‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 218 sur 306 · Voyez ci-après, p. 654, n · texte numérisé non relu

Voyez ci-après, p. 654, n

3. Le supin en uM, très fréquent à l'époque archaïque (surtout après certains verbes, οἷ, Künwen, ausf. Gram. der lat. Spr., p. 534, Anm. 1), devient de plus en plus rare à partir de Cicéron et de César, si ce n'est qu’on le voit reparaitre chez les écrivains épris d’archaïsme (cf. Künwen, our. cité, p. 535, An®. 4).

Le supin en UM n'existant pas dans lous les verbes, on le remplace à l’occasion, soit par ad (avec l'accusatif du gérondif ou de l'adjectif verbal en -ndus), soit par ut ou qui avec le subjonctif, soit enfin par CAUSA, ou plus rarement par gratiä, avec le génitif du gérondif ou de l'adjectif verbal en -ndus.

Ces formes diverses sont celles que l’on emploie aussi pour exprimer l'idée de but, quand elle ne se rattache pas à un verbe principal signifiant l'idée de mouvement.

Pour ut, voy. ci-dessus, $ 501, et pour qui, $ 416, 2°. Quant à Causä, « en vue de... », avec le géaitif du gérondif on en trouve de très nombreux exemples :

Cf. Cic., de Nat. deor., 11, 14, 37 : animantes hominum causä generati sunt ut equus vehendi causä, arandi bos, venandi et custodiendi canis. — Cis., de Bell. Gall., 11, 24, 4 : cohortandi causä profectus. De Bell. civ., 1, 81, 5 : aquandi causä nemo eyreditur, etc.

En dehors de ces constructions classiques, on trouve aussi, mais seuleinent chez les poëles ou chez les prosateurs de l'époque impériale, l'infnitif (voy. ci-dessus, ὃ 569, Rxx. 1) ou l'adjectif verbal en -urus (cf. ci-après, $ 626).

REMARQUE. — Par erlension, on trouve le supin en -um après un verbe qui ne signifie pas précisément une idée de mouvement, mais pourrait se construire avec ad. Cet emploi est très rare.

Ex. : SALL., Orat. Licini Macri, $ 11 : neque ego vos ultum injurias hortor !.

587. — Le supin en -u. — L'autre forme de supin (ou supin en -u°) s'emploie avec divers adjectifs pour marquer par rapport à quelle action la qualité exprimée par l'adjectif convient bien au substantif que cet adjectif qualifie.

On le trouve ainsi construit surtout après les adjectifs jucundes, suavis, gratus, agréable, injucundus (cf. acerbus, gravis), désagréable ; facilis, facile; difficilis, difficile; honestus, honntte; optimus, excellent ;

pulcher, beau; turpis, fœdus, etc., laid ; credibilis, croyable ; incredibilis,

incroyable, etc.?,

Ex : Cic., de Orat., I, 8, 31 : quid est tam jucundum cognitu atque auditu quam sapientibus sententiis gravibusque verbis ornata oratio? Orat. part., 25, 88 : facile est intellectu, quæ sint contraria. De Of., 11, 14, 48 : difficile est dictu, quanto in odio simus. Ad Aët., VII, 22, 1 : quod optimum factu videbitur, facies. In Verr., 1, 12, 32 : omnia præteribo, quæ mihi turpia dictu videbuntur. Etc.

REMARQUES. — 1. Le supin en -u se construit aussi avec les substantifs [88 et nofas et, par exception, avec opus est*.

1. Peut-être y a-t-il dans celte construction une analogie avec la construction familière : pacem hortari (cf. Cic., ad Att. VII, 14. 3).

2. « Les grammairiens ne s'accordent pas sur la question de savoir si le supin en -u doit être considéré comme un ablatif ou un datif. D'une part, on rencontre (fout à fait par erception, il est vrai), des

passages comme Praurs, Bacch., 60 : istæc lepida sunt memoratui,

qui peuvent donner lieu de croire que, dans la construction lepidus memoratu, le mot memoratu est également uu datif (sur les datifs en u préférés par César aux datifs en -ui, voy. A.-Gazzs, IV, 18), datif signifiant « par rapport au fait de », voy. ci-dessus, 8 93, p.101 sq. Mais, d'autre part, il ne manque pas non plus de passages où le supin en -u est évidemment une forme d'ablatif :

Ex.: T.-Livr, 1V, 43, 1 : nihil dignum memoratu (— commemoratione) actum. Prel[., $ 10 : fwdum inceptu, fœdum exitu (exitu étant à l'ablatif, inceptu ne peut être qu'au même cas). XXXI, 38, 3 : id dictu quam re. facilius erat (« c'était plus facile à dire qu'à faire »), etc.

et d'ailleurs l'emploi du supin en -U, d'une façon générale, s'expliquerait aussi bien par la syntaxe de l'ablatif que par celle du datif : « facilis dictu « facile pour ce qui est du fait de le dire », ablatif de relation (cf. ci-dessus, 8 194). Je serais donc disposé à croire qu'4 l'origine il existait une double construction, le datif du supin, lepidué memoratui, ou memoratu εἰ l'ablatif du spis, lepidus memoratu, puis que ces deux constructions se sont confondues, la seconde ayant absorbé la première. » Ὁ. Rixmaxx, Synf. lat., 2° éd., $ 256.

8. Voyez une liste à peu près complète dans KOuxen, αἱ. Gramm. der lat. Sprache, S 128, 3, t. Π, p. 536. Nous avons dû nous borner ici à citer les tours les plus ordinaires.

4. On tronve chez Tacite le tour exceptionnel, pudet dictu (Agr., 32), peut-être par analogie avec pudendum dictu (Æist., 11, 61), cf. horrendum dictu, qui est une construction d'un usage fréquent en latin.

Ex. : Cic., Tusc., V, 13, 38 : humanus animus cum alio nullo nisi cum ipso deo, si hoc fas est dictu, comparari potest. De Sen., 5, 13 : nefas est dictu miseram fuisse Fabii senectutem !.

TER., Heaut., 941 : ita dictu opus est. — Cic., de Inv., 1, 20, 98 : non longius quam quod scitu opus est”. — Tis., El., IV, 4, 17 : Ποῖα nil opus est.

IT. Dans le latin archaïque on pouvait employer le supin en -u comme ablatif de la question unde.

Ex. : PLAUTE, Men., 286 : obsonatu redeo, je reviens d'acheter les provisions ὅ.

III. Le supin en -u ne se rencontrant que pour un petit nombre de verbes, on est souvent obligé d'en exprimer l'idée au moyen d'autres tours. Cux qu'on emploie en pareil cas sont parfois préférés à la construction du supin

en -u, même dans certaines circonstances où l'on pourrait l'utiliser. On se sert pour remplacer le supin en -u :

a) De l'infinitif actif *, surtout après facile, difficile est (par ex. : non facile est invenire, dicere, etc., est la construction ordinaire chez Cicéron), après opus, fas, nefas est‘.

b) D'une forme personnelle du verbe modifiée par un adverbe tenant lieu de l'adjectif (cf. non facile dijudicatur, facilius intellegi potest, etc.).

c) De l'accusalif du gérondif (cf. facilis ad credendum, etc., ci-dessus, p. 650, n. 2).

ἃ) De l'ablatif neutre du participe passé (dans le cas particulier dont il sera question ci-après, $ 608, REM., p. 686 : opus est facto, etc.). e) D'un substantif verbal employé soit comme dans les exemples suivants : Cic., Orat. part., 15, 52 : facilior est explicatio perorationis. In Verr., 11, 4, 23, 51 : oppidum erat difficili ascensu atque arduo, etc. Soit comme dans ceux-ci (après dignus, indignus, opus est) : Cic., Orat., 21,70 : cognitione dignus. Brut., 49, 181 : ἃ. commemoratione aut Jaude (cf. p. Balb., 17, 36; de Off., ΠΙ, 31, 111, etc.). P. Rosc. Am., 10, 37 : opus est conjecturä. Etc.

Soit enfin comme dans ceux-ci (après des adjectifs divers) : Cic., Orat., 68, 228 : ad adspectum venustus. In Verr., 11, 4, 52, 117 : præclaro ad adspectum. Etc.

f) D'une proposition subordonnée :

Ex. : Cic., p. Planc., 6, 16 : quod mihi gravissimum esset, si dicerem (= gravissimum dictu). Etc. ὅ.

1. En dehors des expressions fas est dictu et nefas est dictu, qui sont très ordinaires, on trouve aussi, mais plus rarement, fas auditu (Tac.), nefas visu (0v.).

2. Remarquez que gcitu est le seul supin en -u que Cicéron construise avec Opus est. Encore faut-il ajouter que c’est seulement dans lo de Znventione et que dans le de Inventione, comme dans les autres œuvres de sa jeunesse, Cicéron n'a point évité les tours archaïques ou familiers dont il devait plus tard s'abstenir avec soin.

3. Cette construction a élé imitée par Sracs (Ach., 1, 119 : venatu redeo), à moins que venatu ne soit l'ablatif du substantif verbal venatus et non pas du supin venatum.

ἃ. L'infinitif passif ne se rencontre que chez les poètes et les écrivains de l’époque impériale. Voy. ci-dessos : cantari dignus, ὃ 571, Rau., 2°, p. 640.

5. Ces expressions sont suivies de l'infinitif passif, quand l'infinitif est employé impersonnellement.

Ex.: Cic., ad Att., VI, 3, 8 : opus 5011 sciri. — T.-Live, XXII, 42, 4: 8i dici fas est. Etc.

6. Voyez plus de détails dans R. KCnxen, aus/. Gramm. der lat. Spr., p. 537-540,

$ 5. — Le participe et les formes qui s'y rattachent. A. — Le participe.

Page 1