Pour le sens de ὡς, voy. ci-dessus, p. 487, n
5. Voy. Gaïnxwat, der freie formelhafte Infinitivo der Limitation im Griechischen ΟΥ̓" fase. des Beitræge de Schaaz).
€ rules à 29 UA SYNTAXE DE SUBORDINATION. 641
b) ἐμοὶ δοχεῖν ou (moins souvent) ὡς ἐμοὶ δοκεῖν, à mon avis; et quelques autres expressions similaires comme (ὡς) εἰκάσαι, autant qu'on peut le conjecturer (Hér., 1, 3%; Evnr., Herc. fur., 113; Tauc., IV, 36, etc.) ; (ὡς) συμθάλλειν (Hén., Tauc.)}, ἃ comparer..., si l'on compare ὡς οὕτω y ἀκοῦσαι (PLar., Euthyphr., 3 Ὁ), à l'entendre dire, c.-à-d. d'après ce qu'on dit, sans autre preuve; ὡς ἰδεῖν, à le voir, c.-à-d. d'après les apparences (PLar., Rép. 430 e, etc.)! : ὀλίγου (υικροῦ) δεῖν (à s’en falloir de peu), c.-à-d. presque ? (Déu., IX, 4; XVIII, 269; Isoc., IV, 144; VIII, 44; 89, etc.).
C) εἶναι dans ἑχὼν εἶναι, volontairement (H£r., VIII, 116: Tuuc., II, 89; VI, 14, etc.), et, avec l’article, dans les expressions τὸ χατὰ τοῦτον εἶναι, pour ce qui le regarde ; τὸ ἐπὶ σφᾶς εἶναι, pour ce qui le regarde, en tant que cela dépend d'eux (cf. Tuuc., IV, 28, 1; VIIL, 48; Χέν., An, 1, 6, 9; Hell., III, 5, 3); τὸ ἐπ᾿ ἐμοὶ (ἐπ᾽ ἐχείνοις, ἐπὶ τούτοις, etc.) εἶναι, en tant que cela dépend de moi, d'eux, etc. ; τὸ νῦν εἶναι, pour le moment (cf. Isocr., XV, 210; PLarT., Lach., 201 c; Rep., 506 6: XEN., Cyr., V, 3, 42, etc. )ÿ.
573. — Emploi propre au latin. — Le seul emploi de l'infinitif absolu qui soit propre au latin est celui dont il a été question ci-dessus (8 339, p. 339 : infinitif historique).
574. — Emploi commun au grec et au latin. — En grec et en latin, l'infinitif est employé d'une manière indépendante dans certaines phrases exclamatives. On appelle cet infinitif infinitif exclamatif.
4° En grec, l'infinitif accompagné ou non d’un accusatif sujet sert quelquefois à exprimer la surprise ou l'indignation.
Ex. : Escnvie, Eum., 831 : ἐμὲ παθεῖν τάδε, φεῦ, ἐμὲ ταλαίφρονα, χατά τε γᾶν οἰκεῖν, ἀτίετον. φεῦ, μύσος. Agam., 1662 : ἀλλὰ τούσδ᾽ ἐμοὶ ματαίαν γλῶσσαν ὧδ᾽ ἀπανθίέσαι κἀκθαλεῖν ἔπη τοιαῦτα. — Sorn., 4)., 410: ὦ δυστάλαινα, τοιάδ᾽ ἄνδρα χρησιμὸν φωγεῖν. --- Ακιβτ., Guépes, 835 : τοιουτονὶ τρέφειν χυνά. — Déu., XXXI, 209 : τοῦτον δὲ ὑδρέζειν : ἀναπνεῖν δέ.
REMARQUE. — L'infinitif exclamatif peut être précédé de l'article.
Ex. : ARIST., Nuées, 819 : τῆς μωρίας ᾿ τὸ Δία νομίζειν, ὄντα τηλιχουτονί (cf. ib., 268).
1. Cf. Anisr., Paix, 856 : ὅσα γ᾽ ὧδ᾽ ἐδεῖν. Vues, 1252 : οὐχ, ὅδον γέ μ᾽ εἰδέναι. 2. On trouve aussi, mais rarement, πολλοῦ δεῖν (= ἥκιστα, minime).
Ex.: Din., XXII, 7 : ἵν᾽ εἰδῆτε πολλοῦ δεῖν ἄξιον ὄντα (qu'il est tant s'en faut digne) τυχεῖν τοῦ ψηφίσματος αὐτὸν τουτονί.
3. Dans ces diverses constructions, l'infinitif construit d'une manière indépendante équivaut en réalité
à un substantif employé à l'accusatif adverbial (cf. ci-dessus, $ 75) : voilà pourquoi on le traduit littérae lement en le faisant précéder de : en tan! que..., pour ce qui est de...
GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (SyntaxC). 41
Φο En latin, mais surtout dans la langue familière, on trouve l'infinitit (soit seul, soit avec un accusatif sujet) avec ou sans la particule interrogative në dans les propositions exclamatives exprimant la surprise, l'indignation, le chagrin, etc.
Ex. : Tér., Andr., 253 : tantamne rem tam neglegenter agere ! — Cic., in Verr., Il, 5, 38, 100 : O spectaculum miserum atque acerbum!.. In portu Syracusano de classe populi Romani triumphum agere piratam ! — Vinc., Én., 1, 31 : Mene incepto desistere victam! Etc.
B. — Le gérondif' et l’adjectil verbal en -ndus dans ses rapports avec le gérondif.
575. — Nature et emploi du gérondif. — Comme on l'a vu ci-dessus ($ 553, 2°), c'est par exception et chez les poètes seulement que l'on rencontre en latin l'infinitif employé dans les constructions qui demandent un autre cas que l’accusatif employé sans préposition.
Pour suppléer dans une certaine mesure? à l'incapacité où il est de décliner son infinitif comme fait le grec (cf. ci-dessus, ὃ 553, 2°), le latin possède une espèce de substantif verbal qu'on appelle gérondif.
Le gérondif n'a pas de nominatif et peut se construire avec Île même cas que le verbe dont il est formé.
REMARQUE. — Le gérondif n’a pas de passif et sa forme n'exprime pas la voix.
En effet, s’il y a des cas où il peut en français se traduire par l'infinitif actif précédé de telle ou telle préposition, il y en a d’autres où l'emploi du gérondif ne peut pas s'expliquer, si on ne le considère pas comme l'équivalent d'un simple substantif verbal.
Ex. : Cic., Acad., 11. 31, 101 : ut ei vera multa videantur neque tamen habere insignem ïillam et propriam percipiendi (— perceptionis) notam. Tusc., 1, 23, 53 : etiam ceteris quæ moventur, hic fons, hoc principium est movendi (cf. PLAT., Phèdre, 245 ς : ἀλλὰ xal τοῖς ἄλλοις ὅσα
4. Ce nom de gérondif cst d'origine assez récente, car les grammairiens latins ne connaissent que gerundium, mot que l'on rencontre à partir du troisième siècle pour désigner les formes verbales indiquant que l'action exprimée par le verbe se fait ou va sc faire. Gérondif a dû étre refait ser les mots indicatif, subjonctif, etc.
Dans certaines grammaires (voy. par ex. KÜuxen, ausf. Gr. der lat. Spr., 8. 129,t. Il, p. 540) on distingue le gerundium (legendi, legendo, etc.) et le gérondif (legendus, a, um). Ea France, l'usage a prévalu de désigner sous le nom de gérondif les formes legendi, legendo, cte., et sous le nom d'adjectif verbal cn -ndus les formes comme legendus, etc.
Quelle est l'origine du gérondif? C’est une question sur laquelle on est loin d'être d'accord. Nous nous contenterons de renvover à Daxosn, our, cité, t. 112, p. 819, à Kümmen, loc. cif., εἰ surtout à Fa. Senæu, Archiv…. de Weælfflin, t. II, p. 203 et suiv., où 10: trouvera avec une bibliographie complète une discussion serrée de la queslion.
2, En effet, taudis que l'infinitif grec précédé de l’article équivaut à on véritable substantif, le géroodif latin, comme on le verra tout à l'heure, n'a que quelques-uns des emplois du substantif.
χινεῖται τοῦτο πηγὴ χαὶ ἀρχὴ κινήσεως). P. Mil., 4, 11: dat ipsa lex potestatem defendendi (—- defensionis, le droit de légitime défense). De Nat. deor., 1, 39, 82 : ne fando (— fama) quidem auditum est crocodilum... violatum ab Ægyptio. — CÉs., de Bell. Gall., VIT, 51, 1 : signo recipiendi (— receptus) dato, le signal de la retraite. — CORN. NÉP., Att., 9, 2 : Antonius hostis judicatus Italia cesserat; spes restituendi (— restitutionis, réintégration) nulla erat. — Cf. Lucr., 1, 312 : anulus in digito subter tenuatur habendo {—: usu, par le fait de le porter). — VIRG., Géorg., III, 454 : uritque videndo (—- visu, par le fail
qu'on la voit) | femina. Etc.
576. L’adjectif verbal en -ndus, identique de forme avec le gérondif, a un emploi particulier! qui le rapproche encore de ce substantif verbal : c'est que, si le gérondif est accompagné d'un complément à l'accusatif, il peut et dans certains cas (cf. ci-après, ὃ 571) il doit être remplacé par l'adjectif verbal en -ndus. Dans cette construction, l'adjectif verbal en -ndus s'accorde avec le substantif qui aurait dû
être le complément du gérondif et se met au même cas où le gérondh aurait dù être mis.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., IV, 14, 2 : neque consilii habendi neque arma capiendi spatio dato (où se trouvent réunies les deux constructions possibles). — Cic., ad Fam., IV, 2, 3 : gratiam nos inire ab eo (Cæsare) defendenda pace* (au lieu de defendendo pacem) arbitrabamur.
577. — Dans certains cas, il est incorrect de construire le gérondif avec un complément à l’accusatif. Ainsi on est obligé de substituer l'adjectif verbal en -ndus :
4° Au datif du gérondif.
Ex. : T.-Live, XXI, 41, 1 : apparuit campos patentes bello gerendo* Romanis aptos non esse. Etc.
REMARQUE. — Les exceptions sont érès rares (cf. PLAUTE, Epid., IV, 2, 35; Pœn., 1, 9, 18: Ov., Mét., IX, 684).
1. Pour l'autre emploi de l'adjectif verbal en -ndus, emploi tout à fait distinct de celui-ci, νον. ci-après, 8 630.
ἃ. Traduit littéralement en français, le membre de phrase defendenda pace donnerait « par la paix étant défendue ». En d'autres termes, le sens que la langue latine a attribué à l'adjectif verbal ainsi employé est celui d'une espèce de participe présent passif, qui contient simplement l'idée verbale. Mais il n'en a pas toujours été ainsi et des exemples comme oriundus (— qui oritur), secundus (= qui sequitur) semblent indiquer clairement qu'à l'origine l'adjectif verbal en -ndus avait la valeur d'un participe présent actif, On lit encore sur les Fastes de Préneste (Cone. Ixsca. Lar., t. 1, p. 317) : Floræ, quæ rebus florescendis (« à la floraison des choses ») præest, et Virgile emploie l'expression volvenda dies (£n., 1X, 7) pour signifier « lo temps qui roule » (dies quæ volvitur). La contradiction entre l'usage ancien et l'usage plus récent n'est qu'apparente : en effet, l'adjectif verbal en -ndus employé comme il est dit ci-dessus n'est pas autre chose que le substitut du gérondif : or le gérondif, comme tout substantif verbal, a le sens actif ou le sens passif suivant la signification générale de la proposition : defensio, par exemple, peut signifier aussi bien « 16 fait d'être défendu » que « le fait de défendre ».
3. Cet emploi du detif est peu ordinaire ; on altendrait plutôt ad : cf. p. 648, n. 1.
4. Dans T.-Live, XXI, 54, 1, les manuscrits ont : equites tegendo satis latebrosum; mais peut-être faut-il corriger equiti tegendo (Muret, J. Fr. Gronove, Madvig).
2° A l'accusatif du gérondif. Ex. : T.Live, XXXIII, 6, 7 : magnum impedimentum ad rem
gerendam fuit. Etc.
REMARQUE. — Les exceptions sont rares et peu correctes. Ex. : PLANCIUS CHEZ CICÉRON, ad Fam., X, 23, 3 : ut spatium ad colligendum se homines haberent. — SÉNÈQUE, Nat. quæst., Il, 21, 2 : non ad exercendum verba diutius hoc idem pertracto.
3° À l'ablatif du gérondif quand il est précédé d'une préposition. Ex. : T.-Live, XXIII, 4, 40 : ab oppugnanda Neapoli Pœnum absterruere conspecta mœnia. Etc.
REMARQUE. — Toutefois l’ablatif du gérondif précédé d’une préposition peut être accompagné d’un complément à l'accusatif, si ce complément est un pronom neutre. Ex. : Cic., Orat., 26, 81 : in narrando aliquid. Tusc., 1, 43, 102 : de nihil sentiendo. Brut., 21, 85 : in suum cuique tribuendo.
Mais, en dehors de ce cas, l'emploi du gérondif ablatif avec un complément direct
est contraire à la règle.
Ex. : VARR., de Re rust., 111, 9, 12 : in supponendo ova observant, ut sint
numero imparia!.
578. — L'usage est moins rigoureux quand le gérondif est au genitiy ou bien à l’ablatif non précédé d'une préposition. En effet, on préfère bien, même en ce cas, substituer l'adjectif verbal au gérondif.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., ΝΠ, 76, 2 : universæ Galliæ consensio fuit libertatis vindicandæ et pristinæ belli laudis recuperandæ. — Cic., de Sen., 1, 21: his ipsis legendis in memoriam redeo mortuorum. Etc.
Mais si cette substitution est habituelle elle n'est pas obligatoire.
Ex. : Cic., Phil., 2, 22, 53 : nulla causa justa cuiquam esse potest
contra patriam arma capiendi. — T.-Live, XXXIX, 49, 2 : Philopæmenem pudor relinquendi equites tenuit.
Cic., p. Ligar., 12, 48 : homines ad deos nulla re propius
accedunt quam salutem hominibus dando. — Saur., Jug.,
85, 21: eorum fortia facta memorando clariores sese
putant. Etc.