‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 242 sur 306 · RAPPORT DE TEMPS · texte numérisé non relu

RAPPORT DE TEMPS

655. — Propositions à l'indicatif. — Propositions à l'infnitif. — À vrai dire, la question a été traitée ci-dessus ($$ 221-267) pour les propositions qui sont à l'indicatif, et &$ 280-284 pour celles qui sont à l'infinitif; de plus, à propos des diverses conjonctions de temps, on a rappelé les principales règles de l'usage.

Il reste à dire quelques mots de la construction des propositions subjonctives qui ne sont pas amenées par le style indirect°.

656. — Propositions subjonctives. — Dans les propositions subjonctives qui ne sont pas amenées par le style indirect, c'est le sens même de la phrase qui détermine le plus souvent le rapport de temps existant entre elles et la proposition principale.

Ainsi, quand je dis rogo ut venias, la forme venias exprime une action future par rapport à rogo; de même quand je dis cura ut omnia perficiantur ou cura ut omnia perfecta sint, cum rediero, les formes perficiantur et perfecta sint expriment l'une et l’autre une action future par rapport à cura; la seule différence entre les deux formes c'est que perficiantur exprime le futur purement et simplement, tandis que le parfait perfecta sint ajoute à l'expression du futur cette idée qu'à tel moment de l'avenir l'action sera un fait accompli.

On conçoit donc que dans ces sortes de phrases il serait barbare de chercher à exprimer le futur par une forme spéciale.

REMARQUE. — Néanmoins, après un verbe principal signifiant craindre, on trouve quelquefois une forme spéciale pour rendre l'idée du futur.

Ex. : Cic., in Verr., Il, 5, 63, 163 : quas (pœnas) veritus esset ne iste... non esset persoluturus (au lieu de persolveret).

Il peut mème arriver que le sens exige, en pareil cas, l'usage de cette forme spéciale, par exemple, quand il s'agit d’opposer un fait à venir à un fait actuel (ex. : non vereor ne nunc veniat, sed ne venturus sit postea).

C’est ainsi que pour éviter toute confusion avec le présent, Cicéron a remplacé habeat par habitura sit dans la phrase suivante :

P. Marc., 8, 26 : vide... ne tua divina virtus admirationis plus sit habitura quam gloriæ.

4. 11 convient d'ajouter ici que dans une proposition relative rattachée à une proposition dont le verbe est au présent historique, le temps de la proposition relative dépend de la valeur que l'écrivain attacho à la forme verbale appelée présent historique.

Le verbe de la proposition relative se met à l’aoriste si l'écrivain n'a égard qu'à la valeur grammaticale du présent historique.

Ex.: Cis., de Bell. Gall., ΥἹ,30, 1 : Basilus ut imperatum est facit.

Au contraire, le verbe de la proposition relative se met au plus-que-parfait si l'écrivain a égard à la valeur logique du présent historique.

Ex.: T.-Live, 1, 59, 2 : ut præceptum erat jurant. Etc. 2. Pour cette catégorie de propositions, voy. ci-dessus, ὃ 641, 2°.

657. — Cependant il y a des cas où le sens de la phrase ne détermine pas le temps auquel il faut rapporter la proposition subjonctive. Ainsi certaines propositions (interrogations indirectes', propositions complétives dépendant de sequitur ut... ou de non dubito quin…., propositions causales introduites par cum, puisque, propositions relatives consécutives sunt qui. quis est qui... ? etc.) peuvent se rapporter à un fait présent, passé Où futur.

En pareil cas, l'usage a attribué au subjonctif trois temps: le présent (scribam) marque une action présente, l'aoriste (scripserim), une action passée, la périphrase scripturus sim sert de subjonctif futur actif et marque une action future? par rapport à celle du verbe principal.

Ex. : Cic., p. imp. Cn. Pomp., 15, 45: et quisquam dubitabit, quid virtute perfecturus sit, qui tantum auctoritate perfecerit? Phil., 2, 4, 8: ego quoque te disertum putabo, si ostenderis, quomodo sis eos inter sicarios defensurus. Ad Fam., I, 5,2 : θᾶ... Cogita quæ esse in eo cive ac viro debent qui (relatif consécutif) sit rem publicam.… in veterem dignitatem.. vindicatarus. Phil., 1,6, 18: parumne erunt multi? Præsertim cum... parati sint ad nutum futuri. De Leg. agr., 2, 35, 91 : singularis homo privatus.…. vix.… 5686... continet : nedum isti... non statim conquisituri sint aliquid sceleris et flagitii. Etc.

Si le verbe principal était au passé, on aurait, par exemple, dans cette dernière phrase, en vertu de la règle de concordance des temps : singularis homo privatus vix sese continebat : nedum isti non statim conquisituri essent aliquid sceleris et flagitii. Etc.

4. Pour l'emploi du subjonctif délibératif dans les propositions interrogatives indirectes, τον. ci-dessus, $ 407, p. #17.

2. Dans la langue fumilière surtout on négligeait assez souvent de marquer l’idée da futur.

Ex.: Tén., Heaut., 115: quid me fiat (— futurum sit) parvi pendis. Andr.. 391-392 : nam hoc haud dubium est. quin Chremes | tibi non det (— daturus sit; gnatam. — Cés., de Bell. Gall., τ. 31, 15 : non dubitare quin de omnibus obsidibus... gravissimum supplicium sumat. — Cic., in Verr.. Il, 1, 9, 24: utar oratione perpetua, non quo jam hoc sit necesse, verum ut experiar utrum ille ferat (— laturus sit) molestius, me tunc tacuisse an nunc dicere (mais il ne faut pas citer p. Cluent., 58, 158, où le subjouctif, aprè< non dubito quin a le sens potentiel, voy. ci-après, ξ 662). — T.-Livx, XXV, 38, 11 : nunc, quia tantum ausi estis sponte vestra, experiri libet quantum audeatis (= ausuri sitis) Auce vestro auctore (cf. XXIV, 22; 924, 8: 27,5; XXV, 3, 16, cle.) |

Mais il y ἃ des cas où cette négligence d'expression est tolérée par l'usage : c'est quand le verbe est au passif. ; Ex.: Cic., p. Παῦ. Post., 1, 4 : erat nemini dubium quin is in regnum restitueretur.

Il est vrai qu'en parcil cas Cicéron aurait eu la ressource de dire : erat nemini dubium quin futurum esset ut is in regnum restitueretur. Mais cette péripbhrase (ef. non dubium est quin futurum sit, αἱ... restituatur) n'a jamais été employée, à notre connaissance, parce qu'elle est trop lourde : c'est une invention de quelques grammairiens.

Page 1