ATTRACTION MODALE
Ex. : Cic., de Orat., 1, 8, 30 : neque vero mihi quicquam... præstabilius videtur quam posse dicendo tenere hominum cœtus, mentes allicere, voluntates impellere quo velit.
Etc.
La proposition quo velit, dans le sens où l'on veut, est au subjonctif, parce qu'elle ne contient pas une idée dont on puisse affirmer la réalité indépendamment de la pensée contenue dans la proposition posse dicendo tenere hominum cœtus, etc.
647. — Cas où le subjonctif cst possible. — Quelquefois le subjonctif est simplement possible, l'indicatif l'étant aussi.
Ex. : Cic., Ad Qu. fr., 1,1, ἢ 28: nos isti hominum generi (c.-à-d. Græcis) præcipue debere videmur ut, quorum præceptis sumus eruditi, apud eos ipsos quod ab iis didicerimus velimus expromere.
Dans cette phrase on voit que. au lieu de mettre au subjonctif, non seulement didicerimus, mais encore eruditi simus, Cicéron s'est contenté d'exprimer didicerimus, au subjonctif, sous l'influence de velimus, tandis qu’il a mis l'indicatif eruditi sumus, parce qu’il considère l’idée de la proposition quorum præceptis sumus eruditi comme ayant une réalité indépendante de la pensée contenue dans ut. velimus expromere.
Il aurait pu aussi bien écrire didicimus, car il est bien certain que la proposition où se trouve ce verbe contient elle aussi une idée dont on peut affirmer la réalité indépendamment de la proposition ut... velimus expromere.
Mais Cicéron ayant le choix entre l'indicatif et le subjonctif les a employés l'un et l'autre, peut-être pour varier l'expression.
REMARQUE. — L'application de la règle, dite d'attraction modale, est tellement générale en latin qu’on trouve le subjonctif même dans des cas où, d'après ce qui vient d'être dit, on attendrait l'indicatif.
Ex. : Cic., Acad. pr., 11, 3, 9 : quibus de rebus et alias sæpe nobis multa…. disputata sunt et quondam in Hortensii villa quæ est ad Baulos, cum eo Catulus et Lucullus nosque ipsi postridie venissemus quam apud Catulum fuissemus (au lieu de fueramus, qu'on attendrait, puisque la proposition sert à affirmer un fait comme ayant réellement eu lieu). — CÉs., de Bell. Gall., V, 39, 2 : accidit... ut nonnulli milites, qui lignationis munitionisque causa discessissent, repentino equitum adventu interciperentur (on attendrait discesserant, et cela paraftrait d'autant plus naturel que le membre de phrase accidit ut... interciperentur sert à exprimer un fait dont on affirme la réalité)!.