‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 225 sur 306 · ΠΠ|. — PARTICIPE ABSOLU · texte numérisé non relu

ΠΠ|. — PARTICIPE ABSOLU

619. — Définition. — Quand le participe ne se rapporte ni au sujet ni au complément du verbe principal, il se met en grec au génitif ou (dans certains cas) à l’accusatif, et en latin à l'ablatif. On dit alors qu'il est absolu, parce qu'il ne dépend grammaticalement d'aucun des termes essentiels de la phrase.

REMARQUE. — En latin, c'est peut-être à l'ablatif de {emps (cf. ci-dessus, 8 174 et 8. 173) qu’il faut rattacher la construction de l'ablatif absolu, bien que dans certains cas il puisse se rattacher à l’ablatif d'accompagnement ($ 180).

Quant au génitif absolu, en grec, il pourrait aussi se rattacher au génitif de temps [8 137), puisque le plus souvent une proposition au génitif absolu sert à déterminer le moment où ἃ lieu l’action signifiée par la proposition principale.

Enfin, l'accusatif absolu paraît être un cas particulier de l’accusatif adverbial (8 75).

620. — Génitif absolu !. — Construit au génitif absolu, le participe grec exprime ordinairement une circonstance de temps, mais peut aussi signifier une circonstance de cause ou remplacer une proposition soit conditionnelle, soit concessive.

Ex. : How, IL., I, 88 : où τις ἐμεῦ ζῶντος σοὶ βαρείας χεῖρας ἐποίσει. — Isoc., II, 60 : οἴάπερ παρόντος ἐμοῦ λέγετε, τοιαῦτα χαὶ περὶ ἀπόντος φρονεῖτε". IX, δ6 : ταῦτ᾽ ἐπράχθη Κόνωνος μὲν στρατηγοῦντος, Εὐαγόρου δὲ τοῦτο παρασχόντος χαὶ τῆς δυνάμεως τὴν πλείστην παρασκευάσαντος.

1. Voy. Goonwn, ouv, cilé, $ 847-850; et cf. Sriexen, (he Genitive Absolute in the Attic Orators (Am. Journ, of Philology, VI, p. 310-343). 2, Remarquez la construction suivante :

Tauc., IV, 20, 3 : πολεμοῦνται ἀσαφῶς ὁποτέρων ἀρξάντων, « aujourd'hui ils supportent la guerre, sans savoir qui l'a provoquée ». 3. Souvent le participe causal au génitif absolu cst accompagné de ἅτε ou de ὡς employé comme Ex.: Xix., AHell., IV, 5, 10 : ἅτε ἀήθους τοῖς Λακεδαιμονίοις γεγενημένης τῆς τοιαύτης συμφορᾶς, πολὺ πένθος nv. Cyr, IT, 1, 9 : ἐρώτα ὅ τι βούλει ὡς τἀληθῆ ἐροῦντος (s.-e. ἐμοῦ). — Isocn., VI. 86 : ἐγὼ τούτους εἴρηχα τοὺς λόγους οὐχ ὡς οὐδεμιᾶς ἄλλης ἐνούσης ἐν τοῖς πράγμασι σωτηρίας, ἀλλὰ βουλόμενος.

Eun., Protésilas, fr. 2 : δύοιν λεγόντοιν θατέρου θυμουμένου | ὃ μὴ ἀντιτείνων τοῖς λόγοις σοφώτερος. — Tuvc., 1, 10, 2 : ᾿Αθηναίων δὲ τὸ αὐτὸ τοῦτο παθόντων, διπλασίαν ἂν τὴν δύναμιν εἰκάζεσθαι (oiuœt).

Dém., XXXII, 14 : ἀφίκετο δεῦρο τὸ πλοῖον, ἡνόντων τῶν Κεφαλλήνων (parce que les Céphalléniens avaient décidé) ἄντιπράττοντος τοῦτου (bien que celui-ci s'opposât) ! .χαταπλεῖν.

REMARQUES. -- I. Contrairement à ce qui a lieu en latin pour l'ablatif (cf. ci-après. 8 622, REX.), on ne construit pas en grec (du moins en prose?) un adjectif au géniuif absolu avec ὄντος sous-entendu.

Dans des cas comme Θειλιστοχλέους ἄρχοντος, le mot ἄρχοντος doit être considéré

comme un participe.

Au latin Cicerone consule correspond Κιχέρωνος ὑπατεύοντος, ou ἐπὶ Κιχέρωνος

ὑπάτου. - Les adjectifs Exwv οἱ ἄχων sont considérés comme des participes. Ex. : PLAT., Crit., 52 à” ἐξῆν σοι ὅπερ νῦν ἀκούσης τῆς πόλεως ἐπιχειρεῖς, τότε ἑκούσης ποιῆσαι.

IT. Le génitif absolu se rencontre souvent sans sujet exprimé :

1° Quand la suite des idées permet de suppléer facilement ce sujet. Ex.: XÉN., An., 1, 2, 17 : θᾶττον προϊόντων (-.-οηἱ. αὐτῶν), σὺν χραυγῇ δρόμος ἐγένετο.

(Avec οὕτως ἔχοντος, οὕτως ἐχόντων on sous-cntend τοῦ ποίγματος, τῶν πραγμάτων.) | 2° Quand le sujet est indéterminé.

Ex. : ARISTOTE : Écon., 6 : οὐχ οἷόντε μὴ καλῶς ὑποδεικνύντος {s.-ent. τινός) χαλῶς μιμεῖσθαι ὃ.

III. Avec les participes passifs des verbes signifiant annoncer (ἀγγελθέντων, ἀγγελθέντος, etc.), la proposition subordonnée qui indique ce qui fut annoncé, etc., joue par rapport au participe absolu le rôle de sujet.

Ex.: Tauc., 1, 116, 3: Περιχλῆς δὲ λαδὼν ἑξήχον τα ναῦς ἀπὸ τῶν ἐφορμουσῶν ᾧχετο χατὰ Tayoç ἐπὶ Καύνου χαὶ Καρίας, ἐσαγγελ ν ὅτι Φοίνισσαι vies ἐπ᾽ αὐτοὺς πλέουσιν. 1, 14, 1 : σαφῶς δηλωθέντος ὅτι ἐν ταῖς ναυσὶ τῶν ᾿Ελλήνων τὰ πράγματα ἐγένετο.

Toutefois, en pareil cas, c'est plutôt l'accusatif absolu (δ 621) que l’on emploie.

IV. La proposition au génitif absolu peut avoir le même sujet que la proposition principale :

Ex. : Tauc., III, 13, 6 : βοηθησάντων ὑμῶν προθύμως πόλιν προσλήψεσθε,

1. On ajoule ordinairement χαίπεο au participe ainsi employé : Ex.: Xex., An., 11, 3, 25 : διαπεπραγμένος ἴχε καίπερ πάνυ πολλῶν ἄντιλεγόντων. Etc.

| 2. En poésie, on trouve, par exemple, ὑφηγητῆρος οὐδενός (Sopn., Œd. à Col., 1588; cf. Œd. R., 966, 1260, etc.). Voy. Katozn, Gr. Sprachlehre, ὃ 47, 4. 6. 3. Remarquez cette phrase de Thucydide, [, 7, 1 : τῶν δὲ πόλεων ὅσαι μὲν νεώτατα ὠχίσθησαν χαὶ ἤδη πλοϊμωτέρων ὄντων..., dans laquelle πλοϊμωτέρων est au neutre avec sujt indéterminé : « lorsqu'il y eut plus de facilité à naviguer ».

L TS CI À art ct + ὌΠ ex

SYNTAXE DE SUBORDINATION. . πῇ 097

ou se rapporter à un mot qui joue le rôle de complément dans la proposition principale.

Ex. : XÉN., Anab., V, 2, 24 : μαχομένων δὲ αὑτῶν χαὶ ἀπορουμένων θεῶν τις αὐτοῖς unyaviv σωτηρίας δίδωσιν (cf. 1, 4, 12). Εἰς.

Cette anomalie se rencontre surtout quand la proposition au génitif absolu précède la proposition principale !.

621. — Accusatif absolu. — Au lieu du génitif absolu on trouve en grec l'accusatif absolu :

4° Dans des expressions impersonnelles en apparence, mais ayant en réalité pour sujet logique une proposition subordonnée à l'infinitif dont l'addition est nécessaire pour déterminer le sens de l'expression (cf. 8 620, Rex. III). Dans ce cas, l'emploi de l'accusatif absolu est en général obligatoire. Ces expressions sont : ἐξόν, παρόν, alors qu'il est (était, sera) permis, possible de. ; δέον, προσῆχον, πρέπον, alors qu'il faut (qu'il fallait, qu'il faudra). Où alors qu'il est (etc.) convenable 46... — δοχοῦν, puisqu'il parait bon de; δόξαν, après qu'on eût résolu de — les participes parfaits passifs δεδογμένον, puisqu'on ἃ résolu ἀ6...; προσταχθέν, εἰρημένον, alors que, puisqu'on a prescrit de, etc; de même les adjectifs neutres δυνατόν, ἀδύνατον, δίκαιον, etc., accompagnés de ὄν, alors qu'il est (qu'il était, qu’il sera) possible, impossible, raisonnable, juste, etc., de faire (ceci ou cela).

Ex. : Evn., {ph. en Taur., 688 : ἁπλᾶς δὲ λύπας ἐξὸν (s.-ent. φέρειν), οὐχ οἴσω διπλᾶς. — HÉRoDOTE, V, 49 : παρέχον δὲ τῆς ᾿Ασίης πάσης ἄρχειν εὐπετέως, ἄλλο τι αἱρήσεσθε ; — Tauc., 1, 120, 3: εὖ δὲ παρασχὸν ἐχ πολέμου πάλιν ξυμθῆναι (— ἣν δὲ τοῦτο [c.-à-d. τὸ πάλιν ξυμθῆναι] καλῶς ἔχον αὐτοῖς τύχη). 1, 125, 2 : δεδογμένον δὲ αὐτοῖς, εὐθὺς... ἀδύνατα ἦν εἶναι ὅτι ἂν τὸ πλῆθος τῶν ξυμμάχων ψηφίσηται (cf. V, 56). VIE, 44, 5 : παρεχελεύοντό τε, ἀδύνατον ὃν ἐν νυχτὶ ἄλλῳ τῳ σηυναιἧ. — PLar., Alcib., 115 Ὁ : οἱ δ᾽ οὐ βοηθήσαντες δέον

ἢ. 11 est en elfet plus rare de trouver des phrases comme celle-ci :

Tuuc., ΠῚ, 22, 1 : προσέμιξαν τῷ τείχει λαθόντες τοὺς φύλακας, ἀνὰ τὸ σχοτεινὸν

OÙ προϊδόντων αὐτῶν.

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