‹ Grammaire comparée du grec et du latinChapitre 260 sur 306 · Signification des pronoms relatifs · texte numérisé non relu

Signification des pronoms relatifs

4° Les pronoms relatifs sont en grec 66°, ὅσπερ et ὅστις. Ὅς qualifie l'antécédent purement et simplement; ὅσπερ, comme tous les mots composés de περ, signifie une idée

1. Lorsque la détermination doit étre précédée d'une idée que le français rend par « en même temps, ἃ la da pourtant », on emploie en grec χαὶ ὁ αὐτός, en latin idemque (et idem, atque idem).

: Tauc., 1,23, 3 : σεισμῶν τε πέρι, of ἐπὶ πλεῖστον ἅμα μέρος γῆς καὶ ἰσχυρότατοι οὗ αὐτοὶ ἐπέσχον (ΞΞ κατέσχον).

Cic., de Leg., 11, 6, 14 : ut vir doctissimus fecit Plato atque idem gravissimus philosophorum omnium. De Off. 1, 6, 18 : quidam nimis magnum on in res obscuras conferunt, easdemque non necessarias. Etc.

2. Ce sont des emplois comme celui-ci qui avaient fait croire que la particule equidem (composée en eus de Θ démonstralif et de quidem) était pour ego quidem.

“Ὅς, ἢ, 6 est originellement ua pronom démonstratif ; Homère l’emploie tantôt comme démonstratif

ct un commo relatif. 11 reste même encore dans le dialecte attique quelques traces de ce sens primitif

du pronnm (cf. les expressions χαὶ 6ç « et lui », À δ᾽ ὅς « dit-il», ἦ δ᾽ διε dit-clle »). De même l'adrerbe

d'identité, le mème qui; enfin ὅστις ajoute l’idée que l'antécédent appartient à la classe de choses ou de personnes qualifiées par la proposition relative !.

Ex. : Hox., Il, 1, 271: χείνοισι δ᾽ ἄν οὔτις | TOY. οἵ νῦν βροτο! εἰσιν ἐπιχθόνιοι, μαχέοιτο. — Χέν., Anab., IV, 1, 25 : ἔφη εἶνα! ἄχρον ὃ εἰ un τις προχαταλήψοιτο ἀδύνατον ἔσεσθαι παρελθεῖν. — Μέν., Sent., 119 : ἔστιν δίχης ὀφθαλμός, ὃς τὰ πάνθ᾽ ὁρᾷ. Etc. — Dem, XIX, 342 : ἐπὶ τῆς αὐτῆς ἧσπερ νῦν ἐξουσίας μενεῖ. Etc. --- Μέν., Sent., 840: μαχάριος ὅστις οὐσίαν καὶ νοῦν ἔχει. Etc.

REMARQUES. — I. Les relatifs indéfinis ὁπόσος, ὁποῖος, etc., sont à ὅσος, οἷος, etc., ce que ὅστις est à ὅς, c'est-à-dire qu'ils ont un sens générique, tandis que les autres ont

un sens individuel : tandis que ὅσος équivaut à quantus et οἷος à qualis, ὑπόσος équivaut à quantuscumque et ὁποῖος à qualiscumque. 11. Remarquez que ὃς ἄν avec le subjonctif est l'équivalent de ὅστις et cf. ci-dessus, 8 412, 2°.

Ex. : PLATON, Timée, 31 e : δεσμῶν χάλλιστος ὃς ἂν αὑτὸν χαὶ τὰ ξυνδούμενα μάλιστα ἕν ποιῇ. Etc.

111. 1° Avec des noms de choses les relatifs adverbiaux s'emploient comme équivaients du relatif adjectif précédé d'une des prépositions ἐν, ἐξ, εἰς. ; Ex. : XÉN., Cyr., V, 4, 15 : ἀπιὼν ἐχ τῆς πόλεως οὗ κατέ υγε. — PLAT., Gorg.. 486 : παῦσχι ἐλέγχων, πραγμάτων δ᾽ “εὐμουσίαν ἄσχει, χαὶ ἄσχε!

2° Avec des noms de personnes les relatifs adverbiaux s'emploient pour signifier du côté où, d'où. à tre 40 v 4 Ψ À Ex. : XÉNOPHON : ἤρξαντο xatabaiverv πρὸς τοὺς ἄλλους ἔνθα τὰ ὅπλα ἔχειτο.

2° En latin qui avec le subjonctif a souvent une signification analogue à celle de ὅστις (cf. ci-dessus, 8 419, 2°).

REMARQUES. — Ἰ. Quicumque, quisquis, utcumque, etc., sont proprement des pronoms ou des adverbes relatifs, qui doivent, à la facon dont ils sont composés, de prendre un sens plus général, qui que ce soit qui, de quelque manière que..., etc.

Mais à partir de T.-Live on voit qu'ils perdent le sens relatif pour prendre le sens indéfini et ne plus signifier que n'importe qui, n'importe comment ?.

La transition dut se faire par des phrases comme les suivantes, où quicumque conserve encore sa valeur de relatif, mais où il y a un verbe sous-entendu :

Ex. : Cic., ad Atl., 111, 21 : te oro ut, si quid erit quod perspicias, quamcumque in partem, quam planissime ad me scribas. — T.-Live, I, 39, ὅ : hic, quacumque de causa, tantus illi honos habitus credere prohibet. Etc.

ὡς, qui est proprement l'ablaüf de ὅς, a conservé le sens démonstratif dans certaines locutions employées par le dialecte altique : χαὶ ὥς « de cette manière aussi », οὐδ᾽ ὥς (μηδ᾽ ὥς) « pas mème aicsi, ni ainsi ». Sur le passage du sens démonsiratif au sens relatif, voy. la thèse de Ca. Baron, le Pronom relatif et la conjonction en grec (Paris, Picard, 1891)et cf. M. Brkaz. Essai de Sémantique. p. 227. 1. Définition empruntée à Cu. Taunor, Cours de Grammaire professé à l'Ecole normale (notes autographiées, p. 194). 2. C'est ce qui a lieu en grec pour les pronoms correspondants ὁστισοῦν, ὁπωσοῦν. Ex. : no Gorg., 516 Ὁ: οὐ δοχεῖ σοι κακὸς εἶναι ἐπιμελητὴς ὁστισοῦν ὁτονοῦν ζώον ς ἂν χτλ.

On connaît les expressions toutes faites quacumque ratione, quocumque modo, etc., qui primitivement s'énonçaient sous cette forme quacumque ratione potero ou fieri potest, etc.

11. Les pronoms adverbiaux ubi, unde, quo sont souvent les équivalents d'un relatif adjectif précédé d'une préposition.

Employés relativement à des personnes, ils se rapportent souvent moins à la personne elle-même qu’à une chose qui lui appartient et dont l'idée est contenue implicitement dans la proposition .

Ex. : CÉs., de Bell. Gall., 11, 35, 3 : quæ civitates propinquæ his locis erant, ubi bellum gesserat. V, 56, 2 : armatum concilium indicit, quo omnes puberes armati convenire consuerunt. — Cic., de Orat., 1, 46, 203 : vobis fontes unde hauriretis atque itinera ipsa putavi demonstranda. — T.-LivE, Il, 21, 5 : Tarquinius Superbus mortuus Cumis, quo 86... contulerat. Etc.

Cic., p. Quint., 9, 34 : neque nobis adhuc præter te quisquam fuit, ubi (au tribunal de qui, devant qui) nostrum jus contra illos obtineremus. 1π Verr., Il, #, 18, 38 : Diodorus homo et domi nobilis et apud eos, quo (dans la résidence desquels, auprès de qui) se contulit, ... gratiosus. Etc.

691. — Construction du relatif. — Accord du relatif. — Sur la construction du relatif dans une proposition dépendante en grec et en latin, voy. ci-dessus, 8 409, RE.

692. — Le pronom relatif s'accorde en genre et en nombre avec son antécédent contenu dans la proposition principale, mais il prend le cas demandé par le rôle qu'il joue, comme sujet ou comme complément, dans la proposition dépendante.

REMARQUES. — I. Sur l'accord du relatif avec‘le substantif attribut, voy. ci-dessus, 8 28 (p. 33 et suiv.).

IT. 1° Le pronom relatif neutre singulier peut, en grec, se construire dans une

proposition abrégée qui est en apposition à toute une proposition subséquente.

Ex. : PLAT., Bang., 220 ἃ : πίνειν οὐχ ἐθέλων, ὁπότε ἀναγχασθείη, πάντας ἐχράτει, χαὶ, ὃ πάντων θαυμαστότατον, Σωχράτη μεθύοντα οὐδεὶς πώποτε ἑόραχεν ἀνθρώπων À.

2° En latin, le relatif neutre qualifie très souvent comme en apposition une propo-

sition entière ou une portion de proposition.

Ex. : PLAUTE, Épid., I, 2, 38 : empta ancillast, quod (chose relativement à laquelle) tute ad me litteras | missiculabas. — TER., Eun., 400 : labore alieno magno partam gloriam | verbis sæpe in se transmovet, qui habet salem, | quod (qualité qui) in test. — Cic., Parad., 6, 3, 52 :

sapientes soli, quod est proprium divitiarum, contenti sunt rebus suis.

. 4. Cu. Taunor, Cours professé à l'École normale (notes autographiées, p. 196). 2. Dans ce genre de proposilions elliptiques, composées du relalif 6 ou ὅπερ et d'un adjeclif, le relatif peut être remplacé par l'article, qui, en pareil cas, conserve son sens démonstratif originel. Ex.: Xéx., Cyr., V, 5, 24 : tb δὲ πάντων μέγιστον ral κάλλεστον, τὴν μὲν σὴν χώραν αὐξανομένην ὁρᾶς, τὴν δὲ τῶν πολεμίων μειουμένην. Voy. un autre exemple (Χεπ., Hell., VI, 3, 8) ci-dessus, $ 76 (ρ. 79). 8. Au lieu du relatif neutre, on trouve aussi (188 ΣΘ8 : Ex.: Cés., de Bell. civ., 11, 25, 7 : Oomnes Uticam relinquunt et, quo imperatum est, transeunt ; quæ res omnium rerum copia complevit exercitum.

GRAMM. COMP. DU GREC ET DU LATIN (Syntaxe). 20

On le trouve très souvent aussi avec l'antécédent id!.

Ex. : Cic., in Verr., Il, 1, 14, 36 : non suspicabatur (id quod nunc sentiet) satis muiltos testes nobis reliquos esse. Cf. de Orat., 1, 61, 261; de Am., &, 15; etc.

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