‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 219 sur 306 · I. — REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

I. — REMARQUES PRÉLIMINAIRES

588. — Nature du participe. — Le participe est la forme adjective

du verbe.

Il tient de l'adjectif en ce qu'il peut qualifier un substantif et qu'il peut aussi être pris substantivement.

Il tient du verbe en ce qu'il peut recevoir les mêmes compléments que le verbe auquel il appartient, en ce qu'il a des temps, enfin en ce qu'il peut être, à l'occasion, modifié par un adverbe!.

REMARQUE. — Indépendamment des observations particulières auxquelles donnera lieu pius tard l'emploi des négations dans les diverses constructions du participe grec, on peut dès maintenant donner les deux règles suivantes qui résument toutes les autres ?.

1° La négation du participe est pt, lorsque la proposition participiale équivaut, pour

le sens, à une proposition personnelle dont la négation serait μή.

Ex. : THUC., 1, 124,2 : Ψηφίσασθε τὸν πόλεμον μὴ φοθδηθέντες (c'est comme s'il y avait χαὶ μὴ φοδηθῆτε) τὸ αὐτίκα δεινόν. ANTIPH., ΠῚ, 8, 9 : δεινὰ πείσομαι, ἃ ὃ νόμος ἀποδίδωσί UOt μὴ τυχὼν παρ᾽ ὑμῶν (e° est comme s’il y avait ἐὰν UN τύχω παρ᾽ ὑμῶν).

2° La négation du participe est régulièrement où dans le cas contraire.

Ex.:Eur., Alc., 1096 : θάνοιμ᾽ ἐχείνην χαίπερ οὐκ οὖσαν προδούς (c'est comme 8 il y avait ἣ οὐχ ἔστιν ὅμως, αὶ pourtant n'est plus). — THCC., I,

(la proposition participiale équivaut à une proposition complétive introduite

par ὅτι : si l'on s'aperçoit que. nous nosons pas nous défendre, cf. ci-dessus,

8 428). — PLAT., Gorg., 460 ἃ : ἐὰν ὃ ῥήτωρ τῇ ῥητοριχῇ ἀδίχως

χρῆται (ei) μὴ τῷ διδάξαντι ἐγχαλεῖν..., ἀλλὰ τῷ ἀδιχοῦντι χαὶ

x ὀρθῶς χρωμένῳ τῇ ῥητορικῇ (la proposition participiale équivaut

à une proposition relative qui aurait la négation où : à lui-même... qui ne

se sert pas de la rhétorique comme il devrait le faire ; cf. ci-dessus, 8 410). Etc. ?.

1. Remarquez, en particulier, qu'en grec, le participe présent ou aoriste joint à ἄν prend le sens de l'irréel ou du potentiel : cette constraction, qui est postérieure à Homère, a reçu dans la langue une très grande extension.

Ex.: Sopn., Œd. à Col., 965: θεοῖς γὰρ ἦν οὕτω φέλον | τάχ᾽ ἄν τι pnvéouatv εἰς γένος πάλαι (= θεοῖς, of τάχ᾽ ἄν τι μηνίοιεν). — Ταῦο., VI, 38. 9 : οὔτε ὄντα οὔτ᾽ ἂν γενόἰλενα λογοποιοῦσιν (ΞΞ ἃ οὔτε ἔστιν οὔτ᾽ ἂν oo) — Xix., An., VI, 4, 7 : εἰς τὸ πόλισμα ἂν γενόμενον οὐκ ἐδούλοντο στρατοπεδεύεσθαι (— εἰς τὸ χωρίον, ὃ πόλισμα ἂν ἐγένετο). — Prar., Phil., 30 c : σοφία λεγομένη διχαιότατ᾽ ἄν (=? σοφία λέγοιτο ἄν). — Dé, XXIX, 49 : οὗτος οὐχ ἔχων ἂν εἰπεῖν ὅπον τι τούτων ἀπέδωχεν. Etc. |

Voy. Künxmmn-Gznru, ausf. Gramm. der gr. Spr., p. 242.

2. Voy. O. Rirmaxx et (. Cucuec, Règles fondamentales de la Syntaxe grecque, $ 134 b. ἃ. Les infractions à cette règle s'expliquent en général par une espèce d'attraction. Ainsi il arrive

-, : ͵ | AA / sea it SYNTAXE DE SUBORDINATION. 657

589. — Participe employé comme adjectif épithète. — De mème que l'adjectif, le participe peut être employé comme épithète.

1° En grec, quand le participe est employé comme épithète, il peut être seul ou recevoir les mêmes compléments que le verbe.

Ex. : Tauc., 1V,3, 2: ἐν τῇ Μεσσηνίχ ποτε οὔσῃ γῇ. 11], 88, 1 : στρατεύουσιν ἐπὶ τὰς Αἰόλου νήσους καλουμένας. — Χέν., Mém., ΙΝ, 1, 8 : αἱ ἄρισται δοκοῦσαι εἶναι φύσεις. — DE, XVII, 220 : ἐπεπείσμιην μέγαν εἶναι τὸν κατειληφότα κίνδυνον τὴν πόλιν.

Mais il n’a pas, en général, de degrés de comparaison! et ne s'emploie guère qu'au présent ? ou au parfait quand il a la signification d'un présent ÿ.

2° En latin, l'emploi des participes comme adjectifs est beaucoup plus étendu qu'en grec.

Non seulement il y a toute une série d'adjectifs (cautus, quietus, tacitus, præteritus, etc.) qui sont d'anciens participes passés actifs tirés de verbes intransitifs (cf. ci-dessus, p. 296, n. 1), mais encore beaucoup de participes latins (présents ou passés) deviennent de véritables adjectifs, puisque, d’une part, ils ont un comparalif où un superlatif ou l'un et l’autre à la fois (cf. sapiens, doctus, eruditus, ornatus, etc.) et que, d’autre part, les participes présents de verbes transitifs, quand ils ne sont pas accompagnés d'un adverbe, abandonnent leur construction verbale pour se construire avec le génitif (cf. ci-dessus, p. 163, à°, a) : homo injuriarum perferens, mais facile injurias perferens ἢ.

souvent qu'on trouve pr là où régulièrement on devrait avoir οὐ, parce que la proposition participiale se rallache à une proposition qui, si elle élait négative, aurait ur.

Es.: Tucc,, 1, 35, 1 : λύσετε δὲ οὐδὲ τὰς Λαχεδαιμονίων σπονδὰς δεχόμενοι (— ἐὰν δέχησθε) ἡμᾶς Ικηδετέρων ὄντας τ ἄχους. 11. 1 : οἵ ἂν τῇ μὲν παρασχενῇ δίκαια πράσσωσι, τῇ δὲ γνώμη, ἣν ἀδικῶνται, δῆλοι ὦσι κὴ ἐπιστρέψοντες (ici la proposition participiale équivaut à une proposition complétive avec ὅτι dont ἰδ négation serait régulièrement οὐ, cf. ci-dessus, ὃ 428 ; mais elle dépend d'une proposition conditionnelle qui ne peut avoir d'autre négation que μή, cf. ci-dessus, $ 538, et c'est cela qui a déterminé l'emploi de μή). — Cf. Sopn., Ant., 546 : μηδ᾽ ἃ pa 'θιγες (— ἔθιγες) | ποιοῦ oeautñc (la proposition relative étant l'équivalent d’une proposition affirmant un fait récl et non supposé, on altendrait la négation οὐ, cf. ci-dessus, 8 410, mais elle se rattache à unc proposition prohibitive dont la négation cest naturellement pr, et c'est cette considération qui ἃ déterminé Sophocle à employer ur).

1. Ce n'est que par erception qu'on trouve un participe grec avcc des degrés de comparaisou (cf. ἐρρωμένος, ἐρρωμενέστερος, ἐρρωμενέστατος).

2. Pour le sens qu'il faut donner à ce mot présent, voy. ci-dessus, ξ 235, Rex. I.

3. Toutefois l'aoriste peut être nécessaire, par exemple dans des formes de phrases comme celle-ci : ἀνὴρ εὐτυχύσας « un homme autrefois heureux ».

4. Le participe passé passif répond souvent à nos adjectifs en -ble; εἴ, contemptus « méprisable », apertus « accessible », indomitus « indomptable », invictus « invincible », inconcussus « inébranlable », intactus « inviolable ».

Ex.: Sazc., Juy., 2,3 : animus inCorruptus, æternus. 76, 1 : rex nihil jam infectum

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (SyntaxcC). 42

590. — Participe employé substantivement. — Comme | l'adjectif, le participe peut faire fonction de substantif, mais cet

| emploi du participe est beaucoup plus libre en grec qu'en latin.

| 4° En grec, l'emploi du participe comme substantif est, en quelque

| sorte, illimité : il suffit de le faire précéder de l'article.

Comme le substantif, le participe précédé de l'article désigne soit des individus déterminés, soit une catégorie d'individus qu'on veut distinguer d’autres catégories différentes.

a) Quand il désigne des individus déterminés (par ex. : ὁ λέγων, l'orateur [qui parle en ce moment); 0 διώχων, l'accusateur ; ὁ φεύγων, l'accusé, etc.), il doit, sil y a lieu d'employer une négation,

| être accompagné de où (ex. : ὁ où δράσας, l'homme dont il s'agit, qui n'a pas fait la chose en question, etc.).

Χέν., An, 11, 5, 5 : οἶδα ἀνθρώπους, τοὺς μὲν ἐκ διαδολῆς, τοὺς | δὲ χαὶ ἐξ ὑποψίας, οἱ φοδηθέντες ἀλλήλους, φθάσαι l βουλόμενοι, πρὶν παθεῖν, ἐποίησαν ἀνηχκεστα χατὰ τοὺς

| b) Quand il désigne une catégorie d'individus il équivaut à une proposition relative hypothétique : ὁ λέγων, l'orateur (en général}; οἱ πολιτευόμενοι, les hommes d'État; ὁ βουλόμενος, celui, quel qu'il soit, qui désire ; ὁ τυγών, le premier venu ; ὁ ἀδιχηθείς, l'opprimé (en | général), etc.

Conformément à la règle générale des propositions relatives hypothétiques (voy. ci-dessus, &$ 412, 419 et ci-après, 8 597, Ὁ). la négation, en pareil cas, est μή.

Ex. : Χέν., An. IV, 5, 11: τῶν δ᾽ ἄλλων στρατιωτῶν OÙ μὴ δυνάμενοι (= εἴ τινες μὴ ἐδύναντο) διατελέσαι τὴν ὁδὸν ἐνυχτέρευσαν

REMARQUES. — 1. Le participe employé sans article s'emploie aussi quelquefois

substantivement : ainsi à οἱ λέγοντες, les gens qui disent, peut correspondre quelquefois λέγοντες, des gens qui disent.

(« impossible ») Metello credens.—T.-Livs, ΠῚ, 55, 7: cum religione inviolatos eos, tum lege etiam fecerunt. XXIX, 18, 8 : ausi sunt nihilo minus sacrilegas admovere manus intactis illis thesauris. Etc.

Voy. Næcezssacu, Lat. Stilistik (7° éd., revue par I. Müller), p. 216 sq.

| 1. Les exceptions à cette règle se justifient par unc raison particulière. Ex. : Soru., Œd. Hoi, 397 : ἀλλ᾽ ἐγὼ μολών, | ὁ pamôbv εἰδὼς Οἰδίπους (« moi, cet ŒEdipe, qui, à ton sens, ne sait rien ») ἔπαυσά νιν.

Eo subslituant pr, à οὐ on peut aiosi indiquer nettement que l’on ne prend pas pour son coreple l'opinion d'un autre, V. ἢ. Κύηχεν, ausf. Gramm. der gr. Sprache, t. 113, p. 756, Anm. #4.

Ex. : XÉN., Hell., V, 41, 19 : ἔπλει δώδεχα τριήρεις ἔχων ἐπὶ πολλὰς ναῦς REXTA] μένους, il mit à la voile avec douze trières contre des gens qui‘en avaient un grond nombre. Cyr., VII, 5, 73 : ὅταν πολεμούντων πόλις ἁλῷ, chaque fois qu'une cilé de belligérants est prise. ISOCR., XVII, 11 : μετὰ ταῦτα ἀφιχνοῦνταί uot ἀπαγγέλλοντες (des gens qui annoncent) ὅτι ὃ πατὴρ AELTA.

Il. Le participe pris substantivement peut marquer le femps. C'est ainsi qu'une expression comme les accusateurs de Socrate se rendra, selon le cas, par οἱ γραφόμενοι (γραψάμενοι, γραψόμενοι) Σωχράτην.

Mais la construction dont il vient d'être question rentre plutôt dans le cas du participe remplaçant une proposition relative.

Pour le participe avec l'article remplaçant une proposilion relative (temporelle, causale, consécutive, finale, etc.), ΝΟΥ͂. ci-après, 88 597-606.

20 Le latin n'ayant pas d'article, emploie beaucoup moins librement que le grec le participe comme substantif.

On remarquera d'une façon générale que l'emploi du participe comme substantif est plus fréquent au pluriel qu’au singulier.

Le participe passé passif s'emploie substantivement au neutre plus souvent qu'au masculin'. Au masculin, il ne s'emploie guère qu'au pluriel pour désigner une classe d'individus (vincti, damnati, etc.).

Le participe présent actif ne s'emploie pas substantivement au nominatif singulier, sauf dans des cas extrêmement rares*?; de même il s'emploie rarement à l’ablatif singulier; mais il se rencontre assez souvent aux autres cas, notamment au génitif pluriel qui répond à beaucoup de substantifs abstraits du français : fremitus indignantium, un frémissement d'indignation ; somnia vaticinantium atque insanientium, les rêves d'un fanatisme insensé; terrentium parentiumque voces, cris de menace et de frayeur, etc. $.

591. — Participe construit en apposition. — Le participe se construit en apposition au sujet ou au complément.

4, Certains participes passés passifs sont devenus de véritables subslanlifs (dictum, factum, institutum, etc.) : beaucoup forment avec une préposition des locutions connues (ex composito, ex improviso, ex insperato, etc.); enfin, beaucoup s'emploient au pluriel (acta, responsa, promissa, etc.). Ils peuvent étre accompagnés d'un adjectif (fortia facta, improbum factum), qui se change en adverbe quand ils doivent être délerminés par un pronom ou qualifiés par un adjectif (εἴ. Cic., de Amic., 2: multa Catonis et in senatu et in foro vel provisa prudenter, vel acta constanter vel responsa acute forebantur).

2. O. Rixmaxx (Synt: lat., ὃ 259) cite cette phrase de Cicéron :

De Sen., 20, 74: mortem igitur omnibus horis impendentem timens (— qui timet) qui (— quomodo) poterit animo consistere?

3. Ces observations sont empruntées aux notes autagraphiées de Cu. Tuuror, p. 99 sq. La question da participe pris substantivement appartenant plutôt à la théorio du style qu'à celle de la syntaxe, nous avons dû rester sobres de détails. On la trouvera traitéc avec tous les développements nécessaires dans O. Rinmaxx, Études sur... T.-Live, 2° éd., p. 79-106.

Construit en apposition le participe peut exprimer une simple circonstance (moyen, manière, etc.\, c'est-à-dire remplacer un adverbe, une locution adverbiale, etc., ou tenir lieu d'une proposition subordonnée exprimant le plus souvent les circonstances de l'action, le temps, la cause, le but, etc. (voyez ci-après, $ 599-606).

La négation employée est où, sauf dans le cas du ὃ 588, REx., 1° (ci-dessus). |

Il ne sera question pour le moment que du participe en apposition exprimant une simple circonstance et non pas du participe remplaçant toute une proposition subordonnée.

1° En grec, le participe construit en apposition au sujet exprime une circonstance de moyen quand il est joint aux verbes νιχᾶν, être vainqueur, l'emporter ; ἡττᾶσθαι, avoir le dessous, être vaineu, etc. ; une circonstance de manière avec εὖ (καλῶς) ποιεῖν, avoir raison ; ἀδιχεῖν, ἁμαρτάνειν, ètre dans son tort, avoir tort; avec οἴχεσθαι: (ef. ci-dessus, p. 254, REM. IT), être parti, etc.

Quand il est construit avec un verbe signifiant un sentiment (ἀγαπᾶν, être content; ἀγαναχτεῖν, ἄχθεσθαι, χαλεπῶς ou βαρέως φέρειν, etc., être mécontent, indigné, etc. ; χαίρειν, ἥδεσθαι, se réjouir; αἰσχύνεσθα!, avoir honte; μεταμέλεσθαι, se repentir;: il exprime l'occasion qui fait naitre ce sentiment".

Ex. : Χέν., Hiér., 11, 14, sq. : πάντας (τοὺς ofhouc) πειρῶ νικᾶν εὖ ποιῶν" ἐὰν γὰρ τοὺς φίλους χρατῇς εὖ ποιῶν, οὐ μή σοι δύνωνται ἀντέχειν οἱ πολέμιοι. Cf. Anab., 1, 9, 11, 26; Π, 3, 23 : οὐχ ἡττησόμεθα εὖ ποιοῦντες (ef. 11, 6, 11). Mém., I. 5,7: εὐεργετῶν οὐδενὸς λεέπεται (de mème avec ἐλλείπεσθαι, rester en arriére, ètre inférieur ἃ... ; ἐδ., 11,6, 5). Mém., N, 3, 11 : ὅπως περιγένηταί Gon χαὶ λόγῳ xat ἔργῳ εὖ ποιῶν. Etc.

Hén., V, 24 : εὖ ἐποέησας ἀφικόμενος. — Par, Phéd., 60 c : εὖ γ᾽ ἐποίησας ἀναμνήσας με. Etc.

Tuuc., 1, 52, 2 : ἀδικεῖτε... πολέμου ἄρχοντες καὶ σπονδὰς λύοντες. II, 11, 2 : οὗ δέκαια ποιεῖτε οὐδ᾽ ἄξια οὔτε ὑμῶν οὔτε πατέρων ὧν ἐστέ, ἐς γῆν τὴν Πλαταιῶν στρατεύοντες. -- Χέν., Mém., 1, 1, 1: ἀδιχεῖ Σωχράτης οὺς μὲν ἢ πόλις νομίζει θεοὺς οὗ νομίζων, ἕτερα δὲ χαινὰ δαιμόνια εἰσφέρων. Cyr. III, 3, 56 : ὁ Κυαξάρης ἔλεγεν, ὅτι (ὁ Κῦρος) ἐξαμαρτάνοι διατρίδων χαὶ οὐκ ἅγων ὡς τάχιστα ἐπὶ τοὺς πολεμίους. Etc.

1. Pour les raisons qui nous ont fait placer ici ces constructions, voy. ci-après, 8 596 (p.670, n. 3).

᾿ ou

“dr 7:

Hou., 11, 11, 1: ᾧχετ᾽ ἀποπτάμενος, il était déjà parti, envolé. — Hén., 1, 157: OYETO φεύγων. — Piaron, Phédon, 108 b : οἴχεται ἀγομένη, elle est δηϊγαϊπόρ rapidement. Etc.

Eur., Hipp., 8 : τιμώμενοι χαέρουσιν (oi θεοὶ) ἀνθρώπων ὕπο. — PLar., Rép, 328 e : χαίρω διαλεγόμενος τοῖς σφόδρα πρεσθύταις (cf. Apol., 33 b, c). Prot., 315 Ὁ : τοῦτον τὸν χόρον μάλιστα ἔγωγε ἰδὼν ἥσθην. Πόρ., 415 Ὁ : ὑπὸ σμικροτέρων χαὶ φαυλοτέρων τιμώμενοι ἀγαπῶσιν. -- Χέν., Mém., I, 2, 4: ὑπὲρ ὧν ἡμάρτανον ἐλεγχόμενοι ἤχθοντο. Εἰο..

Χέν., Cyr., Υ, 1,31: τοῦτο οὐχ αἰσχύνομαι λέγωνδ. Tauc., IV, 21: μετεμέλοντο τὰς σπονδὰς οὗ δεξάμενοι (cf. V, 35; VII, 50, 3) ἢ.

REMARQUES. — Ï. Quand les verbes qui expriment un sen/iment sont accompagnés d'un complément désignant la personne à propos de laquelle on éprouve ce sentiment (Joie, indignalion, etc.), le partivipe peut, à l'occasion, s'accorder avec le complément (ur μοι ἄχθεσθε λέγοντι τἀληθῆ, etc.).

1. L'emploi du parlicipo pour exprimer une circonstance de moyen ou de πιδοϊδγο est très étendu en

Non seulement on le trouve dans les constructions qui viennent d’être énumérées et dans beaucoup d'autres encore, comme le prouvent les exemples suivants :

a) Moyen :

Χέκ,, Cyr, III, 2, 25 : ληξόμενοι ζῶσιν «ils vivent de brigandages ». — Isocn., XIT, 44 : τοὺς "Ἕλληνας ἐδίδαξαν, ὃν τρόπον διοικοῦντες τὰς αὐτῶν πατρίδας καὶ πρὸς οὕς πολεμοῦντες μεγάλην ἂν τὴν ᾿Ελλάδα ποιήσειαν. — PLar., Gorg., 484 d : τῶν νόμων ἄπειροι γίγνονται χαὶ τῶν λόγων, οἷς δεῖ χρώμενον ὁμιλεῖν τοῖς ἀνθρώποις (εἴ. Dém., 111, 23), ete.

b) Hanière :

Prar., Bang., 202 b : χαὶ ἣ γελάσασα. ἔφη, — Xeëx., Mém., IV, ἃ, 4: προείλετο μᾶλλον τοῖς νόμοις ἐμμένων ἀποθανεῖν ἢ παρανομῶν ζῆν (cf. III, 5, 16), etc. Mais il y a une foule de participes qui sont employés comme de véritables prépositions ou δάνογθοβ.

Ex. : χρώμενος « au moyen de » (cf. Tauc., 11, 84 : βοῇ χρώμενοι); φέρων « en hâto ν; φερόμενος «avec élan, avec violence, avec impétuosité »; ἁνύσας « promptement, vile »; χατατείνας « avec ardeur » : διατεινάμενος ou διατεταμένος « avec toute la force possible » ; λαθών « secrètement +, etc.

2. En français, le rapport, que le grec exprime au moyen du participe, est marqué par la préposition « de » suivic de l'infinitif : « 115. s'mdignaient d'être convaincus de fautes qu'ils avaient cominises ». Mais la construction française ne doit pas faire illusion sur la nature de la construction grecque. Le grec met bien le participe là où le français emploic une proposition infinitive, mais cela ne veul pas dire qu'en grec le participe remplace une proposition subordonnée, On a vu ci-dessus en effet qu'après les verbes signifiant une affection de l'âme ($ 433) on trouvait assez souvent unc proposilion causale introduite par ὅτι ; ar, si l'on compare cette construction avec celle du participe, on s'aperçoit que la valeur n'en est pas la même. En employant ὅτι on indique simplement l'objet de la joie, de l'indignation, ete. ; en employaat Je participe, on établit une liaison intime entre l'action du verbe principal ct l'occasion qui la provoque.

3. Quaud αἰσχύνομαι est construit avec le participe, il signifie « j'ai honte de... »: mais quand il s’agit de rendre cette idéc : « je m'abstiens par honte où par pudeur de faire telle ou telle chose », on le construit avec l’infinitif par analogic avec les verbes du $ 563, 4°, a (p. 620).

4. Quand μεταμέλομαι est remplacé par μεταμέλει μοι « je me repens », on construit naturcllement le datif du participe en apposition avec le complément du verbe. ν

Ex. : Ηέκ., VII, 54: εἰ μετεμέλησέ οὗ τὸν Ἑλλήσποντον λαστιγώσαντι. --- Piar., Apol., 38 : μεταμέλει μος οὕτως ἀπολογησαμένω.

Ex. : Hom., Od., XIX. 463 : τῷ μέν ba χαῖρον νοστήσαντι (cf. JI., XVIII, 259. — PLAT., Apol., 33 © : γαίρουσιν ἐξεταζομένοις τοῖς οἰομένοις μὲν εἶναι σοφοῖς οὖσι δ᾽ où. Etc.

11. 1] ne faut pas confondre cette construction avec le tour fréquent chez les poëles et inconnu aux prosateurs, qui consiste à employer avec l’accusalif et le participe des verbes comme χαίρω ou ἄχθομαι, bien que le complément de ces verbes se mette ordinairement au datif.

Ex.: EUR., Hipp., 1339-1340 : τοὺς γὰρ edoe6ets θεοὶ | θνήσκοντας où χαίρουσι (cf. Sopx., Aj., 136). — Sopu., Phil., 1314 : ἤσθην σε εὐλογοῦντα πατέρα τὸν ἐμόν. Etc.

2 En latin, cet emploi du participe est à peine connu. Tout au plus peut-on dire que dans une phrase comme celle-ci :

Cic., de Nat. deor., 11, 39, 101 : aer effluens huc et illuc ventos efficit.

le participe effluens exprime le moyen par lequel se réalise l'action d'efficit.

Pour le participe en apposition remplaçant une proposition circonstancielle, ΝΟΥ͂. ci-après, & 599-604.

REMARQUES. — 1. En grec, les participes construits en apposition peuvent être accumulés et employés avec un même verbe principal.

1° On met parfois les uns à la suite des autres plusieurs participes aoristes dont chacun marque antériorité relativement au suivant.

Ex. : PLATON, Gorg., #11 Ὁ : ᾿Αρχέλαος τὸν... θεῖον μεταπεμψά τ᾿ ξενίσας χαὶ καταμεθύσας... ἐμδαλὼν εἰς ἅμαξαν νύχτωρ ἐξαγα ὧν

ἀπέσφαξε. — XÉN., Anab., 1, 1, 7: Κῦρος ὑπολαδὼν τοὺς φεύγοντας συλλέξας στράτευμα Μίλητον ἐπολιόρχει.

Les Latins, qui n’ont pas de participe passé à la voix active, sont obligés, en pareil cas, d'employer des constructions diverses et, par exemple, de faire alterner une proposition participiale à l’ablatif absolu et une proposition temporelle : Cyrus, postquam perfugas excepit (prop. temp.), collecto exercitu (abl. abs.) Miletum oppugnare cœpit.

2° Un participe peut en modifier un autre.

Ex.: XÉN., Hell., Il, 4, 3 : ἐντυχὼν ἀνθρώπῳ ὀφθαλμιῶντι, ἀπιόντι ἐξ ἰατρείου χάλαμον ἔχοντι, ἀπέχτεινεν.

1. Avec le participe passé passif les Latins ont plus de liberté : ainsi l'on trouve des phrases comme celle-ci :

Cés., de Bell. cir. 11, 22, 1 : Massilienses omnibus defessi malis, rei frumentariæ ad summam inopiam adducti, bis navali pros superati, crebris eruptionibus fusi, gravi etiam pestilentia conflictati..…. dejecta turri, labefacta magna parte muri, auxiliis provinciarum et exercituum desperatis... sese dedere constituunt.

Mais il suffit de comparer cette phrase à une des phrases grecques qui ont été ou qui vont être οἴ δες pour constater que le latin est bien inférieur au grec dans l'emploi du participe.

3° Ils peuvent se rapporter à un même verbe principal avec une valeur différente :

Ex. : PLATON, Rép., 486 c : ἢ προσδοχᾷς ποτέ τινὰ τι ixav@s ἂν στέρξαι, ὃ πράττων ἂν ἀλγῶν τε πράττοι χαὶ μόγις σμιχρὸν ἀνύτων ; — XÉN., Anab., 11, 2, 9 : ὥμοσαν σφάξαντες χάπρον βάπτοντες οἱ μὲν Ἕλληνες ξίφος, οἱ δὲ βαρύαροι λόγχην. V, 2, 4 : προδραμόντες διαδάντες τὴν χαράδραν, ὁρῶντες πρόδατα πολλά, προσέθαλλον πρὸς τὸ χωρίον. Υ, 4,239 : θύσαντες, ἐπεὶ ἐχαλλιερήσαντο, ἀριστήσαντες, ὀρθίους τοὺς λόχους ποιησάμενοι, ... ἐπορεύοντο τοὺς τοξότας μεταξὺ τῶν λόχων ὀρθίων ἔχοντες. Etc.!.

IT. Le grec ἃ une telle prédilection pour l'emploi du participe en apposition qu'il lui arrive souvent, dans une proposition, de rendre l'idée de l'action principale au moyen du participe et l'idée secondaire ou accessoire par le verbe principal.

Ex.: XÉN., An., 1, 6, 8 : τί ἀδικηθεὶς ὑπ᾽ ἐμοῦ νῦν τὸ τρίτον ἐπιδουλεύεις οι ; quel tort l'ai-je fait, que lu me lends une troisième fois des embèches ? IV, 5, 13 : ἣν τοῖς Me ἐπιχούρημα τῆς γιόνος, εἴ τις μέλαν τι ἔχων πρὸ τῶν ὄφθα [LGV πορεύοιτο, en mettant devant ses yeux quelque chose de noir, quand il marchait. — Lys., XII, 92 : βούλομαι ὀλίγα ἑχατέρους ἀναμνήσας χαταθαίνειν, je veux rappeler quelques faits aux uns et aux autres avant de descendre de la tribune. Etc.

De même au lieu de εὖ ποιῶ ὀργιζόμενος, etc., j'ai raison de m'irriter, etc., on trouve en grec εὖ ποιῶν (χαλῶς ποιῶν) ὀργίζομαι, etc. Ex. : DÉM., XXI, 2 : καλῶς χαὶ τὰ δίχαια ποιῶν ὁ δῆμος ὠργίσθη, le peuple ἃ bien fait οἱ a eu raison de se fâcher, Cette locution εὖ ποιῶν est ordinairement employée d'une façon sarcastique. Ex. : ARIST., Paix, 211 : εὖ ποιῶν ἀπόλωλ᾽ ἐχεῖνος χἂν δέοντι τῇ πόλει. Enfin on connait l'emploi de la locution οὗ χαέρων (lité. non content, non réjoui) prise dans le sens de notre adverbe non impunément. Ex. : XÉN., An., V, 6, 32 : où χαίροντες ἀπαλλάξετε. La locution où χαίρων peut être naturellement remplacée par χλαίων. Ex. : Sopx., Œd. Roi, 401 sq. : κλαίων δοχεῖς μοι καὶ où χὠ συνθεὶς τάδε | ἀγηλατήσειν.

111. Certains participes construits en apposition sont devenus en grec des expressions toutes faites (ἄγων, ἔχων, φέρων, λαθών, avec}; ἀρχόμενος, au début; τελευτῶν, à la fin; διαλιπών, après quelque temps, etc.).

Ex. : How., Od., XVII, 12 : Πείραιος... ἦλθεν ξεῖνον ἅγων (ef. III, 312; XV, 269). — XÉN., Cyr., I, 8, 1 : ἔρχεται ἣ Μανδάνη πρὸς τὸν πατέρα χαὶ τὸν Κῦρον τὸν υἱὸν ἔχουσα (εἴ. 1, 6, 10). 4π., VII, 7, 53 : ταῦτα λαδὼν χαὶ τοὺς... ὁμήρους προσλχδὼν ἄπιθι.

Page 1