‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 223 sur 306 · Pour l'emploi de μηδέ, voy. ci-dessus, 8 588, Ἀκκ · texte numérisé non relu

Pour l'emploi de μηδέ, voy. ci-dessus, 8 588, Ἀκκ

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2 En latin, l'usage des particules servant à déterminer le sens du participe est beaucoup plus rare qu'en grec et se rencontre surtout vers la fin de l'époque classique (à partir de T.-Live) et à l'époque impériale.

Voici celles qu'on trouve soit à côté d'un participe mis en apposition au sujet ou au complément, soit à côté d’un participe absolu :

a) Particules de temps : vixdum, à peine; statim, extemplo, aussitôt (Cic.); simul, en même temps; non ante quam, pas avant que... (T.-Live).

Ex. : Cic., in Cat., I, 4,10: hæc 60ο..., vixdum etiam (à peine encore) cœtu vestro dimisso, comperi (cf. T.-Live, V, 52, 4; ΧΧΧΙ͂Ι, 28, 4: Tac., Ann., I, 50). P. red. in sen., 9, 22 : Calidius statim designatus... quam esset cara sibi mea salus declaravit (cf. T.-Live, XXIV, 27,4; XX VII, 7,9, etc.). — T.-Live, VII, 39, 45 : imperator extemplo adveniens appellatus (cf. XXII, 42, 1: XXXV, 35,6, etc.). X, 26, 5 : invenio apud quosdam, extemplo consulatu inito profectos esse. XXII, 3, 41 : hæc simul increpans cum ocius signa convelli juberet.…. VIT, 35,5 : qui hunc collem imminentem capiti suo non ante viderit quam captum a nobis. XXI, 14, 4 : nullum ante finem pugnæ quam morientes fecerunt. XXIV, 18, 12 : non ante quam confecto bello accepturos (se) esse (pretia servorum). Etc.

REMARQUES. — 1. De même qu'en grec τότε, ἔπειτα, etc. (voy. ci-dessus, 8 606, 4°, a, p. 671), de même, en latin, surtout à partir de T.-Live, les adverbes protinus inde, deinde, protinus, tum, tum vero, tum denique, tum demum, servent à marquer d'une manière précise l'enchaînement des faits rappelés dans la proposition principale et dans la proposition participiale.

Ex. : T.-Live, IX, 28, 1 : consules parta egregia victoria protinus inde ad Bovianum oppugnandum legiones ducunt (cf. ΙΧ, 38, 1). XXIV, 13, 7 : triduum ibi moratus Pœnus, ab omni parte tentato præsidio, deinde.… ad populandum agrum Neapolitanum processit. XXII, 30, 1 : signo dato, conclamatur inde (cf. Il, 39, 5; XXIII, 23, 5, etc.). II, 19, 1 : parta pace, instare tum tribuni Patribus, ut P. Valeri fidem exsolverent. — SALL., Cal., 61, 1 : confecto prælio, tum vero cerneres, quanta audacia fuisset in exercitu Catilinæ (cf. T.-Live, II, 29, 3). — T.-Live, 11, 29, 1 : utraque re satis experta, tum demum consules, etc. — Cic., de Orat., Il, ΤΊ, 315 : hisce omnibus rebus consideratis, tum denique id, quod primum est dicendum, postremo soleo cogitare. Etc.

II. Après une proposition participiale remplaçant une proposition éemporelle, l'emploi de sic ou de ita, dans ces conditions (cf. gr. οὕτως, ci-dessus, 8 606, 1°, a, REX., p. 618) paraît appartenir à la langue familière ou à la langue poétique.

Ex.: ViRG., Én., 1, 223-226 : Juppiter, æthere summo | despiciens mare velivolum.…, sic vertice cæli | constitit, elc. — PoLLION, de Bell. Afric., 11 : alternis conversis cohortibus.…, ita coronam hostium dividit. — T.-LiVE, XXXVII, 34, 6 : in 80 delapsum tumultu ex equo cum duobus equitibus oppressum 16 ad regem deductum esse. Etc.

On pourrait multiplier ces exemples particulièrement fréquents à l'époque impériale.

b) Particules causales : quippe (Sauuvsre) ou utpote (Hon., T.-Live), parce que.

Ex. : Sau., Jug., 105, 4: timor aliquantus, sed spes amplior, quippe victoribus!' et advorsum eos, quos semper vicerant. — Hon., Carm., 1, 31, 13 sq. : dis Carus ipsis, quippe ter et quater | anno revisens æquor Atlanticum | impune. -- T.-Live, Il, 63, 2 : Qquippe fuso suæ partis validiore cornu, impetum facit (cf. V, 14,8; ὙΠ], 4, 5; XXVII, 39,4; Tac., Hist.. 1, 32; 12, etc.). — Hon., Sat., 1, 5, 95 : inde Rubos fessi pervenimus, utpote longum | carpentes iter. — T.-Live. ll, 23, 8 : clamor inde oppidanorum Romanis auxit animum et turbavit Volscos, utpote capta urbe (cf. XXXI, 33, 9; XXXVI, 24, 11). Etc.

REMARQUE. — Il arrive parfois (à partir de T.-Live), que ut est employé, au lieu de quippe.

Ex. : T.-LIVE, XXIV, 45, 11 : fama per totam urbem vulgata tumultum, ut? principe amiss0 (comme il élait naturel que cela arrivât, puisqu'ils avaient perdu leur prince), fecit.

c) Particules de comparaison : quasi, comme si (Cic.) et chez d'autres écrivains, dans le même sens : sicut (Cés.), velut (Sa), tanquam (Corn. Νέρ., T.-Live) ὃ,

Ex. : Cic., de Sen., 8, 26 : (litteras Græcas) sic avide arripui quasi diuturnam sitim explere cupiens. Ib., 23, 83 : nec vero velim, quasi decurso spatio, ad carceres a calce revocari (Cf. T.-Live, XXVI, 21, 4; Suer., Cæs., 82). — Cés., de Bell. Gall., V, 43, 3 : hostes maximo clamore, sicuti parta jam atque explorata victoria, turres testudinesque agere et scalis vallum ascendere cœperunt. — Sazr., Cat., 48, 1 : (plebs) veluti ex servitute erepta gaudium atque læti-

1. Victoribus répond au grec γενιχηχόσι : le participe du verbe « ètre » n'existe pas en latin.

2. Ut signifie proprement « dans la pensée que... ». Voy. ci-après, d (p. 683) : il est donc employé ici d'une manière abusive.

3. On peut ajouter à cette liste les particules suivantes, qui ne se rencontrent que chez les écrivains de l'époque impériale jointes au participe : perinde Fret (T. Live, ΙΧ, 14, 2; Var.-Max., UT 2, ext. 6: 8, ext. 6, οἷς.) et quamlibet ne 11, 41, 1), De plus on trouve cher T.-Lirs R6C aliter quam, haud secus quam (VIII, 9, 12, etc.).

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tiam agitabat. -- T.-Live, VIII, 3, 1 : quod responsum Campanos metu abalienavit, Latinos, velut nihil jam non concedentibus Romanis, ferociores fecit. — Corn. Nér., Hann., 2, 2 : Hannibalem in suspicionem regi adduxerunt tanquam ab ipsis corruptum alia atque alia sentire. — T.-Live, 1, 12, 1: restitere Romani tanquam cælesti voce jussi., Etc.

d) Particule ut signifiant dans la pensée que (cf. gr. ὡς, ci-dessus, 8 606, 4°, b, p. 678).

Ex. : Cés., De Bell. civ., II, 13, 2 : ut re confecta (dans la pensée que tout était fini) Oomnes curam et diligentiam remittunt (cf. de Bell. Gall., NI, 18, 8). Etc.

REMARQUES. — Au lieu de ut, dans la pensée que.., on trouve chez T.-Live tanquam ou velut pris dans le même sens et employés par conséquent d'une manière impropre.

Ex.:T.-Live, XXIV, 23, 6 : suspecti observarentur, tanquam novandi res aliquam occasionem quærentes (dans la pensée qu'ils cherchaient une occasion de faire une révolution). Cf. XXIV, 23, 7 : ad Hieronymum tanquam amicum ac socium (où il faut avec tanquam amicum ac socium suppléer l’idée du participe ὄντα lequel n'a pas d’équivalent en latin). 1, 4, 5 : velut defuncti regis imperio... pueros exponunt. Etc.

II. Sur tanquam construit avec le participe futur, voy. ci-après.

e) Particules concessives : etsi, quanquam, bien que, quoique.

Ex. : Cés., de Bell. civ., 1, 67, 5 : etsi aliquo accepto detrimento, tamen summa exercitus salva locum quem petant capi posse (c.-à-d. locum ïita capi posse ut, etsi aliquod detrimentum acceptum sit, tamen summa exercitus salva sit). — T.-Live, XXXI, 41, 1 : Sequente, quanquam non probante, Amynandro.

REMARQUE. — La particule quamvis (cf. ci-dessus, $ 470) signifiant proprement à quelque degré que..., ne peut guère s’employer que devant un adjectif.

Ex. : Cic., Phil., 2, 45, 116 : res bello gesserat quamvis rei publicæ calamitosas, at tamen magnas.

Devant un participe elle est très rare et ne se rencontre qu'à l'époque impériale.

Ex. : COLUMELLE, IX, 14, 14 : quamvis porticu protecta vasa nihilominus.…. supertegemus. — SUÉT.. Jul., 10 : Cæsarem milites quamvis recusantem ultro in Africam sunt secuti.

Quant à licet, l'emploi en est incorrect (cf. ci-dessus, p. 355, n. 8). Cf. pourtant Ov., Mét., XV, 62 sq. : isque licet cæli regione remotos | mente deos adiit.

ἢ Particules conditionnelles : Quand la proposition principale est négative, on emploie parfois nisi devant le participe.

Ex. : Cic., de Orat., II, 42, 180 : non, hercule, mihi (istuc), nisi admonito (— nisi ἃ te admonitus essem), venisset in mentem. Etc.

Enfin l'idée de pourvu que. est parfois rendue par modo placé à côté du participe.

Ex. : T.-Live, XXII, 5, 43 : Italiam Numidarum... pati provinciam esse cui non, genito modo in Italia (c.-à-d. genitus modo in Italia sit), detestabile sit ?

B. — Participe remplaçant une proposition subordonnée complétive.

607. — Participe épithète ou en apposition. — En grec et surtout en latin, un simple participe peut remplacer une proposition complétive qui serait introduite par ὅτι ou par quod, ce fait que (cf. ci-dessus, & 426 et 437).

4° Ainsi, l’on trouve en grec des phrases comme celle-ci :

Tuvc., IV, 29, 3 : χαὶ αὐτῷ ἔτι ῥώμην χαὶ ἣ νῆσος ἐμπρησθεῖσα παρέσχε, ce qui contribua à l’enhardir, ce fut ce fait que l'ile avait été incendiée (ce fut un incendie survenu dans l'île,

dans lesquelles un participe aoriste passif, s'accordant avec le mot qui serait le sujet de la proposition, remplace une proposition complétive commençant par ὅτι, ce fait que et dont le verbe serait au passé.

De plus, on rencontre aussi en grec le participe employé à tous les cas (avec ou sans préposition), comme le serait un substantif abstrait ou un infinitif précédé de l'article.

Ex. : Hén., 1, 34 : μετὰ δὲ Σόλωνα οἰχόμενον (après Le départ de Solon) ἔλαθε νέμεσις μεγάλη Κροῖσον. I, 15 : ἐπὶ τούτου τυρανγεύοντος, sous sa dominalion (cf. VII, 44). — Tacc., VI, 3, 3 : ἔτει πέμπτῳ μετὰ Συρακούσας οἰκισθείσας (après la fondation de Syracuse, post conditas SyraCusas). — PLar., Βαπᾳ., 198 b: μετὰ χαλὸν οὕτω χαὶ παντοδαπὸν λόγον ῥηθέντα (ΞΞ μετὰ τὸ καλὸν οὕτω... λόγον ῥηθῆνα!). — Χέν., Mém., 1,2, 63: τῇ πόλε: οὔτε πολέμου χαχῶς συμὄάντος οὔτι στάσεως πώποτε αἴτιος ἐγένετο (ΞΞ τοῦ πόλεμόν τινα χαχῶς συμοῆνα!) ᾿

1. Voy. Goopwmx, ouv. cité, ξ 829, b. Cetle construction est déjà dans Homère. Ex. : 7|., 1, 601 : ἐς ἤέλιον χαταδύντα « jusqu'au coucher du soleil » ; IX, 682 : ἅμ᾽ hoi φαινομένηφι, « avec l'apparition de l'aurore ».

Δ Fe 4 1e SYNTAXE DE SUBORDINATION. 685

2° Mais c'est surtout en latin que cette construction s’est développée : le participe passé joint à un substantif remplace soit une proposition complétive qui serait introduite par quod et dont le verbe serait à un des temps composés du passif, soit un substantif verbal abstrait. Cette construction n'est pas étrangère à Cicéron, mais T.-Live en fait un usage beaucoup plus libre et plus fréquent.

Ex. : Cic., in Pis., 35, 85 : dubitabat nemo, quin violati hospites, legati necati, pacati atque socii nefario bello lacessiti, fama vexata hanc tantam efficerent vastitatem (cf. ad Fam., IN, 13,2; p. Planc., 18, 45). — T.-Live, XXI, 1, 5 : angebant virum Sicilia Sardiniaque amissæ. XXIH, 41, 1 : memorabilem pugnam fecit Hasdrubal captus. XXXVH, 54, 13 : terra mutata mutavit mores. Etc. — Q.-Cuncs., IV, 6, 23 : ultima pestis urbis fuit cuniculo subrutus murus. — Tac., Ann., 1, 8 : OcCisus dictator Cæsar. Etc.

REMARQUES. — I. La principale raison pour laquelle les écrivains latins ont développé cette construction, c'est qu’elle donnait au style une plus grande aisance que l'emploi d'une proposition complétive commençant par quod.

En effet, d’une part la proposition avec quod est un peu lourde?, et, d'autre part, elle ne peut remplir dans la phrase que les fonctions de sujet ou de complément direct : au contraire, le participe est plus dégagé et il peut s’employer à {ous les cas.

Ex. : T.-Live, XXI, 16,2: pudor non Jati auxilii; 63,7 : conscientia spretorum (deorum). X, 31, 14 : ne ïinfeliciter quidem defensæ libertatis tædebat. XXIII, 12, 9 : interroganti senatori (Hannonem), pæniteatne adhuc suscepti adversus Romanos belli. XXX VII, ὅθ, 8 : cum L. Scipio et accusatus et damnatus sit pecuniæ captæ ab rege. XXVI, 37, 6: Capuæ amissæ Tarentum captum æquabant (cf. XXXIII, 4, 1). XXII, 27, 1 : Hannibale victo gloriari. Etc.

Enfin, il peut être précédé d'une préposition. Ex. :T.-Live, VI, 4, 4 : ab condita urbe Roma. III, 61, 13 : Sabini ab re priore anno bene gesta foroces. VI, 1, 1 : ad captam eandem (urbem}, jusqu'à la prise de celte même ville. V, 25, 7 : ante conceptum votum. XXII, 36, 6 : propter territos vulgo homines. XXVIII, 12, 6 : post Hasdrubalis.. exercitum... deletum. Etc.

11. Cette construction se rencontre aussi après opus est (arch. usus est}. Ex. : SALL., Cat., 31, 7 : ne existimarent sibi patricio homini.. perdita re publica opus esse.

4. Voy. À. Dasoen, Hist. synt., 113, p. 779 sqq.; Künxasr, Livianische Syntaz, p. 267; Nassissasca, Lat. Stil., p. 95; Scaurrz, Lat. Sprachl., 8 411, Anm. 1; KCuxen, ausf. Gramm. der lat. Sprache, II, Ὁ. 573 et suir.

2. ΤΥ a aussi des cas où la proposition complétire avec quod πὸ pourrait guère s'employer et où la proposition participiale est d'un tour très heureux.

Ex. : Cic., de Am., 9, 32 : si utilitas amicitias conglutinaret. eadem commutata (m. à m. « le fait que l'intérêt se trouverait avoir changé ») dissolveret.

Le caractère hypothétique du fait désigné par eadem commutata n'aurait pas pu être exprimé à l’aide d'une proposition complétive commençant par quod.

11. On a vu ci-dessus (p. 685, 2°) que le participe ainsi employé équivaut souvent à un substantif verbal abstrait, et l'on verra d'autre part (8 630, REX. Il) que l'adjectif verbal en -ndus, lui aussi, peut jouer ce rôle.

Mais à ce propos il convient de remarquer qu'un substantif verbal ne contient pas seulement l'idée verbale, mais peut exprimer aussi l'idée d'une action accomplie, terminée, qui peut d'ailleurs être présente, passée, future ou même simplement hypothétique (cf. p. 685, n. 2).

Ainsi de interfectione Ciceronis peut signifier non seulement : au sujet du fait de tuer Cicéron, mais encore au sujet de ce fait que Cicéron est (a été, sera, serait) tué.

Or de interficiendo Cicerone ne peut signifier autre chose que au sujet du με de tuer Cicéron, tandis que de interfecto Cicerone signifie au sujet de ce fait que Cicéron est (a été, sera, serait) tué.

Les deux tournures ne sauraient donc se prendre l'une pour l'autre.

608. — Un cas particulier de la règle précédente, c'est celui où le participe passé passif, au lieu d'être accompagné d’un substantif, est employé tout seul au neutre, comme passif impersonnel*.

Cette construction hardie, dont on ne cite presque pas d'exemples avant T.-Live*?, est assez fréquente chez lui.

Ex. : T.-Live, 1, 53, 1 : in ea arte (dans l'art de la guerre) æquasset (Tarquinius) superiores reges, ni degeneratum in aliis huic quoque decori offecisset. XX VII, 12, 6 : post. exercitum deletum cedendoque... cetera Italia concessum (— postquam exercitus deletus ceteraque Italia concessum erat). CÉ. 1V, 16,4; 59, 7; VII, 8,5: 13. 4; 22,1; XXVII, 37,5; 45,4; XXVII, 42, 7; XXIX, 40, 4.

REMARQUE. — Bien que la construction dont il vient d'être question soit rare à l'époque classique, il n'en est pas moins vrai qu'elle n'était pas contraire au génie de la langue, puisque, même à l’époque classique, on trouve après opus est des ablatifs neutres de participes passés comme facto, consulto, properato, etc.

Ex. : Cic., p. Mil., 19, 49 : erat nihil, ΟἿΣ properato opus esset (m. à m. iln'v avait pas de raison pour qu'on eût besoin de ce fait qui consiste à ce qu'on se soit hdté)*, — SaLL., Cat., 1, 6 : priusquam incipias, consulto et, ubi consulueris, mature facto opus est (cf. 43, 3). — T.-Live, VIII, 13, 17 : maturato opus est, quicquid statuere placet (cf. XLIV, 17, 7). Etc.

1. Il s'agit en effet de la construction qui consiste à remplacer par un participe passé neutre, employé au passif impersonnel, une proposition qui commencerait par quOd, « ce fait que », et qui rermplirait par rapport à Ja proposition principale le rôle de sujet on de complément logique. Ainsi Lie degeneravit in aliis huic quoque decori offecit ou bien, au passif impersonnel, quod degeneratum est (ab eo) in aliis huic quoque decori offecit deviendra degeneratum in aliis (« ce fait qu'il y avait décadence pour le reste ») huic quoque decori offecit. Voy. O. Rinmarx, Études sur. T.-Live, 96 éd., p. 104.

2. On a signalé les commencements de cette construction chez Cicéron :

Ex. : Part. Orat., 33, 114 : hæc proprie attingunt eos ipsos qui arguuntur, ut

tolum, ut vestigium, ut cruor, ut deprehensum aliquid quod ablatum a Less videatur, ut responsum inconstanter, ut hæsitatum, ut titubatum, ut cum aliquo visus ex quo suspicio oriatur, ut eo ipso in loco visus in quo facinus, ut pallor, ut tremor, ut scriptum aut obsignatam aut depositum quippiam.

Mais c'est chez lui un tour exceptionnel. Cf. O. Rirmawx, Études sur... T.-Live, %° &d., p. 106. 3. Dans la langue archaïque et familière on disait aussi, par exemple, si quid opus facto esset

SN

609. — Participe attribut. — Æ£n grec, on construit avec un participe se rapportant au complément les verbes transitifs qui signifient percevoir (physiquement ou intellectuellement) : ὁρᾶν, voir; ἀχούειν, entendre ; πυνθάνεσθαι, s'apercevoir de ; γιγνώσχειν, reconnattre : μανθάνειν, apprendre; συνιέναι, comprendre; et, par analogie, les verbes εἰδέναι, ἐπίστασθαι, savoir; μιμνήσχεσθαι (μεμνῆσθαι), se souvenir; ἐπιλανθάνεσθαι, oublier, pour indiquer l'objet de la perception, de la connaissance, etc. (cf. οἶδα αὐτὸν τεθνεῶτα, je sais qu’il est mort).

Le participe ainsi construit équivaut donc à une proposition complétive commençant par ὅτι ou par ὡς (voy. ci-après, Rex. ἢ).

Ex. : Hou., JL, 1, 587 : un σε ἴδωμαι θεινομένην (cf. O4. Χ, 9: XVII, 319, etc.). — Tnve., VII, 31, 2 : ἐπύθετο χατὰ πλοῦν ἤδη ὧν τὸ Πλημμύριον ὑπὸ τῶν Συραχοσίων ἑαλωκός. — Par, Gorg., 503 : θεμιστοχλέα οὐχ ἀκούεις ἄνδρα ἀγαθὸν γεγονότα. — Χέν., Cyr. I, 1, 2 : ἄνθρωποι ἐπ᾽ οὐδένας μᾶλλον συνίστανται ἢ ἐπὶ τούτους οὖς ἂν αἴσθωνται ἄρχειν αὐτῶν ἐπιχειροῦντας. VII, 5, 46 : τὰ τοῦ πολέμου τοιαῦτα ἐγίγνωσκον ὄντα ὡς μὴ ὑστερίζειν δέον τὸν ἄρχοντα. Hell, ΠΙ, 2, 10 : Χερρόνησον κατέμαθε πόλεις

τ χα ἢ δώδεχα ἔχουσαν. Mém., Il, 6, 33 : οὐδένα οἶδα

μισοῦντα τοὺς ἐπαινοῦντας. — Isocn., V, 107 : ἠπέστατο

— Ρπιμέμον, fragm., 91 : δρῶ λύπας ἔχοντας μείζονας τοὺς

μεέζονας. Etc.!.

Cf. Tauc., 1, 76, 4 : χαὶ εἰ τότε ὑπομείναντες διὰ παντὸς ἀπὴχθεσθε ἐν τῇ ἡγεμονίχ, ὥσπερ ἡμεῖς, εὖ ἴσμεν un? ἂν ἧσσον ὑμᾶς λυπηροὺς γενομένους τοῖς ξυμμάχοις (ΞΞ εὖ ἵσμεν ὅτι οὐχ ἄν... ἐγένεσθε). — Isocn., V, 133 : εὖ à ἴσθι νηδὲν ὃ ἄν μς τούτων ἐπιχειρήσαντά (-- ὅτι οὐδὲν ἂν ἐπεχείρησα) σε πείθειν, εἰ δυναστείαν μόνον ἢ πλοῦτον ἑώρων ἐξ αὐτῶν γενησόμενον (— ὅτι γενήσεται).

(εἴ. Cés., de Bell. Gall., 1, 42, 5; Cic., ad Fam., VIE, 8, 5), construction dans laquelle quid devait avoir primitivement la valeur d'un accusalif adverbial (— « par rapport à quelque chose »). Mais comme on trouve aussi, Carox, de Re rust., 2, 6 : 15 opus sient locato locentur (εἴ. Κῦππκι, ausf. Gramm. der lat. Spr., I, p. 5714 et suiv.), il faut en conclure que l'intelligence de la construction s'était perdne de bonne heure et qu'on avait pris quid pour un nominatif. Voy. O. Rismam, Synt. lat., 2° éd., p. 460, n. 2.

4. Remarquez les constructions suivantes dans lesquelles le participe présent a le sens d'un imparfait (cf. ci-dessus, 8 255, Ἀκκ. ἢ :

Ex. : Χὲκ., Mém., 1, 2, 18 : οἶδα τὸν Zuwxparnv δεικνύντα (— ὅτι ἐδείχνν) τοῖς ξυνοῦσιν ἑαντὸν καλὸν κἀγαθὸν ὄντα " οἶδα δὲ χἀχκείνω σωφρονοῦντε (— ὅτι ἐσωφρονείτην) ἔστε Σωχράτει συνήστην.

2. Négation μή, parce que la proposition participiale équivaut à une proposition principale qui se rattacherait à une proposition conditionnelle avec ei (cf. ci-dessus, $ 588, Rex., p. 656, ἢ. 3). ἃ. Même remarque que pour la note 2 (ci-dessus).

REMARQUES. — 1. Les verbes de cette catégorie peuvent aussi se construire avec ὅτι ou avec ὡς introduisant une proposition complétive de méme sens que le participe (cf. ci-dessus, $ 427 et $ 481), mais la construction de δρᾶν, εἰδέναι, etc., avec une proposition infinitive n'est pas correcte.

Cependant on trouve quelquefois chez les poètes l'impératif ἴσθι, sache, suivi de l'infinitif accompagné d’un accusatif sujet.

Γ Ex. : ESCHYLE, Perses, 88: εὖ γὰρ τόδ᾽ ἴσθι, μηδάμ᾽ ἡμέρᾳ mi πλῆθος τοσουτάριθμον θανεῖν. — ΒΟΡΗ.. Ané., 413 : ἴσθι τοι τὰ σχλήρ᾽ ἄγαν φρονήματα | πίπτειν μάλιστα. Εἰο.΄. |

II. Quand ἐπίστασθαι et εἰδέναι signifient s'entendre à, être capable de, ils 588 construisent avec l'infinitif : il en est de même de μανθάνειν, apprendre à, devenir capable de (cf. ci-dessus, ὃ 563, 7°, p. 627).

ΠΙ. C'est encore l’infinitif qu'on emploie après γιγνώσχειν, décider de faire quelque chose ? ; μεμνῆσθαι, so souvenir de, penser à faire quelque chose ; ἐπιλανθάνεσθαι, oublier de faire quelque chose, ces verbes suivant l'analogie de ceux qui ont été énumérés ci-dessus (8 563, 4°, p. 620).

Ex. : XÉN., Hell., IV, 6, 9 : ἔγνω διώκειν. Cf. III, 4, 12; Isocr., XVII, 16. XÉN., Cyr., VU, 6, 6 : μεμνήσονται δεῦρο ἀποπέμπειν. ARIST., Guépes, 853 : ἐπελαθόμην τοὺς χαδίσχους ἐκφέρειν. — PLAT., Rép., 563 b : ὀλίγου ἐπελαθόμεθ᾽ εἰπεῖν. Etc.

IV. Quand le verbe περιορᾶν signifie voir avec indifférence, par suite tolérer, il peut suivre l'analogie du verbe ἐᾶν et se construire comme lui avec l'infinitif. Ex. : Tauc., VI, 86, 1 : εἰ περιοψόμεθα ὑμᾶς ὑπὸ Συραχοσίοις γενέσθαι,

Néanmoins on le trouve le plus souvent construit avec le participe, comme ὁρᾶν. Εχ.: XÉN., Anab., VII, 8, 3 : οὐ περιόψεται ἔτι ὑμᾶς ὥσπερ νυνὶ δεομένους τῶν ἐπιτηδείων. — IsocR., VI, 43 : εἵλοντο περιιδεῖν ἀνάστατον τὴν πόλιν γεγενημένην μᾶλλον ἣ δουλεύουσαν. Etc.

V. La construction du verbe ἀχούειν dépend de l'idée qu’il s’agit d'exprimer : cf. ἀχούω σου ἄδοντος, je l'entends (de mes propres oreilles) chanter; ἀχούω σε ἄδοντα ou ὅτι ἄδεις, j'ai connaissance (par d'autres) de ce fait que tu chantes ; ἀχούω GE ἄδειν, j'entends dire que lu chantes.

Ex. : Hou., Od., VIII, 95 : βαρὺ δὲ στενάχοντος ἄκουσεν (cf. IX, 497 ; ΒΟΡΕ., Œd. à Col., 1645). — XÉN., Mém., Il, 4, 1 : ἤκουσα Dé ποτε αὑτοῦ περὶ φίλων διαλεγομένου. Bang., 3, 13 : ἅπαντες ἡσθέντες, ὅτι ἤκουσαν αὐτοῦ φωνήσαντος, προσέδλεψαν.

XÉN., An., 1, 4, 5: ἤκουσε Κῦρον ἐν Κιλιχίᾳ ὄντα. V, 5, 7 : περὶ τῆς χώρας, ὅτι ἤκουον δηουμένην.

XÉN., An., Il, 5, 43 : ἀκούω δὲ xat ἄλλα ἔθνη πολλὰ τοιαῦτα εἶναι. — Ὠέμ., XIX, 202 : ἀκούω αὑτὸν ἐρεῖν, j'entends dire qu'il va parler. Etc.

1. Dans le vers suivant (cité ineractement par Pape dans son dictionnaire) : Ecn,, Jph. à Aulis, 1055 : ὡς Evy' ἀχούσασ᾽ ἴσθι, μὴ ψευδῶς μ᾽ ἐρεῖν... la proposition infinitive est le développement de ἕν.

2. Quand γιγνώσχειν signifie « décider que », il se construit avec un infnitif accompagné d'un accusatif sujot.

Ex. : Hén., 1, 74: ᾿Αλνάττεα ἔγνωσαν δοῦναι τὴν θυγατέρα ᾿Αστυάγεϊ.

La même construction s'applique aux verbes αἰσϑάνεσθαι, sentir, s'apercevoir de, d'où comprendre, οἱ πυνθάνεσθαι, s'enquérir, s'informer, étre informé, apprendre.

Ex.: XÉN., Mém., IV, 4, 11 : ἤσθησαίξ μου ἢ ψευδομαρτυροῦντος à συκοφαντοῦντος, vous ὀίοϑυουβ aperçu vous-même que je rendais un faux témoignage ou que je faisais le sycophantc? c.-d-d. m'avez-vous surpris rendant un faux témoignage.….? — PLAT., Rép., 440 b : οἶμαί σε οὐχ ἂν φάναι γενομένου τότε ἐν σαυτῷ τοῦ τοιούτου αἰσθέσθαι, tu n'affirmerais pas. je crois, avoir remarqué que quelque chose de semblable sc fût produit en ἰοἱ-πιόπια.

Hox., I., XVII, 377 : où πω πεπύσθην Πατρόκλοιο θανόντος, ni l'un ni l'autre n'avaient encore appris la mort de Patrocle. — THUC., IV, 6, 1 : οἱ δὲ... Πελοποννήσιοι ὡς ἐπύθοντο τῆς Πύλου κατειλημμένης, les Péloponnésiens n'eurent pas plus (ὁΐ appris l'occupation de Pylos !, que.

Tauc., 1, 61, 4 : ὡς ἤσθοντο χαὶ τοὺς μετὰ ᾿Αριστέως ἐπιπαριόντας. IV, 50, 3 : πυθόμενοι αὐτόθι βασιλέα ᾿Αρταξέρξην τὸν Ξέρξου νεωστὶ τεθνηκότα.

Tauc., VI, 59, 3 : αἰσθανόμενος αὐτοὺς μέγα παρὰ βασιλεῖ Δαρείῳ δύνασθαι comprenant (par ce qu'on lui disait) qu'ils étaient en grand crédil auprès du grand roi Darius. IV, 105, 1 : πυνθανόμενος τὸν θουκυδίδην χτῆσίν τε ἔχειν τῶν χρυσείων μετάλλων ἐργασίας ἐν τῇ περὶ ταῦτα Θράχῃ

| χαὶ ἀπ᾿ αὐτοῦ δύνασθαι ἐν τοῖς πρώτοις. Elc.

610. --- Si l'objet est en même temps sujet des verbes énumérés ci-dessus ($ 609), on ne l’exprime pas et le participe se met au nominatif *.

Ex. : Eva, Bacch., 188 : ἐπιλελήσμεθ᾽ ἡδέως γέροντες ὄντες. -- AnsT., Plul., 944: ἄπειμι" γιγνώσχω γὰρ ἥττων ὧν πολὺ ὑμῶν, je reconnais (j'avoue) que je suis beaucoup moins fort que vous. — Tuvc., VII, 47, 1 : τοῖς ἐπιχειρήμασιν ἑώρων οὐ κατορθοῦντες (ils voyaient qu'ils ne réussissaient pas dans leurs entreprises) xx! τοῦς στρατίωτας ἀχθομένους τῇ μονῇ. — Χέν., Hell, ΝΠ, 1, 12 : οὐκ αἰσθάνεσθε ἐξαπατώμενοι, vous ne sentez pas qu'on vous trompe, dif vous ne sentez pas que vous êtes trompés. An., V, 8, 14 : ἐν τῷ ἰσχυρῷ χειμῶνι καθεζόμενος συχνὸν χρόνον κατέμαθον ἀναστὰς μόλις χαὶ τὰ σχέλη ἐκτείνας. je m'étais aperçu que j'avais peine à me mettre debout et à étendre les jambes. IT, 1, 13 : ἴσθι ἀνόητος Ov, εἰ οἴει χτλ., sache que tu es insensé, si tu te

4. Si l'oa compare cette phrase aves celle qui a été citée ci-dessus, ὃ 609, p. 687 : Tacc., VII, 31, 2 : ἐπύθετο... τὸ ΠΠλημμύριον... ἑαλωχός,

on voit que le sens change avec la construction : tandis que πυνθάνεσθαι avec le génitif signific « apprendre par soi-méme », πυνθάνεσθαι avec l'accusatif signific « apprendre par d'autres », « étre informé » ; mais dans la pratique cette nuance n'est pas toujours marquée, parce qu'elle est peu sensible. Comparez en français « j'ai appris » et « on m'a appris ».

2. Ainsi construit le participe cest cn réalité employé comme apposilion ct non comme attribut au sujet du verbe principal ; mais il y aurait eu inconvénient à séparer la règle & 610 de la règle ὃ 609.

3. Cet cxemple montre réunies les deux constructions possibles du participe attribut après un verbe signifient « voir » : οὐ χατορθοῦντες est au nominatif, parce quo l'objet du verbe « voir » en est cn mémo temps le sujet; au contraire, ἀχθομένους est à l'accusalif parce qu'il se rapporte à l'objet du verbe « voir », lsquel n'étant plus ici Je mème que le sujet doit étre exprimé à l'accusatif.

GRAMN. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 44

figures, etc. Cyr. I, 6, 29 : ἀνθρώπων εἰ χαὶ δόξαιμι βούλεοθχ! ἐξαπατῆσαί τινα. πολλὰς πληγὰς οἶδα λαμθάνων". Ι, 6,6: μέμνημαι τοιαῦτα ἀκούσας σου“. Etc.

REMARQUES. — I. Si l’objet d'un de ces verbes, bien qu'identique au sujet, est un pronom réfléchi, on doit avoir soin de l'exprimer, quand il est en opposition avec un autre mot de la phrase : en ce cas, le participe s'accorde naturellement avec lui.

Ex. : DÉM., VI, 48 : ἀμφότερ᾽ οὖν οἶδε χαὶ αὐτὸν ὑμῖν ἐπιδουλεύοντα χαὶ ὑμᾶς αἰσθανομένους.

lci αὑτόν s'oppose à ὑμᾶς.

11. L'expression σύνοιδα ἐμαυτῷ (lat. : mihi conscius sum), j'ai conscience, est suivie d'un participe qui peut s'accorder soit avec le sujet de σύνοιδα et se mettre par conséquent au nominalif, soit avec son complément ἐμαυτῷ et se mettre par conséquent au datif.

Ex. : PLAT., Apol., 21 b : ἐγὼ οὔτε μέγα οὔτε σμιχρὸν ξύνοιδα ἐμαυτῷ σοφὸς ὦν. 22 ἃ : ἐμαυτῷ γὰρ ξυνήδη οὐδὲν ἐπισταμένῳ.

Au contraire, l'expression σύνοιδα τινι, je sais avec quelqu'un, je suis confident de quelqu'un. je suis dans le secret, est toujours suivie du participe au datif.

Ex.:PLAT., Apol., 34 b : éxeïvor ξυνίσασι Μελήτῳ μὲν ψευδομένῳ ἐμοὶ δὲ ἀληθεύοντι, ils savent, ceux-là, que Mélitus ment οἱ que moi je dis la vérité.

Les exemples sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les multiplier.

644. — Δ΄ latin, la construction du participe attribut, dont il vient d'être question, ne se rencontre * qu'avec les verbes audire et videre; quand il s’agit de rendre cette idée : entendre (voir) telle personne faire telle ou telle chose : eum audivi canentem, je l'ai entendu chanter (c.-à-d. je l'ai entendu qui chantait, alors qu’il chantait); eum vidi ingredientem, je l'ai vu entrer (c.-à-d. je l'ai vu qui entrait, alors qu’il entrait).

Quand audire ou videre sont construits avec un infinitif accompagné d'un accusatif sujet*, le sens n'est point le même : eum audivi canere, j'ai entendu qu'il chantait; eum vidi ingredi, j'ai vu qu'il entrait.

{. Remarquez ce participe qui équivaut à un imparfait : si la proposilion participiale était remplacée par une proposilion complétive, il y aurail : οἶδα ὅτι ἐλάμβανον, « je sais que je recevais... ν.

2. Les poètes latins ont imité hardiment ces constructions grecques.

Ex. : Vino., Én., II, 377 : sensit medios delapsus in hostes (— ἔσθετ᾽ ἐμπεσών). Sur cette construction, voy. Baemous, Étude sur les Hellénismes, etc., p. 333 et sair. 3. 11 faut pourtant ajouter qu'on trouve une phrase comme celle-ci :

Con. Ner., Ham., δι. 4 : multo aliter ac sperarat rem publicam se habentem cognoverat

et que peut-ètre dans la phrase de César déjà citéc (p. 130),

De Bell. Gall., V, 6, 1 : eum magni animi, magnæ inter Gallos auctoritatis cognoverat,

ce n'est point l'infinilif 6886, mais l'idée du participe ὧν qu'il faudrait suppléer, En tout cas, l'exemple de Cornélius Népos donne à penser que celte dernière explication n'est point absurde.

4. Pour la construction audivi, Cum..., vidi, Cum... (avec l'imp. du subj., νον. ci-desses, p. 465, Rex. Il).

ide

On emploiera donc le participe toutes les fois qu'on veut insister sur l’action qu'on a entendu ou qu'on a vu telle ou telle personne faire.

Au contraire, on se servira de l'infinitif accompagné d'un accusatif sujet, quand on veut marquer que l'important, c’est le fait de voir ou d'avoir vu, d'entendre ou d’avoir entendu telle ou telle chose.

Ex. : Cic., Tuse., V, 21, ΤΊ : adulescentium greges Lacedæmone vidimus ipsi incredibili contentione certantes. — T.-Livr, 1, 25, 8 : respiciens videt magnis intervallis sequentes (il les voit qui Le suivaient à de grandes distances les uns des autres), unum haud procul ab sese abesse (il s'aperçoit que l'un d'eux était plus près de lui).

Cic., in Verr., 11, 2, 5, 13: C. Hejum juratum dicere audistis, vous avez entendu que C. Hejus affirmait par serment... (Cf. ib., II, 4, 23, 50; 24, 53; 27, 62).

REMARQUE. — On observera toutefois :

1° Que la plupart du temps le sens permet également l’une ou l'autre construction.

Ex. : T.-Live, IX, #, 8 : patrem meum... sæpe audivi memorantem (— cum memoraret) se in Capitolio unum non fuisse auctorem senatui rodimendæ auro a Gallis civitatis (à côté de : TER., Andr., 858 sq. : illum audivi dicere Glycerium se scire civem esse Atticam). Cf. TER., Eun., 967 : ecce autem video rure redeuntem senem et ibrd., 918 sq. : virum bonum, eccum, Parmenonem incedere | video.

2° Qu'on trouve la proposition infinitive employée dans des cas où, d'après la règle donnée ci-dessus, on attendrait le participe. Ex. : PLAUTE, Rud., 43 sq. : eam vidit ire e ludo fidicinio domum, amare occepit (16 sens est : il la vit qui revenait). Cet emploi irrégulier de l’infinitif était peut-être une particularité du latin populaire, puisqu'on le retrouve en français : je l'ai vue revenir ?.

612. — En grec, le participe se construit aussi comme attribut se rapportant au complément.

4° Après les verbes signifiant montrer : δειχνύναι (ἀποδεικνύναι, ἐπιδεικνύναι), δηλοῦν, ἀποφαίνειν, montrer, révéler, prouver; ἐλέγχειν (ἐξελέγχειν), convaincre.

Ex. : Χέν., Mém., III, 9, 41 : ἐν ταλασίχ τὰς yuvaluag ἐπεδεέκνυεν ἀρχούσας τῶν ἀνδρῶν διὰ τὸ τὰς μὲν eldévar ὅπως χρὴ ταλασιουργεῖν, τοὺς δὲ μὴ εἰδέναι. — Dim, XXIX, 5 : ἐπιδείξω δὲ τοῦτον οὐ μόνον ὡμολογηκότα εἶναι τὸν Μιλύαν ἐλεύθερον.

1. Voyez R. Κἴηπεν, ausf. Gramm. der lat, Sprache, $ 127, & (p. 519) ct comparez avec la règle que nous donnons ici.

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