‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 24 sur 306 · III. — L'idée de durée est quelquefois un peu effacée · texte numérisé non relu

III. — L'idée de durée est quelquefois un peu effacée

Ex.:PLATON, Phèdre, 229 : οὐχ ἀηδὲς χατὰ τὸ ὑδάτιον ἰέναι ἄλλως τε χαὶ

τὴνδε τὴν ὥραν τοῦ ἕτους τε χαὶ τῆς ἡμέρας (lité. c'est surlout agréable,

pendant la durée de cetle saison οἱ tant que dure celte heure-ci de la journée ἢ. ἃ. Lois, 1617 a.— EscH., Ill, 7 : τήνδε τὴν ἡμέραν, où l'on attendrait τῇδε τῇ ἡμέρᾳ.

Ordinairement le grec emploie le datif, comme le latin l'ablatif?, quand il s'agit de marquer le moment précis où se fait une action. C'est par abus qu'Hérodote emploie τοῦτον τὸν χρόνον au lieu de ἐν τούτῳ τῷ χρόνῳ,

IV. — Pour marquer depuis combien de lemps telle ou telle situation existe, on se sert d'un accusatif de durée accompagné d'un nom de nombre ordinal. Le temps réellement écoulé est alors inférieur d'une unité au temps marqué par le nom de nombre ordinal.

Ex.: XÉN., Anab., IV, 5, 24 : θυγάτηρ ἐνάτην ἡ μέραν γεγαμ-ημένη, une fille mariée depuis huit jours, liff. qui se trouve au neuvième jour de sou mariage. — PLAT., Protag., 309 ἃ : Πρωταγόρας émdednunxe τρίτην nèn ἡμέραν. Protagoras est ici depuis deux jours, lité. c'est le troisième jour que Protagoras cest ici.

Cic., in Cal., 1, 2 : vicesimum jam diem patimur hebescere aciem eorum auctoritatis. — Liv., XXVII, 39, 9 : quo (Punico bello) duodecimum annum Italia urebatur.

Le grec ajoute souvent le démonstratif οὗτος, en pareil cas.

Ex.:Déx., VIII, 2 : ἢ σπουδή ἐστι περὶ τῆς στρατείας, ἣν ἐνδέκατον μῆνα τουτονὶ" Φίλιππος ἐν Θράχῃ ποιεῖται.

L'emploi du nom de nombre cardinal avec οὗτος se rencontre aussi, mais plus rarement.

Ex.:Lys., VII, 10 : τέθνηχε ταῦτα τρία ἕτη, il est mort depuis deux ans.

1. Peut-être τήνδε τὴν ὥραν est une mauvaise lecture ; il serait aisé de corriger τῆιδε τῆι ὥραι.

2. Notez la différence qu'il y a, en latin, ontre nocte ac die, « le jour et la nuit », et noctes diesque, « tout le jour et toute la nuit ».

3. Ilest vrai qu'Hérodote se sert méme de νύχτα ou de τὰς νύχτας, au lieu de νυχτός. Cf. ci-après, Génitif de temps, ὃ 137.

4. Sans arlicle, parce qu'en réalité le substautif est affribut, στρατείαν ποιεῖται τοῦτον (τὸν μῆνα) ὄντα ἑνδέχατον μῆνα.

Le eaceatp

En latin, le nom de nombre cardinal ne s'emploie que dans l'expression triginta (etc.) annos natus, né depuis trente ans, âgé de trenle ans, à laquelle le grec répond par Tpt3xovza lelc.) ἔτη γεγονώς.

V. — Pour marquer combien de lemps il y a que tel ou tel fait est arrivé, on emploie en grec l’accusatif du nom de nombre ordinal, avec οὗτος (sans article).

Ex.: DÉM., II, 4 : ἀπηγγέλθη Φίλιππος ὑμῖν ἐν Opaxn τρέτον ἡ τέταρτον ἕτος τουτὶ “Hpuïov τεῖχος πολιορχῶν,

et, en latin, l'accusatif du nom de nombre cardinal, mais seulement quand il est précédé de abhinc.

Ex.: PLAUTE, Cas., 39 : abhinc annos factumst sedecim. — Cic., de Divin., 11, 57, 118 : Demosthenes abhinc annos prope trecentos fuit!.

L'ablatif avec abhinc ne se rencontre que dans le langage familier.

VIT. — L'accusatif de la durée se trouve aussi en latin avec un substantif verbal.

Ex.:CÉs., de B. Gall., 11, 35, 4 : dies quindecim supplicatio. — T.-Liv., XXXIX, 22, # : addita et unum diem supplicatio.

ἢ Ὁ. — Accusatif marquant une extension figurée *.

74. — De l’accusatif exprimant une extension réelle dans l’espace et dans le temps dérive logiquement l'accusatif de la partie ou accusatif de relation. 11 marque en effet :

1° La partie de tel ou tel objet à laquelle s'étend telle action ou

telle manière d'être.

{. Au lieu de abhincC, on peut employer pour rendre la même idée trois autres tournures :

1° Paions, 1, 1, 10, ante 808 sex menses (« il y asix mois ») male... dixisti mihi.

2°Cic., De leg. agr.., 11, 18,49, vos mihi prætori biennio ante («il y ἃ deux ans », ef. $ 171)... personam hanc imposuistis.

3° Pius, F. N., ΧΙΥ͂, 85 43, septem his annis,.. inventa est vitis uno die deflorescens, m. à m. : « à une époque qui rentre daus l'espace de sept ans qui vient de s'écouler, » entendez : « il y a sept ans. » Cf. Cic., in Verr., II, ἀ, 18, 39, illud argentum se paucis illis diebus misisse Lilybæum. Au style direct, il y aurait : paucis his diebus (« il y a quelques jours »)... misi.

2. Cet accusatif s'appelle aussi accusaltif de relation, parce qu'il marque par rapport à quoi est vraie telle ou telle affirmation. C'est par lui-mème, comme on va le voir, que l'accusatif a cette valeur particulière, Aucune préposition n'est sous-entendue : s'il était encore nécessaire de le démontrer, on n'aurait qu’à citer la location : ὑγιὴς τὰ χατὰ τὸ σῶμα, « sain pour les choses qui regardent le corps ».

3. L'origine de la construction doit sans doute être cherchée dans des exemples comme ceux-ci :

How., 7|., IV, 501 : τόν ῥ᾽ ᾿Οδυσεὺς βάλε δουρὶ nôpany (cf. ib., XX, 401; ΧΙ, 240). XIX, 354 : ἕνα μή μιν λιμὸς ἀτερπὴς γούναθ᾽ ἴχοιτο. XXIV, 170 : τὸν δὲ τρόμος ἕλλαδε γυζα. — Od., XVII, 391 : ἢ ῥά σε οἶνος ἔχει φρένας. XVI, 15 : κύσσε δέ μιν κεφαλὴν τε χαὶ ἄμφω φάεα χαλά.

Tous les accusatifs soulignés sont en réalité les compléments directs de verbes qui tous, proprement ce Égurément, signifient « atteindre », et ils sont compléments au même titre que les pronoms remplaçant les noms des personnes touchées par l’action du verbe. Une expression comme βαλεῖν τινα χόρσην équivaut en réalité à βαλεῖν τινα, βαλεῖν κόρσην « alteindre quelqu'un {et lui] atteindre la tempe ». Comment s'est produite l’abréviation d'expression, c'est ce qu'il est aisé d'imaginer : le second accusatif a été construit comme apposition déterminalive. Le tour était trop commode pour ne pas se répandre et s'étendre À d'autres emplôis. On εἶ δὰ servit d’abord avec le passif : ἀσπίδι Taupein χεχαλυμμένος ευρέας ὥμους (/, XVI, 360), ἀπετμήθησαν τὰς κεφαλάς (Χὲκ., Cyr. VIII, 8), puis la consiruction s'élendit ἃ toutes sortes de verbes ou d'’adjectifs.

Ex. : Hén., 11, 111, 2 : χάμνειν τοὺς ὀφθαλμούς. — Χέν., Mém., 1, 6, 6: ἀλγεῖν τὸν πόδα. Cyr. I, 3, 9 : οἱ στρατιῶται εὖ μὲν εἶχον τὰ σώματα πρὸς τὸ δύνασθαι στρατιωτικοὺς πόνους φέρειν, εὖ δὲ τὰς ψυχὰς πρὸς τὸ καταφρονεῖν τῶν πολεμίων. — Escu., III, 153 : γένεσθέ μοι μικρὸν χρόνον τὴν διάνοιαν μὴ ἐν τῷ δικαστηρίῳ, ἀλλ᾽ ἐν τῷ θεάτρῳ. — Μέν., Fragm., 15: βέλτιόν ἐστι σῶμά γ᾽ ἢ ψυχὴν νοσεῖν. -- How., 14., TI, 211: χωλὸς... ἕτερον πόδα, etc.

2° Le point de vue auquel on peut étendre, pour ainsi dire, une affirmation !.

Ex. : ὄνομα, et par extension, γένος (How, γενεήν), et une foule d'autres accusatifs, comme μῆχος, ebpos, βάθος, ὕψος, μέγεθος, etc., au point de vue de la longueur, de la largeur, de la profondeur, de la hauteur, de la grandeur, etc.; Certains substantifs s'emploient à l’accusatif pour exprimer d'une façon plus précise le point de vue où l'on se place, pour qualifier telle ou telle personne, tel ou tel objet, comme τὸ χάλλος, τὴν ἀρετήν, etC., au point de vue de la vertu, de la beauté, etc.

3° Le point de vue auquel tel sujet possède telle ou telle qualité.

Ex. : Χέν., Mém., Il, 9, 3 : οἱ εὐφυέστεροι χαὶ oi ἀμολύτεοοι τὴν φύσιν. Cyr., VIII, 4, 8 : δεινὸς τὴν τέχνην. — Ὁέμ., LVI, 2 : δίχαιος τὸν τρόπον. — ARISTOPHANE, Plut., 558 : ἢ πενία, τοῦ πλούτου βελτίονας ἄνδρας παρέχει καὶ τὴν γνώμην καὶ τὴν ἰδέαν". ᾿

REMARQUE. — En latin, si l'on excepte les expressions très usitées magnam partem, en grande pertie, Maximam partemM, pour la plus grande partie, partim (ancien accusatif devenu adverbe}*, l'emploi de l’accusatif de relation est inconnu à la prose classique ;

c'est un hellénisme recherché par les poètes, et qui se rencontre seulement en prose chez les auteurs qui admettent des constructions poétiques*.

1. Cetle construclion, comme celle dont il vient d’être question, appartenait déjà à la languc primitive indo-europécune. Voy. Deisnücx, Synt. Forsch., IV, p. 12 sqq.

2. On trouve dans Bacamanxx-Drisrtex, ouv. cit.,t. HI, p. 390 sqq., une classification des adjectifs qui sont accompagnés de cet accusatif de relation, Ce sont : 19 les comparatifs et superlatifs ; 2° les adjectifs signifiant égalité ou ressemblance ; 3° ceux qui expriment, cn général, une qualité physique ou morale. Pour l'origine de quelques-unes de ces constructions, cf. ci-dessus, $ 62 ὁ, Rex. ΠῚ (p. 61 et ἡ. 4).

3. C'est ce que montrent des phrases du genre de celle-ci : T.-Live, XXVI, 46, 48, partim copiarum ad tumulum expugnandum mittit, partim ipse ad arcem ducit, où l'accusatif partim jouc le rôle du complément direct, Mais bien avant T.-Live, partim était déjà considéré comme unc sorte de substanlif indéclinable. Cf. Carox (cité par A.-Gelle VII {VI}, 3, 16): atque haud scio an partim eorum fuerint (où partim jouc le rôle d'un nominatif); 14. tbid., X, 13, cum partim 1llorum (où le même mot tient la place d'un ablatif). C'est d'emplois de ce genre qu'est venuc au mot partim la valeur et le sens d'un adverbe distributif : ce sens se trouve déjà dans un vers d'Ennius (Ann., frg. 443) : hic insidiantes (sous-entendu partim) vigilant partim requiescunt. Mais dans Plaute, partim n'apparait pas envore comme adverbe. Cf. Neux, lat. Formenlehre, 1%, p. 205. Brauamanx-Decsnatcr, Grundriss, etc.,t. 111, 1°° partie, p. 603 sqq.

4. C'est ainsi qu'on trouve daus Virgile, En., V, 97; VI, 243 : nigrantes ferga juvencos,

δ 6. — Accusatif adverbial :.

75. — On emploie très souvent l'accusatif avec la valeur d'un

adverbe. À ce propos, on peut citer un grand nombre d’accusatifs. marquant :

1° Le temps,

τὸ νῦν, maintenant, τὸ πάλαι, jadis, τὸ πρίν, auparavant, τὸ μετὰ ταῦτα, ensuite, τὸ ἀπὸ τοῦδε, depuis lors, ἀχμὴν (XEN., Anab., IV, 3, 26), au moment même Ou il n'y a qu'un moment,

tout récemment, τὴν ἀρχήν et quelquefois ἀρχὴν, dès le commencement, ete. ?

Primum, d'abord, tum ipsum, précisément alors, nunC ipsum, précisément maintenant, plerumque, la plupart du temps, id temporis, à ce moment-là (p. 80 tempore)*, etc.

xl, 468 : hoc concussa metu mentem.— T.-Livs, XXI, 710 : fomur tragula... ictus (cf. Acer. ps B. Arn., 78 : pilo... caput ictus ; 85: bracchium gladio percussus). — Tac., Germ., 17 : nudæ bracchia ac lacertos. — Vino. Én., VIN, 114 : qui genus (estis)? — T.-Live, I, 22, 2: cetera egregium (x à tous les autres points de vue »). Voy. sur l'accusatif de relation en latin l'excellent article de G. Landgraf, Archiv... de Waævurruix, t. X, p. 209 et suiv.

1. Sur les origines de cette construction, voy. Bacowanwx-Deisnècx, ouv. cil., t. ΠῚ, 105 partie, p. 596 44. — Parmi les accusatifs employés adverbialement, les uns se rattachent à l'accusatif de qualification, les autres à l’accusatif de relation, d’autres à l'accusatif de la question (Π10. quelques-uns enfin à l'accusatif employé comme apposition. Plusieurs de ces constructions ont été déjà expliquées (εἴ. $ 62, ὁ. Rex. lil etS 74), d'autres le seront tout à l'heure. En voici quelques-unes qui présentent un certain intérêt, Le vers d'Homère, Z!., XI, 596 : ὧς οἵ μὲν μάρναντο δέμας πυρὸς αἰθομένοιο renferme le substautif δέμας (pr. « corps, forme »), qu'on prend ordinairement pour un adverbe signifiant « à la façon de » ; mais on peut en rendre liltéralement la valeur, en traduisant par « ils combattaient un combat {qui rappelait la] manière du feu », c'est-à-dire en faisant de δέμας l'équivalent d'un accusatif de qualification. Delbrück pense que les accusatifs δίχην « suivant la règle de..., à la manière de... », et τρόπον « à la manière de... » ont été d'abord des accusatifs de qualification. Il cite le vers d'Eschyle, Sept. c. Th., 85 : βρέμει δ᾽ ἀμαχέτου δέπκαινν ὕδατος ὁροτύπου. Mais il me semble qu'il faudrait au moins supposer une abréviation d'expression et que la locution βρέμει δίκαν ὕδατος est sartie de βρέμει βρόμον, δίκαν (apposition) ὥδατος. On verra aussi que l’accusatif de qualification a donné au latin beaucoup d'expressions adverbiales ou d'adverbes. Il n'est pas jusqu'aux adverbes en -tim ou en -8im que la linguistique ne soit parvenue à ranger dans cette catégorie. Si l'on considère, en effel, que dans Plaute, Amph., I, 1, 120, on lit : statim stant signa « les astres demeurent cloués en place », mot à mot « les astres sant immobiles d'immobilité », il est permis de voir dans statim l'accusatif de l'ancien substantif * statis (cf. gr. στάσις) construit avec stant comme acrusatif de qualification, Une fois que les substautifs en -ti8 eurent été remplacés par les substantifs en -ti0, le mot statim cessa d'appartenir à la catégorie des substantifs et fut rattaché, comme adverbe, à l'idée du verbe stare, de là le sens de « à l’état d'immobilité Ὁ, « sans bouger », puis « sur-lechamp », « à l'instant », etc. Sur le modèle de statim, ont été formés cæsim « en taillant », « de taille » {par opposition ἃ « d'estnc »), carptim «en cueillant », d'où « par morceaux », puis « à part », etc. Voy. ce qui est dit à propos de ces adrerbes dans notre Phonétique ct Etude des formes.

2. Ces loculions se rattachent à peu près loules sans peine à l'accusatif de relation : « pour ce qui est du moment présent, » « pour ce qui est de ce qui s'est passé ensuite », « pour ce qui est du commencement, » ctc., etc. Quant à &xurv, on peut le rapprocher de l'emploi de l'accusatif servant à marquer le temps, même quaui l'idée de durée est un peu effacée. Nous avons vu, p. 72, n. 3, qu'Hérodote emploie νύχτα de cette façon.

3. Dans le style familier, on trouve aussi COMMOAdUM « justement », très fréquent chez Plaute, chez

Térence, dans la correspondance de Cicéron et chez Apulée. L'origine de ces locutions est la imême que pour les équivalents grecs.

2e La place qu'occupe une action dans une série d'actions semblables. |

Ex. : τὸ πρῶτον, pour la premiére fois, τὸ δεύτερον, pour la seconde fois, τὸ τελευταῖον, pour la dernière fois, etc.

Primum, pour la première fois, tertium, quartum, etc., pour la troisième, la quatrième fois, etc. ultimum (postremum), pour la dernière fois, et dans T.-Live (1, 29, 3) ultimum illud!, litt. cette fois-là étant la dernière”, etc.

3° La manière.

Ex. : τρόπον τινά, quodam modo, τίνα τρόπον; quo modo? πάντα τρόπον (aussi fréquent que παντὶ τρόπῳ), quoquo modo, οὐχ οἶδ᾽ ὅντινα τρόπον, nescio quo pacto, τρόπον τινός, alicujus more ou modo, δίχην, à la manière de (cf. ἘβοΗ., Choéph., 193 : δίκην ἀγγέλου. — Piar., Lois, 105 e : δίκην τοξότου. — Escu., δορί. c. Th. : δίχην ὕδατος. — PLaT., Lois, 773 C : δίχην κρατῆρος) ἢ, τὴν ταχίστην, le plus rapidement possible*, etc.

À ces locutions il faut ajouter une foule d’adjectifs neutres ayant une valeur modale et signifiant

les uns une idée de quantité :

Ex. : τόσον, ὅσον, πολύ, τοὐλάχιστον, au moins.

Multum, tantum, quantum, etc, summum, au plus, minimum, au moins, Ceterum, pour ce qui est du reste, etc.;

les autres une manière d'être :

Ex. : ἡδύ, δεινόν, ὀξύ, εἰς.

Commodum, à propos”, facile, difficile, suave, sublime, hilare, etc.*.

1. Tous ces accusatifs sont en réalité des accusatifs de relation.

2. Les latins hésitaient entre l’accusatif et l'ablatif pour exprimer certains de ces rapports. Cicérou a employé tertio (p. δε). 5, 14) au sens de « pour la troisième fois », οἱ A. Gelle nous a raconté(Æ. A., X, 1) que, consulté lors de la dédicace du théâtre de Pompée, sur la question de savoir s'il fallait écrire tertium ou tertio consul, le grand orateur avait spirituellement conscillé d'écrire renr. eu abrégé.

3. Ce sont aussi des accusatifs de relation (auxquels le latin répond par l’ablatif de manière). Cependant voyez l'opinion de Delbrück rapportée ci-dessus, p. 75, n. 3.

4. Cette locution n’est que l'abréviation de l'expression τὴν ταχίστην ὁδόν également usitée en grec (cf. Xéw., 1, 2, 20); clle se ramène donc à l'accusatif de l’espace parcouru, 1] en est de même de τὴν εὐθεῖαν « en ligne droite, directement ».

5, Expression modale qui ἃ pris un sens temporel; voy. ci-dessus, ὃ 75, 45, Cf. cn grec, Sorn., Α7.. 34: œmpav ἐφήχεις, COMmMmOdum ades.

6. Ces accusatifs sont pour la plupart des accusatifs de qualification ; quelques-uns seulement des accusatils de relation. Employés d'abord exclusivement avec des verbes, ils ont fini par modifier des adjectifs et même d'autres adverbes, Voy. Bruamanx-DeLentex, ouv. cité, t. ΠῚ, 1°*part., p. 618 sqq.

4 Le motif.

Ex. : τί, pourquoi ταὐτὸν τοῦτο ou αὐτὰ ταῦτα, pour cela méme, etc. |

Quid? pourquoi? quod, à cause de ceci 486...

et dans la construction bien connue,

Ex. : nihil est quod..., il n'y a pas de raison pour que (Zitt. à cause de laquelle) .. ou quid est quod...? quelle raison y at-il pour que...??.

$° La portée qu'il faut donner à une affirmation (cf. ci-dessus, ὃ 74).

Ex. : T2, aliquid, dans une certaine mesure, οὐδὲν (μηδέν), nihil, en aucune façon, τὴν ἀρχὴν ου ἀρχήν, d'abord, avant tout, et par suite absolument, d'où ἀρχὴν οὐ (un), absolument pas, τἄλλα, cetera, pour le reste, (τὰ) πάντα, Omnia, en tout, complètement.

6° Des rapports divers.

Ex. : τοὐναντίον, au contraire, τὸ λοιπόν, pour le reste OU dorénavant, τὸ σύμπαν, en tout, (τὸ) μέγιστον, avant tout, ἀμφότερα (Tuuc., PLAT.), de deux manières OU des deux manières à la fois, etc.

REMARQUES. — I. Les Grecs emploient comme adverbes mpôgustv, soi-disant, LA, pour l'amour de, προῖχα et δωρεᾶν, gratis*, Le substantif χάριν peut même s'employer avec un adjectif possessif, ἐμὴν χάριν, σὴν χάριν. Dans certains cas, il joue le rôle d'une préposition, ex. : ARISTOPH., Plul., 53 : τοῦ χάριν, à cause de quoi? XÉN., Mém. 1, 2,54: τούτου χάριν, à cause de cela.

Enfin les Attiques emploient ὕπαρ χαὶ ὄναρ, en élat de veille comme en songe, et par suite en apparence et en réalité (cf. PLAT., Phédr., 217 e; Théèl., 158 bÿ°.

1. Littéral, : « relativement à quoi... ? » Ces accusatifs neutres expriment proprement le point de vue auquel on se place ; ce sont des accusatifs de relation (νου. $ 74). CF. aussi la formule de transition si fréquente dans Lucrèce : quod superest, arec ellipse de l'antécédeut id,

2, Le latin archaïque faisait de (πιο, employé au lieu de propter quod, un usage encore bien plus étendu. Cf. Ten. Heaut., 3 : deinde quod (« le motif pour lequel ») veni eloquar. be méme id s'employait couramment, au lieu de ide0 ou de propterea.

Ex.: Tis., απ. 1005 : nunC id (« pour ceci, en vue de ceci»), ut conveniam Parmenonem.

3. La négalion peut se placer avant ou après ἀρχήν. Cf. Axripnox, V, 73: ἐν τῷ παραχρῆμα οὐκ ἔστιν ἀρχὴν ὀρθῶς βουλεύεσθαι « si l'on ne se donne pas le temps de réfléchir, il est absolument impossible de preudre une bonne résolution ». Des., δ. Aristocr., 92 - τὴν ἀρχὴν γὰρ ἐξῆν αὑτῷ μὴ γράφειν, « car il n'avait absolument pas le droit de rédiger (ce décret). »

4. CI. δωτίνην, « gratis», dans Hérodote. Ces accusatifs sont devenus des adverbes, parce qu'ils étaient construits primitivement en apposition à d’autres accusatifs. Cf. Hom., Z/., XIX, 303 : ἐπὶ © ἐστενάχοντο yuvaïxes | Πατρόχλον πρόφασιν (« comme prétexte »), σφῶν δ᾽ αὐτῶν χήδε᾽ ἑκάστη. — 11., XV, 743 : ὅςτις δὲ Τρώων χοΐλησ᾽ ἐπὶ νηυσὶ φέροιτο, | σὺν πυρὶ κηλείῳ χάριεν (« comme une faveur témoignéc à ») “Εχτορος ὀτρύναντος. Dans Hérodote le substantif yæprv s'emploie même avec l'article, εἴ. V, 99 : οἵ où τὴν ᾿Αθηναίων χάριν (« par amitié pour les Athéniens ») ἐστρατεύοντο, ἀλλὰ τὴν αὑτῶν Μιλησίων. Les autres formes, προῖχα et δωρεάν, sont plus récentes : la première est fréquente chez Aristophane, la seconde apparait pour la première fois seulement chez Polybe : l'une et l'autre ont le sens littéral de « comme pur don, en pur don ». Cf. Bnuaxanxx-DrLsnicx, our. eit.,t. ΠῚ, 1"° part., p. 601 sq.

$. On peut expliquer aussi cette locution par un ancien accusatif d'apposilion. Cf. EuniPine, ZpA. Taur., 517 sq. : Τροίαν ἴσως οἷσθ᾽ ἧς ἁπανταχοῦ λόγος] ὡς μήποτ᾽ ὥφελόν γε μηδ᾽ ἰδὼν ὄναρ (an peut traduire littéralement « comme apparition »). — Escnvie, Prom., 485 : καχρινα πρῶτος Ἐξ ὀνειράτων ἅ χρὴ ὕπαρ γένεσθαι (a comme réalité »).

II. — Le latin vicem accompagné d’un adjectif possessif ou d'un génitif signifie : 49 À la facon de,

Ex. : Cic., ad All., X, 8, 1 : Sardanapali vicem in suo lectulo mori. — SALL. ἐς 1, 1,27 (epr-Nox., Ῥ. 491, 26) : vicem pecorum obtruncabantur.

29 Pour le compte de (surtout avec des mots qui expriment un sentiment).

Ex.: Cic., de domo, #, 8 : mihi uni necesse erit et meam et aliorum vicem pertimescere ?

mais aussi dans d’autres cas,

Ex.:T.-LivE, 1, 9, 15 : cum suam vicem (pour son propre compte, c.-à-d. pour sa part), functus officio sit. — XXV, 38, 3 : cogor vestram omnium vicem (pour vous tous) unus consulere!.

ΠῚ. — L'expression instar* est considérée dans certains cas comme un accusatif adverbial. Toutefois partout où l'on rencontre ce prétendu accusatif adverbial on peut l'expliquer par une apposition. C'est le cas pour cet exemple de Cicéron, ir Verr., 11, 5, 44 : navem cybæam maximam, triremis instar (m. à m. équivalent d'une trirème), et pour tous ceux où instar peut être traduit sans peine par équivalent. Même dans le vers de Catulle (Carm., 115, 1) : habes instar triginta jugera prati, où instar signifie pas moins que, On peut supposer qu'on ἃ affaire à une expression abrégée et que la phrase complète serait habes prati jugera, triginta (jugerum) instar, c'est le contexte qui donne à instar la valeur particulière qu'il a dans ce passage. Enfin dans ce vers de Virgile, Én., XII, 923 : volat atri turbinis instar, où instar paraît pour la première fois avec la valeur de tout comme, de même que, il est aisé de voir qu'instar peut être pris pour un nominatif construit en apposition avec le sujet de volat. 1] faut donc conclure que instar n’est jamais adverbe. Quant à l'expression composée ad instar, qu'on ne

rencontre pas avant Apulée et Tertullien, c'est une locution faite sur le modèle de ad exemplum.

IV. — De même, les expressions virile secus, de sexe mâle, muliebre secus, de sexe féminin, semblent bien appartenir à la catégorie de l'accusatif adverbial.

Ex. : T.-Live, XXVI, 47, 4 : liberorum capitum virile secus ad decem milia capta*.

V. — Dans la langue familière, on pouvait dire aliquid id (ou hoc) genus”, au lieu de aliquid ejus (hujus) generis, et de même quod genus, au lieu de cujus generis.

Ex. : Connir., Rhet. ad Her., 11, 30, 48 : quod genus ii sunt a quibus, etc.

1. Bien qu'on n'en ait pas la preuve directe, il est vraisemblable que cet accusatif adverbial est sorti de constructions dans lesquelles il était en apposition et qu'on ἃ dit, par exemple, munus explere vicem alicujus, avant de dire fungi officio vicem alicujus. À pertir du premier siècle de l'empire, on trouve l’ablatif vice ct les locutions adverbiales ad vicem, in vicem employés au lieu de l'accusatif vicem {Col., Plin., Tac., A.-Gelle, Justin).

2. Cf. Wœurrux, Archiv. f. lat. Lezicogr., t. 11. p.581 sqq. Suivant Weælfflin, instar est un subslantif dont la signification fondamentale est « poids qui fait équilibre », par suite « pendant », d'où « poids, mesure, équivalent, type, modèle ». Le mot ne se rencontre qu'au nominatif et à l'accusatif.

Ex. : instar est (ou videtur) alicujus rei (Cic., Cës.) ou instar habere, obtinere, putare, etc.

3. Pour que l'on pôt dire que instar n'est jamais qu'un accusatif adverbial, il faudrait qu’on renconträt des phrases comme : ducibus reorum instar vinctis, usage tout à fait ioconnu en latin. 4. Toutefois rien n'empèche de supposer qu'à l'origine c'élaient des locutions employées comme

appositions au nominatif ou à l'accusatif, et que c'est peu à peu qu'elles devinrent expressions adverbiales, parce qu'on les considérait comme invariables,

Page 1