Remarquez la phrase suivante
Tuve., 1, 3, 2 : τῆς γὰρ ἐμπορίὰς οὐχ οὔσης οὐδ᾽ ἐπιμιγνύντες ἀδεῶς ἀλλήλοις οὔτε χατὰ γῆν οὔτε διὰ θαλάσσης, νεμόμενοί τε τὰ αὐτῶν ἕχαστοι ὅσον ἀποζῆν χαὶ περιουσίαν χρημάτων οὐχ ἔχοντες οὐδὲ γὴν φυτεύοντες, ἄδηλον ὃν ὁπότε τις ἐπελθών, χαὶ ἀτειχίστων ἅμα ὄντων (cf. ci-dessus, p. 696, n. 3), ἄλλος ἀφαιρήσεται, τῆς τε χαθ᾽ ἡμέραν ἀναγχαίον τροφῆς πανταχοῦ ἂν ἡγούμενοι ἐπιχρατεῖν, οὐ χαλεπῶς ἀπανίσταντο,
daas laquelle ἄδηλον ὄν explique ce qui précède οἱ particulièrement οὐδὲ γὴν PUTEUOVTES. On voit de plus réunies ici les diverses constructions du participe grec employé pour exprimer Îles circonstances ({emps, cause, cle.) d'une action principale. Si la phrase parait longue et embarrassée,
-..-.. sm
ὑγιεῖς ἀπῆλθον. — XEN., Cyr. II, 2, 20 : ἔγωγ᾽, ἔφη ὁ Κῦρος, | οἶμαι ἅμα μὲν συναγορευόντων ἡμῶν, ἅμα δὲ χαὶ αἰσχρὸν ὅν τὸ ἀντιλέγειν χτλ. VI, 1, 26 : ἀντιπαρεσχευάζετο ἐρρω- | μένως, ὡς μάχης ἔτι δεΐῆσον΄. VII, 5, 28 : συνδόξαν τῷ πατρὶ χαὶ τῇ μητρί, γαμεῖ τὴν Κυαξάρου θυγατέρα. Hell. II, 4,1: οἱ δὲ τριάχοντα. ὡς ἐξὸν ἤδη αὐτοῖς τυραννεῖν ἀδεῶς, προεῖπον χτλ. — Λέν., L, 12 : χαὶ ἐνθένδε πάλιν, προσταχθέν μοι ὑπὸ τοῦ δήμου Μένωνα ἄγειν εἰς Ἕλλησποντον, wyounv. Etc.
On pourrait multiplier les exemples.
REMARQUES. — I. Le participe absolu τυχόν, s'il est arrivé que.., en cas que..., s'emploie adverbialement dans le sens de peut-être.
Ex.: XÉN., An., VI, 1, 20 : ὁ Ξενοφῶν ἐδούλετο ταῦτα (y consentit), νομίζων τυχὸν ἀγαθοῦ τινος ἂν αἴτιος τῇ στρατιᾷ γενέσθαι.
c’est que Thucydide ne pouvait pas posséder l'art de construire une période souple et dégagée : sa phrasæ cût été parfaitement claire, s'il avait mis en bonne place, de manière à les présenter en pleine lumière, parmi les circonstances principales, celles qui rendaient les émigrations faciles dans la Grèce primitive : 1° la pauvreté des habitants (περιουσίαν χρημάτων οὐχ ἔχοντες) et 2° l'assurance de trouver partout de quoi se suffire (τῆς te χαθ᾽ ἡμέραν ἀναγχαίον τροφῆς πανταχοῦ ἂν ἡγούμενοι ἐπικρατεῖν). Mais cette observation faite, on s'aperçoit qu'il s'est en général conformé à l'usage que la raison même conscillait aux écrivains ct qui consistait, les circonstances principales étant exprimées à l’aide du participe construit comme apposition ou comme attribut, à marquer au moyen du participe absolu les circonstances accessoires ou plus exactement celles qui donnent la raison des circonstances principales. C'est ce qu'on voit, par exemple, pour les mots τῆς ἐμπορίας οὐχ οὔσης qui expliquent οὐδ᾽ ἐπιμιγνύντες ἀλλήλοις, pour ἀτειχίστων ἅμα ὄντων à côté de ἐπελθών τις εἰ pour ἄδηλον ὄν, explication des mots οὐδὲ γῆν φντεύοντες. Cette règle est particulièrement appliquée dans un passage comme celui-ci :
Χέκ., An., 1, 10, 6 : of μὲν "Ἕλληνες στραφέντες (circonstance de temps, circonstance priucipale déterminant l'action qui va suivre) παρεσχευάζοντο ὡς ταύτη προσιόντος (s.-ent. βασιλέως : « dans l'idée que le roi allait attaquer par là », circonstance de cause expliquant à la fois παρεσχευάζοντο ct le participe qui suit) δεξόμενοι (circonstance de but déterminant le verbo παρεσχενάζοντο et considérée comme circonstance principale).
Si les écrivains n'expriment pas toujours au moyen du participe absolu les circonstances logiquement accessoires, c'est que, comme on l'a vu dans tout ce qui précède, ils trouvent dans leur langue une grande liberté pour l'emploi du participe construit comme spposition ou comme attribut, et c'est ausu que certaines de ces circonstances accessoires ont unuc importance particulière qui permet de les assimiler à des circonstances priocipales. Ainsi, dans la phrase de Thucydide, les mots οὐδ᾽ ἐπιμιγνύντες ἔχαστοι ἀλλήλοις εἰ νεμόμενοί τε τὰ αὑτῶν οὐδὲ γῆν φυτεύοντες expriment bien logiquement des circonstances accessoires, puisqu'ils expliquent pourquoi les populalions primitives de la Grèce étaient pauvres, mais ces circonstances ont une importance capitale aux yeux de Thucydide ; de là la construction qu'il leur ἃ donnée. Enfin, quand il s’agit de cet auteur, il ne faut pas oublier qu'il recherche avant tout la variété des constructions et que cette recherche exclut souvent la netteté; c'est pour cela, qu'après avoir exprimé au moyen du génitif absolu τῆς γὰρ ἐμπορίας οὐχ οὔσης une des raisons de la pauvreté des Grecs, il a eu l'air de reprendre la même idée, à l'aide du participe en apposition οὐδ᾽ ἐπιμιγνύντες. tandis que dans sa pensée les mots τῆσ]ς γὰρ ἐμπορίας οὐχ οὔσης. « le commerce n'étant pas organisé comme il l'est aujourd'hui » expliquent οὐδ᾽ ἐπιμιγνύντες ἀλλήλοις, « ils ne se mélaient pas les uns aux autres », «ils n'avaient pas de relations » : οὐδὲ ne doit pas faire illusion sur le rapport qui uait les deux proposilions.
4. Cet emploi de l'infinitif précédé de l'article dépendant d’un participe absolu à l'accusatif est assez rare en grec. Cf. Xéx., Cyr., V, 1, 13; PLarox, Rép., 521 a; 604 c, οἷο. (Goonwix, oùr. cité, ὃ 852).
2, RER cette construction, dans laquelle le participe neutre est accompagné de ὡς, « dans la pensée, dans la persuasion que... ». On trouve aussi quelquefois les participes neutres ἐξόν, δέον, ete., accompagnés de ὥσπερ, « comme si... ».
Ex.: Xéx., An., II, 1, 13 : ὅπως ἀμυνούμεθα οὐδεὶς παρασχευάζεται οὐδὲ ἐπιμελεῖται, ἀλλὰ χαταχείμεθα ὥσπερ ἐξὸν (« comme s'il nous était possible ») ἡσυχίαν ἄγειν.
Il. Les participes neutres δέον, προσῆχον, δόξαν, etc., peuvent être aussi employés personnellement avec un pronom neutre qui leur tient lieu de sujet.
En ce cas, on peut les mettre soit à l'accusatif, soit au génitif absolu; mais ce tour est relativement rare.
Ex.: Tauc., V, 65, 3 : ὃ δέ, ἅλλο τι δόξαν ἐξαίφνης, πάλιν τὸ στοίτευμα ἀπῆγεν. — XÉN., Hell., III, 2, 19 : δόξαντα ταῦτα ἢ καὶ περανθέντα, τὰ στρατεύματα ἀπῆλθε. V, 2, 24 : δοξάντων τούτων ἐχπέμπουσιν οἱ Λαχεδαιμόνιοι Εὐδαμίδαν.
2° Avec des propositions participiales précédées de ὡς ou de ὥσπερ (cf. p. 678, Ὁ et p. 679, Rex. II).
Ex. : Χέν., Mém., 1, 2, 20 : διὸ καὶ τοὺς υἱεῖς oi πατέρες ἀπὸ τῶν πονηρῶν ἀνθρώπων εἴργουσιν, ὡς τὴν μὲν τῶν χρηστῶν ὁμιλίαν ἄσχηςιν οὖσαν τῆς ἀρετῆς, τὴν δὲ τῶν πονηρῶν χαταλύσιν (s.-ent. οὖσαν). II, 3, 3 : οἱ δυνάμενοι... φίλους χτῶντα! ὡς βοηθῶν δεόμενοι, τῶν ὃ᾽ ἀδελφῶν ἀμελοῦσιν, ὥσπερ ἐχ πολιτῶν μὲν γιγνομένους φίλους, ἐξ ἀδελφῶν δὲ οὐ γιγνομένους. Βαπᾳ., 1, 11 : ἐχεῖνοι σιωπῇ ἐδείπνουν, ὥσπερ τοῦτο ἐπιτεταγμένον αὐτοῖς ὑπὸ χρείττονός τινος. Escuine, II, 442 : ὡς τοὺς Βοιωτοὺς τὴν τῶν ὀνομάτων σύνθεσιν τῶν Δημοσθένους ἀγαπήσοντας. -- Déu., XIV, 14 : μέγιστον οὕτω διαχεῖσθαι τὰς ἡνώμας ὑμῶν, ὡς ἕχαστον ἑκόντα προθύμως ὃ τι ἂν δέῃ ποιήσοντα. Etc.
622. — Ablatif absolu. — Les Latins construisent à l'ablatif absolu le participe que les Grecs mettent au génitif absolu.
REMARQUES. — I. Contrairement à ce qui a lieu en grec (cf. ci-dessus, $ 620, REX. I), l'ablatif absolu peut s'employer en latin sans qu'il y ait un parlicipe erprimé (on sousentend, en pareil cas, l’idée du participe présent du verbe être).
Ex.:T.-Live, XXII, 25, 44 : propediem effecturum (s.-ent. se) ut sciant homines bono imperatore (quand il y a un bon général) haud magni fortunam momenti esse. — Cic., p. Arch., 2, 3 : tanto conventu hominum ac frequentia (quand il y a unc assemblée si nombreuse). Jd., ἰδία. : hoc concursu hominum litteratissimorum (quand il y a un tel concours de persounes si instruites), hac vestra humanitate. Etc.
1. ILest encore plus rare que le pronom neutre sujet de ces participes absolus soit remplacé par un substantif.
Ex.: Isér, V, 12: προσῆκον αὐτῷ τοῦ χλήρον Ἱλέρος ὅσον περ ἐμοί. 2. Notez qu'on dit aussi : δόξαν ταῦτα par une extension assez hardio de ἰδ règle τὰ ζῷα τρέχει.
Ex. : Xém., An., IV, 1, 13: δόξαν ταῦτα (— ἐπεὶ ἔδοξε ταῦτα) ἐχήρυξαν οὕτω ποιεῖν. 3. Remarquez la phrase suivante :
Déx., XIV, 15 : ὁρᾶτε γάρ, ὦ ἄνδρες ᾿Αθηναῖοι, ὅτι ὅσα μὲν πώποθ᾽ ἅπαντες ἐδουλήθητε καὶ μετὰ ταῦτα τὸ πράττειν αὐτὸς ἕχαστος ἑαυτῷ προσήχειν ἡγήσατο, οὐδὲν πώποθ᾽ ὑμᾶς ἐξέφυγεν, ὅσα δ᾽ ἐδουλήθητε μέν, μετὰ ταῦτα δ᾽ ἀπεθλέψατε εἷς ἀλλήλους ὡς αὐτὸς μὲν ἔχαστος οὐ ποεῆσων,͵ τὸν δὲ πλησίον πράξοντα, οὐδὲν πώποθ᾽ ὑμῖν ἐγένετο.
Dans cette phrase ὡς ... πράξοντα est ἃ l’accusatif absolu conformément à l'usage, mais αὐτὸς ... ποιήσων est au nomipalif, parce qu'il ἃ le même sujet que ἀπεδλέψατε.
II. Toutefois, c'est seulement à partir de T.-Live que l'emploi de l'ablatif absolu non accompagné d'un participe devient très libre.
A l'époque classique, dans l'usage le plus ordinaire de la bonne prose, cet emploi de l'ablatif absolu sans participe exprimé est restreint à un petit nombre de cas.
1] se rencontre surtout! :
4° Lorsque le substantif mis à l’ablatif est un des noms adjutor, arbiter, auctor, deprecator (CÉS., de Bell. Gall., I, 9, 3). dux, judex, magister, præceptor, socius, testis, ou un nom désignant l'âge, puer, adulescentulus, etc., ou encore un nom désignant une magistrature, consul, prætor, etc.
© 2 Lorsque l'adjectif mis à l'ablatif est hic, 1116, nullus, tantus, tot (Cic., ir Verr.,
Il, #, À, 1) ou un des qualificatifs adversus, conscius, frequens, imprudens, incertus (CÉs., de Bell. Gall., IV, 32, 5; VII, 62, 6; de Bell. civ., 11, 32, 6, incolumis, integer, invitus, nescius, propitius, recens, reliquus, salvus, secundus, superstes, vivus.
3° Peut-être, lorsque l'adjectif mis à l'ablatif est au superlatif (Cic., p. imp. Cn. Pomp., 10, 28; CÉs., de Bell. Gall., VII, 40, #; de Bell. cir., 1, 50, 3; 1Π, 13, 3; 17, 2', au comparatif (CÉS., de Bell. Gall., WI, 5, 1) ou lorsqu'il est précédé de tam {Cic., ad Fam., XVI, 15, 2; CÉs., de Bell. Gall., 1, 46, θ᾽.
MI. Enfin, il y a mème dans Cicéron et dans César quelques exemples qu'il n'est pas possible de faire rentrer dans la règle précédente.
Ex.: Cic., Acad. pr., 11. 34, 100 : si jam ex hoc loco proficiscatur Puteolos.., probo navigio®, bono gubernatore, hac tranquillitate. — CÉs., de Bell. Gall., NI, 21, 5 : parvis... tegimentis utuntur, magna corporis parte nuda. III, 12, 5 : summa... erat, vasto atque aperto mari, magnis æstibus, raris ac prope nullis portibus, difficultas navigandi.
623. — Employé à l'ablatif absolu le participe latin exprime les mêmes rapports de temps ou de cause que le participe grec; comme lui aussi, il peut remplacer une proposition conditionnelle ou une proposition concessive.