CHAPITRE PREMIER
DE L’ADJECTIF* CONSTRUCTION DU COMPARATIF ET DU SUPERLATIF αὐταί SE οε ἘΠ ως
663. -- Adjectif épithète et adjectif attribut. --- L'adjectif est dit épithète quand il qualifie le substantif sans l'intermédiaire d'un verbe (καλὸν ῥόδον, pulchra rosa, belle rose) et attribut quand il qualifie le substantif par l'intermédiaire d'un verbe (τὸ ῥόδον καλόν ἐστι, rosa pulchra est, la rose est belle).
REMARQUES. — 1. Les règles d'accord de l'adjectif épithèle ont été exposées cidessus, $$ 18-20 et celles de l'adjectif affribut, ci-dessus, 88 12-17.
4. 1} ne sera question dans ce troisième et dernier lisro que des questions qui se rattachent proprement à la syntaxe; par conséquent on ne traitera pas de ce qui appartient plutôt à la stylistique (du genre, du nombre, des substantifs concrets emplovés dans un sens collectif, du pluriel des substantifs concrets, du pluriel des substantifs abstraits, des substantifs abstraits employés dans un sens concret, des substantifs employés comme adjectifs, de l'emploi des adjectifs ou des participes comme substantifs, de certains pronoms indéfinis, des verbes simples employés au lieu des verbes composés, des adverbes ou expressions adverbiales jouant le rôle d'adjectifs, etc.); on ne s’occupera pas non plus de ce qui est plutôt du domaiue de la lexricographie, comme la construction des préposilions avec tel ou tel cas ct dans tel ou tel sens, etc.
8. Quand nous disons καυλὸν ζῷον, πονηρὸς ἀνήρ, pulchrum animal, malus vir, ete., les mots χαλόν, πονηρός, pulchrum, malus, etc., expriment une qualité que nous jugeons appartenir à ζῷον, ἀνήρ, animal, vir : co sont des adjectifs.
Le mot adjectif s'appliquant à une partie du discours n’est pas très ancien dans la langue grammaticale : il remonte au douzième siècle. Pour les anciens (et, cn particulier, pour les Grecs), l'adjectif ne formait pas une catégnrie distincte de celle du substantif : ἐπιθετὸν ὄνομα ou ἐπιθετόν, que les Latins ont tradut par adjectivum nomen (d'où adjectivum sans nomen) désignait un substantif en apposition (cf. Anistore, fhét., III, 8; 3; Αροιμ. Dyscous, περὶ συντάξεως, p. 20, cf. p. 41), et ὄνομα désignait à la fois le substantif et l'adjectif.
11 est intéressant de remarquer que cette confusion ancienne entre le substantif ct l'adjectif était, sans que les grammairiens s'en doutassent, conforme à la réalité des choses : en effet, l'étymologie montre que l'adjectif n’était pas à l'origine distinct du substantif ct qu'en somme 16 substantif est sorti de l'adjectif : avant d'atteindre la substance, on n'a d’abord vu dans tout objet que ses modes, que ses qualités apparentes et frappantes : ζῷον c'est « le vivant », animal c'est « le doué de vie», etc. C'est seulement assez tard et dans un état de civilisation avancée que, devenu capable de concevoir l'idée de l'être indépendamunent de ses modes, l'esprit a distingué les substantifs des adjectifs, créant des formes nouvelles pour les premiers ou faisant servir les seconds à l'expression d'idées pour lesquelles ils ne semblaient pas faits (cf. en français : « cet animal est mort» — «ce liquide s'est durci » — « il est impossible de transporter ces meubles, etc.). .
Quoi qu'il en sait, an comprend que les progrès du langage et de l'analyse grammaticale aient conduit les grammairiens du moyen âge à distinguer le nomen adjectivum et le nomen substanticum. Par adjectif, ils désignaient et nous désignons une partie du discours signifiant une qualité considérée comme inhérente à un objet, tandis que le nom abstrait signific la qualité indépendante de son objet.
ΤΠ. Sur l'emploi de l'adjectif épithète au lieu d'un génitif, νον. ci-dessus, 8 401, 8 104, REX. IV.
ΠῚ. En grec et en latin, chez les prosateurs comme chez les poètes, deux ou plusieurs adjectifs qualificatifs peuvent se rapporter à un même substantif.
Mais la construction des adjectifs dépend, en pareil cas, de la manière dont ils sont unis au substantif.
1° Les adjectifs concourent également à qualifier le substantif : en pareil cas, ils . sont reliés entre eux par les conjonctions copulatives χαΐ, te... χαί, et, -que.
Ex.: Σωχράτης ἀγαθὸς καὶ σοφὸς ἦν, Socrates bonus sapiensque fuit.
29 Parmi les adjectifs qui se rapportent au substan!lif, un seul ou plusieurs forment avec lui une sorte d’erpression, landis que les autres qualifient l'expression ainsi formée ; en pareil cas, le ou les adjectifs qui forment avec le substantif une véritable expression s'intercalent, en grec, entre le ou les adjectifs qui qualifient cette expression et le substantif qui concourt à la former (ex. : πολλοὶ ἀγαθοὶ ἄνδρες, πολλὰ καλὰ ἔργα, πολλοὶ ἀγαθοὶ καὶ σοφοὶ ἄνδρες, etc.); en latin, on ne met aucune conjonction de liaison entre l'adjectif et l'expression complexe qu'il qualifie ὃ.
Ex. : Hom., Od., IX, 322 sq. : ἱστὸς νηὸς ἑεικοσόροιο μελαίνης. — XÉN., | Anab., I, 5, ἃ : πόλις ἐρήμη μεγάλη, une grande ville déserte. Cyr, I, #, 21 : χύων γενναῖος ἄπειρος, un chien de race non dressé. Etc.
PLAUTE, Bacch., 61 : insanum magnum molior negotium. — Tee. Andr., 6 sq. : qui malivoli | veteris poetæ maledictis respondeat. — Cés., de Bell. Gall., 11, 29, 3 : locum duplici altissimo muro munierant. — Cic., Tusc., V, 21, 61 : in aureo lecto strato pulcherrimo textili stragulo magaificis operibus picto. De Off., 11, 20, 71 : cum (Themistocles) consuleretur, utrum bono viro pauperi an minus probato diviti filiam collocaret.…. In Verr., Il, 4, 48, 106 : Syracusani festos dies anniversarios agunt. 16., Il, 5, 52, 136 : privata navis oneraria Maxima, un très grand navire marchand appartenant à un particulier. De Leg., 111, 6,14 : mediocriter doctos magnos in re publica viros et doctissimos homines non nimis in re publica versatos multos commemorare possumus. — ConN. NÉP., A/{., 7, 1 : incidit Cæsarianum civile bellum. — T.-Live, 11, 53, 3 : duæ potentissimæ et maximæ finitimæ gentes. XXIV, 3, 6 : columna aurea solida. XXVII, 22, 12 : naves longas triginta veteres. Etc.
{. Les poètes suppriment toute conjonction, surtout lorsque les épithètes sont descriptires, afin de forcer l'esprit du lecteur à considérer successivement, quoique rapidement, les diverses qualités de l'objet représenté.
Ev.: How, ZE, XVI, 140 : ἔγχος βριθύ, μέγα, στιδαρόν, χεχορυθμένον (cf. Od. 97:1X. 205). — Vmous., Én., II, 658 : monstrum horrendum, dre. ingens, cui lumen ademptum. Etc.
En prose grecque c'est beaucoup plus rare, bien qu'on trouve :
Xéx., An., V, 4, 95 : δόρατα παχέα, μαχρά. Cyr, VI, 4, 2 : χιτῶνα πορφυροῦν. roËrpn, στολιδωτὸν τὰ χάτω.
En latin on peut, en vue d'un certain effet, supprimer les conjonclions, méme en prose. Sauc., Cat., 43, 4: natura ferox, vehemens, manu promptus erat.
2. Fn pareil cas, l'adjectif ou les adjectifs qualifiant l'expression FOIRIERE jouent logiquement le ne d'attrihut par rapport à cette expression.
IV. En grec, l'adjectif toÀÂof, αἰ, ἅ, en latin, les adjectifs multi et plurimi, Ὁ, a sont unis par une conjonction de liaison aux adjectifs qui servent à former l'expression complexe, quand il y a lieu d’insister sur l'idée de pluralité.
Ex.: XÉN., An., V, 6, 4 : πολλά μοι χάγαθχ γένοιτο (οἵ, IV, 6, 27; Mém., Il, 9,6; IT, 11, &; IV, 2, 35; PLAT., Rép., #i6e; Phédre, 244 Ὁ, etc.). An., Ill, 2, 23 : πολλᾶς τε χαὶ εὐδαίμονας χαὶ μεγάλας πόλεις. Etc. !. Cic., in Verr., 11, 5, 45, 119 : multæ et magnæ cogitationes. — SALL., Jug., 5, 4 : Masinissa multa et præclara rei militaris facinora fecerat. 32, 2 : plurima οἱ flagitiosissima facinora fecere. — T.-LIivEe, XXII,
19, 6 : multas et locis altis positas turres Hispania habet. Etc. ὅ.
8 1. — Observations sur l'emploi de l'adjectif attribut.
664. — Attribut qualificatif et attribut adverblial. — Employé comme attribut, l'adjectif ne qualifie pas seulement un substantif par l'intermédiaire d'un verbe (attribut qualificatif), il peut encore exprimer l'une des circonstances de l'action signifiée par le verbe et devenir ainsi l'équivalent d'un adverbe (attribut adverbial).
Dans une phrase comme cette rose est belle, l'attribut belle est qualificatif; dans la phrase il arriva premier, l'attribut premier est adverbial.