, 12, 1). :
IV. — Les meilleurs prosateurs emploient ad devant un nom de ville :
1° Quand ils veulent indiquer que le mouvement marqué par le verbe a son terme, non pas à l’intérieur de la ville, mais aux environs.
Ex. : Cic., de Sen., #, 10 : adulescentulus miles ad Capuam profectus est (il s'agit du camp devant Capoue) ;
2° Quand ils indiquent une direclion dans un certain sens, sans verbe exprimé.
Ex. : Cic., Phil., XII, 9, 22 : tres viæ sunt ad Mutinam.
V. — Quand l'accusatif du nom propre de ville ou de petite Île est accompagné d'une apposition, il faut exprimer la préposition in devant l'apposition. L’omission de la préposition est rare et peu correcte. 11 en est de même du cas où l'accusatif du nom de ville est accompagné d’un adjectif épithète. C'est par abus qu'Horace a pu dire, Carm., I, 5, 55 sq. : tendens Venafranos in agros | Aut Lacedæmonium Tarentum. 1] aurait fallu, en prose correcte, aut Tarentum, in Lacedæmoniam urbem. En effet, contrairement à ce qui ἃ lieu en grec, l'usage de la prose latine ne permet pas qu’un nom de ville soit accompagné d'un adjectif qualificatif. On peut dire Corinthus ipsa, Corinthus sola, Corinthus tota, etc., mais on doit dire Corinthus, urbs pulcherrima, elc.
68. — Les substantifs verbaux qui signifient mouvement ou direction vers se construisent en latin avec l’accusatif domum et avec l'accusatif des noms de ville. Toutefois si cette construction se rencontre à toutes les époques de la langue, elle ne parait pas très fréquente. Pacuvius, Accius et Lucilius emploient le mot domuitio (p. domum itio), que Dictys et Apulée ont recueilli par affectation d'archaïsme. Mais l'expression domum itio en deux mots se trouve aussi chez Cicéron (de Dir., 1, 32, 68); ailleurs (p. Sest., 63; in Pis., 3) il emploie domum reditus. Enfin on peut citer de lui, Pzil., 11, 42 : reditus Romam”, et ibid., XI, 2 : nocturnus introitus Smyrnam. César n'offre
1. Voyez ce qu'il dit, ad Att., VII, 3, 40 : « Non enim hoc (c.-à-d. la préposition in} ut oppido præposui, sed ut loco. »
2. Ou peut remarquer qu'avec domum, Cicéron et César mettent toujours le substantif verbal après, tandis qu'avec un nom propre de ville le substanti( verbal peut être avant : T.-Live ne s’astrcint déjà plus à cette règle.
| À e emaatf
qu'un exemple d'un tour analogue, de Bello G., 1, 5 : spe domum reditionis sublata'. Dans T.-Live les locutions de ce genre sont beaucoup moins rares,
Ex. : XXII, 61, 43 : ante consulis Romam adventum; XXV, 33, 4: XXX, 32, 10 : reditus domum; XXXII, 15, 2 : iter a Gomphis Ambraciam; XXXIX, 35, 7 : legationem Romam suscipere, etc.
ὃ 4. — Accusatif servant à marquer l'extension dans l'espace ou dans le temps.
À. — Dans l’espace.
69. — L'accusatif s'emploie en latin pour indiquer les dimensions d'un objet : hasta sex pedes longa; via pedes viginti lata; murus decem pedes altus, etc.
REMARQUE. — L'’accusatif de dimension s'emploie rarement avec crassus (CATON ; PLINE), jamais avec profundus°.
70. — En grec et en latin, l’accusatif marque l'espace parcouru par quelqu'un.
Ex. : XEN., Anab., I, 2, 6 : Κῦρος... ἐξελαύνει διὰ Φρυγίας σταθμὸν ἕνα, παρασάγγας ὀκτώ.
Cic., p. εΐποί., 25, 18 : neminem esse qui possit…. triduo septingenta milia passuum ambulare. P. Dejot., 15, 42: negat unquam se a ἴθ... pedem (d’une semelle) discessisse. Acad. pr., Il, 31,100 : si jam ex hoc loco proficiscatur Puteolos stadia triginta, etc. (pour parcourir un espace de trente stades).
{. L'exemple tiré du de Bell. civ., 1, 53 : domum concursus, n'est pas très probant, parce que l'aceusatif dépend, non de COnCursus, mais de l'expression concursus fiebant.
2. Cette construction parait propre au latin; elle ne se rencontre pas en grec, ct l'on n'en cite pas d'exemples empruntés aux autrcs langues de la famille indo-européenne. Elle est peut-être sortie d'un emploi qui ἃ lui-même une origine singulière. L'ancien ablatif pOndO, « en poids », s'employait en latin avec libra ; on prit l'habitude de sous-entendre le mot libra, et pondo, considéré comme ua pluriel Βεδίγε indéclinable signifiant « livres », finit par entrer dans un certain nombre de locutions.
Ex. : Esse pondo, « étre en poids... », construit avec l’accusatif dans le sens de « peser tel ou tel poids ». (CT. Vannox, de ἰ. Lat., V,S 18%; Οοιυχειικ, XII, 28, 1.) Dans cette locution, l'accusatif servant à évaluer le poids doit s'expliquer, sans doute, comme un aucien aceusatif d'apposition ; en effet, pondo esse sex libras est l'équivalent logique de pondus habere sex libras. Or, une fois cette locution passée dans l'usage, on l'abrégea, et pondO accompagné d'uu sceusatif (sans que le verbe esse fût exprimé) s'employa pour signifier « du poids de... ». Es.: T.-Livz, XXVI, 47, 7: pateræ aureæ..…., libras ferme omnes pondo, « presque toutes du poids d'une livre, »
Cela étant, on peut supposer avec vraisemblance que l'accusatif employé pour exprimer une mesure en poids fut, par extension, considérée comme un cas pouvant servir à indiquer d’autres mesures, et
particulièrement la dimension.
— T.-Lwve, VII, 32, 6 : quicquid (de quelque espace que...) ab Urbe longius proferrent arma...; XXVIII, 37, 3 : navibus ad Pityusam insulam centum milia ferme (en parcourant une distance d'environ cent milles) a continenti. trajecit'.
71. — L'accusatif s'emploie dans les deux langues pour marquer la distance, avec les verbes signifiant s'éloigner ou être éloigné.
Tuvc., 11, 5, 4 : ἀπέχει ἢ Πλάταια τῶν Θηδῶν σταδίους ἐόδομήκοντα. VI, 49, 3 : Μέγαρα ἀπέχει Σραχουσῶν οὔτε πλοῦν πολὺν οὔτε ὁδόν. — χέν., Hell, Il, 4, 21 : διέχειν σταδίους ὡς πεντεκαίδεκα.
Cés., de B. Gall., 1, 49, 3 : hic locus ab hoste circiter passus sexcentos aberat. VII, 12, 4 : (turres) quæ pedes octoginta inter se distarent, etc.
72. — Cette tournure est une extension de celle qui vient d'être étudiée. Par une nouvelle extension de sens, le grec et le latin emploient l’accusatif avec d'autres verbes que ceux-là, pour marquer à quelle distance de tel ou tel endroit se passe un fait.
Xéx., Hell, 1, 4, 5: Θρασύδουλος ἔθετο τὰ ὅπλα ὅσον τρία στάδια ἀπὸ τῶν φρουρῶν.
Cés., de B. αἰ, 1, 2, 5 : milia passuum tria ab eorum castris castra ponit (cf. T.-Live, XXVI, 43, 14). — T.-Live, XXV, 15, 1 : consules ad Beneventum esse, diei iter ἃ Capua. /bid., 21, 41: tria milia (esse) a Placentia, etc.
REMARQUES. — I. Quand on exprime en latin l'idée de la distance à l’aide des mots spatium et intervallum accompagnés d'un génitif, on met régulièrement ces mots à l'ablatif avec les verbes abesse ou distare.
Ex. : PLANC. (chez Cic., ad Fam., X, 11,1) : abesse bidui spatio. — CÉs., de B. civ., 1, 18, 1 : abesse septem milium intervallo, etc.
Avec d’autres verbes que abesse ou distare, l'ablatif spatio ou intervallo est obligaloire.
Ex. :CÉs., de B. Gall., 1H, 17, 5 : cum... duum milium spatio consedisset; de
B. civ., 11, 38, 3 : sex milium passuum intervallo a saburra consederat.
Mais en dehors de ces deux cas particuliers, l'emploi de l'ablatif est peu classique.
1. Cet emploi est, on le vait, plus libre ct plus hardi en latin qu'en grec. Néanmoins il a vraisemblablement dans les deux langues la même origine : il se rattache à l'accusalif employé avec les verbes signifiant aller ou royager et qui est un véritable accusatif complément direct. On à commencé par dire πλεῖν ὕγρα χέλευνθα (How.), πλεῖν θάλατταν (XÈx.) « parcourir [en navigant] les routes humides, la mer»: redire viam, « revenir [en parcouran!] la même route », ambulare terram « parcourir la terre [en se promenaot] »; puis on a dit : ὁδὸν ἄγω (ἡγέομαι, ἡγεμονεύω, ἄρχω) « je montre le chemin », litt. « je sers de guide (ou de chef) en parcourant le chemin », etc., et enfin l’accusatif a paru le cas natural pour significr le chemin parcouru, la roule que l'on suit, etc.
( ecuaatf—
Quand le point de départ n’est pas indiqué, on se sert en grec de ἀπό, et, en latin, de a ou ab, qui peuvent alors se traduire par à une distance de... !.
II. — L'accusatif s'emploie aussi pour indiquer, au figuré, à quelle distance une personne ou une chose est d’une autre à tel ou tel égard, c'est-à-dire de combien elle lui est supérieure ou inférieure.
En grec, devant un comparatif, on peut employer ewssi πολύ et ὀλίγον, au lieu de πολλῷ et ὀλίγῳ. On dit foujours, dans le même cas, τί, τι, οὐδέν (μηδὲν) μείζων (ἔλχττων, etc.).
En latin, ce n'est guère qu'avec Les verbes exprimant supériorité ou infériorité (præstare, antecedere, vincere, cedere, etc.) que la prose classique emploie l'accusatif de cette façon.
Ex.:Cic., de inp. Cn. Pomp., 13, 39 : miramur hunc hominem fantum excellere ceteris. De inv., 11, 1, 1 : (Zeuxin) muliebri in corpore pingendo plurimum aliis præstare. P. Rosc. Am., 22, 63 : aliquem, qui tantum immanitate bestias vicerit, etc.
Devant Les comparatifs, l'emploi de J'accusatif au lieu de l’ablatif est une façon de parler rare, qui appartient surtout à la langue familière et qui devient fréquente à partir de Tite-Live (εἴ. aussi Juv., X, 197; STACE, Theb., VI, 701 ; IX, 559, etc.)?.
B. — Dans le temps.