Sur la valeur de cette périphrasc, voy. ci-après, ξ
4. Voy. R. KÜnxen, ausf. Gramm. der lat. Spr., À. 11, p. 779.
Cés., de Bell. Gall., I, 16, 1 : interim cotidie Cæsar Hæduos frumentum, quod essent publice polliciti (que, disait-il, ils lui avaient officiellement promis, cf. ci-dessus, $ 68), flagitare (inf. hist., cf. ci-dessus, p. 726, n.®2). — Sazr., Cat., 21, 2: hortari uti semper intenti paratique essent. Etc.'.
Si l’on considère les exemples ci-dessus on voit que chacune des formes du subjonctif employées marque deux choses : 4° que la proposition subjonctive est présente, passée ou future par rapport à la proposition principale; 2° que la proposition subjonctive, comme l'ensemble de la phrase, appartient ou n'appartient pas au passé par rapport au moment où l'on parle, suivant que la forme du subjonctif employée est une forme du passé ou une forme du présent.
Les propositions subjonctives expriment donc le temps à la fois d'une façon absolue et d'une façon relative, puisqu'elles le marquent à la fois par rapport au moment même où l’on parle et par rapport au temps exprimé dans la proposition principale.
Les propositions subordonnées au subjonctif sont les seules où le latin puisse exprimer le temps d'une façon absolue, grâce à la double série de formes dont il ἃ été question ci-dessus ($ 279) : les autres propositions n’expriment le temps que d'une façon relative.
REMARQUE. — En grec, il n'y a pas à proprement parler de règle relative à la concordance des temps. Sans doute, diverses propositions subordonnées, qui doivent être soit à l'indicatif, soit au subjonctif, si le verbe principal est au présent ou au futur, peuvent être mises à l’optatif si le verbe principal est au passé, et, en pareil cas, l’optatif joue un rôle analogue à celui qui est dévolu en latin aux formes passées du subjonctif (cf. ci-dessus, δὲ 428, 2°, b; 430; 481; 484, REM. 1; 485, 19, a, REX. [Ρ. 503], etc.) ; mais, tandis que la règle de la concordance des temps est absolue en latin, l'emploi de l’optatif n’est en général nullement obligaloire en grec.
649. — Particularités. — La règle de la concordance des temps dans les propositions subjonctives présente certaines difficultés d'application.
4° Le présent historique (cf. ci-dessus, $ 227) est grammaticalement
un temps du présent, mais logiquement un temps du passé, puisqu'il tient la place d'un aoriste : il est donc naturel que les écrivains aient hésité entre les formes du subjonctif proprement dit et celles du subjonctif passé dans les propositions subjonctives dépendant d'un présent historique.
L'usage le plus régulier paraît être celui-ci :
a) Si la proposition subordonnée précède le présent historique, elle est au subjonctif passé.
4. L'emploi du subjonctif proprement dil dans une proposition dépendant d'un infinitif historique est une véritable incorrection.
Ex. : Cés., de Bell. Gall., 1, 13, 1 : reliquas copias Helvetiorum ut consequi posset, pontem in Arare faciendum curat.
b) Si la proposition subordonnée suit le présent historique, elle peut être soit au subjonctif proprement dit, soit au subjonctif passé.
Ex. : Cfs., de Bell. Gall., 1, 3, 4: persuadet Castico…. Sequano… ut regnum in civitate sua occuparet. I, 9, 4: a Sequanis impetrat ut per fines suos Helvetios ire patiantur. Etc.
2 Scripsi, scripserim et scripsisse employés en tant que parfaits, étant des temps du présent (cf. ci-dessus, p. 726, n. 2), devraient être toujours suivis du subjonctif proprement dit dans les propositions subjonctives qui en dépendent: en effet, cette syntaxe se rencontre assez souvent.
Ex. : Cic., p. Tull., 813: quoniam, quod judicium et quo consilio constitutum sit, cognostis (— scitis). P. Cluent., 6, 11 : initium quod huic.… cum matre fuerit simultatis, audistis. Ad Fam., XVI, 12, 1 : in eum locum res deducta est, ut, nisi qui deus vel casus aliquis subvenerit, salvi esse nequeamus. P. Rosc. Am., 11, 32 : etiamne venistis (— adestis), ut hic me aut juguletis aut condemnetis ? In Cat., 1,13, 32: sit inscriptum in fronte uniuscujusque, quid de re publica sentiat (cf. in Verr., II, 4, 52, 115). — T.-Live, XXIV, 8, 9 : quoniam quales viros creare vos consules deceat satis est dictum, restat ut pauca de eis in quos prærogativæ favor inclinavit dicam. Etc.
Néanmoins il arrive très souvent (et peut-être cette syntaxe est-elle plus ordinaire que l’autre) qu'on fait suivre ces formes verbales du subjonctif passé, par fausse analogie sans doute avec les cas où scripsi, scripserim, et scripsisse sont employés en tant qu'aoristes.
1. Cette règle n'est tout à fait exacte que pour quelques auteurs classiques. T.-Live ne s'y astreint déjà plus.
Ex.: T.-Livs, XXIL, 9, 11 : M. Æmilium... omnia ea ut mature fiant curare jubet. On ἃ cru s'apercevoir aussi que César et Salluste y dérogeaient, mais les cas où ils s'éloignent de la règle sont au nombre de deux, et, pour le premier de ces deux cas toul au moins il ÿ a une raison logique qui justifie la construction adoptés par eur. Donc César et Salluste emploient, contrairement à la règle, le subjonctüf proprement dit au lieu du subjonctif passé :
1° Dans les phrases où la propositiou subjonctive, avec le présent historique d'où elle dépend, est déjà précédée ell:-même d'un autre présent historique. Ex.: Sair.. Cat., 45, 1 : Cicero. prætoribus... rem omnem aperit….; cetera, uti facto opus sit, ita agant permittit. Etc.
2e Lorsque la proposilion qui dépend du présent historique cst une interrogation indirecte. Ex. : Ces., de Bell. Gall., VU, 37, 7 : reliqua qua ratione agi placeat constituunt. Εἰς. Vos. O. Rizmanx, Études sur... T. Live, 2° 6d., p. 256-237 ; Synt. lat., ξ 236, Rem. Il.
Ex. : Cic., p. Rosc. Am., 52, 151 : ad eamne rem vos reservati estis.. ut eos condemnaretis quos sectores ac sicarii jugulare non potuissent? De Of., 11,1, 1: quemadmodum officia ducerentur ab honestate. satis explicatum (parfait) arbitror libro superiore; sequitur ut hæc officiorum genera persequar, quæ pertinent ad vitæ cultum. Etc.
650. — Les bons écrivains se préoccupent à tel point d'appliquer la règle de la concordance des temps, qu'ils l'observent même dans des cas où la logique permettrait de la négliger.
Voici les principaux cas.
1° Contrairement à ce qui a lieu en français, une proposition interrogative indirecte dépendant d'un verbe principal au passé est nécessairement au subjonctif passé, même si elle exprime une pensée générale vraie dans tous les temps.
Ex. : ας, in Cat., 3, 5, 11 : tum ille subito, scelere demens, quanta conscientiæ vis esset ostendit (on dirait en français : il montra ce que peut faire une mauvaise conscience).
REMARQUE. — Par application de cette règle et de la règle précédente (8 649, 20), on trouve au Subjonctif passé des propositions interrogatives indirectes qui expriment unc vérilé générale et dépendent d'un verbe principal au parfait.
Ex. : Q.-CurcE. VIII, 14, 43 : quod hic... dies tibi suadet, quo expertus es quam caduca felicitas esset (où tu as appris par expérience combien le bonheur est fragile). — Cf. Cic., Tusc., 1, 44, 107 : requiescere in sepulcro putat mortuum, magna culpa Pelopis, qui non erudierit filium nec docuerit (il n'a pas appris à Thyeste et par conséquent Thyeste ignore [parf. et non pas aor.]) quatenus esset quidque curandum (jusqu'à quel point il faut se soucier de telle ou telle chose). Etc.
Toutefois il convient d'ajouter qu'après un verbe principal au parfait le subjonctif proprement dit est également possible, puisqu'on trouve assez souvent, en pareil cas, des phrases comme celle-ci :
Ex.: CoRN. Νέρ., Alc., 1, ἃ : in hoc quid natura efficere possit videtur experta (le sens est : experta est). Etc.
2 C’est par une application rigoureuse de la règle de concordance des temps que s'explique l'emploi du subjonctif passé dans les propositions subjonctives dépendant d’un verbe au mode irréel même lorsque, tout à fait indépendantes de l'hypothèse exprimée dans la proposition à laquelle elles se rattachent, ces propositions ont pour objet de signifier un fait réel et présent.
Cette règle s'applique rigoureusement aux propositions interrogatives qui se rattachent à un verbe au mode irréel.
EX. : Cic., de Orat., 1, 42, 190 : hisce ego rebus exempla adjungerem, nisi apud quos hæc haberetur oratio cernerem, j'appuierais ces faits d'exemples, si je ne voyais pas devant qui je parle (logiquement il faudrait habeatur, mais habeatur aurait choqué à côté de cernerem). 44 Fam., 13, 66, 1: À. Cæcinam.…. non commendarem tibi, cum scirem.…. qua clementia in calamitosos soleres esse, nisi me. hujus fortuna ita moveret ut hominis... conjunctissimi movere debebat, je ne te recommanderais pas A. Cécina, alors que je sais quelle est ta bienveillance pour les gens infortunés, si je ne me sentais pas ému de son sort comme il convient quand il s’agit d’un ami intime. De Nat. deor., 11, 18, 49 : quæ si bis bina quot essent didicisset Epicurus, certe non diceret, ce sont des choses qu'Épicure ne dirait certainement pas, s’il savait combien font deux fois deux. Cf. 16., 11,1,3: te vicissim audire vellem, cum ipse tam multa dixissem, je voudrais t'entendre parler à ton tour, après que j'ai gardé si longtemps la parole. Acad. pr., II, 1, 3: cujus (— Luculli) mihi consilium et auctoritas quid tum in maximis rebus profuisset, dicerem, nisi de me ipsos dicendum esset, quod hoc tempore non est necesse, combien m'ont servi alors sa prudence et son crédit dans des affaires très importantes, c'est ce que je dirais, s'il ne fallait aussi parler de moimême, ce qui présentement n'est point nécessaire. Etc.
REMARQUE. — Toutefois il y a des exceptions à cette règle rigoureuse : Ainsi, l'on rencontre quelquefois le subjonctif proprement dit au lieu du subjonctif
passé, surtout quand la proposition subordonnée précède le verbe au mode irréel dont elle dépend.
Ex. : Cic., ad Fam., XIII, 6, 4 : quæ quantum in provincia valeant vellem expertus essem. — T.-Live, XXVI, 31, 8 : quæ captis acciderint, apud Hannibalem et Carthaginienses victos justius quam apud victoris populi senatum quererentur, quant à ce qui est arrivé aux prisoeniers, c'esl à Hannibal et aux Carthaginois plutôt qu'au Sénat romain qu'ils devaient adresser leurs plaintes.
Et même quand la proposition subordonnée suit le verbe au mode irréel (mais ce cas est plus rare) :
Ex. : SALL., Cat., 1, 1 : memorare possem quibus in locis maxumas hostium copias populus Romanus parva manu fuderit.. ni ea res longius nos ab incepto traheret. Cf. Cic., de Fin., 1, 7, 25 : si concederetur, etiam si ad corpus nihil referatur, ista.. per se esse jucunda. per se 6556ῖ... virtus.. expetenda *.
1. Voy. O. Rizmaxx, Synt. lat., ὃ 236, Rau. VI. 2. Voyez d'autres exemples dans R. KCuxzn, aus/. Gramm. der lat. Spr., t. 11, p. 785, 8. Mais écartez celui-ci :
De Nat. deor., 11, 1, 3 : mallem audire Cottam, dum, qua eloquentia falsos deos sustulit, eadem veros inducat,
dans lequel le sens semble exiger qu'on corrige mallem en malim, m. à m. : « j'aimerais mieux
654. — Exceptions à la règle. — Ainsi qu'on l'a déjà dit (8 650), les bons écrivains appliquent rigoureusement la règle de concordance des temps! : chez eux, les exceptions sont rares et dues presque toujours soit à des raisons de sens, soit à des raisons de style.
652. — En effet, le sens ne permet pas toujours de suivre exactement la règle.
Voici les cas principaux.
4° 11 peut arriver, dans le style indirect, qu'on ait à exprimer le rapport de temps entre une proposition subordonnée et la proposition principale.
Il en résulte parfois des phrases, comme celle-ci, qui paraissent incorrectes à première vue.
Ex. : T.-Live, XXX, 30, 4 : tibi quoque inter multa egregia non in ultimis laudum hoc fuerit (fut. antér.*), Hannibalem, cui tot de Romanis ducibus victoriam di dedissent, tibi cessisse.
REMARQUE. — On aftlendrait et il pourrait y avoir : Hannibalem, cui tot de Romanis ducibus victoriam di dederint, tibi cessisse, mais l'expression serait moins exacte, puisque le rapport de temps entre la proposition relative et la proposition principale serait négligé : en effet, la phrase ainsi écrite correspondrait à celle-ci dans le style direct : Hannibal, cui. victoriam di dederunt, tibi cessit; or, en pareil cas, les Latins n'oublient pas de marquer l’antériorité de la proposition subordonnée par rapport à la proposition principale ; donc ils auraient dit au style direct : Hannibal, cui... victoriam di dederant, tibi cessit, et c'est cette nuance délicate que T.-Live a voulu marquer en mettant dedissent au style indirect pour tenir lieu de dederant du style direct.
2° Dans les propositions consécutives, il peut arriver qu'un fait passé (énoncé par un verbe au passé) ait pour conséquence un fait actuel.
On conçoit, qu'en pareil cas, on soit obligé dans la proposition subjonctive d'employer le subjonctif proprement dit (présent ou parfait) : l'emploi d'une des formes du subjonctif passé serait absurde.
écouter Cotta, pendant qu'arcc la même éloquence qui lui a servi à ruiner les faux dieux il introduirait les véritables. »
Voy. O. Rixwaxx, Synt. lat., 2° 6d., p. 409, n. 2.
4. Mais la languc populaire οἱ la langue poétique présentent parfois de graves infractions à la règle.
Es.: Paure, Mil., 131-133 : (tabellas) dedi (aoriste) mercatori cuidam, qui ad illum deferat. ., ut is huc veniret.— Tun., Heaut., 895 : magis unum etiam instare (inf. histor.) ut hodie conficiantur (il faudrait conficerentur, cf. ci-dessus) nuptis. — Vino, Én., 1V, 452 sqq. : quo magis inceptum peragat lucemque relinque | vidit, thuricremis cum dona imponeret aris, | (borrendum dictul) tices nigrescere sacros, etc. (toutefois on peut, avec Wagner, expliquer : ŒuO
magis inceptum peragat, eo impellitur, quod vidit...). Etc.
2. Le futur avlérieur, appartenant au radical du parfait, n'est pas considéré par les Latins comme un passé.
Ex. : Con. Nép., Aris!., 1,2 : quanquam.. adeo excellebat Aristides abstinentia ut unus post hominum memoriam... cognomine Justus sit appellatus, tamen exsilio decem annorum multatus est (Aristide est le seul homme qui ait été surnommé le Juste, Voilà le fait qui est actuellement vrai, et c'est ce que marque le parfait du subjonctif). Voy. cidessus, 8 505.
REMARQUE. — Il ne faut pas confondre cette dérogation logique à la règle de concordance des temps avec l'irrégularilé réelle que présentent des phrases comme celle-ci :
EX.:T.-LiVE, 1, 16, 1 : tempestas.. tam denso regem operuit nimbo ut conspectum ejus contioni abstulerit (il faudrait auferret, voy. ci-dessus, 8 505).
3° Dans l'interrogation indirecte on est souvent obligé par le sens d'employer le subjonctif délibératif s'appliquant au passé (8 324), même quand le verbe principal n'est pas au passé. Ex. : αἷς, in Vat., 2, 5: sed quæro a te cur C. Cornelium non defenderem, je te demande pourquoi il eût fallu que je ne le défendisse point? ! Etc.
4 Une proposition au mode irrcel peut dépendre d’une proposition qui n'est point au passé.
Ex. : Cic., in Verr., IL, 4,6 41 : veri simile non est ut ille homo tam locuples, tam honestus religioni suæ... pecuniam anteponeret*. Etc. |
ÿ° Une proposition dont le verbe est au potentiel du passé, autre forme du mode irréel (cf. ci-dessus, $ 334), peut dépendre d'une proposition qui n'est point au passé.
Ex. : Cic., p. Rosc. Am., 33, 92 : vide0... causas esse permultas, quæ istum impellerent (qui pouvaient le pousser à agir), Etc.
6° Quelquefois, mais rarement, les écrivains négligent la règle de la concordance des temps afin de pouvoir exprimer l'idée de l'imparfait* dans une proposition subordonnée dépendant d'un verbe qui n'est point au passé.
1. Mais on peut ponctuer : sed, quæro a te, cur C. Cornelium non defenderem 7 εἰ ramener la proposition iulerrogative à une forme d'interrogation directe.
2. Voyez ci-après $ 658-662 les règles relatives à l'expression du conditionnel dans certaines catégories de propositions subjonctives.
8. Le subjonctif n'ayant qu'une seulo forme (scripserim ou scripsissem, selon les cas) pour marquer un fait passé par rapport au temps du verbe principal, il en résulle qu'on est obligé, en général. de ne pas marquer dans une proposition au subjonctif la nuanco de sens qui existe, à l'indicatif, entre l'imparfait et l'aorisle. ον. ci-après.
Ex. : Cic., in Vorr., ἢ, 5, 11, 28: scitote oppidum esse in Sicilia nullum... quo in oppido non isti… delecta mulier esset. De Orat., 1, 4%, 196 : Cujus rei (l'amour de la patrie) est tanta vis. ut Ithacam illam in asperrimis saxulis tanquam nidulum affixam sapientissimus vir immortalitati anteponeret.
Régulièrement il faudrait dans le premier exemple mulier fuerit et anteposuerit dans le second.
1° Quelquefois la forme de subjonctif employée se justifie non pas par le rapport apparent qu'elle ἃ avec le verbe dont elle dépend grammaticalement, mais par une idée que l'écrivain a dans l'esprit et à laquelle il la rattache.
Ex. : Cc., in Verr., Il, 5, 21, 52: dices frumentum Mamertinos non debere. Quomodo non debere ? an ut ne venderent?»
Il faut entendre, en effet : « Vous direz que les Mamertins ne sont pas astreints à fournir du blé. Comment l'entendez-vous? Vous étendez, je suppose, cette exemption au blé qu'il s'agissait de fournir contre paiement.
653. — Parmi les raisons de style qui ont quelquefois entrainé les meilleurs écrivains à négliger la règle de la concordance des temps, la plus importante, à coup sûr, est la recherche de la variété.
En effet, il semble bien que, pour éviter une trop grande uniformité dans l'emploi du subjonctif, les historiens latins ont tenu à mélanger les formes du subjonctif proprement dit avec les formes du subjonctif passé dans les phrases au style indirect? qui dépendent non seulement d'un verbe au présent historique, mais encore d’un verbe au passé. |
Ex. : Cic., De Bell. Gall, 1, 40,6-1: ex quo judicari posse, quantum haberet in se boni constantia, propterea quod, quos aliquandiu inermos sine causa timuissent, hos postea armatos ac victores superassent. Denique hos esse eosdem, quibuscum sæpenumero Helvetii congressi non solum in suis, sed etiam in illorum finibus, plerumque superarint, qui tamen pares esse nostro exercitui non potuerint, etc. (tout ce discours indirect dépend des mots vehementer eos incusavit du ὃ 1). — T.-Live, XXI, 24, 3-4 : oratores.. misit : colloqui semet ipsum... velle; vel
{. Suivant la remarque de L. Havet citée par Riemann {Synt. lat., 2e éd., p. 412, n. 3), « la pensée sante sans effort du principe juridique absolu, qui s'énonce par le présent, à l'acte particulier, qui s’énonce par des temps passés, »