EXPRESSION DU CONDITIONNEL DANS UNE SUBORDONNÉE
Ex. : Cic., p. Rose. Am., #1, 119 : qui... tales.. a populo Romano putantur ut quicquid dicerent (ce qu'ils auraient pu dire) nemo esset (au lieu de nemo futurus fuerit, qui paraitrait régulier d’après le 8 658, 2°), qui non æquum putaret (il n'y aurait eu personne pour le trouver injuste. Εἰς,
664. — Si la proposition était indépendante, elle serait au plus-queparfait du subjonctf.
En pareil cas, on n'emploie régulièrement! que la seconde des constructions signalées ci-dessus (ἢ 658, 2°).
Ex. : T.-Live, I, 1, 3: neque ambigitur quin Brutus idem qui tantum gloriæ Superbo exacto rege meruit pessimo publico id facturus fuerit, si. priorum regum alicui regnum extorsisset (style dir. : id fecisset, si priorum regum alicui regnum extorsisset). XXVILI, 24, 2 : apparuit.. quantam excitatura molem vera fuisset* clades, cum vanus rumor tantas procellas excivisset (style dir. : vera clades molem magnam excitavisset). Etc.
REMARQUES. — I. Quand le sens le permet, on peut, pour rendre l'idée de l'irréel, se servir, au passif, de la périphrase suivante :
Ex. : T.-LivE, XXI, 34, 7: in eos versa peditum acies haud dubium fecit quin, nisi firmata extrema agminis fuissent, ingens in 60 saltu accipienda clades fuerit* (régulièrement il faudrait fuisset, voy. ci-dessous, n. 2).
11. Les indicatifs possum, poteram, potui, etc., employés comme il ἃ été dit ci-dessus (p. 301 et suiv.), là où le français met le conditionnel, sont naturellement remplacés, dans une proposition subjonctive, par les formes possim, potuerim (ou possem, potuissem, selon les cas).
Ex. : Cic., ad Fam., 1, 1, 2 : sic egit (parfait) causam tuam, ut neque eloquentia majore quisquam... nec studio agere potuerit. XV, #, 14 : his ego subsidiis ea sum consecutus, quæ (relatif consécutif) nullis legionibus consequi potuissem (style dir. : nullis legionibus ea consequi potui). — T.-Live, XXIV, 42, 3 : haud dubia res fuit quin, nisi ea mora intervenisset, castra eo die Punica capi potuerint (régul. il faudrait potuissent, cf. ci-dessous, n. 2).
{. Parmi les exceptions assez rares, les unes s'expliquent par le fait que le verbe cst au passif ct que l'écrivain a reculé devant l'emploi d'une lourde périphrase comme futurum fuerit ou futurum fuisset, ut...
Ex.: Cic.. p. Sest., 49, 62 : quod ille si repudiasset, dubitatis quin ei vis esset allata... ? (il aurait fallu dire, d'après quelques grammairiens : dubitatis quin futurum fuerit ut ei vis afferretur ? mais ce tour paraissait sans doute intolérable).
D'autres cxceptions snnt moins excusables et constituent unc irrégularité réelle. Ex.: T.-Live, 11, 33, 9 : cessisset, au lieu de cessurum fuerit, qui seul οὐἱ été correct.
2. T.-Livo néglige parfois, en pareil cas, la règle de la concordance des temps.
Ex.: T.-Livx, XXIV, 26, 12 : velut captæ furore eo cursu 86 ex sacrario proripuerunt or ut, si effugium patuisset in publicum, impleturæ urbem tumuiltu fuerint (au lieu de fuissent). Etc.
3. On 90 rendra compte de l'origine de la périphrasc en considérant des phrases comme celles-ci :
Ex. : T.-Live, 11, 38, 5 : et hanc urbem vos non hostium ducitis, ubi si unum diem morati essetis, moriendum omnibus fuit (— mori omnes coacti essetis). XXI, 47, 5 : multorum dierum circuitu Padi vada petenda fuerunt (= vada petere coacti essent), etc.
662. — Les règles ci-dessus ($ 659, 660, 601) ne s'appliquent pas aux propositions conditionnelles (ou hypothétiques) qui peuvent se rattacher à des propositions subjonctives exprimant l'idée du conditionnel.
Ainsi 81... scribam ne se remplace jamais par 8]... scripturus sim, ni si... scriberem par si... scripturus essem, pour exprimer purement et simplement l'idée du potentiel ou de l'irréel.
Par conséquent, quand on rencontre ces périphrases dans une proposition conditionnelle, c’est que l’auteur a tenu à exprimer une idée particulière.
EX. : Cic., p. Clu., 58, 158 : non. debeo dubitare.. quin.… etiam si inviti absoluturi sitis (même si vous éliez disposés à l'absoudre!, tamen absolvatis. Etc.